‹ Pour devenir spiriteChapitre 12 sur 23 · XI. — LES OBSESSIONS · texte numérisé non relu

XI. — LES OBSESSIONS

Avant de vous quitter, il faut que je vous dise quelques mots, je vous l’ai promis, du danger que l’on court à abuser des communications avec les esprits moyens 4^ prévenir et d'y remédie^.

D'abord, ne perdons pas notre objet de vue. De quoi s agit-il dans les évocations ? D’obtenir la preuve expérimentale de la survivance de l’ànie. Nous avons vu que l’ânie du mort nous fournit cette preuve par sa propre atlestation, en nous, disant des choses sensées qui dénotent une intelligence, et souvent inconnues de nous, ce qui prouve que cette intelligence n’est pas la nôtre, et quelquefois connue du mort seul, ce qui prouve que c’est bien lui.

Le but atteint, la preuve obtenue, révocation n’a donc plus cette raison d’être^En a-t-elle d’autres ? La réponse à cette question nous'^rait sortir de notre programme et nous mènerait très loin.

Vous me permettrez donc de ne pas l’aborder pour le moment.

Tout ce que je puis vous dire, c’est que les évocations restent possibles après comme avant que l’on soit convaincu de la survivance de l’àme. C’est là un fait prouvé par l’expérience.

Elles ont donc quelque utilité, car rien dans l’univers n’existe en vairr ; mais elles doivent aussi présenter quelques inconvénients, car il n’y. a pas en ce^onde de médaille sans revers.

Le danger à redouter consiste dans les obsessions. Pour vous mettre en garde, il convient que je vous dise en quoi consistent les obsessions et quels sont les moyens de les éviter et d’y remédier.

L’obsession consiste dans un empire plus ou moins étendu que prend l’esprit évoqué sur l’esprit, et quelquefois même sur le corps de l’évocateur.

Nous avons vu, § 9, que la communication spirite pèut s’établir de trois manières : 1° Par intériorisation de l’évocateur ; 2° Par extériorisation de l’évoqué ; 3^ Par la combinaison de ces deux moyens : l’évocateûr se concentrant et fournissant ainsi à l’évoqué les

moyens de se matérialiser plus ou moins et d’agir sur les corps.

Dans le premier de ces cas, le médium ordiaairement somnambule, ne peut être obsédé que s’il le veut bien, car il lui est aussi facile de se réextérioriser que de s’intérioriser, et par là de se soustraire à l’influence de l’esprit si elle est mauvaise.

La seconde hypothèse n’entre pas dans notre programme, puisque nous n’avons à nous occuper que des évocations.

Reste la troisième. C’est surtout celle-ci qui expose les expérimentateurs à l’obsession. En effet, la direction que vous donnez à votre pensée, à votre âme et à son véhicule, le fluidq vital, favorise la matérialisation de l'esprit et, par conséquent son empire sur vous.

Si cet esprit est bon, îl n’y a rien à craindre ; d’abord parce qu'il ne prendra pas un empire abusif sur le vôtre ; ensuite, parce qu’il ne vous inspirera que de l)onnes pensées et de bonnes actions.

S’il, est mauvais, il n’en sera plus de môme. Tl va sans dire qu’il vous donnera des inspirations selon son cœur. De plus, il n'hésitera pas à usurper sur vous tout le pouvoir tyrannique que vous le laisserez prendre.

Il en est, en effet, de l’autre monde comme du nôtre. Ce sont les plus ignorants qui se croient les plus savants et qui sont les plus ambitieux et les plus avides de domination.

Ils ne savent pas se conduire eux-môines, et ils prétendent gouverner les autres. Ils se contenteront d’abord d’être votre (( conseiller municipal », puis ils voudront être « députés » ensuite « ministres-», « rois ou présidents » et finalement « tyrans ». Vous n’avez pour cela qu’à voter pour eux et à les laisser faire.

Cette comparaison mondaine, politique, doit vous

faire comprendre le danger que vous, courez si vous vous y abandonnez.

Pour éviter les obsessions, il faudrait donc n’avoir affaire qu’à de bons esprits. Mais vous pensez bien, en comparant toujours Tautre monde au nôtre, que les bons esprits ne viendront que pour de bons motifs ; pour vous fournir, par exemple, la preuve de leur existence, c’est-à-dire de la survivance de l’àme.

Cette mission remplie, ils cesseront de se communiquer, à moins de raisons particulières : que viendraient-ils faire ? N’y a-t-il pas tout lieu de croire qu’ils ont des occupations de leur côté, comme nous en avons du nôtre et que précisément parce qu’ils sont bons, ils tiennent à remplir leurs devoirs plutôt qu’à venir « cancaner » avec nous ?

Si donc vous évoquez par désœuvrement, pour passer le temps, pour vous amuser, ou même par curiosité plus ou moins colorée des prétextes scientifiques, si vos séances sont fréquentes et longues, vous êtes parfaitement sûre et certaine d’attirer à vous une nuée d'esprits dont les goûts sont analogues aux vôtres, légers, paresseux, bavards, vaniteux, vagabonds, et c’est le moindre mal qui puisse vous arriver.

Comme ils flatteront vos goûts, vos caprices, vos inclinations, vos vices môme, vous leur laisserez insensiblement prendre de l’empire sur votre esprit. Le reste va tout seul.

Laissez-Ieur prendre un pied chez vous ;

Ils en auront bientôt pris quatre.

Les choses étant ainsi, le moyen d'éviter le danger des obsessions est facile à trouver : il suffit de ne pas sy exposer. — Celui qui s’expose au danger de périr, périra, — N’évoquez jamais que pour de boiis motifs.

sérieusement, avec recueillement ; que vos séances soient rares et de courte durée.

Sitôt que vous voyez d'une manière bien évidente que vous avez affaire à un esprit léger ou pervers, donnezlui quelques bons conseils et levez immédiatement la séance.

S’il revient à la charge, lui ou l’un de ses pareils dans les séances subséquentes, espacez davantage vos évocations, interrompez-les au besoin pour un long temps. Si vous êtes ferme, il se rebuttera où il se corrigera.

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