‹ Pour et contre les JuifsChapitre 18 sur 55 · chapitre nous vous raconterons une histoire que nous avons · texte numérisé non relu

chapitre nous vous raconterons une histoire que nous avons

entendue de nos propres oreilles, de la bouche de celui qui

en avait été le héros et la victime. C'était un artiste en

chromos, et nous étions à l'époque d'une certaine irritation

générale contre les Juifs, à cause du fameux procès de l'officier

traître à la patrie. Je sentis bien vite que cet artiste était

irrité contre les Juifs, et pour calmer ses nerfs je lui avouai

que je composais un volume avec ce titre : Pour et Contre les

luîTs, dont le but était de réaliser un certain apaisement entre

Juifs et Catholiques. Alors il me dit ; Achevez votre ouvrage

et lorsque vous l'aurez terminé et fait imprimer, adressez-moi

un exemplaire. Mais sachez que je les déteste cordialement

et pour cause, car j'ai été étrangement payé d'ingratitude par

un d'entre eux. Je l'avais accueilli chez moi, au moment où il

était accablé sous les coups de l'infortune. En quelques mois

le deuîl et la consternation étaient venus quatre ou cinq fois

s'asseoir à son foyer, et ses pertes de famille l'avaient réduit

à une extrême misère qui n'avait d'égale que son immense

douleur. Je le pris et l'introduisis dans mon atelier, qui devint

son gagne-pain.

Dans sa reconnaissance, il ne savait que faire pour m'exprimer son bonheur et me témoigner sa sincère gratitude. Parfois il allait jusqu'à tomber à mes pieds, et me serrant contre sa poitrine il répandait des larmes de joie.

Je croyais avoir fait une bonne œuvre et je me sentais récompensé par toutes les expansions de son allégresse et de sa vive gratitude.

(,) II y ) dos Iiriélllet qui aiment la Fiance. La lutte doil tlic tnlre ceux qui cro.tnl il c«tiK(lui ne croient p»ï. Le jour où celle coaception jïi don! le r4le aujtuite e*I de parler aux niait», noire pi grand danger. (Ltllre d'un avocat juif a un cura de i:jiji|ii

e et défendue par c 'm/ aura icht^^i t nviei 18*,.)

Aussi quel tic fut pas mon étonoement lorsqu'un beau matin je m'aperçus que mon protégé avait disparu et quitté ma maison pour n'y plus revenir. Ce jour-là, j'avaÎP une traite k payer, et pour y faire honneur je tenais en réserve une somme de trois mille francs. Quand la traite me fût présentée j'allai en toute conllance chercher la somme toute préparée, maïs. ô surprise, mes trois mille et quelques cents francs avaient disparu, mon Juif les avait emportés. Depuis ce jour, je n'ai plus entendu parler de lui.

Au récit de cette édifiante histoire, je ne pouvais excuser le voleur et l'ingrat; mais pour calmer les colères de mon narrateur je lui dis : Je vais vous raconter un fait bien capable de reposer vos nerfs irrités. Je l'avais lu dans les pages du célèbre écriviin Léon Gauthier. Ce récit intitulé: Apostolat d'un camarade chn'ttin au coll'-ge, vous prouvera qu'il ne nous app;»i tient pas de pourchasser les Juifs. Notre caractère de chrétien nous impose l'obligation de les protéger quand ils sont accaMés sous le poids des colères populaires, ce qui ne veut pas dire qu'il faut les tolérer, quand on leur prend la (ii.iin dans le sac ou dans les caissfîs publiques. It laisse naaintenant parler le sympathique écrivain : Il y a dans notre collège un pauvre abandonné qu'on appelle Isaac ; comme son nom l'indique, il est Juif, déplus il est orphelin et sans fortune.

