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VI. PREUVES DE FAIT. — SOMNAMBULISME

Que notre ôme soit Indépendante de notre organisme, c’est ce que prouvent, en dehors des ràisops sus-exposées, les phénomènes du somnambulisme*

L’état somnambulique est susceptible de divers degrés ; mais le somnambulisme parfait est caractérisé par deux traits bien précis, qui démontrent clairement l’autonomie de l'àme.

Ces deux traits sont ! 1® Lisolement du sujet; 2^ L’oubli au réveil

L’expérience prouve que le somnambule parfait est complètement isolé du monde extérieur ; il n’est en rappori qu’avec le magnétiseur et, par l’intermédiaire de Celui-Ci avec les autres personnes.

Les sens se trouvant en état d^nhibition, ta sensibilité générale même étant supprimée, il est évident que le rapport n’a pas lieu par le moyen des organes ; il a donc lieu directement, d’âme en âme.

Cette induction se trouve confirmée par les phénomènes d’attraction, de tiansmission de sensation, de pensée, de volonté, qui se font sans l’intermédiaire d'aucun signe, geste ou acte organique, par la seule volonté du magnétiseur, mentalement exprimée.

Tl est clair que, dans tous les phénomènes de cette nature, c’est l’âme du magnétiseur, qui agit directement sur celle du magnétisé, et qui imprime dans celle-ci une détermination au mouvement, une sensation, une pensée, une volition.

Le second trait caractéristique du somnamhulisme ; l’oubli .au réveil, n'est pas moins démonstratif.

Après son retour à l’état naturel, le somnambule n’a aucun souvenir de ce qui s'est passé, dè ce qu’il a dit ou fait pendant son somnambulisme.

Mais dans les somnambulismes subséquents, il se rappelle, non seulement de ses somnambulismes antérieurs, mais encore de ses états de veille, aussi bien sinon mieux que dans son état naturel.

Ce singulier phénomène démontre qu’il existe, en l’homme un sens interne, qui est l’âme véritable, et dont les sens externes ne sont que des expansions qui plongent, comme des tentacules, dans, le monde extérieur pour prendre connaissance de ce qui s’y passe, et qui se replient sur eux-mêmes dans l'état somnambulique.

On peut comparer l'homme à un arbre dont le sens interne résiderait dans le tronc, et dont les. racines seraient les sens externes.

Par analogie avec le monde naturel, l’arbre humain s’épandrait dans le monde spirituel en tige, branches, feuilles, fleurs et fruits.

Puisqu’on somnambulis.me on se souvient de toute sa vie, tandis qu’en état de veille on ne se rappelle plus ou moins mal, que ses états de veille, à l'exclusion des états somnambuliques, il s'ensuit que le véritable siège de la mémoire réside dans le sens interne.

gi la mémoire subsiste dans le ^ns interne, en

dehors de l’organisme, elle peut donc survivre à la mort, à la dissolution des organes (1).

Tirons maintenant de ces faits expérimentalement démontrés, les conséquences qui en découlent naturellement.

1° De ce que le somnambule communique avec son magnétiseur d’àme à âme, sans l’intermédiaire des organes du corps, il suit que, pendant la vie même l’âme est indépendante de l’organisme et peut, sans lui, remplir ses fonctions intellectives.

2^ Si l’âme est indépendante de l’organisme, elle peut et doit donc lui survivre.

3° Si deux âmes incarnées, celle du somnambule et celle du magnétiseur, peuvent communiquer ensemble sans intermédiaire des organes, rien ne s’oppose à ce qu’une âme désincarnée communique avec une âme incarnée.

Car il faut bien le retenir, Tàme ne change pas de nature en changeant d’état. Pendant la vie, elle est soumise à une certaine manière d’être ; après la mort, elle est soumise à une autre condition d’existence, mais c’est toujours la même âme.

La communication des âmes des morts avec les vivants est donc possible. Est-elle réelle ? C’est encore là une question de Mit, qui doit être résolue en dernier ressort par l’observation et l’expérience. Nous y arriverons tout à l’heure.

4° Puisque l’âme se rappelle, en somnambulisme, alors que les organes sont inhibés, et ses états de

(1) Il y a en l’homme deux mémoires : !• naturelle, 2® spirituelle. C’est une comptabilité en partie double, he Joicrnal (mémoire naturelle) meurt ; le grand livre (mémoire spirituelle) purvit,

veille, et ses somnambulismes antérieurs, il s’ensuit qu’elle agit, qu’elle fonctionne, qu’elle pense indépendamment des organes.

Elle pourra donc tout aussi bien continuer lorsqu’elle sera complètement séparée de son corps.

5® Puisque Tâme conserve son activité après sa séparation du corps, elle pourra donc, dans une certaine mesur», dans certains cas, dans certaines conditions, déterminés ou non, agir sur les corps, comme elle agissait sur son propre corps pendant qu’elle y était unie.

Comme l’a observé Van Helmout, l’action de l'âme hors de nous n’est pas plus merveilleuse (mais autant)que son action sur notre propre corps. L’une et l’autre de ces actions est une question de fait.

Si les transmissions de sensations, de pensées, de volontés prouvent l’indépendance de Tâme par rapport ù, l’organisme, les phénomènes somnambuliques dits de clairvoyance, de lucidité, de prévision, sont encore plus démonstratifs.

Le somnambule voit dans le corps des consultants ; il découvre les maladies dont ils sont atteints ; il en indique les causes, les phases^ passées et même futures et prescrit les remèdes convenables.

Il y a des somnambules et môme des gens à l'état de veille qui découvrent les sources d’eau, les mines de houille, de métaux, etc. ; tous actes qui s'opèrent indépendamment des sens et qui sont conséquemment du ressort direct de Tâme.

La prévision de l’avenir est une preuve encore plus manifeste et plus admirable de la dignité de l’âme et de sa supériorité sur les organes qu’elle anime et dont elle se sert quand elle veut, mais dont elle peut se passer, tandis qu’eux ne peuvent se passer d’elle.

Ce n’est pas encore tout. Le somnambulisme nous conduit plu» loin et nous prouve non seulement l’auto-

nomie de Tàme, mais aussi sa survivance après la mort.

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