livre des Proverbes (XXVII, 6), que la tradition
de Judas évoquait d'elle-même :
Les blessures d'un ami prou/ent sa fidélité ; Mais les baisers d'un ennemi sont trompeurs.
De là vient que Marc fait accomplir les deux gestes sans éprouver le besoin de dire ce qui advint ensuite à leurs auteurs.
(48-49) L'attitude de Jésus, qui se contente d'observer que les prophéties doivent s'accomplir contraste à son tour avec celle de son défenseur anonyme. Elle réalise l'oracle d'Isaïe (LUI, 12) concernant le serviteur (ou fds) de Dieu, qui « a été mis au nombre des malfaiteurs », mais « s'est livré lui-même à la mort ». La mention finale des « Ecritures », qui explique ce qui précède, introduit en même temps ce qui va suivre.
(50-52) A la fuite des disciples, qui se présente comme un accomplissement du texte de Zacharie, s'associe celle d'un jeune homme innommé. Elle aussi vérifie un oracle, celui d'Amos (II, 16, Aq.) où on lit, à propos de la grande épreuve des derniers temps : « Celui qui est fort en son cœur, parmi les puissants, s'enfuira nu en ce jour là. » Elle imite en même temps, par une association d'idées très naturelle, un passage de la Genèse (XXXIX, 12), qui raconte comment Joseph, arrêté par la femme de Putiphar, « lui laissa son vêtement dans la main et s'enfuit au dehors ».