‹ Pour devenir spiriteChapitre 7 sur 23 · V. — LES PREUVES D’AUïORITÉ · texte numérisé non relu

V. — LES PREUVES D’AUïORITÉ

Les preuves de fait sur rimmortalité de l’ème peuvent se tirer de deux sources : 1°, du témoignage d’autrui notamment de Thistoire ; 2°, de notre propre témoi-

gnq^e, de nos obsein^ations et de nos expériences pëi"sonnelles.

Il est évident qu’il serait déraisonnable de ne vouloir s’en rapporter sur toutes choses qu’à sa propre expérience. Ce serait le comble de l’orgueil et de la présomption, de ne vouloir se fier qu’à soi-même de la réalité des choses. Notre vie ne suffirait pas pour faire toutes les expériences relatives à une seule science, sans parler de les apprendre ainsi, sinon toutes, du moins le plus grand nombre possible.

Aussi, dans toutes les sciences, s’en rapporte-t-on beaucoup plus à l’expérience d’autrui qu’à la sienne propre ; dans tous les domaines, les articles de foi sont innombrables.

La science moderne trouve cela' tout naturel, tant qu’il s’agit de son propre credo; mais pour tout ce qui en sort, il faut des faits, dit-elle ; seulement, quand on lui en présente, elle dit : (( Je le verrais que je ne le croirais pas. »

Pour vous, ma chère Sophie, tout en convenant que nous devons acquérir les preuves de fait de toutes choses autant que nous le pouvons, j’espère que vous ne dédaignerez pas de prendre en considération le témoignage des autres, ne fût-ce que pour vous guider dans vos propres expériences.

Commençons donc par cet ordre de preuves, — qu’on appelle preuves d’autorité —^ si vous le voulez bien ; nous viendrons ensuite à l’expérience directe qui nous servira à confirmer ou à infirmer les témoignages que nous aurons accumulés.

Je ne vous ferai pas pqsser en revue toutes les traditions et toutes les histoires anciennes et modernes qui nous présentent des preuves de la survivance de l’âme après la mort. Je vous laisse le soin de faire ces recherches vous-même autant que vos loisirs vous le permettront.

âS -

Je mô bornerai à vous rappeler que, dàils toüs les temps et dans tous les pays, chez les peuples les plus civilisés comme chez les plus sauvages, il y a eu des appeiritions de morts, des lieux hantés, des visions^ des évocations, etc.

Ce n’est pas seulement, ni même principalement, le bas peuple, qui s’est laissé prendre à ces superstitions ou à ces hallucinations, comme disent nos jeunes savants ; les plus gu'ands hommes en tout genre, Aristote, Lucrèce même, sans oublier son maître : Epicure, y ont cru.

(( Lucrèce, le sceptique le plus absolu, considère l’existence des revenants et leurs fréquentes apparitions comme des faits si avérés, qu’il s’efforce d’expliquer ces apparitions, au risque d’être obligé de reconnaître une classe de phénomènes diamétralement opposés à son système général. Comme il ne veut pas avouer l'existence de l’ame, et qu’en même temps il ne y ^ ' veut pas mettre en dou te le phénomène supposé avoir . cti cimetièi'e des môrt^il est forcé d’adopter la

t*-^W«^’*^’^y 2 yance que les corps-rorfsistent en plusieurs eiiveloppes analogues à celles d’un oignon, et que la dernière cosse extérieure et la plus mince étant détachée par la mort, continue à errer près de sa sépulture avec la ressemblance de la personne qui la portait vivante )> (l)émologie de Walter Scott.)

En un mot, on l’a dit et redit tant de fois depuis Bayle, qu’il serait superflu d’y insister. Rien n’est mieux prouvé que les apparitions et, en général, les l)hénoinènes de la inagiie ; si on voulait nier ces faits," il faudrait considérer toute rhistuire et même la meilleure partie de toutes les sciences physiques comme nulles et non avenues.

, De nos jours encore, comme par le passé, et dans

: ' les pays les plus civilisés, malgré tous les savants

efforts que l’on fait pour retenir sous le boisseau les phénomènes de ce genre, ils éclatent quand môme,.

Vous n’êtes pas sans savoir que des Revues spéciales se publient, qui sont remplies de comptes rendus d’apparitions de fantômes, de manifestations d’esprits dans des lieux dits pour cette raisbn hantés, été., publiés par des témoins oculaires, intelligents et impartiaux.

Les\ jou,rnaux quotidiens môme, entraînés par le courant, relatent chaque jour des événements qui n ont été expliqués, jusqu'à ce jour que par l’intervention des âmes des morts, et que l’on s’efforce en vain d’expliquer autrement.

Aussi est-il considérable le nombie des bons espiits, instruits, honnêtes, consciencieux, désintéressés, qui croient aux revenants (et, par conséquent, à l’immoi’talité de l’âme), parce qu’ils en ont vu, ou parce qu’ils connaissent des personnes très dignes de foi qui en ont vu.

La science oflicielle, sourde, muette et aveugle, est seule à paraître ignorer ces choses qui, en effet, dérangeraient singulièrement ses iplans d'exploitation de l’espèce liumaine, si l’on parvenait à les faire universellement admettre.

Qui a raison, de la science officielle moderne ou de tout le reste du genre humain ?

Quoiqu’il en soit, nous devons constater que les opinions sont partagées ; et, comme le sujet en vaut la peine, nu lieu de perdre noire temps à épiloguer, à discuter le pour et le «contre, allons directement aux faits.

Les preuves d’autorité ont leur valeur ; une ,si grande multitude de témoignages en faveur d’un fait a quelque chose d’imposant pour tout autre que pour un savani à diplôme ; mais les preuves expérimentales sont

encore plus démonstratives, et nous ne devons pas négliger de nous les procurer si nous le pouvons.

Occupons-nous donc maintenant des moyens d’acquérir par Inexpérience les preuves de là survivance de l’ème après la mort.

Page 1