‹ Pour devenir un artisteChapitre 34 sur 73 · DURET · texte numérisé non relu

DURET

SCULPTEU R

PRINCIPALES ŒUVRES

La Comédie, la Tragédie (Théâtre-Français, à Paris) ;

Vendangeur improvisant ; — Pécheur dansant la tarentelle ; Cariatides du tombeau de Napoléon, aux Invalides;

La Fontaine Saint-Michel, à Paris ;

Statue de Molière, à l’Institut.

Je cherche surtout à faire ce que j’ai vu et ce qui m’a frappé.

J’ai appris la peinture un peu à la façon des conscrits de 1813, qui faisaient en roule leur éducation.

Détaillé.

Je m’aperçois que vous avez tous de l’adresse et du métier; mais il vous manque trois choses pour faire des progrès : l’observation, la comparaison, et le jugement. Il faut vous exercer à voir juste et vite, pour savoir la pose, le mouvement, et le caractère. Observez, comparez, mesurez, vous copierez fidèlement. Mais il vous restera ensuite à former votre goût, à savoir choisir, à vous élever de la nature au style, de la prose à la poésie, c’est-à-dire à embrasser l’art tout entier.

Duret.

Tâchez de regarder; il n’y a que les maîtres qui savent regarder.

Henner.

L’art, on ne saurait le dissimuler, n’a plus absolument son point de départ dans l’idéal; il s’élève à l’idéal en prenant pour guide l’observation de la nature et l’imitation.

E. Guillaume.

Ayez toujours un carnet en poche, et notez en quatre coups de crayon les objets qui vous frappent, si vous n’avez pas le temps de les indiquer entièrement. Mais si vous avez le loisir de faire un croquis plus précis, emparez-vous du modèle avec amour, envisagez-le , et reproduisez-le sous toutes les formes, de manière à le loger dans votre tète, à l’y incruster comme votre propriété.

Ingres.

Comme je n’ai vu de ma vie autre chose que les champs,

je tâche de dire, comme je pense, ce que j’ai vu et éprouvé quand j’y travaillais.

J. -F. Millet.

Croyez bien que je ne cherche pas l’originalité à tout prix, comme on se plaît à le dire. Je ne cherche pas du tout à révolutionner le public ni à l’aveugler. J’observe, je travaille d’après ce que j’ai cru avoir bien observé; mais je peux parfaitement me ficher dedans.

H. Régnault.

Lorsque je partis pour Rome, David me conseilla de rester six mois avant de me mettre à peindre; il voulait que ces six mois fussent employés à étudier d’abord le pays; je l’ai fait, et m’en suis très bien trouvé.

Schnetz.

Si l’intelligence enfantine est dirigée vers l’observation, il se fait chez elle comme une sorte d’éclosion alors que la nature se réveille aux rayons du soleil printanier. L’enfant entrevoit des splendeurs qui le charment; il ne sait pas, mais il éprouve comme un désir infini de pénétrer les secrets de cette nature qui lui montre chaque jour de nouveaux trésors.

Viollet-le-Duc.

Pendant le temps où Géricault préparait ses études pour le Radeau de la Méduse , un de ses amis, du nom de Lebrun, fut atteint d’une si violente jaunisse qu’il en était devenu méconnaissable. Voulant se rétablir au moyen du bon air de la campagne, il avait pris pension dans une auberge de rouliers de Sèvres. Une après-midi, Géricault, en compagnie d’un camarade, le rencontra sur la berge de la Seine. Sans reconnaître tout d’abord Lebrun, il fut si frappé du teint et des traits que la maladie avait donnés à

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