F : LA STATUAIRE MODERNE
est pas moins maître de ses effets ; la statuaire des églises est trop souvent païenne, fausse, efféminée (PI. I, E, F).
Le xix® siècle prête à certaines critiques : on peut lui reprocher de ne pas s'occuper suffisamment de la place que les effigies doivent occuper; nosartistes travaillent trop souvent non sur commande, pour décorer un point déterminé, mais avec l'espoir que, leur œuvre achevée, on en trouvera l'emploi. , Rien n'est moins conforme aux règles de l’art,
£ = Re / FL SE tel Her dés- F1c. 147. — ScuLPTURE RÉGENCE. ha- 1712 ENVIRON.
bil- Paris, Hôtcl de Rohan. ] é Cliché Neurdein.
et haut placé, dont on n'aperçoit, de la rue, que ce quil devrait cacher.
Par contre, les artistes ont poursuivi âprement l'idéal. Éclectiques plus qu'aucune autre génération, la nôtre et celles qui l'ont immédiatement précédée ont pris des leçons de toutes les écoles sans se lier servilement à aucune ; la beauté grecque ne les a.
pas moins attirées que la grâce florentine. Nos sculpteurs ont surtout
Fic. 148. — SCULPTURE pris à tâche de dérober à la nature ses | XIX® SIÈCLE- ep | ; re secrets et de les rendre sincèrement $ Jeanne d'Arc, de Frémiet. = ; x Paris, une certaine recherche archéologique Cliché Hachette. leur fournit une note de pittoresque
et de vérité (fig. 148) : la vérité, c’est
à elle et à la vie qu'ils ont demandé, souvent avec succès, le don de plaire et d'émouvoir.
La sculpture décorative et la mouluration : les principes.
— Toutes les écoles n’usent pas également de la décoration
——— LES PROCÉDÉS DE LA DÉCORATION
sculptée et de la mouluration. Le dorique grec, qui semait en abondance les motifs peints, était dispensé de les sculpter. L'art romain a livré ses monuments au ciseau de l'ornemaniste. L'art roman, surtout dans certaines provinces, alignait bout à bout les motifs semblables, indéfiniment répétés, sur les tailloirs, sur les archivoltes, etc. : il s’inspirait en cela d'une esthétique facile et cherchait ses effets dans la multiplicité des lignes et dans l'accumulation des détails. L'art gothique préférait, en général, les belles et larges moulures ; il ne s'est pas suffisamment défendu cependant, vers la fin, contre da profusion des pina- Fc. 140. — Tère ne reuiz- cles, dais, crochets. Quant à la Renais- LAGES. XIII® SIÈCLE. ,*
ANNE sance, elle a souvent obéi en ces
Villard de Honnecourt. matières à l’éclectisme le plus délicat
et le plus heureux.
La sculpture imitative : interprétation de la nature vivante. — On peut, dans la sculpture décorative, faire deux parts, suivant qu'elle s'inspire de la nature ou qu'elle est imaginée de toutes pièces. Le premier modèle et le plus béau fourni par la nature est assurément la figure humaine.
Les hommes du Moyen Age ignoraient les têtes de Méduse et les masques de tragédie et de comédie que les anciens ont prodigués ; mais les gothiques ont fait des têtes de feuillages (fig. 149) et des caricatures dont Fic. 150. — Corl'expression est parfois étrangement grima- ie oh çante (fig. 150). A ces types la Renaissance Cathédrale en ajout: d'autres, non moins fantaisistes. On de Chartres. sait que le XVIII siècle a mis dans ses grottes HAT factices des figures de coquillages et que l'Empire, puisant une fois de plus dans l'art grec ou dans l'art égyptien, a reproduit à satiété des sphinx et des chimères.
La zoologie architecturale ne saurait donner lieu, dans ce bref exposé, à des considérations étendues. L'art roman a sou-