LES PRINCIPES
antiques par des pilastres plats, ornés de losanges et appliqués sur les cadres des baies. Les monuments français étaient habillés à la mode nouvelle. Puis le détail envahit l’ensemble; au XVII siècle, les ordres s emparèrent des façades (fig. 76).
[ci encore l'architecture suivit l'évolution du langage : l'humanisme remettait en honneur certaines formes latines que le Moyen Age avait abandonnées ; porticum avait donné porche ; on releva les syllabes tombées et on ressuscita portique. De même, on reprit dans l'entablement les membres devenus inutiles, l'architrave et la frise, que F1G.77.— ANSE DE PANIER. l'art roman et l’art gothique avaient à 1520-1552. Brou (Ain). très juste titre oubliés,
Les principes. — En règle générale, la Renaissance réagit contre les lignes trop verticales et contre les dessins tourmentés du gothique flamboyant ; elle accentue les membrures horizontales ; volontiers, elle adopte d’abord le tracé en anse de panier (fig. 77), plus tard le plein cintre ; elle préfère, particulièrement dans les édifices autres que les églises, les berceaux aux croisées d'ogives:; sur les clochers, elle remplace les flèches par des coupoles de dimensions réduites.
Ce style est, d’ailleurs, assez souple pour admettre l'imagination et l'originalité, pour substituer, par exemple, des coquilles aux petits frontons.
C'est surtout l'architecture privée qui garda Fe 78.—Eeusr Cette liberté d'allure. C'est surtout dans la
JÉSUITE. construction des hôtels que se conserva la Fin xvn® siècle. grâce de la Renaissance française; plus tard,
La Manufacture, RS À 2 Bordeaux. dans ces habitations de secondaire importance,
. . . he , CL de l'auteur. principalement dans les intérieurs, s’afhrmèrent
: le style Régence, le style Rocaille ou style Louis XV, et, dès le milieu du xvrIrf siècle, le style Louis XVI. L: style Rocaille, d'une fantaisie débordante, ne tolérait pas la
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EN LAS GCONSTROICTIONMODERNEÉS mn
ligne droite. Le style Louis XVI demanda des leçons de
mesure à l'antiquité grecque et l'interpréta très librement :
il revint à des formes rationnelles : l'horizontale et la verticale
reprirent leurs droits en des œuvres discrètes, si jolies quand
elles sont calmes sans froideur, quand elles sont simples sans pauvreté. ' |
Style Jésuite et style académique. — Au xvii siècle, un frère coadjuteur Jésuite, Etienne |
Martellange (1568-1641), admi-
rateur et imitateur de Vignole,
répandit chez nous l'architecture italienne: les églises de
France, qui s'étaient assez bien |
défendues jusque-là contre l'in-
vasion, furent livrées au style
Jésuite (fig. 76 et 78) : des
ordres classiques alourdirent de
leurs formes pesantes les intérieurs et les façades.
Quant à l'architecture off- | Lors Le cielle des palais, soumise à un.
F1G 79. — ORDRES SUPERPOSÉS académisme dogmatique éga- |
Mie cote lement venu d'Italie, elle subit |
Se Hier ed rs une autre évolution que l’archi- Chiche Mon HSE tecture privée : sur les façades guindées, on plaqua, depuis
1550 environ, un ordre unique, un ordre colossal, lequel pouvait être monté sur un soubassement correspondant au rez-
de-chaussée. Telle est la disposition qui fut adoptée, sous
Louis XIV, pour la colonnade du Louvre. De plus en plus, on
éliminait les joliesses de la sculpture décorative, pour s’en tenir
aux charmes austères de l'architecture classique : appareils à
refends, colonnes, frontons (fig. 79). Les hautes toitures aiguës,
de silhouette trop gothique, furent remplacées, dans les palais du xviI® siècle, par les toitures mansardées, qui rendaient les combles habitables et qui étaient formées de deux plans se rencontrant suivant un angle obtus : l’un, en bas, presque vertical ; l'autre, en haut, qui se rapproche de l'horizontale. Pendant la seconde moitié du xvIII° siècle, quand l’archéo- |
ST —< ne eu
| d'Ivry à la Madeleine
| trielles, halls de chemins de
LES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES ——— | logie eut permis à nos artistes de prendre plus directement | |
contact avec l'antiquité grecque, une autre ordonnance appa- | rut : Soufflot au Panthéon
(1755) (fig. 80), Coutant
(1764), composèrent leurs façades d’une colonnade partant du perron et supportant un large fronton.
Le XIX° siecle : les constructions métalliques.
— Le fer, couramment adopté au xIx® siècle pour des constructions indus-
fer, marchés, etc., : servi FIG. go. — ARCHITECTURE quelquefois pour d'autres NÉO-GRECQUE.
édifices : Labrouste a élevé Milieu du xvrrre sièc'e. Le Panthéon, Paris en fer la salle de lecture de la Bibliothèque Nationale (1865 environ), pendant que Baltard combinait à l’église Saint-Augustin (1860-1868) le fer et la pierre en une œuvre qui est très discutée. | Tous les éléments d'une construction métallique ne travaillent pas comme. les éléments d’une construction en pierre une pièce sur laquelleune charge pèse dans le sens de la longueur est soumise à une compression; une pièce aux deux bouts de laquelle