SALUT ET BENEDICTION AUX PROPHETES
S prophéties, nous les aimons, nous les bénissons et avons pour elles, un culte et un respect profonds ; nous néditons, nous les approfondissons, nous les chantons dans les cérémonies de nos plus augustes mystères, parfois avec des accents incomparables de tristesse et d'amour, comme par exemple dans la grande semaine où nous faisons retentir les voûtes de nos basiliques, du chant si pathétique des Lamentations de Jérémie. Entendez donc l'Eglise soupirer, avec son feur de mère, ces paroles si attristées, et terminer chacune de is leçons ou interrompre chacun de ces soupirs, par cette vocation si touchante : Jérusalem, Jérusalem revertere ad ominum Deum tuum: Jérusalem, reviens au Seigneur ton ieu ; et quand vous aurez entendu ces cris plaintifs, ces prières de paix et ces vœux si suaves, oserez-vous y répondre par ce cri : Mort aux chrétiens, haine au clergé et à l'Eglise du ^Christ.
Ht Elles sont belles, ces prophéties ; elles ont un caractère gran-
Bliose quand elles nous parlent des événements temporels
qu'elles annoncent des siècles à l'avance, quand elles nous
parlent des bouleversements successifs des trônes et des
Pemnires; mais notre admiration est encore plus profonde, qu'elles nous parlent du Messie, promis au monde et ré par tant de patriarches. Ils sont nombreux les textes qui ont rapport au Messie libérateur, et vous n'attendez pas de moi que je vous en .fasse l'énumération. Je dois me restreindre à vous dire que les prophéties portent sur sa naissance, sur sa doctrine, sur ses miracles, sur sa divinité, sur certaines particularités de sa vie, sur sa passion, sa mort, sa résurreclion et son ascension glorieuse, et pour être complet, je dois Bouter, sur l'époque de sa venue dans le monde. j Or, après tant de preuves accumulées sur le véritable
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!"«• lie Jes montagnes de volumes et «oal pn persuader aux Juifs que le Christ
- ...„.?°T " '"''' *'"' "°°' ^'l"'» l'»f '""r les Mriioods dans nue foule d'écrits que notre Messie f» «lu qu-Os attendaient. Cette explication je 1. . *" "^ prophétie : Je frapperai le pasteur, et les
iBkBKnNR dispersées. Sans doute. Xotre-Seigneur lui-même r*MflSqait i sa «pdtres qui allaient l'abandonner pendant mio^omrcjix Passion, mais elle s'applique aussi aux brebis que nous trouvons dispersées aux quatre coins do Depuis que le Pasteur a été frappé par son Père qui l'a STrt iQi Juifs, il avait prévu, ce Jésus, cette dispersion lors- «■H s'était écrié : Combien de fois, a Jérusalem, j'ai voulu nsaenbler tes enfants comme une poule rassemble ses petits, et ta ne l'a pas voulu. Cette dispersion est le résultat de l'obstisation des Juifs à ne pas vouloir reconnaître les prophéties, et les prophètes eux-mêmes leur ont annoncé leur rassemblement k partir du jour oii ils se convertiront au Messie qui est venu.
Isaïe, le premier des douze grands prophètes, n'a-t-il pas prophétisé ce qui suit: « Oui, je l'ai dit, va et dis à ce peuple: Ecoutez et vous ne comprendrez pas: voyez la vision et refusez de connaître. Aveugle le cœur de ce peuple, bouche ses oreilles, ferme ses yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux, qu'il n'entende de ses oreilles, qu'il ne comprenne de son cœur, qu'il ne se convertisse et que je ne le guérisse. » Voilà le châtiment du déicide clairement annoncé. Combien durerat-il sera-t-il éternel ? A Dieu ne plaise, car le prophète dit quelques chapitres plus loin : « Les restes se convertiront, les stes ô Jacob! retourneront au Dieu fort, car votre peuple, Tlsrail fût-il comme le sable de U mer, les restes se convert et ce qui restera répandra U justice avec abondance. » pTlsaîe n'est pas le seul qui parte en ce sens, car Osée est plus tf encore ' «I-« eis J■ls«iIt«!era=^f«'''^^nt beaucouj ^ „, mi etsansrnitce. etsaossacnficeetsans "
