L-ANNONCE DE LA MORT
et les patriarches et de qui est issu selon la chair le Christ » [Rom., IX, 4-5). Il n'en constate pas moins que ces gens rejettent l'Evangile, tandis que les Gentils l'acceptent docilement. L'évangéliste ne fait que traduire cette double idée sous une forme rétrospective et symbolique.
b) Réflexions aux disciples
(23-27) Le commentaire qui suit porte la marque très nette du narrateur. Il est constitué par trois réflexions du Christ, qui réalisent une progression très marquée : Combien il est difficile aux riches d'entrer dans le règne de Dieu (24)! Cela leur est plus malaisé qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille (25). C'est humainement impossible (27).
Gelse voyait dans ces propos une réminiscence de Platon, qui expliquait déjà qu'un homme très riche ne peut être très bon {Cont. Cels., VI, 16 ; cf. Lois, V, 12, p. 743 A). Il est bien plus naturel d'y voir un résumé des expériences de la communauté chrétienne, dont le recrutement s'opérait plutôt parmi les pauvres gens (I Cor., 1, 26-28).
La réflexion finale contient un correctif important : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ». C'est ce qu'enseignait Paul, qui ne faisait ressortir l'infirmité humaine
que pour mieux mettre en valeur la puissance irrésistible de la grâce divine [Rom., III, 20-30 ; V, 1-11 ; IX, 14-18 ; I Cor., I, 25-28 ; Il Cor., XII, 9, etc.).
c) Réponse à Pierre
(28) La remarque attribuée à Pierre sert à montrer une fois de plus combien son esprit demeure borné. Au Maître qui vient dé dire :
Gela est impossible aux hommes », il réplique : « Nous autres, nous l'avons fait ; nous avons tout quitté pour te suivre. »
(29-30) Ainsi se trouve amenée une nouvelle déclaration du Christ. Ceux qui ont tout quitté pour lui recevront le centuple dès maintenant et la vie éternelle dans le siècle qui vient. Paul disait pareillement à ses néophytes : « Regardés comme n'ayant rien, nous possédons toutes choses » (II Cor., VI, 10) ; « Tout est à vous..., soit les choses présentes, soit les choses futures » (I Cor., III, 21). Mais Jésus n'interpelle pas de même Pierre et ses partisans. Il parle, en termes seulement indirects et très généraux, de ceux qui ont tout quitté. Rien, dans ses propos, n'autorise ses auditeurs à croire que tel soit leur cas.
(31) Ses derniers mots donnent plutôt à penser le contraire : « Beaucoup seront de premiers derniers et les derniers premiers. »
l'annonce de la mort ni
Cette remarque est faite à propos du riche qui ^ observé les commandements dès sa jeunesse et qui n'en est pas moins exclu du royaume de Dieu tandis qu'un petit enfant y entrera.
Mais, comme l'un figure le monde des juifs, l'autre celui des païens, ceci revient à dire que les Douze, qui représentent dans l'Eglise le judaïsme, passeront après Paul et les autres apôtres de la Gentilité. La suite du récit le montrera plus clairement encore.