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PEINTRE, DESSINATEUR, ET SCULPTEUR

PRINCIPALES ŒUVRES

Illustrations de la Bible, Rabelais, Dante, Milton, Cervantes, La Fontaine, Perrault, Balzac, et Tennyson.

Monument d’Alexandre Dumas père (Place Malesherbes, à Paris).

Si

Gustave Doré s’était fait installer un trapèze et une barre fixe dans son atelier. Lorsqu’il se sentait fatigué de peindre ou de dessiner, il se livrait à quelques rétablissements vigoureux, à quelques voltiges savantes ; et il reprenait son travail, dégourdi et dispos. Dans sa jeunesse, il avait, paraît-il, accompli des tours de force et d’agilité qui eussent fait honneur à Léotard, et il s’en montrait très fier.

Pour se maintenir le corps et l’esprit dispos, et s’assurer ainsi une excellente santé physique et morale, Puvis de Chavannes s’était imposé l’obligation de faire, par tous temps et en toute saison, le trajet, aller et retour, de son habitation de la place Pigalle à son atelier dans l’ancien parc de Neuilly-sur-Seine, soit plus de dix kilomètres à vol d’oiseau; presque jamais il n’allait dans le monde ou au théâtre ; et, chaque année, il se donnait deux mois de congé, qu’il passait au bord de la mer ou à la campagne, à faire des promenades, où il aurait lutté d’endurance et de rapidité avec un facteur rural.

Quel long martyre a été la vie de nombreux artistes de grande valeur, qui ont gâché leur santé dans un travail fiévreux, qui ont laissé leurs nerfs prendre le dessus sur les muscles, par l’inaction physique, et ont vu ainsi arriver avant l’âge la souffrance et la misère d’une vieillesse impuissante! L’exemple le plus douloureux est Carpeaux, ce sculpteur de génie, que la maladie terrassa à cinquantecinq ans, laissant survivre toute l’activité du cerveau, et qui fit de ses dernières années une lente et terrible agonie. « Ah! si je ne souffrais pas, écrivait à un ami le pauvre

artiste, quelle joie ce serait, quel travail je ferais! Mais ce n’est pas mon rôle. Tout m’est tombé des mains par la maladie. Je suis rivé à l’inaction... Ce que j’endure, ce que je souffre, ce que je crie, est impossible à décrire!... Comme c’est difficile de mourir! »

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