I. — AME, ANGE OU DIABLE
C’est sans doute pour éluder l’objection des catholiques que certains spirites nient l’existence des anges. Mais supprimer une question,, ce n’est pas la résoudre.
11 n’y a pas de iWsons pour qu’il n’existe pas d’espn'ts qui n’ont jamais été incnrné's; tandis qù’il y en a, nous l’avons vu, i>our croire h leur existence.
La qùestion se réduit donc à savoir si ce sont des bons anges, ou des mauvais, ou des âmes de morts qui sont les auteurs des phénomènes spiiites.
Si les démons ou mauvais anges peuvent produire ces phénomènes, comme le prétendent les catholiques, à plus forte raison les bons le peuvent-ils. D’où vient donc que l’on nie l’intervention de ceux-ci? Probablement parce qu’alors il n’y aurait pas lieu d’anathématiser le spiritisme.
On nous dit qu’il serait contraire à Ta dignité des anges de se livrer à de semblables pratiques.
(( Ne serait-il pas malséant à nn ange, dit le père
Pailloux, de se livrer aux amusements de la foule, et de se rendre à l’évocation d’un ivrogne ou d’une prostituée? » (Le magnétisme, le spiritisme de la possession, p. 113}.
Vous voyez que ce R. P. suppose qu’on n’évoque que pour s’amuser, et qu’il n’y a que les ivrognes et les prostituées qui fassent des évocations.
Dans cette hypothèse, nous pourrions peut-être tom« ber d’accord, et convenir que les anges et môme les Ames qui se respectent ne viennent pas à nous pour se donner en spectacle, mais dans tout autre hypothèse, pourquoi ne viendraienWls pas? Pourquoi laisseraienL ils lo champ libre à Vesprit de ténèbres?
Si les démons peuvent intei’venir dans les phénomènes spirites, il n’y a donc aucune raison pour que les anges n’en fassent pas autant
Il ne s’agit donc plus que de savoir si ce sont véritablement des anges bons ou mauvais où des âmes séparées qui interviennent en réalité.
A priori on ne voit pas pourquoi les anges et les démons qui n’ont jamais eu aucun rapport avec nous viendraient ainsi se communiquer à nous.
Supposé qu'ils y viennent, pourquoi ne se donneraient-ils pas pour ce qu’ils sont, anges ou démons? pourquoi nous diraient-ils qu’ils sont des ùmes de morts?
Les démons, dit-on, s^ présentent ainsi pour nous tromper et nous séduire.
Hélas! Ils n’ont pas besoin de prendre tant de détours pour nous induire au mal, nous nous y portons assez de nous-mêmes. Mais les bons anges que Dieu a commis à notre garde, d’après les catholiques, que font-ils pendant que les mauvais cherchent à nous séduire?
Ils laissent fairo et passer? L|es bons gardiens que
nous avons là! Les mauvais anges viendraient pour nous tromper et il serait malséant que les bons vinssent pour nous détromper?
Si la raison nous indique que les anges et les démons n’interviennent pas dans les manifestations spirites et que, par conséquent^ ce sonti les âmes des morts, puisque nous l' .î-'ons aucune idée d’autres êtres invisibles capables ‘h pi oduire ces phénomènes, l’expérience n’est pas moii uémonstiative.
Laissoi s s :r ce point, la parole à M. Kussel Wallace:
« Dans in i.i les pays du inonde, dit-il, soit en Aniélique, soit en Europe ou en Australie, soit en Angleterre ou en France, en Espagne ou en Russie, nous trouvons des faits du même type général tandis que les différences individuelles qui les distinguent, montrent bien qu’ils no sont pas servilement copiés les uns sur les autres; que les médiums soient des hommes ou des femmes, des garçons ou des filles, ou même quelquefois de petits enfants, qu’ils soient instruits ou ignorants, civilisés ou sauvages, nous trouvons le môme phénomène général se présentant avec le même degré de perfection.
(( Nous en concluons que les phénomènes sont naturels, qu’ils sont produits sous l’action de lois générales qui déterminent les rapports entre le monde spirituel et le monde matériel, et qu’ils sont ainsi d'accord avec l'ordre établi dans la nature.
(( Ensuite, — et c'est là peut-être le plus important caractère de ces faits, — depuis le premier jusqu’au dernier, ils sont essentiellement humains. Tls se présentent sous forme d’actions humaines, d’idées humaines, il y est fait usage du langage, de l’écriture, du dessin humain, on y voit se manifester un esprit, une logique, une humour, une émotion que nous pouvens tous apprécier et juger: les communications
varient de caractère comme le font celles qui émanent des hommes : tantôt triviales, tantôt élevées, elles sont toujours essentiellement humaines; quand les esprits parlent, la voix est une voix humaine : lorsqu’elle:^ deviennent visibles, les mains et les visages sont absolument humains ; quand nous pouvons toucher les formes, les examiner complètement nous les trouvons liumoines, et non pas comme celles qu’auraient des êtres d’une autre espèce que la nôtre. Les Miracles ei le moderne spiritualisme. »
I.es catholiques nous objectent que les âmes des morts sont en paiadis, en purgatoire ou en enfer, et qu’elles ne pourraient pas, quand elles le voudraient, se communiquer à nous.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, mais il nous suTfît d’observer que les âmes ne sont pas des corps, les. catholiques n’en disconviendront pas, et quelles ne sont pas passibles du lieu mais de l’état.
Le paradis, le purgatoire et l’enfer ne sont donc pas des lieux — sauf au figuré —mais des états de rùme. Ces états accompagnent l’àme pai'tout puisqu’ils forment son essence. 11 n’y a donc pas d’obslacle de temps ni de lieu entre les âmes des morts et celles des vivants. Leurs rapports sont déterminés, comme nous l’avons dit par leurs affinités, par leur amour dominant