LES FILS DES ANGES
Un jour, les fils du Ciel, bravant la règle austère, S’unirent clandestins aux filles de la Terre, Pendant que celles-ci dormaient leur doux sommeil.
« Qui nous a mis, Seigneur, ces flammes de soleil Et ces nimbes parmi nos longues chevelures? Quels étaient ces baisers chauds comme des brûlures Que la nuit chaste a vus se poser sur nos fronts? C’est d’un mal inconnu, divin, que nous souffrons. Et nous n’avons jamais été comme nous sommes. » Ainsi dirent tout bas les épouses des hommes.
Le matin, en peignant leurs cheveux.
Et depuis,
On les voyait rester longtemps autour des puits, Immobiles, avec la cruche de grès rose A l’épaule, disant parfois : a C’est une chose Grave ! » et se concertant jusqu’au soleil couché.
Hélas ! pendant la nuit du mystique péché.
Elles avaient conçu sous le baiser des Anges !
(( Holà ! femmes, voici des rejetons étranges. Crièrent les époux quand les fils furent nés.
Et c’est mal à propos que vous nous les donnez. Leur front a des lueurs d’étoile qui se lève ;
Leur œil jette l’éclair comme l’acier du glaive Que les jeunes guerriers portent pour le combat ; Une aile impatiente et grand ouverte bat Leurs flancs, aile de cygne ou de colombe ou d’aigle I Et quand leur chevelure ardente se dérègle,
C’est comme un bélier d’or.secouant sa toison! Voici le déshonneur entré dans la maison;