‹ Pour comprendre la vie de Jésus [microform]Chapitre 34 sur 53 · josèphe, Anl., iXVIII, 1, 4 ; Guerr <ks Juifs, II, 8, U · texte numérisé non relu

josèphe, Anl., iXVIII, 1, 4 ; Guerr <ks Juifs, II, 8, U

c) Réponse à un scribe

XII. (28) La 3® question est mise dans la bouche d'un scribe, parce qu'elle traite de la Loi. L'idée du « premier commandement »

est familière à Paul, et justement elle vient chez lui aussitôt après la mention de l'impôt dû au pouvoir civil (Rom. XIIÏ, 8-10 ; cf. 1-7), et à peu d'intervalle du chapitre consacré à la résurrection (I Cor., XIII ; cf. XV).

(29-31) La réponse que Marc fait formuler est conforme à la doctrine de l'Apôtre, qui écrit dans l'Epître aux Romains (XIII, 9 ; cf. I Cor,, XIII, 13 ; Col., 111, 14, etc.), en reprenant une tradition juive, déjà représentée par Hillel (6. Sabb., 31^) et sans se référer aucunement à une parole du Christ : « Les commandements : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point... et ceux qu'il peut y avoir encore, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Lévit, XIX, 18).

L'évangéliste précise et complète ces données en faisant dire par Jésus que le précepte de l'amour du prochain se rattache et se subordonne à celui de l'amour de Dieu.^^Il ne fait en cela que s'inspirer de traditions bibliques {Deui, Yl, 4-5).

(32-34) Le récit a une troisième partie qui en

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dégage la conclusion. Le scribe approuve le Maître, qui, à son tour, fait de lui un éloge discret.

L'approbation initiale exploite un texte d'Osée {VI, 6), qui loue'^'K la miséricorde plus que le sacrifice et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes » (cf. I Sam., XV, 22).

L'éloge qui suit ne vise aucunement à insinuer que ce juif est sur le point de se faire chrétien, car aussitôt après vient une critique générale des scribes. Il tend plutôt à montrer que les adversaires du Christ ont été réduits au silence. Par là il clôt l'ensemble des trois récits qui précèdent et il prépare ceux qui vont suivre.

2) Triple critique

Après sa défensive victorieuse, Jésus prend l'offensive. Il le fait en trois nouveaux épisodes, qui font pendant aux précédents, et qui présentent comme eux une certaine gradation.

a) Contradiction des scribes

(35-37) Les scribes même qui ne sont « pas loin du règne de Dieu » n'y entrent point, parce qu'ils n'en reconnaissent pas le vrai roi. Pour eux, le Messie doit être un « fils de David » (cf. /s., XI, 1, etc.). Or David lui-même l'appelle, en un de ses Psaumes (GX, 1), non pas son « fils » mais son « Seigneur ».

L'objection est en accord logique avec la tendance antijuive de notre évangile (p. 38) et avec la critique qui a été faite de la parenté de Jésus (III, 21, 33; VI, 4). Pour Marc, le Christ n'est pas « fils de David ». Il est plutôt « Fils de Dieu » (I, 1 ; XV, 39). Il se qualifie lui-même de « Fils de l'homme » (II, 10, 28, 31, etc.). Mais il ne l'est qu'en un sens transcendant, suggéré par Daniel (VII, 13).

b) Jactance des scribes

(38-40) La 2^ critique porte la marque propre de Marc. Elle comprend 3 couples, rythmés selon la tradition du parallélisme hébraïque (rues et places publiques, synagogues et cénacles, rongeurs et marmotteurs).

Le tableau des scribes aussi orgueilleux que rapaces, qui doivent être sévèrement jugés, s'inspire moins de la réalité que de l'Ancien Testament. Le Psaume XCIV, parlant des méchants qui complotent contre le juste (v. 21), fait un portrait analogue de ces « superbes », qui parlent avec arrogance » et « égorgent là veuve » et il réclame leur châtiment (v. 1-6). Isaïe parle aussi de ceux « qui transcrivent des arrêts injustes... pour faire des veuves leurs proies » (X, 1-2), Une allusion du même genre se lit chez Jérémie, dans le texte déjà cité où la maison de Dieu est comparée à une

caverne de voleurs (VII, 6), et chez Malachie (III, 5), dans le passage souvent rappelé qui montre le « Seigneur » venant dans son temple pour remettre toutes choses en ordre.

c) Préférence donnée à la pauvre veuve

(41-44) La 3e scène se lie logiquement à la 2®. La pauvre femme qui ne peut jeter dans le trésor du temple qu'une offrande très modeste appartient à la catégorie des veuves, dont les biens sont dévorés par les scribes. La préférence qui lui est donnée contraste avec l'appréciation sévère qui vient d'être portée sur eux. Par là se réalise la parole du Psaume LXXV ; « Je dis à ceux qui se glorifient : « Né vous glorifiez pas », et aux méchants : « N'élevez pas la tête...

C'est Dieu qui juge ; il abaisse l'un et il élève l'autre » (v. 5-8).

La réflexion finale concernant le mérite du don, qui se proportionne aux ressources du donateur, rappelle une remarque de Paul concernant les libéralités des pauvres gens : « La bonne volonté, quand elle existe, est agréable, en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition et non de ce qu'elle n'a pas » (// Cor., VIII, 2, 12). Elle se présente, d'ailleurs, en divers autres textes, comme une sorte de lieu commun (Aristote, Eth. à Nicom., IV, 1, 19; Xenophon, Mémer., î, 33 ; Josèphe, Ant. Jud.^ VI, 7, 4).

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