‹ Pour comprendre la vie de Jésus [microform]Chapitre 17 sur 53 · DÉCOLLATION DU PRÉCURSEUR · texte numérisé non relu

DÉCOLLATION DU PRÉCURSEUR

L'évangéliste iSsère ici le récit de la décollation du présurseur, qui, chronologiquement eût dû venir plus tôt (VI, 16 ; cf. I, 14). Il en parle même plus longuement que du mauvais accueil fait au Christ ou préparé aux apôtres.

C'est qu'il y voit un symbole particulièrement caractéristique de l'attitude qu'ont prise les Juifs rebelles à l'égard de l'évangile.

a) Jean et Jésus

(12-16) Une brève introduction explique pourquoi l'épisode vient à cette place. A cela servent les miracles attribués aux apôtres durant leur mission. Ils préparent la mention d'Hérode qui attribue les œuvres des « puissances » à l'esprit du Baptiste. Cette transition artificielle porte bien la marque de notre évangéliste, car elle fait intervenir une triple explication des prodiges chrétiens, qui sont imputés soit à Jean, soit à Elie, soit à « un prophète comme un autre ».

b) Jean en prison

(17-20) Les trois « car » qui suivent et qui chevauchent l'un sur l'autre constituent une nouvelle marque du narrateur. Trois personnages, d'ailleurs, interviennent : Jean, Hérode, Hérodiade. Leur rôle, fort peu historique (t. I, p. 84) est prédéterminé par l'Ancien Testament. Comme le premier est identifié avec Elie (IX, 13; I, 6, cf. // jRois, I, 8), le second correspond" au roi Achab, qui se laisse dominer par sa femme (/ Rois, XXI, 20, 25), le troisième à Jézabel, la reine astucieuse et cruelle, qui veut faire

mourir Elie (/ Rois, XIX, 2), ainsi que Naboth (J Rois, XXI, 1-16). L'évangéliste combine les faits de manière à expliquer comment cette volonté, restée autrefois sans effet, a été enfin réalisée.

c) Jean mis à morl

(21-28) Dans la scène finale, Jean ne joue plus un rôle actif. Mais un autre personnage intervient, la fille d'Hérodiade. C'est une réapparition d'Esther, la belle juive, à qui. dans un festiii, Assuerus promet tout ce qu'elle pourra désirer, jusqu'à la moitié de son royaume, et qui se contente de demander, sur le conseil qui lui en a été donné, la mort d'Aman [Esth. IV, 1-14; VII, 1-10). Marc, décrivant un banquet analogue, le fait donner par Hérode « pour l'anniversaire de sa naissance », parce qu'il se représente ce roi d'après l'ancien Pharaon, qui, dans une circonstance identique, offrit à tous ses serviteurs un grand repas, également terminé par une exécution capitale [Gen., XL, 20-22). Il ajoute de lui-même des détails, qui font ressortir la cruauté de la jeune fille inspirée par sa mère. C'est qu'il veut montrer ici jjisqu'où va la malice du judaïsme rebelle à l'Evangile.

(29) La mention finale des disciples de Jean, qui viennent prendre le corps de leur maître

pour l'ensevelir, sert visiblement à préparer celle des apôtres du Christ, qui reviennent ' près de lui pour lui rendre compte de leur mission.

Le succès de cette tournée évangélique, qui s'est faite en l'absence du maître et sans qu'il en connaisse encore les résultats (VI, 30), rappelle et vérifie la 2^ parabole, où l'on voyait la semence poussant d'elle-même pendant le repos du semeur, sans que lui-même le sache (IV, 27-28).

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