‹ Pour et contre les JuifsChapitre 12 sur 55 · GLOIRE A DAVID · texte numérisé non relu

GLOIRE A DAVID

En attendant que votre peuple crie sur les pas de Jésus : Hosanna Jilîo David ! Hosanna au fils de David! Il nous est bien permis de crier gloire à David, car il fut illustre entre tous les rois d'Israël, entre tous les chantres, les poètes et les prophètes des temps anciens. 11 a porté sur son front auguste fa couronne royale, mais sa tête a été environnée de l'auréole Don moins admirable qui lui convient, pour ses psaumes incomparables. Ce livre des psaumes divinement inspiré est tJû en grande partie à David, et nous nous rangeons au sentimerjideBossuetqui s'appuie sur saint Jérôme, pour affirmer que le saint roi n'est pas l'unique auteur des cent-cinquante psaumes. Quoiqu'il en soit, il n'existe pas un peu pie, parmi tous les peuples de Tunivers, qui rende un universel hommage aux psaumes, comme le peuple chrétien, et parmi ce peuple, le tlergé catholique. « Nulle partie de la Sainte Ecriture, écrivait ie Père Malige, n'est plus familière au clergé et dans 'ensemble mieux connue; les commentaires de ces hymnes sacrés abondent dans toutes les bibliothèques et fournissent, à l'étude comme à la méditation, d'amples ressources. » Non content de la connaissance des psaumes, le clergé se fait un devoir de leur rendre un perpétuel hommage, par la récitation quotidienne ou le chant de ces sublimes mélodies. Est-ce nPOurcela, que certains Juifs ont tant d'horreur pour le clergé, 1^^ pourtant le sacerdoce acquitte, avec une fidélité que les I siècles n'ont pu laisser, l'obligation grave et rigoureuse de la 1 ""^Citation de ce bréviaire dont la plus notable partie se com- \Pose des psaumes de David. Depuis dix-huit siècles, l'Eglise n'a pas failli à cette lourde tâche. La longueur des jours n'a pas Suffi à son zèle et à son admiration pour ces divins cantiques, elle y emploie une grande partie des nuits, et les Ordres religieux se font un devoir quotidien, d'interrompre leur sommeil

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du torrent, ao-dessos de la tempête, s'élève jusqu'à Dieu; lorsqu'on reconnaît, dans les paroles saintes, des explications pour toutes les douleors de l'humanité; lorsque l'on entend ces solitaires, otibliés dn monde, se ressouvenir de lui dans leurs prières, et le placer avec le fruit de pénitence qu'il ignore, sous les miséricordes de Dieu, comment ne point retourner au passé ! Comment ne point songer à l'homme qui s'est dit : Au milieu des nuits, j'invoquerai le Seigneur; à i'heure où la débauche allume ses flambeaux, j'allumerai les cierges de l'autel : à l'heure où le méchant médite son crime, où le coupable sent ses remords, où le pauvre souffre sans lumière et sans amis, je prierai pour le pauvre, pour le coupable, pour le méchant; je prierai pour ceux qui sont morts et pour ceux qui vont mourir ; je prierai pour les malheureux afin qu'ils espèrent, pour les heureux, de crainte qu'ils n'oublient. Et cette prière s'est perpétuée d'année en année, de siècle en siècle; et depuis sept cents ans, toutes les nuits elle s'élève, toujours la même. La mort a eu beau frapper, elle n'a pu vider ces stalles, où semble s'asseoir toujours le même corps. Les révolutions sont venues changer les empires et n'ont pu changer une pensée dans ces âmes, un mot dans ces psaumes, un pli dans ces suaires éternels. D'autres viendront encore méditer sur ces choses si grandes, et le cœur plein dt

larmes pieuses, unir leurs voix d'un moment n ces voix qui ne s'éteignent pas. jj

Louis Veuillot ne parle ici que des Chartreux qui, depuis saint Bruno, leur fondateur, remplissent les fonctions ang^liques dans les louanges divines ininterrompues, mais bien longtemps avant lui, saint Jean Chrysostome avait célébré les vertus des moines, pieux solitaires des montagnes qui passaient, eux aussi, une partie des nuits à psalmodier les cantiques du Seigneur,

Cstte persistance de l'Eglise, à redire les psaumes, n'est-elle

pas le plus bel hommage qui soit rendu à la mémoine du saint

I roi David, et ici le christianisme fait chorus avec le judaïsme,

etcomment deux peuples ainsi unis pour chanter de bouche

I etde cœur les louanges divines à l'aide des mêmes cantiques, peuvent-ils s'acharner l'un contre l'autre? N'y eut-il que ce

II motif, il nous paraît assez puissant, pour imposer l'apaise- II ment entre ces deux rivaux et provoquer un désarmement

général, suivi de la plus cordiale fraternité et de l'entente la plus fraternelle. J*ai donc raison d'écrire et de réclamer une trêve momentanée jusqu'à l'heure où les Juifs se jetteront dans les bras du Christ pour en implorer le pardon et réaliser la plus sincère réconciliation.

Et ce n'est pas seulement l'Eglise qui rend hommage aux psaumes, c'est la poésie chrétienne, qui a essayé sa verve à imiter ou à traduire ces sublimes cantiques.

Racine qui s'est élevé au-dessus de tous les poètes français n'a-î-il pas voulu traduire ce beau texte ; J'ai vu l'impie élevé dans lagloire, haut comme les cèdres du Liban; j'ai passé et il n'était plus.

