‹ Pour comprendre la vie de Jésus [microform]Chapitre 31 sur 53 · A) PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

A) PRÉLIMINAIRES

La l'^^ section forme une sorte de prologue- Elle explique comment a été amené le drame de la Passion. Son programme remplit trois jours, qui présentent un intérêt croissant.

Déjà le premier jour offre lui-même un commencement, un milieu, une fin. Il est rempli par trois actes qui se situent en des lieux différents et dont chacun prépare le suivant.

1) « Vers la montagne des oliviers »

XI. (1) La scène initiale montre le Christ s'approchant de Jérusalem, par Béthanie, au mont des Oliviers (voir la note à ce verset), parce que ces trois noms fourniront le cadre des récits qui vont suivre.

Béthanie intervient ici à cause de sa signification symbolique. Saint Jérôme a eu soin -de noter que le nom signifie « maison de l'affliction » ou « de l'obéissance ». La première étymologie répond bien aux préoccupations dn narrateur. Elle explique le rôle que jouera Béthanie dans les préliminaires de la Passion.

La « montagne des Oliviers » est donnée comme dernier point de repère. C'est en souvenir d'un texte du prophète Zacharie (XIV, 4) annonçant que le « Seigneur », au jour de sa venue, posera ses pieds sur elle, vis-à-vis de Jérusalem. Déjà bien avant Marc, des messianistes juifs avaient appliqué cet oracle au Messie ( Josèphe, Guerre des Juifs, II, 13, 5 ; Ani. jud., XX, 8, 6).

(2-6) A propos des preparatifs.de l'entrée dans la ville, Matthieu note expressément (XXI, 4) que « ceci arriva pour que fût accomplie la parole du prophète : « Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur,

monté sur un âne et sur un jeune ânon. » La dernière phrase est une citation de Zacharie (IX, 9), qui, par ses derniers mots, s'accorde particulièrement avec la version d'Aquila et diffère sensiblement de celle des Septante. Marc déjà utilise ce passage sans le dire. Seulement au lieu d'y voir, comme fera Matthieu, deux animaux, il identifie l'âne avec le jeune ânon. Il insiste sur la jeunesse de ce dernier, qui n'a point encore servi, pour mettre en relief son rôle providentiel (cf. Nomb.^ XIX, 2 ; Deuî., XXI, 3 ; / Sam., VI, 7). De plus, il a soin de noter que Jésus n'en est pas le propriétaire, pour faire voir en lui un parfait modèle de la pauvreté évangélique tant recommandée à son entourage (VI, 8 ; X, 21). Il se trouve ainsi amené à faire emprunter la bête, et il mobilise pour cela deux disciples, à cause de sa conception des couples apostoliques.

S'il présente l'ânon comme « attaché », ce pourrait bien être un souvenir d'un texte de la Genèse (XLIX, 11), considéré comme messianique, où l'on voit Juda « attachant à la vigne son âne, au cep le produit de son ânesse ». Justin fait déjà le même rapprochement et il lit dans l'évangile que l'ânon était attaché à la « vigne » «[jitoXou, non sur la rue aix'foôou {ApoL, I, 32, 6).

2) « Sur le chemin » de Jérusalem

(7-10) La seconde scène que la première avait seulement pour but de préparer montre Jésus avançant « sur le chemin » de Jérusalem, conformément à l'oracle cité de Zacharie. Le prophète disait, en commençant : « Sois transportée d'allégresse, fille de Sion. Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ». L'évangéliste décrit à sa manière la réalisation de cette annonce.

Des vêtements sont mis sous le Christ, comme d'autres l'ont été autrefois sous Jéhu, lors de son intronisation (// Rois, IX, 13).

Deux acclamations et deux bénédictions concomitantes se font entendre, poussées, comme en une procession, par deux groupes de gens, « ceux qui allaient devant » et « ceux qui suivaient ». Elles s'entrecroisent dans le texte reçu, selon un procédé familier à Marc {^).

Les termes en sont empruntés en partie au Psaume GXVIII (v. 25-26), sans doute par l'intermédiaire de la liturgie chrétienne, où de telles formules devaient être courantes (cf.

Didaché, X, 6 ; Luc, II, 13), Elles constituent un témoignage messianique analogue à ceux qui. se lisaient en tête des deux premières parties (I, 11 ; IX, 29).

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