‹ Pour dire devant le mondeChapitre 68 sur 82 · CONCILIABULE · texte numérisé non relu

CONCILIABULE

Jo et Lo , et leur amie Zo , parlent entre elles, très sérieusement, avec la mine réfléchie que pourraient avoir trois petits ouistitis, sénateurs de la république des singes , qui, assis sur leurs queues et les pattes sous le menton, agiteraient les plus graves questions, pour le bien de l’État.

Et, en effet, la question est grave !

Il s’agit de décider quel serait pour une jeune femme le plus sage parti à prendre, si un inconnu, d’ailleurs bien fait de sa personne, entrait tout à coup dans le cabinet de

m POUR DIRE DEVANT LE MONDE.

toilette, au moment où elle a laissé tomber le dernier des plus intimes voiles.

— Moi, dit Jo, qui se pique parfois d’une pudeur farouche, je n’hésiterais pas le moins du monde ! Je m’envelopperais, le plus vite possible, d’un peignoir, d’un jupon, d’un tapis, d’un rideau, n’importe, puis, fièrement, d’un geste digne, — pareille à une impératrice offensée, — je montrerais la porte à l’impudent intrus !

— Moi, dit Lo, qui, pour rien au monde, ne voudrait paraître moins terriblement vertueuse que son amie, je n’hésiterais pas davantage ! Ce que tu viens de dire, je le ferais. Seulement, avant que l’inconnu s’éloignât, je lui jetterais à la tête ma boîte de veloutine ou mon lavabo de bohème, pour lui apprendre à respecter le plus doux et le plus sacré des mystères.

Zo n’avait pas encore parlé.

— Et toi? dit Jo.

— Et toi? dit Lo.

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