VII. — LUCIDES ET VOYANTS
Il existe, en effet, des somnambules qui sont doués de la faculté de voir les morts, de les entendre, de causer .avec eux. On rencontre même des personnes qui possèdent cette faculté à l’état de veille.
Ces somnambules ou niédiupfis-voyants décrivent le physique, le moral, le caractère des personnes mortes qu’ils voient, sans les avoir jamais connues en vie, de manière h les taire reconnaître à leurs parents ou amis ; ils disent quelquefois jusqu’à leurs noms.
Il arrive même que plusieurs voyants réunis voient les mômes esprits ; ils les décrivent séparément et leurs descriptions se trouvent conformes.
Si cette concordance ne se présentait qu’une fois, on pourrait dire.; c’est un hasard ; mais elle se rencontre souvent ; il ne s’agit que de la chercher avec patience et sincérité.
Pour la science moderne, ces visions sont de pures et simples hallucinations. Reste à savoir ce que c’est qu’une hallucination.
Pour nous, qui n^avons pas de parti pris, ces visions prouvent la réalité objective des esprits ou âmes des morts..
A cette preuve viennent d'ailleurs s’en ajouter beaucoup d’autres ; mais elles ne sont pas plus persuasives pour les négateurs intransigeants.
Ne cherchons donc pas avec trop d’opiniâtreté à coiji-
vaincre les incrédules. Soyons tolérants et indulgents pour les autres, autant et même plus que nous désirons qu’ils le soient pour nous.
S’ils n’ont pas vu, pourquoi voulons-nous qu’ils croient ?
S’ils ont vu et ne sont pas convaincus., c’est, ou qu’ils n’ont pas compris, ou qu’ils ne veulent pas comprendre et qu’ils sont de mauvaise foi.
Dans le premier cas, plaignons-les de l’infirmité de leur esprit. Dans le second, plaignons-les encore plus de l’infirmité de leur cœur. Mais ne cherchons, sous aucun prétexte, à leur appliquer le (( compelle intrare » do l’Inquisition.
Ils sont assez malheureux d’être privés des consolations que procure la croyance rationnelle à la vie future, pour que nous n’ajoutions pas à leur misère morale les tortures physiques ou autres qui étaient en usage dans d’autres temps.