LOUIS DAVID
PEINTRE
PRINCIPALES ŒUVRES
Le Serment des Horaces ; — Les Sabine s ; — Bélisaire ;
Le Couronnement ; — Le Serment du Jeu de paume; Bonaparte gravissant le Saint-Bernard; — La Distribution des aigles; La Mort de Marat; — L’Amour et Psyché ;
Portraits de Pie VII, de Récamier ;
Paris et Hélène.
«. Je le vois encore, racontait cet officier de santé à l’artiste, avec les manches de sa capote qui n’étaient jamais passées. »
Et Meissonier eut toujours, à toutes les périodes de sa vie artistique, cette conscience professionnelle, ce souci minutieux du détail le plus infime apparemment, mais infiniment précieux pour lui, en n’importe quelle composition. Lorsqu’il commença à faire des scènes Louis XV, il avait recueilli des culottes de drap, des vestes de soie brochée, des gilets brodés, des cravates de dentelle, des perruques, des bas chinés, des souliers à boucles, etc. Il lui manquait une chemise de l’époque, et c’était son grand désespoir. Sur un patron qu’il avait lui-même coupé, sa femme se mit à confectionner une chemise. Mais la chemise n’allait pas à son gré. Alors, il court à la Bibliothèque royale, demande la Grande Encyclopédie, l’ouvre à l’article Lingerie, et lit, ô bonheur! qu’au dix-huitième siècle la batiste se taillait non droit fil, comme au dix-neuvième, mais en biais, procédé qui permettait de donner plus de souplesse et de finesse aux plissés des jabots et des manchettes; et ainsi fut fait pour la chemise.
Lorsque M. de Chennevières, directeur des beaux-arts, répartit les travaux de décoration du Panthéon, il comprit Gustave Moreau parmi les artistes auxquels ils seraient confiés. Gustave Moreau répondit par un refus à la communication qui lui fut faite de la décision qui le concernait, en alléguant sa trop grande inexpérience de la peinture décorative.
Chapu reçut un jour la commande d’une statue de Washington, qui devait lui être payée cent mille francs; il la refusa, craignant, dit-il, de ne pouvoir y porter tous ses soins, en raison des travaux qu’il avait à exécuter à ce moment-là.
Quand Baudry reçut la commande de la décoration d’une des chapelles latérales du Panthéon, où il devait représenter plusieurs épisodes de la Vie de Jeanne d’Arc, — décoration que la mort l’a empêché d’exécuter, — sa première préoccupation fut de s’informer avec précision de toute l’histoire du moyen âge pendant la période de l’héroïne, et de se documenter, d’après les monuments et les manuscrits, sur l’art, le mobilier, et le costume. Il étudia, le crayon à la main, les trésors bibliographiques de l’Arsenal, de la Bibliothèque nationale : la Chronique de Normandie, la Chronique d’ Angleterre , le Livre des merveilles du monde , les Heures dlsabeau Stuart, le Miroir historial de France, Froissard, Renaud de Montauban, Gérard de Nevers, Lancelot du Lac, etc. Après sa mort, on a trouvé de nombreux cartons et albums, remplis de notes et de croquis se rapportant à ces études, poursuivies avec une véritable passion. Eugène Guillaume, qui es a feuilletés, écrit : « Des heures sont nécessaires pour parcourir ces documents, et se faire une idée de ce qu’ils embrassent. Ils sont annotés avec soin. Ici, ce sont des détails de forme reproduits avec une accentuation particulière; là, des indications et des touches de couleurs; partout il y a un texte indiquant au moins la provenance. Evidemment, chaque chose a été faite avec une prévision. Ces notes captivent, elles sont pleines d’une vie latente. L’œuvre n’est pas née; on assiste au mystère de sa gestation. » Ce travail de recherches archéologiques achevé à Paris, Baudry voulut le poursuivre à Lille et à Bruxelles, sur les manuscrits provenant de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, en Touraine où il avait appris que se trouvaient des portraits des compagnons de Jeanne d’Arc, la Trémoille, Xaintrailles, etc. Un jour, il s’enquiert auprès des archéologues lillois si le tombeau de Louis le Mâle, un des ancêtres des ducs de Bourgogne, subsiste encore dans la collégiale de Lille ; dans l’affirma-