‹ Pour comprendre les monuments de la FranceChapitre 194 sur 202 · LA VISITS DES MONUMENTS · texte numérisé non relu

LA VISITS DES MONUMENTS

tion architecturale : sculpture, peinture murale, peinture sur verre, etc. On finira par les meubles : autels, fonts baptismaux, confessionnaux, tableaux et statues, etc.

Que doit-on etudier? II est impossible de le dire a priori. A chacun de decider ce qui merite son attention. On notera ce qui parait propre a donner la raison des formes ou a fixer les dates, ce qui est remarquable ou simplement original.

On s occupera du plan, dans les grandes lignes et dans certains details. Ainsi, on enregistrera les brisures dans 1 axe des vaisseaux, et on recherchera si ces bnsures correspondent a des reprises dans 1 ceuvre.

On regardera de pres les parements et les moulures, afin de verifier si la cons truction est homogene ou si elle a etc executee en plusieurs fois.

Dans les parements, les decrochements des joints de lit et les marques d appareil fourniront des elements precieux de diagnostic : si les lits ressautent en un point, c est 1 indice qu a ce point on a greffe une maconnerie sur une autre. On portera une attention particuliere sur cette partie de 1 edifice, sur la taille des blocs et sur les marques d appareil. Si les pierres sont bouchardees, avec des bore s traites au ciseau, c est la preuve d une taille toute moderne. La facon dont les marques d appareil sont reparties permet parfois de reconstituer la succession des travaux.

Quant a la mouluration, on ne saurait trop insister sur son importance pour la determination des dates : mouluration des arcs et des voutes, profil des bases. Les bases notamment, qui sont plus a portee de 1 oeil et dont on peut mieux saisir la forme, sont un element capital dans les problemes de chronologic monumentale. II est des piliers ou deux bases nettement dissemblables se touchent et qui marquent un temps d arret dans 1 activite du chantier.

On a pu voir ci-dessus, dans le corps du hvre, quelles sont les caracteristiques principales des diverses epoques. On sait, par exemple, qu un mur remain de petit appareil coupe d assises de bnquesn est pas anterieur a 125 de notre ere ou environ ; qu un arc brise et une voute sur croisee d ogives ne sauraient remonter au dela du XII C siecle ; qu un arc en accolade denote le declin du gothique ; que le dessm des remplages fournit un cntenum pour preciser 1 age des fenetres de cette epoque ; qu une statue n est pas drapee au xm e siecle comme au Xl e ou au XV e ; que les feuillages du XI C siecle sont schematises, tandis que ceux du XIII 6 siecle sont imites de la nature ; que la vegetation est plus grasse, plus gonflee de seve vers la fin du XII 6 siecle, plus dessechee, plus tourmentee deux cents ans plus tard ; que les beaux chapiteaux a crochets accusent 1200 environ ; que les profils perdent leur rondeur pleine et s amaigrissent vers 1300, etc.

Quelques annexes des grandes eglises sollicitent la cunosite : le cloitre, par exemple, la salle capitulaire et, dans les monasteres, le refectoire et la cuisine. Les salles capitulaires ne sont pas connues autant qu elles le mentent : il faut, dans ces salles, des supports legers, afin qu ils n arretent pas le regard des membres de 1 assemblee ; sur cette donnee, 1 ingemosite des architectes a produit des ceuvres piquantes ou meme reellement belles.

La decoration fait la place plus large a la fantaisie que la construction : pour etre comprise, elle requiert un esprit moins rigoureux et plus souple, moins de raisonnement et plus de sensibilite. Toutefois, meme en ces matieres, deux sortes de questions au moins exigent une critique sans cesse en eveil : 1 Jnterpretation symbolique des motifs et 1 indication de leur origine.

Le livre qui precede est un peu austere peut-etre. II reagit contre une tendance

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