I Ecoutons le poète :

J'ai vu l'impie atlorc sur la Icrrc, Pareil au cèdre, il cactiRil dans les cicux

Son froni audacieux.

11 semblait h son gré gouverner le tonnerre,

l'oulait aux pieds ses ennemis vaincus.

Je n'ai fait que passer il n'ùlait tlêjÈi plus.

11 n'y a personne qui ne donne la palme à l'original par un d'admiration. Les vers de Racine sont del'orparfilé, mais

le lingot est dans le verset du psalmiste. Voltaire a traduit inclinavit cœlos et descendit, par ce vers :

Viens (les cieux enflammés abaisser la hauteur.

Mais le premier écrivain de ces trois mots latios nen demeure pas moins le poète qui a tracé la plus imposante image que jamais l'imagination ait conçue. A quoi bon multiplier les exemples. Si nos poètes sont restés au-dessous de l't'crivain sacré, c'est que le génie des langues anciennes n'a point été atteint par les langues modernes, et qu'en plus, le souffle de l'inspiration divine animait les écrivains sacrés el que les poètes modernes sont laissés aux seules forces et a l'unique ressource de leur esprit humain. Mats nous n'eD devons pas moins reconnaître, que leurs efforts d'imitatioc* ou do traduction, sont une marque de leur profond respect pour l'iiuteur que nous célébrons dans ces lignes, respect payé par le souverain mépris des Juifs contre les catholiques. Notre admiration serait donc bien vaine, si nous attendions qu'elle nous soit payée par des actes de reconnaissance judaïque, mais c'est à l'Esprit divin, à l'inspirateur du roi prophète, que nous adressons nos sentimonts d'iiiiorfttion et de louange, en redisant ces cantiques iniipirv^s; et toutc^n bénissant la main de l'écrivain sacré, nous 5HV0HS reconnaître le souffle divin qui a dirigé sa plume et qui lui a dicté les prophéties contenues dans ces chants itditUrublos. Aussi voilà pourquoi nous sommes heureux de rmicontror dans les psnumes de David ces prédictions que conlirinpnt co que nous avons déjà énoncé, à savoir : la conversion dos Juifs et leur future croyance à la doctrine du %ts\\\\ Kvttngilo,

Oui, l« conversion des Jjuïfs y est annoncée. Leur repentir et leur» n^missements sont clairement exprimés dans les lviAume.t XXIV et L. Dans le premier, ils demandent grâces |H>UÏ lo» pi.V'hés du premier ftge de leur nation et pour tous U'!i viimpJ!' qu'ils y ont depuis ajoutés. Dans le second, ils contVft»pht |vmticwli^ivmenl le crinie qu'ils ont commis contre Oi»\t \*X Uur déicide. Aii\si, que vous le vouliez ou que vous

— sine le vouliez pas, chers lecteurs, vos descendants se convertiront au christianisme. Après avoir crié dans la personne de vos pères : « Que le sang de ce Jésus tombe sur nous et sur nos enfants », vous crierez, vous gémirez dans la personne de vos neveux ou arrière-neveux. Vous soupirerez cette HJKière de David : Libéra me de sangutnibus. Délivrez-nous de ^Pk sang qui nous opprime, qui nous accable. Et alors votre ^^crasement cessera, votre accablement prendra fin et vous entonnerez le cantique de la délivrance et de l'action de races, psaume Cil. Oui, bon gré, mal gré, la miséricorde rVine plus grande que la longue chaîne de vos iniquités vous ènera suavement et fortement à reconnaître le Messie qui ;t venu. Toute la nation juive répétera le mot prophétique !a psaume CXVII ; Béni soit celui qui vient au nom du Seileur 1 Vos pères ont acclamé par cette parole l'humble issie qui faisait son entrée triomphante à Jérusalem, monté ir l'âne. Vous l'acclamerez encore par cette même parole à fia des siècles.

Voilà donc le fait capital qui se dégage de l'étude des taumes de David. Qu'importe, que nous ne sentions pas tant l'harmonie de cette véritable poésie, parce que nous ne innaissons plus la vraie prononciation de l'hébreu, nous lous contentons de vous redire à l'aide de vos saints cantiques ; Courage et confiance , calmez vos emportements contre le christianisme, puisqu'un jour votre race l'embrassera avec un zèle, une ardeur, une ferveur qui dépasseront le zèle des temps modernes et celui des premiers siècles de l'Eglise.

A mon tour je m'écrie : Béni soit David qui de son regard prophétique a vu les temps heureux où son peuple reconnaîtrait le Christ, qu'il appelait son Seigneur et son Dieu. Bénissez avec moi, bénissons ensemble ce roi pénitent dont la conversion est une figure de la vôtre. L'Eglise que vous persécutez, l'honore comme un saint et se fait gloire de répéter ses ineffables cantiques. Toutes les splendeurs du culte catholique se réalisent en grande partie dans l'harmonieuse répétition des psaumes. Venez les entendre dans nos églises, et après les avoir entendus vous vous croirez au vestibule du

ciel, et vous me direz si ceux qui les chantent avec tous les accents de la piété et de la religion sont encore dignes de votre courroux et de vos colères, (ju'attendei-vous pour les redire en chœur avec nous ? La conversion des individus ne peut que hâter l'heure du salut et de la rédemption générale de la nation entière! Du moins pendant que je m'écrie : Gloire à David! répondez : Paix aux catholiques I

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