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CHAPITRE X

Édifices religieux

Les temples ; l'emplacement, l'orientation, les dimensions. — Un petit nombre de temples païens sont debout en France; beaucoup ont été renversés, et le sol en recouvre les débris.

On ne plaçait pas indifféremment tous les temples sur tous les points. Vitruve recommande pour les temples de Jupiter les sites urbains élevés ; de Mercure, les abords des places publiques ou, dans la campagne, des chemins ; d’Apollon, le voisinage des théâtres, consacrés aux jeux de l'esprit; d'Hercule, le voisinage des gymnases, cirques, amphithéâtres, consacrés aux jeux corporels ; de Mars, de Vulcain et de Vénus, l'extérieur des villes, près des portes.

Les temples étaient habituellement orientés : en règle générale, la façade antérieure était dirigée vers le levant.

Les temples sont relativement petits : à la différence du culte chrétien, le culte païen n’amenait pas les foules à l’intérieur de ses temples ; chaque fidèle venait isolément pour le sacrifice, et les grandes cérémonies se développaient au dehors.

L'architecture et les types. — Le temple était habituellement de plan rectangulaire (fig. 264). Il comprenait une partie close et, d'ordinaire, une colonnade. La partie fermée est la cella ou naos: au fond, s'élevait l’idole, en avant de laquelle était l'autel. Un trésor était quelquefois aménagé en arnière de la cella.

La colonnade pouvait donner lieu à diverses combinaisons :

elle régnait sur une face, ou sur deux ou, plus rarement, sur les quatre (temple périptère), Elle était simple ; exceptionnelle-

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LES TÈMPLES ment, elle était double. La galerie antérieure est dite ae

et la galerie postérieure, posticum. Dans l’une et l’autre, les colonnes sont en nombre pair, de façon qu'il n'y ait pas une colonne dans l'axe de la porte. Quant aux colonnades latérales Let postérieures, il se qu ‘elles soient remplacées par une série de colonnes engagées dans les murs de la cella (temple pseudo-périptère). Les Romains, après avoir admis les trois ordres | pour leurs temples, ne gardèrent, semble-t-il, à l'époque impériale, que le corinthien.

La colonnade et son entablement sont la par- | tie essentielle du temple ;

ils sont presque tout le temple. La cella, faible- F1G. 264. — TEMPLE PÉRIPTÈRE. ment éclairée par la

porte, était dans une pénombre mystérieuse. Lorsque le pronaos et la cella étaient profonds, la porte donnait une lumière insuffisante. Les fenêtres étaient rares ; on ména- | geait plutôt des ouvertures dans le toit, ou bien on interrompait le toit sur partie de sa longueur. Dans ce dernier cas, le temple

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dimensions, qui sont considérables.

Les temples sont habituellement construits en grand appareil. La décoration intérieure pouvait comporter des placages, des ornements en métal, etc.

Les temples étaient, du moins souvent, accompagnés de constructions annexes; les fouilles en découvrent les fondations, qu'il n’est pas toujours aisé d'identifier.

En somme, le temple gallo-romain du type qui vient d'être | sommairement décrit offre une ressemblance étroite avec le | temple grec. Toutefois, le pronaos est plus profond et le perron n'existe que de ce côté-là ; sur les autres faces, il est remplacé par un mur de nr baeniont

La Gaule romaine possédait, d’ailleurs, des temples différents. Ainsi, le temple de Diane, à Nîmes, est voûté d’un très | curieux berceau à doubleaux, dans lequel la longueur des voussoirs correspond à peu près à l’écartement des doubleaux.

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est hypèthre. Le rôle de la porte dans l'éclairage explique ses

ui LES ÉDIFICES RELIGIEUX

À Périgueux, la construction circulaire que l’on appelle la tour ‘de Vésone est la cella d’un temple rond, laquelle était enve-

de petit appareil, les crampons de métal qui retenaient les plaques de revêtement. |

Bien d’autres types de temples ont été signalés. Maïs on a pris pour des monuments religieux des édifices qui avaient une autre destination. Il ne faut pas oublier, quand on interprète une découverte, que toutes les constructions luxueuses galloromaines ne sont pas des temples.

est fait de prescriptions positives et d’usages traditionnels.

