F1G. 82. — ASSEMBLAGE A RIVETS
nee. LESCC'ONSTRUICTIONSUMÉTALLIQUES
au rivet (fig. 82), c'est une sorte de clou robuste et sans pointe ; on le porte à une haute température, on le met en place et on rabat au marteau l'extrémité libre du rivet, de façon à former une seconde tête: le rivet, en se refroidissant, se rétracte et les deux têtes serrent fortement les épaisseurs de tôle.
Ce sont là des assemblages rigides ; mais, dans les ouvrages métalliques de quelque importance, 1l se produit des mouve- | ments, ne fût-ce qu'à cause de la chaleur et du froid, qui
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entraînent dans les longueurs des | différences appréciables.
Afin d'assurer du jeu aux fermes, on fait des assemblages articulés (fig. 81 et 83). Les fermes Polonceau pouvaient être pesées sur un mur. À l'heure actuelle (fig. 83), on incorpore souvent à la ferme les pieds-droits, que l’on construit en fer; la ferme comprend les pieds-droits et un arc,
sans les tirants, qui risquent de se Fi6. 83. — FERME casser et qui encombrent la partie |
DE LA GALERIE k |
St pes Macunes. haute des vaisseaux. Il a fallu pren- |
dre des mesures pour suppléer ces tirants et pour empêcher la ferme de s’écarter et de tomber. Les fermes sont habituellement faites de deux pièces maîtresses non concentriques, la première formant intrados, la seconde formant extrados, les deux reliées par des traverses et par des écharpes simples, ou bien par des traverses et de doubles écharpes, en croix de Saint-André. Le treillis ainsi disposé entre les pièces maïtresses transmet à l'intrados les pesées que reçoit l'extrados et empêche celui-ci de fléchir ; en un mot, il solidarise l’ensemble, et la ferme travaille comme une poutre unique, d'autant plus résistante que les pièces maitresses sont plus écartées. |
En outre de ce rôle, qui est aussi dévolu aux traverses, les écharpes et les croix de Saint-André remplissent une autre fonction essentielle, qui est de rendre l’ensemble de la
(LL, ACCIO NN ST RUICHIONEMODERNE
construction indéformable en le divisant en triangles. C’est, en effet, un principe de géométrie qu'avec trois côtés de lon- LUE données on ne peut tracer qu ‘un triangle. Soit (fig. 84) un
carré constitué par quatre pièces de fer : si on presse sur un.
angle dans le sens de la diagonale, ou si on tire sur un angle voisin du premier dans le sens de l’autre diagonale, celle-ci
augmente, celle-là diminue, et le carré s’aplatit plus ou moins |
en un losange (fig. 85). Soit (fig. 86) un autre carré pareil au
premier, mais dans lequel on a introduit une pièce diagorale : | cette pièce détermine deux triangles et, à moins que les côtés |
ne s'allongent par rup-
ture ou ne se raccour-
aissent par fléchissement,
ces triangles ne change-
ront pas ; la rigidité est F1G. 84-85-86. — EFFETS DES ÉCHARPES obtenue.
DANS LA CONSTRUCTION MÉTALLIQUE. Depuis quelques an- |
nées, les ingénieurs ont imaginé de décomposer les fermes en deux moitiés : chaque demi-ferme se relie, d’une part, au sol par une rotule d'acier
placée à la base du pied-droit ; d'autre part, à l'autre demi- |
ferme par une rotule analogue (fig. 83). Une telle combinaison offre, entre autres, cet avantage que l'ingénieur, connaissant exactement trois points où passent les pressions, peut calculer avec précision la forme qu'il convient de donner à la ferme et à ses diverses pièces.
Enfin, il semble que, dans les constructions métalliques, du moins dans les ponts et les viaducs, nos ingénieurs tendent vers une solution de plus en plus large : une ossature tubulaire puissante prend la place des treillis compliqués, où les lignes se multiplient et s’enchevêtrent. Le viaduc du Viaur (PI. XVI, D), par exemple, est une immense ferme: l'arc en est l’intrados, le tablier est l’extrados, et de grandes pièces conjuguées dans un plan vertical ou dans un plan oblique rappellent le treillis.
Le fer a rendu possibles des constructions d'une hardiesse émouvante, comme la Galerie des Machines ou la Tour Eiffel, le viaduc de Garabit ou le viaduc du Viaur ; mais de ces essais, admirables à d’autres égards, il n’est pas encore sorti une. formule esthétique. Le problème est difficile, parce que le
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LES CONSTRUCTIONS EN PIERRE coae œ
fer donne généralement des lignes aigres et grêles. Toutefois, le dernier mot n'est pas dit : ainsi, le pont Alexandre III (fig. 350) autorise à se demander si la construction métallique la plus rationnelle ne peut pas donner une œuvre d'art.
Combiné avec la pierre et la brique, le fer produit de jolis effets. On lui reproche de se dilater sous l’action du feu, de se tordre et de disloquer les maçonneries. La France n'a pas tiré de cette association de matériaux autant de parti que l'Amérique, laquelle ne pourrait pas sans cela bâtir ses gratte-ciel.
Le XIX® siecle : la construction en pierre. — En dehors des constructions métalliques, le XIx® siècle n’a pas eu d’architecture propre : le style gothique, ressuscité par le romantisme, a surtout servi aux restaurations archéologiques.
On fait grand usage du béton armé, sorte de pierre arti- | ficielle, dans laquelle est noyée une légère armature de fer : on construit en béton armé des poutres de grande longueur.
faut le cacher derrière des enduits, et 1l n’en sortira jamais qu'un art dépourvu de sincérité.
| Les constructions en pierre, surtout les constructions de | l'État ou de certaines grandes villes, souffrent véritablement de | Ja surabondance de nos ressources et du gaspillage qui en résulte. Tel palais trop réputé serait autrement attachant si la modicité des crédits avait obligé l'architecte à une utilisation plus rationnelle et plus ingénieuse des matériaux. Pour forcer l'attention, on recourt trop souvent à des combinaisons imattendues, à des ornements hors d'échelle, à des moyens parfois
violents et grossiers.
nos architectes et quelle que soit leur valeur personnelle, aujourd'hui comme au temps des Romains, l’art de bâtir vaut surtout par les œuvres des ingénieurs.
L'inconvénient est que le béton armé est pauvre d'aspect ; il.
Quelque somme de science et de talent que dépensent.