La réprobation qui pèse sur sa race maudite éloigne de lui iunqu'aux moins chrétiens de nos camirndes. On le voit Kiuiourf- dnns le cpin le plur désert de noire cour, 0(1 le pournulvent ciitoie les injures et les railleries d'un âge sans pitié. Copondaiit il est doux et semble résigné par avance à toutes Wk BUicrtumes de la vie dont celles du collège ne sont qu'un (i\HlU-uo{lt, Quelquefois la nature l'emporte, et le malheureux oufiUil iWlnteen sanglots: il se cache le visage entre les mains .i| plmivc tlmiirit de^- heures entières. Depui? longtemps je *<uim' ft l'flboider, je vcmdrais consoler cette précoce affliction. t#itit' compagnie à cette solitude prématurée, mais je n'ose.

UrtM^ u'BJit pas sans quelque sauvagerie. Ses malheurs et aiMi Hhniidon lui ont inspiré la défiance. Quelques méchants m>mii,i:ommp ilun est mêmeau collège, ont encore contribué A miKmoiil0i' ct'ItB défiance en venant solliciter l'amitié dfl

l'orphelin et en trahissant ensuite, avec tousles secrets confiés, un cœur si désireux d'abord de se communiquer mais que i'infortune avait rendu susceptible, à l'excès et incapable de se livrer deux fois. L'autre jour, une de ces tristes scènes i^ui se renouvellent trop souvent, est venue ajouter de nouvelles douleurs, aux douleurs de celui que- j'aime en secret. Je sortais i du parloir; tout à coup j'entendis de grands cris; je me hâte, | j'arrive devant tous mes camarades assemblés. Us étaient en 1 grande agitation. Qu'y-t-il ?< C'est Isaac qui nous a dénoncé » me répond le plus colère, et il entame une longue histoire à laquelle chacun veut ajouter son trait. C'était encore une accusation banale et sans fondement, les preuves abondaient : la haine suggérait les plus détestables hypothèses à ces petites têtes méchantes et enflammées. On accueillait tout, pouiTu que tout fut contraire à l'accusé. Tristes juges comme on en voit dans un monde qui n'a plus la jeunesse pour excuse. Isaac n'était pas là, mais bientôt nous le vîmes paraître accompagné d'un de nos professeurs, qui s'éloigna quelques secondes après, laissant le pauvre enfant en proie à la cruauté J de ses ennemis, le mot cruauté n'estpas trop fort : on l'injuria 1 et bientôt les injures furent suivies de pierres. 1

Un fils de boucher, quisansdoute avait vu, non sans profit, son père assommer les bœufs à l'abattoir, s'élança sur lui et de ses gros poings lui mit la figure en sang. J'étais pâle d'indignation, mon cneur battait vivement. La colère, une sainte colère, finit par ra'emporter et je m'élançai devant Isuac : «: Vous êtes des* lâches, m'écriai-je en lui prenant la main, et malheur au premier d'entre vous qui touche à mon ami. » J'appuyais à dessein sur ce dernier mot, je regardais les agresseurs, d'un regard ferme et décidé; les poings fermés, le pied en avnnt, je leur parus redoutable malgré ma petite taille. Us se turent, ils s'éloignèrent en jetant au vent leurs dernières insultes et l'un d'eux déclara qu'il fallait mettre les deux Juifs, à la quarantaine. Ce mot de juif me fit rougir malgré moi, cependant je me remis de cette soudaine émotion et me penchai vers Isaac.

II s'appuyait sur moi et semblait sourire, mais je le vis tout à coup chanceler puis tomber sans connaissance ; tant de dnu-

ïeors Taraient brisé. Alors j'appelai au secours, et comniM persoQDe De répondait à mes cris, je rassemblai toutes me) forces, je le pris dans mes bras et parvins à le transportef jusqu'à rinfirmerie. Il fut près d'une heure évanoui. Cependant TaSaïre s'<était ébruitée: notre principal arriva et me tendant les mains: < Voas êtes un digne enlant, me dit-il' je sais tout et je veux désormais que vous me regardiez connue un ami, comme un père. > [1 ajouta en me montrant la croi?c - < Mais voici l'Ami céleste, voici le Père qui vous récorr*" pensera, mieux que moi, de votre belle action. » II se retira e^ ^ me permettant de rester auprès de mon nouvel ami jusqu'* complète guérison.

