MOYSE ET JESUS-CHRIST
I Une des plus grandes gloires du judaïsme est bien, certes, tfoyse, et le catholicisme ne cherchera jamais s obscurcir les grandeurs de ce saint législateur. Si nous parlons de sa naissance, nous disons : Regardez cette nacelle de joncs bercée sur les eaux du Nil, elle ne renferme qu'un enfant qui ne sait que dormir, pleurer etsourire et pourtant, cette corbeille renferme plus de merveilles que tous les palais de Thèbes et de Memphis. Elle renfermait le châtiment de Pharaon, les prodiges de la mer Rouge, les tables du Sinaï, les destinées d'Israël et la lumière du monde, c'était Moyse.
Tous mes lecteurs savent quel tyran cruel régnait sur l'Egypte et comment, pour exterminer les Hébreux, il avait porté ce décret infanticide : Tous les enfants, qui naîtront de ce peuple, seront jetés dans le Nil. Mon enfant ne mourra pas, s"écria une mère, îlestsi beau, mon enfant! Et pendant trois mois elle réussit à le soustraire aux poursuites du tyran ; mais craignant son impuissance, elle fait une sorte de nacelle flottante qu'elle dépose au milieu des roseaux, puis laissant la sœur de Teofant, pour veiller sur lui, elle se tient à distance. Bientôt la fille du roi descend vers le fleuve, pour s'y baigner, elle s'approche de la rive et voit la petite corbeille. Et en face de cette beauté ravissante, elle s'écrie: Le bel enfant, je veux être sa mère et il sera mon fils, cherchons une nourrice.
Acesmots la sœur de l'enfant s'approche et dit : J'en connais une excellente. Va ta chercher, lui dit la fille du roi. La jeune lille courut vers sa mère, celle-ci vole vers son fils qu'elle reçoit des mains de la princesse, qui lui dit : Prends cet enfant, nourris-le pour moi et je te donnerai ta récompense. Tous les Catholiques admirent cette belle page et ce récit si émouvant.
La naissance du Fondateur du christianisme est-elle moins intéressante? Comptez-vous pour rien le message de l'Ar-
change Gabriel à la Vierge >>Iarie, le cantiqne mélodieoxdes anges dans le ciel qui annonce anx bergers de la plaine qu'un enfant vient de naître dans retable de Bethléem, les mages qui viennent de l'Orient conduits par une étoile, et les avertissements célestes, adressés à son père nourricier, pour 1^ soustraire, pendant la nuit, à la fureur d'Héiode. Un palais dans l'Egypte mit en sécurité le futur législateur des HêbreujCet ce fut en Egypte que l'enfant de la Vierge Marie alla s^ réfugier, conduit par un nouveau Joseph, qui devait cacher 1^ futur législateur des chrétiens afin de préserver d'une mort' prématurée celui qui deviendrait un jour la nourriture spirituelle des âmes à travers les siècles.
Les Juifs croient que les anges se montrèrent à Moyse, lui parlèrent et vei lièrent sur sa personne ; ils pensent, et en cela ils sont d'accord avec plusieurs Pères de l'Eglise, qu'un ange apparut à Moyse dans le buisson et sur le Sinaï et que même celui qu'il adora, comme rEternel,était le Verbe éternel de Dieu, qui devait Otrele Messie et qui avait pris la forme angélique.
Cette croyance est fort respectable et très honorable pour Moyse, mais nos croyances sur le Messie le sont-elles moins? Au jour du son baptême, par saint Jean, les cieux s'ouvrent, le Saint-Hsprit descend et repose sur lui sous la forme d'une colombe, et l'on entend du ciel une voix qui dit: Celui-ci est mon fils bien-aim6, en qui j'ai mis toutes mes complaisances; lii mûme voix so fait entendre sur le Thabor, et après son jeûne nu désert et lu triple tentation dont il supporta le choc, le diable lo quitta ot les anges vinrent le servir. Au jardin des Oliviers il est réconforté par un ange consolateur, en attendant l'heure de sa résurrection où les saintes femmes entendront ccii paroles nngéliques : 11 est ressuscité, il n'est plus ici.
Ftmiiintonnnt que dire de Moyse comme thaumaturge? Sans dnulo 11 (it des miracles, il en fit de nombreux, il en fit d'éclatnntîi. I.cfi dix plaies d'Kgyptc, la verge que Dieu fit fleurir entre hcs innins, son passage à travers la mer Rouge, l'armée do IMinriion qui périt toute entière dans les eaux, la manne donn lo désort pondant quarante années, l'eau qu'il fit sortir durotlior, lo sorpentd'nirnin qu'il dressa dans le désert et une iiilliiité d'autres que nous passons sous silence, nous inspirent
la plus grande vénération pour le fondateur de la religion juive. Toutefois nous sommes obligés de remarquer que les miracles de Moyse n'étaient faits, que dans le biit d'inspirer à son peuple, une certaine terreur, de manifester la justice ou la puissance divine, ou d'exécuter les vengeances célestes, tandis que les miracles de notre divin fondateur revêtent un caractère de bonté et des marques brillantes de la miséricorde divine: il nourrit des multitudes dans le désert, il change l'eau en vin aux noces de Cana, il guérit des malades, il ressuscite des morts, il se ressuscite lui-même et se montre à plus de cinq cents témoins, pour confirmer la vérité de sa résurrection. Si tous ces miracles n'ont pas eu la vertu de convertir en masse la nation juive, rappelons-nous que les dix plaies d'Egypte ne firent qu'endurcir le cœur de Pharaon, qui mourut dans sa révolte et son opiniâtreté, tandis que le cœur de Jésus reste toujours ouvert aux Juifs qui peuvent, quand ils le veulent, ouvrir les yeux et se placer sous la boulette de ce bon Pasteur, prêt à les admettre dans la bergerie qui compose le divin 'Iwrcail.