II. La MÉTHODE STOMACALE COmportC
l'inconvénient d'offenser parfois les fonctions gastro-intestinales, ce qui pourrait aboutir à la longue à un trouble de la nutrition.
Mais il y a moyen de parer à cet inconvénient par une surveillance assidue du traitement et surtout par des intermittences dans les cures, ce dont nous aurons à parler bientôt. En revanche, que d'avantages elle peut revendiquer ! C'est la méthode facile et commode par excellence ; — c'est la méthode qui épargne aux malades et les importunités des frictions et les douleurs et les accidents possibles des injections ; — c'est la méthode
la moins dispendieuse ; — c'est la méthode la plus compatible avec les obligations sociales et professionnelles. — Elle n'a pas sans doute l'énergie thérapeutique propre à certaines injections ; mais est~il toujours besoin de «cette énergie thérapeutique, alors que la situation du malade ne présente rien de grave ? Aussi bien est-ce la méthode qui, pour les cas moyens, courants, a rallié de vieille date et rallie encore, et ralliera toujours (tenez cela pour certain) la grande majorité des praticiens. Qu'on lui fasse des infidélités en vue d'indications particulières, on le peut et même on le doit ; mais, en Tabsence de telles indications, on y reviendra toujours et bien légitimement parce que (tout est contenu dans ce mot) elle est une méthode essentiellement pratique.
III. — Quoique jeune encore, la méthode DES INJECTIONS a déjà bifurqué. Elle s'est divisée en deux méthodes rivales, qui procèdent l'une par injections quotidiennes ou fréquentes à basses doses, et l'autre par injections espacées à doses élevées, massives.
La première est active à coup sûr, mais moyennement active, et rien de plus. — Le
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grand reproche à lui adresser, c'est d'être essentiellement impratique en exigeant une conjonction, une rencontre de chaque jour entre malade et médecin, ce qui forcément, partout ailleurs qu'à Thôpital, la rend assujettissante, désobligeante, et surtout pécuniairement onéreuse. Sans parler de quelques inconvénients secondaires (douleurs, endolorissement de la fesse par multiplicité extrême de piqûres, etc.) (1).
La seconde se distingue de la précédente comme aussi de toutes les autres méthodes
(1) J'ajouterai au passage : Ce mode de traitement s'est très répandu, depuis une dizaine d'années, dans les stations thermales, que fréquentent les malades des classes aisées. Et il est à cela diverses raisons, telles que les suivantes :
C'est, d'abord, que les traitements par injections ont fait fortune, comme chacun sait, voire à ce point que nombre de malades estiment n'avoir fait qu'un traitement incomplet s'ils n'ont pas subi une ou plusieurs cures par injections mercurielles.
C'est, d'autre part, que les stations thermales réalisent toutes conditions propices à des cures de ce genre. Aux eaux, on a tout son temps pour se traiter; aux eaux, on peut rendre visite à son médecin tous les jours sans éveiller de désobligeants soupçons, etc.
C'est très généralement aux stations sulfureuses que se font ces cures par injections mercurielles. Mais il va sans dire que la qualité de l'eau n'est que question secondaire en la circonstance. Aussi ai-je déjà vu nombre de malades avisés et a prudents d faire choix pour cet ordre de cures de stations non compromettantes (telles que, par exemple, Yichy, Vitlel, La Bourboule, etc.).
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en ce qu'elle réalise le maximum possible d^intensité thérapeutique. Positivement, elle donne tout ce que peut donner le mercure comme rendement utile. Ce serait donc la méthode thérapeutique par excellence, la méthode idéale, « le rêve », si elle ne comportait pas trois objections, à savoir :
Dangers locaux : douleurs et douleurs parfois excessives, quoi qu'on ait dit; — phlegmons et abcès (très rares à la vérité et devenus presque exceptionnels) ; — mais parfois abcès aseptiques ; — gangrènes locales ; — accidents de névrite, de paralysie circonscrite; etc. ;
Danger de stomatite, et de stomatite parfois très grave, possiblement mortelle ;
Danger d'intoxication.
Par telle ou telle de ces trois voies l'injection massive a pu quelquefois aboutir aux plus regrettables conséquences. Des exemples irrécusables en témoigneraient au besoin. — C'est assez dire qu'il n'est de recours permis à cette méthode que sur des indications cliniques formelles et bien motivées.
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Médication mercurielle. — d'une méthode.
De ces notions générales déduites de Texpérience qu'avons-nous à conclure relativement au cas particulier que nous avons sous les yeux ? Nous avons jugé, je le suppose, que le mercure lui était nécessaire ; or, sous quel mode allons-nous lui appliquer le traitement mercuriel ?
Ici, comme précédemment et comme toujours, tout est dans les indications, indications médicales ou autres même, telles que nécessités sociales, convenances individuelles, circonstances particulières, variables à l'infini, imprévues et impossibles à prévoir, etc. Quelques exemples :
I. — Le malade est sérieusement touché, ou même, à fortiori, gravement atteiîit. Ce serait folie de lui marchander Faction mercurielle. L'indication est formelle, urgente, et se résume en ceci : frapper fort et vite pour terrasser un ennemi menaçant. Donc, sans tergiverser, recours aux injections massives. Cela va de soi.