Hélas, il ne savait pas que la maladie du pauvre enfaot disette st longue. Le médecin rit biea tout d'abord que le ca ^ était grave, et fit craindre une fièvre cérébrale. En effet, le^^ symptômes en éclatèrent, dès le soir.

Quinie jours après, le pciuvre Isaac était encore à l'i merie. J'avais obtenu la permission de le veiller une parf des nuits, et la sœur de charité avait peine à m'arracher de ce chevet, auquel il semblait que ma propre vie était attachée. Ces nuits furent, pour mon Sme, une source délicieuse de jouissances morales. J'y pris une habitude presque monastique, celle de lire en Litio l'office même de l'Eglise, et je n'ai pu détacher mes lèvres de cette coupe trop méprisée de la liturgie catholique. Oui, je me rappelle ces soirées d'été, alors que quelques rayons, les derniers du jour, venaient enflammer les vitres de l'infirmerie et qu'à genoux au pied du Ut de mon ami en délire, je suivais sur son visage en feu les progrès du mal ou cherchais \. y démêler les espérances de la guérison. Une idée m'avait saisi dès le premier jour, idée si naturelle aux âmes catholiques qu'il semble qu'elle soit la première à naître dans l'esprit et la dernière à s'en retirer : l'id de convertir mon nouvel ami et de guérir en même temps s corps et son âme également malades. Cette idée me poa suivait, je ne pouvais m'empêcher de penser que Dieu n*a' pas permis, sans quelque dessein particulier, qu'un innocq fut accablé de tant de malheurs, abreuvé de tant d'injustiQ O Soigneur, vous avez voulu éprouver Isaac et l'amener l

ces voies douloureuses dans le sein de l'éternelle Vérité. C'est moi que vous avez choisi pour achever ce grand projet, et si je veux répondre aux vues de votre Providence je dois parler de vous à cette âme que vous avez sans doute dès longtemps préparée, je dois me faire missionnaire, catéchiste : le moment n'est pas loin peut-être où instruit par moi des mystère* de la foi il sera plongé dans les eaux du baptême, ce catéchumène auquel vous réservez une place dans le ciel. Un de mes oncles qui l'année dernière est allé à Rome, I m'a rapporté de !a Ville sainte une médaille que le Saint Père a touchée et bénite. Je me rappelai que la Vierge s'est plue, dans ces derniers temps, à faire des miracles en faveur d'Israélites endurcis, qui ont vu le jour de l'Eglise.

Il me semblait que cette fille de David doit avoir conservé, dans la gloire céleste, comme une certaine sympathie pour ces débris d'une race dont elle est issue, et que les malheureux Juifs qui ont appelé sur eux la malédiction divine, doivent avoir quelques droits particuliers à son infinie miséricorde. C'est à cette bonne Mère que je m'adressai pour obtenir que les yeux d'Isaac s'ouvrissentà l'Evangile. Je chargeai Marie de présenter cette âme à son fils. Prie bien ce Dieu, tu es sa fille, mais tu es sa mère aussi, réclame-lui cette guérison miraculeuse,

ORA PATREM JUBE NATUiM

Un jour donc qu'Isaac s'.était endormi, je m'armai d'une

' sainte audace et passai à son cou ma petite médaille. Déjà

l'on avait placé sous ses yeux, en face de son lit, un crucifix,

OÙ il pouvait lire tout le résumé de notre foi écrit d'une manière

éloquente.

La pauvre sœur redoublait de soins. C'était une toute jeune fille, d'un dévouement sans pareil; on l'appelait au collège la «Soeur Contente*. Ily ade ces créaturesbénies, toujours gaies, qui semblent passer parmi nous pour nous montrer ce que c'est que la vraie joie, la joie du ciel: elle était de ce nombre. Elle avait compris mon idée de conversion, elle l'avait eue avant moi, mais elle eut craint de s'en attribuer le moindre honneur. Seulement, elle voulait s'employer à la réussite d'un projet dont sa modestie me laissait le mérite.