L'église occupe de préférence un emplacement élevé. Le pavé des vieilles églises est souvent en contrebas, parce que le sol extérieur s’exhausse, — environ de 0,30 par siècle dans ‘les villes ; — mais le droit canon demande que le monument soit posé sur une éminence.

L'église est orientée : le chevet, la tête de l'édifice, est dirigé approximativement vers le Levant. Le côté de l'Évangile est | donc le côté nord et le côté de l'Épitre est le côté sud. On appelle droite et gauche de l'autel la droite et la gauche du Cruafix placé sur cet autel.

Les matériaux de l’église et son emplacement sont choses sacrées. C'est pourquoi les églises sont réédifiées sur le même point, et il est de règle qu’on doit faire entrer dans l’œuvre nouvelle les débris de l'édifice ancien.

Une coutume qui souffre, d’ailleurs, de nombreuses dérogations veut que l'église, quand elle est importante, ait en plan la forme d’une croix.

Nous savons que l’axe est souvent brisé, surtout à la rencontre de la nef et du chevet et que, suivant une opinion répandue, les architectes avaient voulu rappeler ainsi l'attitude du Christ expirant, la tête penchée sur l'épaule. Cette explication est contestable.

Les vastes églises, si coûteuses en un temps où les transports des matériaux étaient difficiles, ont été construites sur le produit des aumônes, des legs, des deniers à Dieu, des offrandes pour Le dispenses, etc. On excitait la générosité des fidèles par des

loppée d’une colonnade ; on voit encore, sur les parements |

Les églises : le programme et les moyens. — La construc-. tion des églises doit répondre à tout un programme, qui |

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concessions d'indulgences. Dans les derniers siècles qui précédèrent la Révolution, un régime s'élabora qui, pour les églises paroissiales, mit le chevet à la charge des décimateurs. la nef à la charge des fidèles, enfin les chapelles latérales à la charge des seigneurs à qui elles appartenaient.

Le plan des églises basilicaless — Le mot basilique a, dans l’histoire de l'architecture religieuse, deux sens bien distincts : pour les canonistes, la basilique est une église à laquelle | ont été octroyés certains privilèges ; pour les archéologues, la basilique chrétienne est une église dont le plan comporte, le long de la nef, des bas-côtés.

Les premières églises ont emprunté leurs dispositions principales à divers édifices : les basiliques civiles, qui étaient des portiques plus ou moins clos, offrant un abri aux promeneurs, aux plaideurs, etc., les thermes, les maisons particulières. De très bonne heure, l’église (fig. 265) comprit une abside, qui était, sauf de rares exceptions, semi-circulaire et qui pouvait s’emboîter dans un massif carré ou polygonal à l'extérieur. L'abside était réservée au clergé ; les chantres se tenaient en avant, entre l’abside et le carré du transept, dans une travée, chorus

psallentium, le chœur. Le transept, très fréquent en France depuis | les Carolingiens, est une nef transversale, dont la toiture coupe |

à angle droit la toiture de la nef ; il comprend deux bras et le carré du transept, qui est la travée placée à l'intersection, la travée commune à la nef et au transept. Depuis le 1x° siècle, l'usage se répandit dans nos pays de placer une absidiole sur chaque bras dutransept. La nef était souvent précédée, à l'ouest, soit d’un atrium, cour entourée de portiques, soit d'un narthex, galerie qui était plaquée contre la façade. A l’intérieur de l’église latine, des divisions étaient marquées par des parapets à hauteur

d'appui, formés de dalles décorées et dressées de champ, que

l’on appelle les chancels. L'église romane (fig. 265 et 266) est beaucoup plus massive que l'église latine, à cause de l'emploi des voûtes : les murs, plus épais, se garnissent de supports à l’intérieur, de contreforts à l'extérieur. En outre, le plan subit d’autres modifications, qui ne sont pas appelées par le mode de couverture. L'abside est quelquefois polygonale sur les deux faces. Abside et chœur sont fréquemment enveloppés d'un bas-côté tournant, avec lequel

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DESNÉDIFICES RETIENS Cr

l'un et l'autre communiquent par une série d’arcades et qui s'ouvre, d'autre part, sur des chapelles rayonnantes ; ce bascôté tournant, dont les plus anciens exemples connus remontent aux dernières années du x° siècle, s'appelle le déambulatoire. On | trouve aussi des chevets sans déambulatoire, dans lesquels des

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