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TH. RIBOT

PEINTRE

PRINCIPALES ŒUVRES

Saint Sébastien, martyr; — Le Supplice des coins; — Le Bon Samaritain; Les Philosophes ; — Le Christ et les Docteurs ;

La Mèi'e Marieu; — La Comptabilité ;

Les Rétameurs ; — Jeune Fille.

tent? D’un salon? Mes vaches ne vont point dans le monde. Elles ne vont qu’à l’écurie et aux champs. »

Avant de peindre, Delacroix mettait souvent une fleur à côté de son chevalet; et il disait : « Cette fleur est mon inspiration et mon désespoir. »

Pour peindre ses vastes et superbes décorations murales du Panthéon, Y Enfance de sainte Geneviève et le Ravitaillement de Paris par sainte Geneviève, Puvis de Chavannes n’a point passé des veilles et des journées à se documenter archéologiquement et historiquement sur la civilisation mérovingienne; il est allé sur les bords de la Seine, dans la plaine de Nanterre, et s’en est mis dans les yeux l’atmosphère et le paysage; il s’est rendu aux Halles, sur le quai Saint-Bernard, au Marché aux pommes, pour y trouver les modèles des Mérovingiens qui conduisent les barques et les mulets, qui déchargent les jarres de vin, les sacs de farine, et les bannes de pains. Il a évoqué des visions de jeunesse et d’âge mur : la rencontre d’un dignitaire de l’Eglise, au nom inconnu, qu’il ne fit qu’entrevoir un jour, mais dont le corps ascétique, le visage anguleux, le nez aquilin et le geste impérieux avaient fixé immédiatement devant ses yeux la personnification sociale de l’épiscopat, et qui lui fournira le type si expressif de saint Germain l’iâuxerrois ; le souvenir d’un sacristain d’église d’un village lyonnais, qui lui suggérera le motif si original du vieillard agitant au-dessus de sa tête une cloche pour appeler la foule à se précipiter au-devant de la libératrice de Paris ; et par l’austère et noble figure de sainte Geneviève veillant sur Paris endormi, drapée monacalement dans une modeste robe noire et dans un long voile blanc qui ne laisse voir que le visage, d’une douce et grave beauté, la représentation de sa femme si tendrement aimée.

Le sens de la vie, — supérieur à l’érudition la plus savante, parce qu’il crée, à défaut d’une certitude des faits lointains, celle des sentiments et des sensations d’une humanité immuable, — fait revivre, dans ces grandes œuvres, un passé dont l’image nous émeut, parce que la nature vivante a été pour l’artiste la source de son inspiration et de sa documentation.

Un jour de carnaval, raconte L. de Fourcaud, dans une étude sur Th. Ribot, le fds de l’artiste s’était déguisé en marmiton. Les blancs, les gris, cette harmonie singulière, qui enchante l’artiste dans la casaque à larges boutons de Pierrot, se retrouve dans la veste blanche de gâte-saucc et dans sa toque aux plis crevés. Voilà Ribot en humeur de peindre les gens de cuisine. R brosse un premier marmiton, puis un deuxième, puis un troisième. On ne voit que lui dans les cuisines du quartier. R aborde le Salon de 1861 avec quatre toiles culinaires. La critique s’occupe de lui. « Peinture de haulte graisse, s’écrie Théophile Gautier, et qui réjouirait Velasquez. » Ribot est sauvé de la misère. La veille, le jury repoussait tous ses tableaux; désormais, il l’accueille avec empressement; et le peintre des marmitons devient populaire.

Edmond de Goncourt rapporte que Tissot, le peintre de la Vie de Jésus , lui déclarait aimer passionnément Londres et l’Angleterre, parce qu’on y sent l’odeur du charbon et la lutte de la vie.

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