Piiuvre petite sœur! Elle fit tout dans cette œuvre où no avions associés nos efforts, mais Dieu seul put savoir qu'elle y fit quelque chose, et encore : « Bonne sœur, lui disais-je, en riant, faut-il pour qu'il le sache, que le bon Dieu y mette toute sa perspicacité. > Enfin, après quinze jours d'angoisse, la connaissance revint à Isaac, il était sauvé. C'était un dimanche matin, les élèves étaient à la messe, et de l'infirmerie on entendait très distinctement les chants de nos camarades et les harmonies de l'orgue. La petite sœur et moi, suivions notre messe aussi exactement que possible et priions de grand cœur, pour notre cher malade. J'avais coutume de réserver pour le moment de l'Elévation mes plus ferventes prières et je crois bien que la petite sœur faisait comme moi.

Notre malade se soulève. Assis sur son lit, il semble écouter avec ravissement un O saliitaris que nos enfants n'avaient jamais si bien chanté. 11 souriait pour la première fois peut-être- de sa vie, et ce sourire faisait du bien à voir, quoique brillant sur un visage éteint et décharné. Nous n'osions nous lever; mais il nous aperçut, porta la main à son front comme pour recueillir ses idées, puis tout à coup i'écria : Mon frère, mon cher frère! et je tombai dans ses bras.

Kous pleurions tous et la petite sœur souriait, à travers ses

K..,»..^ Mais Isaac se mit tout à coup à fixer le crucifix que

'\ ions placé sous ses yeux. Il le regarda d'abord froide-

puis ses yeux s'animèrent, et un trait d'amour pénétra

,, ..M\ cœur. Il contemple alors THOMME-DIEU avec des

.,\ 'Ui exprimèrent toutes les nuances delà commisération,

, , 'v- i-ule l'adoration : ses bras se levèrent, tendus vers

Kniîn, cédant à la grâce, avec un torrent de

',,,ppedesesyeux,ils'écrie: MONROI, MON

Mt.»\ OIHU. Et se tournant vers moi : Mais pour-

»»WlOî^-ï" pas de notre JÉSUS? Il essaie d'atteindre

4v<s -t!>bins amaigris, nous l'approchons de lui et

-liies du ROI DES ROIS.

lo par.Hdis sourit délicieusement et \ . .\ admiration.

ait Isaac, que JÉSUS et MARIE Ol

fei/lé près de moi pendant toute ma maladie. Ils étaient IJ je les voyais, je louchais leurs mains, j'entendais leur vo' Ob ! JE VEUX ÊTRE BAPTISÉ.

Je l'embrassai en pleurant, et combien j'avais désiré ce

moment. Ce jour-là nous eûmes un entretien sur la foi. La

p^"tile sœur savait mieux faire le catéchisme que moi; l'aumô-

"i^T vint l'aider. La convalescence tl'Isaac s'écoula dans ces

i^^Ons qu'il semblait avoir déjà reçues de Dieu lui-même, tant

LM- s'élevait facilement aux plus difficiles de nos mystères : il

|KÔ-Ni^a.ît même sur nos dogmes des lumières qui étonnaient

• ^» Vï mônier et dont je profitai.

d^ependant le bruit de sa guérison s'était répandu dans le c<=>XXège.On avait bien changé d'idées sur le comptedes * deux J ■-^■- ï i"s », et comme, après tout, les cœurs ne sont jamais pro- ^*^^ r». «iément pervertis, tous nos camarades s'étaient repentis c::èrement d'une méchanceté qui avait failli devenir si fatale. "US les matins, il en venait à l'infirmerie quelques-uns s'in-* xneravec anxiété de la santé d'Isaac. Les récréationsétaient ^^ ^ ^^ncieuses, les visages tristes. Quand on annonça qu'il n'y ^ "^"^ ^*.it plus aucun danger pour le malade, ce fut un jour de *^^ t <^ pour tout le monde. On apprit avec bonheur la mira- ^^~^ ^ «use conversion de notre ami, et son baptême, qui eut. ^* ^^ -^j, d'APRÈS SA VOLONTÉ, le premier jour qu'il put ^*- ^ "K:e quelques pas.

