‹ Pour devenir un artisteChapitre 56 sur 73 · TROYON · texte numérisé non relu

TROYON

PEINTRE

PRINCIPALES ŒUVRES

Les Bœufs allant au labour ; — U Abreuvoir de la Touque ; Vaches sous bois ; — Vaches à V abreuvoir ; — Passage du gué ; Retour à la ferme ; — Départ pour le marché ;

Vue prise des hauteurs de Suresnes.

Quand il eut reçu la commande de la décoration d’une partie de la Madeleine de Paris, dont Ingres devait peindre l’autre, Paul Delaroche partit immédiatement pour l’Italie, afin d’étudier les maîtres de l’art chrétien; puis il s’enferma dans un couvent de Camaldules, au milieu des iVpennins, pour s’y recueillir et y méditer ses futures compositions.

Paul Baudry imita Paul Delaroche dans des circonstances analogues. Chargé de la décoration du grand foyer de l’Opéra de Paris, il résolut de se remettre à l’école des I grands maîtres du passé, et il consacra six années à se pré- \ parer à ce travail colossal. Pendant huit mois, de 1864 à 1865, il copia les fresques de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine. « Je refais mes classes comme j’ai dû les faire à vingt ans, écrit-il à un ami. » Ses copies sont conservées pieusement dans le musée de l’Ecole des beaux-arts de Paris; on les considère comme les meilleures qui aient jamais été exécutées.

Pendant l’été de l’année 1868, il consacra de nombreuses semaines à la reproduction — en grandeur nature — des fameux cartons de tapisserie de Raphaël, au South Kennington Muséum, y travaillant de dix à douze heures par jour. A la fin de celte année-là, il se rendit à Madrid pour y étudier Velasquez. Et, en 1870, il était à Venise, passant toutes ses journées devant les peintures décoratives du Titien, de Paul Véronèse, et du Tintoret, lorsque la déclaration de guerre le ramena à Paris, où il s’engagea dans les compagnies de marche.

Pendant le temps qu’il travaillait dans la forêt de Fontainebleau et dans la vallée de Chevreuse, Th. Rousseau s’en allait au Louvre copier Van de Velde, Karle Dujardin, et Claude Lorrain.

Decamps a longtemps fréquenté le musée du Louvre pour y étudier le Poussin, Huysmans de Malines, Murillo, et Rembrandt, qu’il appelait « le plus extraordinaire des peintres ». Sa première peinture fut une copie du Buisson de Ruysdaël.

Courbet avouait volontiers s’être fait au Louvre, par l’étude des vieux maîtres, sa technique si vigoureuse et si originale.

Tous les matins, avant de grimper sur ses échafaudages du Palais -Bourbon, Delacroix crayonnait une ou deux figures d’après un maître ancien, ou d’après un antique. C’était, disait-il, sa manière de faire sa prière, à l’imitation de certains maîtres d’autrefois qui se mettaient à genoux avant de commencer leur travail. Il allait fréquemment au Louvre. Son journal contient de nombreux passages relatifs à ces visites. « Passé une excellente journée au musée, écrit-il un jour; Le Poussin! les Rubens! Et surtout le François Iov du Titien! Velasquez! »

J. -F. Millet avait décoré sa modeste chaumière de Barbizon avec les plâtres du Parthénon et des reproductions des sculptures de Michel-Ange. A la veille du départ d’un de ses amis pour lTtalie , il lui écrivait : « Voilà qu’enfin vous partez pour lTtalie ! S’il arrivait que vous trouviez des photographies, soit d’après des antiques, surtout d’après les moins connus d’ici, soit d’après des peintures à partir de Cimabüe jusqu’à Michel-Ange, et y compris, et que ces choses ne se vendent pas des prix exorbitants,

prenez-les donc ; nous nous arrangerons ici pour vous en débarrasser. »

Pour s’initier au métier de décorateur, Bouguereau est allé étudier, le crayon et le pinceau à la main, les fresques de Cimabüe, de Giotto, et de ses disciples, à Assise; celles de Lucca Signorelli, au dôme d’Orvieto; les peintures de Santa-Maria de l’Arena, à Padoue ; les mosaïques de Ravenne; les œuvres de Michel-Ange et de Raphaël, à Rome et à Florence ; le Titien, Véronèse et le Tintoret, à Venise ; et les peintures antiques de Pompéï.

Roybet racontait un jour à un critique d’art que, dans sa jeunesse, il a fréquenté assidûment le musée de Lyon, sa ville natale, et qu’il y a fait plusieurs centaines de copies d’après les vieux maîtres, d’après les Hollandais surtout. Et c’est ainsi qu’il s’est initié si profondément au métier de peintre.

Page 1