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PRINCIPALES ŒUVRES DE MEISSONIER

PEINTRE

/ 805, Austerlitz ; — / 80 6 ,lénci ; — 1807, Friedland;— 1 8 / 4, Campagne de France; Napoléon Ier et son état-major ; — Napoléon III à Solfe'rino;

Les Amateurs de peinture; — La Lecture chez Diderot ;

La Rixe; — Les Bravi.

frappé. « Dans le 1814 , dit-il, pour obtenir l’effet, je me suis placé à trois pas de l’empereur. La décroissance se faisait alors brusquement, et la figure de l’empereur grandissait. Si je m’étais placé plus loin, tout était perdu; le terrain étudié, vu immédiatement, tout rend l’effet plus saisissant... La brusque décroissance de la ligne des hommes est un des effets voulus. Un autre aurait peut-être cherché à montrer le plus de figures possible, mais j’ai voulu que tout cela, à perte de vue, s’enfonçât dans le lointain. L’empereur grandit alors et devient saisissant avec les maréchaux derrière, si individuels, si personnels dans leurs habitudes, comme Ney qui n’enfilait jamais les manches de sa capote; à quelque distance, l’infanterie, marchant en ligne parallèle, tambours en avant; si petits qu’ils soient, on voit briller leurs regards. Regardez celui-là, le premier du rang, qui bat sans oser tourner la tête, mais qui regarde de côté l’empereur sur son cheval blanc. »

Au cours des entretiens fréquents que j’ai eus avec lui, lors de la composition du livre consacré à son œuvre, Detaille m’a exposé ainsi lui-même sa méthode de travail, intéressante à connaître pour un jeune artiste :

« Je compose un tableau dans ma tête comme un musicien compose, sans piano; mais, pour la gestation, il faut la promenade, la solitude, le grand air, la nature. Tel tableau demande des mois entiers de réflexion intérieure; il en est d’autres qui ont germé dans mon cerveau pendant des 'années. C’est seulement quand je l’ai vue intérieurement que je jette sur le papier ma vision, qui apparaît alors complète, et que je modifie rarement. Bien entendu, il n’y a pas de méthode absolue qui ne comporte des exceptions. Il m’est arrivé de modifier ma première vision; mais cette modification est presque instantanée et n’exige pas de longs et pénibles remaniements. Si je prenais une toile blanche et un fusain, avec l’idée de chercher un tableau, je ne trouverais rien. Donc, je compose par la pensée, et même

les choses les plus compliquées, surtout les choses compliquées, qu’il faut voir par grandes masses.

« Alors commence le travail de la mise au net de ma pensée, que je ne laisse pas au hasard, car je fais toujours d’après nature ces premières indications sommaires; je déteste les barbouillages où le hasard joue le plus grand rôle. Si je fais un grand tableau, mon esquisse est très arrêtée et très mûrie, sans être pour cela ce qui s’appelle exécutée. Cette esquisse de petite dimension me sert pour la mise en place sur la grande toile. J’ai beaucoup de mal à peindre d’après des études. Je perds tout mon entrain en me copiant, et c’est toujours directement d’après nature que j’exécute un morceau. Ce n’est pas toujours commode ; mais l’exécution est bien plus franche et plus vivante au contact direct de la nature. Un système que j’emploie souvent, et que j’aime beaucoup, est d’exécuter d’abord le paysage, très à l’effet, très poussé, très serré, d’après nature, et d’y mettre ensuite les figures qui doivent entrer dans la composition. »

Roty, interviewé par Thiébaut-Sisson sur sa méthode de travail, répondait à l’écrivain : « Je fais comme les camarades quand un sujet m’est donné. Je réfléchis, je me désespère, et je décide que je ne réussirai jamais à faire sortir de ma pauvre tête quelque chose d’à peu près présentable. Pourtant, après avoir bien pensé, bien espéré, et bien désespéré, un beau jour, ça prend forme. Je jette un croquis sur le papier, suivi de beaucoup d’autres, et enfin je prends le modèle vivant pour affirmer les mouvements que j’ai entrevus. Je fais des dessins, ce que les grands maîtres appellent des cartons. Si mes personnages doivent être drapés, je fais de petits mannequins en terre, que je drape avec n’importe quel bout de chiffon, ou bien je drape le modèle, ce qui est mieux et plus vrai. »

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