^ -^u sortir de l'église, appuyé d'un côté sur mon bras, de

^- "Vitre sur celui de sœur Contente, il alla recevoir ses con-

^*^ciples qui étaient devenus ses frères en Jésus-Christ; ce

^^t:un spectacle touchant. Tous ces persécuteurs tombèrent

^"^"i-iat pieds ^de leur victime et sollicitèrent la bénédiction de

^~^lui qui tout à l'heure était un catéchumène et n'avait pas

^^^îze ans. Isaac ou plutôt Paul (car je lui ai, comme parrain,

^onné ce nouveau nom) les bénit avec ses larmes et voulut

*-es embrasser tous. On sut qu'il était pleinement chrétien

<^uand on le vit pres.ser avec plus d'amour dans ses bras

celui-là même qui l'avait le plus cruellement persécuté. EU

bien, ce récit vous a-t-il laissé froid et insensible ? Pour ma

part, il a plusieurs fois fait couler mes larmes avec plusj

d'abondance que les discours les plus pathétiques que j'aîi

fez»

as ^^1

entendus dans ma vie déjà longue. Et je vous assure, chers lecteurs, que si j'étais Juif, il suffirait pour me faire devenir chrétien, car cette nouvelle conversion me prouve que le christianisme est une religion d'amour. Aussi je ne m'étonne plus qu'on ait écrit, des premiers chrétiens des temps apostoliques : Voyez comme ils s'aiment! Et puis j'ai vu l'intervention de la Vierge d'IsraC-1, manifestée par cette bouche de quinze ans, et à cet âge on est incapable d'une imposture aussi flagrante que celle qui ferait dire : J'ai vu une femme et j'ai vu son fils, si on n'avait vu ni l'une ni l'autre; et parce que je lésai vus, je veux être baptisé.

Avant de clore ce chapitre déjà trop long peut-être, je veux faire acte de justice et de réparation, envers les Juifs, à qui j'ai adressé le reproche échappé à mon interlocuteur qui prétendait que la race juive n'avait aucune religion et ne pratiquait que le culte du Veau d'or, et pour les venger de cette attaque je citerai une page de la Semaine religieuse de Paris, en 18S2.

La fête juive, dite du grand Pardon, vient de commencer. A cette occasion, les hommes d'affaires israélites s'abstiennent rigoureusement de tout travail; des maisons importantes ne sont mûme pas représentées à la Bourse.

Par ce déplorable temps d'impiété et de négation de tout, il est utile de constater l'attachement des Juifs à leur religion, et leur fidélité à la pratiquer. Il y a sans doute beaucoup d'indifi'érents, mais pendant les deux jours du grand Pardon. soyez sûr que ceux-là se repentent. Quel exemple et quelle leçon! Les irréfléchis se demandent d'où vient la cohésion, la puissance vitale des israélites, qui, bien que disséminés depuis des siècles, sont toujours et quand même un peuple. Le secret en est bien simple, ils ont de la religion. Ajoutons qu'ils^ savent faire respecter leur conviction religieuse mieux que nous, car quoique la religion catholique soit reconnue en France et que la religion judaïque ne le soit pas, voyez ce que vient d'obtenir une candidate israélite, qui avait vu fixer son jour d'examen à un samedi. Ne voulant pas enfreindre le repos sabbatique, elle s'adressa directement au ministre de l'instruction publique, qui fit droit à sa requête en lui répondant que sa demande était agréée et que désormais, suivant

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ses ordres, les candidats Israélites ne seraient plus examinées le samedi.

Cent fois, nous avons constaté que rien n'est refusé aux Juifs, mais qu'aux catholiques, l'exercice des droits les plus sacrés est souvent contesté et qu'on y apporte des entraves de la plus criante injustice ; mais aussi, il est facile de remarquer que les catholiques de nos jours se montrent trop faciles à faire l'abandon et de leurs droits et de leurs devoirs. On n'est respecté qu'autant que l'on sait se faire respecter, et tout recul, toute abdication encourage un nouveau mépris du droit et une nouvelle agression. La liberté de conscience, tant invoquée par les libres-penseurs et tant respectée en leur faveur, n'est même plus réclamée par les catholiques, et pourtant ils sont encore l'immense majorité, mais cette majo- ^'té n'a plus de zèle.