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dans l'époque d'endurcissement judaïque prédit par les prophètes. Un esprit de ténèbres plane sur cette race malheureuse ; je dis malheureuse, parce que j'estime peu sa prospérité financière, tant qu'elle demeurera frappée ou simplement touchée.par la main divine. Si elle comprenait sa misère et sa détresse, elle pousserait le même gémissement que celui que nous attribuons aux âmes souffrantes de l'autre monde, et qui nous crient : Miscrcmini met quia manus domint teîigit me : Souvenezvous de moi parce que la main de Dieu m'a touché. Nous avons donc beau dire et beau faire, nous parlons à des sourds qui ne veulent pas entendre, et ceux-là sont pires que ceux qui sont atteints, d'une surdité naturelle et involontaire. Est-ce une raison pour cesser d'écrire, est-ce un motif pour tourner le dos aux Juifs et ne plus nous occuper d'eux? A Dieu ne plaise, que nous cessions nos avertissements et nos objurgations pacifiques. Est-ce que Moyse s'est tenu pour battu, quind il priait pour les Hébreux et que Dieu lui répondait : Laissemoi frapper ce peuple. Oh 1 non. Le grand législateur continua cette lutte inégale entre la créature et son Dieu, et la victoire resta au serviteur en prières. Si les Juifs sont sourds, Dieu ne l'est pas. Rien de ce que nous faisons pour Dieu ne reste sans fruit; tôt ou tard, un jour ou l'autre, mes pages tomberont sous les yeux d'un ou de plusieurs lecteurs que la grâce touchera et que mon pauvre travail impressionnera. Pour cela il suffit que je trouve des lecteurs dégagés des passions humaines, et animés d'un certain esprit de désintéressement pour les biens de la terre, conformément aux oracles de mon divin Messie. Bienheureux les cœurs purs! bienheureux les pauvres, les premiers verront Dieu, c'est-à-dire reconnaîtront son Christ, et les seconds posséderont son royaume, son royaume qui, selon sa propre parole, n'est pas do ce monde A mon humble avis, un véritable israélitc au cœur pur, ne peut s'endormir dans le Seigneur avant d'avoir ouvert les yeux à la lumière et au flambeau du christianisme, et c'est ce qui augmente les chances de conversion dans notre époque si troublée. A bien examiner les Juifs de la fin de» temps, on wonnaît qu'ils ont certaines tendances, à la pratique des ver- Iprêchées par le Christ, ou du moins il çst certain que loi
Juifs modernes n'ont pas tous les défauts des anciens temps. A quoi cela tient-it ? je l'attribue au contact plus fréquent des chrétiens. La juiverie moderne subit sans le vouloir et sans s'en apercevoir les effets merveilleux de la civilisation et du progrès réalisés par les charmes du christianisme. Et malgré tous les torts qu'on cherchera à imputer aux Juifs qui vivent au milieu de nous, il faut avouer qu'ils ne sont pas aujourd'hui ce qu'ils étaient autrefois. Nous en trouvons une preuve dans un reproche adressé par Isaïe aux Juifs de son temps qui disaient : « Buvons et mangeons aujourd'hui, car nous mourrons demain n>, et saint Paul disait à ses compatriotes qu'ils faisaient un dieu de leur ventre. L'intempérance était donc un vice dans le siècle du prophète et dans celui du grand Apôtre, dont leurs contemporains étaient coupables.
41 ne vient à personne l'idée d'affirmer que l'intempérance soit un défaut général parmi cette nation. On lui reprochera bien son esprit mercantile, sa soif insatiable de l'or, son penchant naturel à l'usure; mais l'ivresse et ses suites funestes ne sont pas inscrites au catalogue de nos griefs contre eux.
Et mon assertion je la crois exacte, car les suites de ■ l'intempérance sont de procurer une incapacité absolue, soit | dans les affaires publiques, soit dans les affaires privées. Quand il s'agit de prendre une mesure prompte, efficace, dans une question pressante, l'intempérant est toujours impuissant, à trouver une idée sage et prudente. Or, les Juifs sont trop habiles à exploiter notre confiance et notre argent pour les croire tombés dans l'inertie qui est un des plus grands ravages d'une vie de mollesse et d'intempérance. Nous rendons honneur à leur sobriété, et nous aurons au cours de ces pages, maintes occasions de montrer que les reproches adressés à la race juive, par des écrivains anciens, ne trouvent plus leur application envers la race actuelle. 11 y a certainement une notable amélioration dans leur tempérament et leur caractère, nous l'attribuons aux exemples et aux vertus du catholicisme. La Providence le permet afin de les préparer au bénéfice de la Rédemption. Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es. A force de se frotter aux catholiques, les Juifs en prennent insensiblement les mœurs. Plus ils se rapprocheront
des bons chrétiens, plus il leur sera facile de se faire catholiques quand l'heure aura sonné pour eux, soit comme nation, soit comme individu. Nos vœux les plus sincères sont de
• hâter cette heure bénie, qui confirmera la prophétie d'Isaïe.
tlDieu lui-môme, viendra et vous sauvera. (Is., xxxv, v. 4.) Alors les yeux des aveugles s'ouvriront, et les oreilles des sourds se déboucheront.