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LA VFOUUTE EN BERCEAU

L'arc en encorbellement ou en tas de charge (fig. 21) est un peu plus compliqué. On appelle corbeau une pierre engagée de partie de sa longueur dans une maçonnerie et qui fait saillie du reste de cette longueur. Qu'on imagine une superposition de corbeaux ainsi placés horizontalement l’un sur l’autre et dont chacun avance sur le corbeau inférieur : c’est | un encorbellement. Sur deux pieds-droits il!

qui se font face, élevons deux encorbellements: ils se rapprocheront en montant à et 1l viendra un moment où on pourra les ee réunir en jetant sur le vide une dernière pierre ; on abat les arêtes saillantes des assises et on obtient de la sorte le contour d’un arc. Nous savons que les voûtes en encorbellement se rencontrent dès l’époque néolithique.

Si les constructeurs font des linteaux qui ont la forme de l'arc, ils en font d’autres qui ont la forme du linteau et un peu de la structure de l'arc (fig. 22). C'est ce qu'on appelle les plates-bandes appareillées. Elles sont constituées par des blocs taillés en coin, à la façon des claveaux, et dont les joints convergent vers un point, toujours comme pour les claveaux. Certains de ces linteaux ont des crossettes, par lesquelles les blocs s’accrochent l’un à l’autre. Si le linteau monolithe est sujet à se casser, le linteau appareillé risque de s'effondrer. On combine volontiers l’un ou l’autre avec un arc: l'arc, placé au-dessus du linteau (fig. 279),

détourne de celui-ci la pesée des

maçonneries supérieures ; — c'est un arc de décharge.

La voûte en berceau. — La voûte la plus simple et la plus ae fréquente, le berceau, est un

ARC EN TAS DE CHARGE. À arc prolongé, un arc profond,

comme sont les voûtes de nos tunnels de chemin de fer. Les pierres taillées dont la voûte est formée s'appellent voussoirs. Suivant le tracé, la voûte en berceau peut être en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. ; suivant la directrice, le berceau peut être horizontal ou rampant, rectiligne ou annulaire,

Pt LA CONSTRUCTION GALLO-ROMAINE —— d

roit (lorsque l'axe est perpendiculaire au plan de la tête) ou biais (lorsque l’axe est oblique par rapport au plan de la tête), en spirale, etc.

Le cintrage d’un berceau est très coûteux ; aussi les Romains ont-ils imaginé divers procédés pour réduire ces frais et pour réaliser des économies sur le cintre, soit en hauteur, soit en profondeur.

Premier procédé. Il est basé sur cette observation que les retombées, les cla- F1G. 22. — PLATE-BANDE APPAREILLÉE. VeaUX inférieurs peuvent être

posés et tenir sans le secours du cintre : on appuyait donc celui-ci, non pas sur les impostes placées aux naissances de l'arc, mais sur des claveaux formant sailhe à l'intrados, à peu près au niveau où les éléments de l'arc sont suffisamment inclinés pour glisser vers le vide (fig. 23 et 348).

Autre procédé : à l’amphithéâtre de Nîmes, au pont du Gard, etc., certaines voûtes sont construites par tranches indépendantes (fig. 23) : sur un cintre on tournait une tranche: après quoi on déplaçait le cintre, on tournait une seconde tranche juxtaposée à la première et ainsi de suite. On pouvait de la sorte faire une voûte importante en utilisant plusieurs fois successivement un cintre de dimensions médiocres.et peu coûteux.

Enfin, il est permis de croire que les doubleaux ont servi parfois à porter les bouts des couchis sur lesquels les maçons dispo- Eee saient les cours de voussoirs, SSMBOSE D CNT EP les files de voussoirs. On appelle doubleau (fig. 24) un arc saillant sous une voûte, concentrique à cette voûte et qui la double. Les doubleaux sont loin d’être d'usage courant dans l'architecture gallo-romaine, et il est, en certains cas, difficile de dire à quelle préoccupation ils répondent. Quel qu’en fût le but, ils ont plusieurs effets : ils

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