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PEINTRE ET ÉCRIVAIN

PRINCIPALES ŒUVRES D’ART

Les Gorges de la G biffa; — La Chasse à la gazelle — La Chasse au faucon Campement arabe ; — Une Audience chez le calife ;

Le Bivouac au lever du jour;

Les Bateleurs nègres ; — Les Fauconniers arabes ;

ŒUVRES LITTÉRAIRES Les Maîtres d'autrefois ; — Une Année dans le Sahel;

Un Été' dans le Sahara.

fièrement l’attention par une action spéciale, imprévue. Et, comme clans une pièce aux dimensions relativement étroites, le parallélisme de deux peintures présentant des sujets peu différents et le même sentiment décoratif amènerait fatalement de la monotonie, les principes d’ordre et de méthode imposaient l’obligation de les différencier nettement à tous les points de vue. Et c’est ainsi que Puvis de Cliavannes a peint là Y Eté, avec quelques personnages qui se baignent, et Y Hiver , avec des bûcherons, pittoresque antithèse de spectacles et de sensations, immenses fenêtres ouvertes sur la nature par un poète, pour reposer J es yeux et l’âme de la lumière factice et de la joie fiévreuse des modernes mondanités.

Quand Puvis de Cliavannes travaillait à ses compositions du Panthéon, dans son atelier de Neuilly, il se rendait fréquemment dans l’édifice pour comparer le ton de la pierre avec le ton de sa peinture, au moyen de pochades fixées soigneusement sur un carnet. Comme, un jour, Pli. de Chennevières lui racontait qu’un de ses collègues en décoration avait déclaré que, quant à lui, il ne s’occuperait que de peindre à sa manière et qu’il se f... de la muraille, le maille répliqua énergiquement : « S’il se f... de la muraille, la muraille le vomira. »

Ee 181 4 de Meissonier, l’un de ses plus fameux tableaux, est un exemple superbe de l’application rigoureuse des principes d’ordre et de méthode dans l’exécution d’une œuvre d’art. Il appartient à la série des compositions rêvées par le grand peintre pour synthétiser la Vie de Napoléon, et représente la période des revers lugubres après les victoires éclatantes. « 1814 , a écrit le maître, dans ses Souvenirs et Entretiens , c’est la campagne de France. Personne ne croit plus en lui. Le doute est venu. Lui seul imagine encore que tout peut ne pas être perdu. » Pendant

de nombreux mois, suivant son habitude, Meissonier porta cette œuvre dans son cerveau; et il avait entassé les matériaux avant de commencer à la peindre d’après le modèle, en plein air, au cours de l’hiver de 1863. L’exécution du tableau fut retardée un assez long temps, parce que la neige n’était pas encore tombée. « Quand elle couvrit en quantité suffisante le sol de son jardin, contait un jour le fils du maître à Thiébaut-Sisson, mon père prit immédiatement ses mesures, fit piétiner par ses domestiques et défoncer par des tombereaux le terrain. L’aspect devint boueux, sale et lamentable à souhait. Alors seulement mon père se mit au travail en plein air, fit poser ses modèles à cheval, malgré la rigueur de la température, dans la neige, et, avec une activité prodigieuse, pressa les études des détails, pour que la documentation fût complète avant l’arrivée du dégel. Le temps, fort heureusement, se maintint, pendant toute la durée nécessaire, tantôt au froid et tantôt à la neige, mais toujours avec le même ciel triste et noir, chargé de nuages opaques, avec le ciel enfin qu’il fallait pour obtenir l’effet désiré. » Comme le costume de Napoléon était trop petit pour le modèle qu’il avait choisi, Meissonier l’endossa. « La redingote lui allait comme un gant, le chapeau lui emboîtait la tête étroitement. » Alors il posa lui-même, et, ayant fait dresser devant lui une grande glace, il copia sa silhouette et le fond sur lequel il s’enlevait, sans se préoccuper du froid intense. « Des amis, ajoute son fils, essayèrent de le convaincre qu’il se donnait un mal inutile. Le fond de paysage une fois fait, pourquoi ne rentrerait-il pas à l’atelier, bien au chaud, pour peindre les figures? Mon père leur fit justement observer que dans l’atelier il lui manquerait les valeurs, les rapports des tons des figures avec le paysage, et tint bon. Jusqu’au bout, toutes les études furent achevées dans les mêmes conditions. » Dans les Souvenirs et Entretiens , on peut lire sur le 1814 plusieurs notes dans lesquelles l’artiste expose les raisons très précises qui lui firent adopter dans la composition du tableau certaines dispositions très originales, dont le spectateur est immédiatement

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