Toutefois si nous avons rendu hommage au zèle religieux des Juifs quand nous l'avons rencontré, nous ne pouvons applau- '^•r à leur idolâtrie. Or, si le culte du Veau d'or, dans le désert, était un acte idolâtrique, leur culte moderne pour Mammou, le dieu de l'argent, n'est pas moins contraire au culte du vrai Dieu: on ne peut servir deux maîtres à la fois, Dieu et l'argent. L'amour excessif et désordonné des Juifs pour l'argent, leur inspire de funestes conseils. Non ^eulenient ils offensent Dieu, mais ils oublient la nature et ils écoutent les cris de Mammou qui leur dit : Sacrifiez-moi non des veaux et des génisses, mais des hommes, quand même il y aurait des victimes à immoler; sacrifiez ceux qui ne vous font aucun mal ; sacrifiez-les, vous eussent-ils comblé de Vtienfails. Soyez l'ennemi particulier et commun de tous, et surtout des chrétiens. Parjurez-vous, mentez, accusez, calomniez. Soyez arrogants, effrontés, audacieux, implacables, sans cttur; soyez bétes féroces plutôt qu'hommes. Dépassez en cruauté le tigre le plus féroce, le loup le plus vorace. liiilcz Satan, oubliez les bienfaits. J'ai tracé la peinture du Juif avare. Avec de tels sentiments il lui est difficile et même impossible d'embrasser le christianisme qui ne prêche que le •l^tachemeat des choses de ce monde, car son fondateur a commencé le sermon des Béatitudes parcelle-ci : Bienheureux

luvres! lit en cela il parlait en véritable fils de David qui demandait à Dieu d'incliner son cœur vers ses préceptes et non vers l'avarice, et comme l'Esprit-Saint qui avait inspiré les paroles de vos Saints Livres : Bienheureux celui qui ne met pas sa confiance dans l'argent et dans les trésors.

O Juifs, je ne cesserai de vous dire que vous êtes les enfants de Dieu et qu'à ce titre vous serez l'objet de ses paternelles miséricordes, comme vous l'avez déjà été lorsqu'il vous arrachaità la cruelle servitude des Egyptiens, Mais quand Jéhovah songeait à vous arracher des mains cruelles de Pharaon, quand il frappait l'Egypte des plaies les plus terribles, en vue d'obtenir votre délivrance, est-ce qu'à ce moment vous étiez riches? Est-ce qu'il y avait parmi vous des princes de la fortune? Y en avait-il d'opulents ? Trouvait-on dans les conseillers de Pharaon, dans les afiTaires de son royaume, dans la direction de son florissant état, trouvait-on des hébreux occupant les premières places de son royaume? Oh non ! vous étiez tous réduits auxtravaux du plus dur esclavage, et malgré cela,

Éattiriez les regards de Dieu et ses coroplaisancesdivines. îen, laissez-moi vous dire que vous vous fourvoyez, «vous vous glissez dans les préfectures, dans les banques tat, ddns les grasses prébendes de la chose publique; vous accaparez des places, des positions financières. Bti^ttO'vus serez logés dans les hautes administrations, dans filliEk|tte lucrative, Dieu ne se croira jamais obligé de vous iBOKHer pour vous envoyer travailler au rétablissement du HHDae tfUiaél. vous continuerez à gémir dans la dispersion r ias ks ioaleurs de l'exil. Ah ! si vous rachetiez vos ini- •otrcorct vos trésors, je vous dirais : Le royaume pour vous. Mais tant que vous adorerez le lOi vous le répéter avec toute la sincérité .toute 1-1 franchise d'un cœur sacerdotal, le îttsm loin de vous, et celte parole je l'emprunte ,;ii:ï- t ■'■^'' a Pt\\\itoribus sjIus. le salut est •tes iiu rang des pécheurs. Quand ■hontée injustice, quand vous vous usuriers, spéculateurs sans tnversez. vous culbutez tout

te qui vous empêche de faire fortune. Vous prenez plaisir s

ire des victimes et des malheureux en ruinant tous ceax

vous pouvez ruiner, vous buvez les larmes de ceux que

Vous avez dépouillés. Continuez et réjouissez-vous, mais

o'oubiiez pas que Dieu est le vengeur du pauvre et de l'op-

itaé.

0ieu a entendu la voix du sang d'Abel, il entend encore ieux la voix des larmes de tant de victimes qui s'élève contre >s oppresseurs. Dieu a vengé depuis dix-huit siècles le sang son Fils, il vengera encore pendant de longues années les rmesde vos victimes.

Et daignez croire que je m'intéresse plus à votre sort qu'à *;elui dts infortunés dont vous avez préparé la ruine ou causé J^ malheur, ca\ ^eù dcrnie-rF, sont moins à plaindre que vous, parce que vos injustices n'échapperont pas au jugement de L^îeu, comme l'atteste David quand il s'écrie : « Levez-vous, Seigneur, élevez votre main sur l'oppresseur, et souvenez-vous "^ pauvre qu'il opprime. »

Comprenez que si je réclame de mes coreligionnaires le respect de vos convictions religieuses, de vos libertés indivi- "'^elles et de vos biens légitimement acquis, j'ai le droit " attendre de vous plus d'équité et un peu moins d'agisse- "^^nts de rapacité.

-A.vant de clore ce chapitre, je dois citer un fait ancien qui

®^'' à l'éloge des Juifs, et qui doit servir d'ejccmple aux Juifs

"^ Odernes, surtout à ceux qui n'ont d'autre culte que celui du

^"^^au d'or. Je le trouve dans saint Jean Chrysostome, qu'on

*^^=. peut taxer d'être trop tendre à l'égard des Juifs qu'il

éprend souvent avec une sévérité qui ne serait pas admise

^ Q-otre époque, mais ici il leur rend justice en disant: « Que

^^ Juifs observent le sabbat avec la plus scrupuleuse exacti-

^^<ie, et que la veille ils cessent tout travail. » Dès qu'ils

^''c» i ç0t;^ le vendredi, le soleil prêt à se coucher, ils suspendent

^ "^at contrat et interrompent leurs affaires. Quelqu'un leur a-

"^-^ X acheté avant le soir et vient-il le soir même leur apporter le

Pï'ix de la vente, ils ne consentent ni à prendre ni à recevoir

l'argent. Et que parlè-je du prix des ventes et des contrats? Il

Ira-Ur serait possible d'acquérir un trésor qu'ils aimeraient

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mieux renoncer à ce gain que de fouler aux pieds la loi mosaïqu Ainsi les Juifs observent avec exactitude une loi qui n'est pi de saison, ils l'observent même quand elle ne leur sert de rie et qu'ils en souffrent un réel préjudice. En est-il toujou: ainsi parmi les Juifs de notre époque? Sont-ils toujours aus scrupuleux, aussi dédaigneux des gros bénéfices, ceux qui rendent qu'au Veau d'or leurs hommages et leurs adorations J'aime à croire qu'il existe pourtant encore de vrais Israélite sur le modèle de ceux que cite saint Jean Chrysostome ; s' ont au cœur le sentiment religieux, ils observent exactement leurs sabbats, avec un respect qui leur fait négliger tout trafic commercial. En agissant ainsi, ils donnent à tous les peuples et à certains gouvernements et empires de la terre, un exemple qui n'est plus suivi, mais qui devrait bien l'être. La fortune des nations ne péricliterait pas, par suite du repos hebdomadaire et du respect du jour du Seigneur. Au contraire, la fortune publique ne ferait que s'accroître, comme s'accroît celle des Juifs, qui respectent mieux leur sabbat que les catholiques ne respectent leur dimanche.

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