‹ Pour et contre les JuifsChapitre 19 sur 55 · COMMENT DIEU ET L'EGLISE TRAITENT APRÈS LEUR MORT LES JUIFS CONVERTIS · texte numérisé non relu

COMMENT DIEU ET L'EGLISE TRAITENT APRÈS LEUR MORT LES JUIFS CONVERTIS

Mon intention n'est pas de vous dresser le catalogue des ]niEs qui se sont sanctitiés dans le christianisme, ni d'extraire du martyrologe les noms des saints qui ont été placés sur les aulels, depuis saint Pauljusqu'à nos jours; maisje ne puis passer sous silence quelques faits récents et modernes qui rnonlreront à mes lecteurs quelles sont les prédilections divines pour les Juifs qui se convertissent.

Je n'irai pas. aubout du monde, chercherdes exemples pour appuyer ma thèse. Le premier que je rencontre est celui qui se passa à Latresne, près Bordeaux, sur la personne d'un sieur Frank, qui mourut en 1889, à l'Age de quatre-vingt quatorze ans. Il était Juifpar sanaissance;maistouchédelagrâce, et malgré son grand âge, en possession de toutes ses facultés iatellectuelles, il avait demandé avec instance et reçu avec bonheur le saint baptême.

Son inhumation causa une profonde impression, car dans la tombe qu'on voulait lui faire partager avec son épouse, morte dix ans avant lui, après avoir reçu, elle aussi, le saint baptême, on retrouva le corps de celte dernière intact, les chairs blanches et souples, reposant sur le coussin blanc et les linges sans tache, absolument comme à l'instant de son ensevelissement. On ne se contenta pas de cette vue constatée par les autorités; mais on toucha le visage, les cils et les sourcils, et l'on vit une légère transpiration couvrant les chairs. Une douce émotion gagna les assistants; le cercueil fut soigneusement refermé, et l'épouse reçut à ses côtés les restes sanctifiés de son mari.

Ces deux patriarches avaient suivi, dans la foi de Jésus-

[Cbrist, leurs trois filles, toutes trois religieuses, Oblates de

'Assomption et de Notre-Dame de Sion. Eh bien, chers lec-

tBUrs, ne voyez-vous pas comme moi que quand les Juifs s mettent, ils deviennent des chrétiens dignes de fixer 1 regards du ciel! Et jusque dans les bras de la mort, dans I profondeurs du tombeau. Dieu garde leurs ossements. L'Egli ne perdra pas de vue cette tombe, et s'il plaît à Dieu de lagl rifier, par quelque nouveau miracle, elle l'examinera, elce' préservation extraordinaire de la corruption du tombe i n'échappera pas à sa maternelle sollicitude, et elle gloritierî son tour ce que Dieu aura déjà glorifié le premier.

Mais avez-vous remarqué que les trois filles de ces de patriarches sont entrées dans de^ congrégations religieu! placées sous le patronage de la Sainte Vierge, et que cette O) grégation de Notre-Dame de Sion est l'œuvre de Juifs convi tis, devenus prêtres et fondateurs de celle association qu pour but une sainte ligue de prières qui de jour en je obtiennent des conversions juives. Les deux fondateurs sont autres que les P. Ratisbonne.

Avant de raconter leur mort. Usez comment ils parlent di les Annales de Nolre-Danif de Sion des persécutions dirigi contre les Juifs. Le mouvement contre la race israélîle qui manifeste dans plusieurs parties de l'Europe, prit un jour caractère effrayant, en Poméranie. Le soir du 14 août 18 une foule immense et tumultueuse parcourut les rues Stettin, en menaçant de prendre d'assaut les maisons et mugasins des Juifs. La police intervint de la manière la p énergique et put calmer cette émeute. A Bnrîspolis (Russ. la population surexcitée détruisit tout Tavoii-juif. En outre y eut cinq tués et trente-six blessés. Une grande eilervescei mit sur pied la force publique à Kœslin et à Pyritz,

Dans ces circonstances critiques le pieux rédacteur remarquer que les persécutions dirigées contre les fils de S et contre les usuriers ne sont point provoquées par le fa tisme des catholiques, mais par l'intolérance des protesta et la sauvagerie des schismatiques. C'est ce qui explioue po quoi, en ces derniers temps, de riches familles Juives de B lin et de Francfort ont passé du judaïsme au catholicisme, seulement est la vraie tolérance. Là seulement. est la vi charité, parce que là est la véritable Eglise de Dieu. (îtrero

queï, chers lecteurs, que ce n'est pas moi qui vous parle, mais l'un des vôtres, l'un de votre race, et il ajoute : « Le mouvement antîséoiitique des Allemands et le soulèvement des hordi's barbares du N'ord monfrt^ront iiux malheureux enfants dUraêl le chemin qui mène à Romf, aux pieds de ces Pontifes <iui, dans le cours des siècles, se sont toujours élevés contre leurs persécuteurs, et ont couvert les persécutés d'une patemelle protection. » Les. Papi's ont touj\->urs été les dêfeniturs des Juifs. (Paroles d'un avocat juif à un curé de campagne. 1

Le P. Ratisbnnne parlait par expL-rience et par amour. 11 viius aimait, car vous étiez ses frère;, et c'était à Rome que comme un autre Paul il avait trouvi- son chemin de Damas. C'était en 1842. Quarante-deux ans plus tard il partait de Jênisalcm pour le ciel, car il mourut en 1884, dans la Ville sûnte, au sit-ge de la mission qu'il avait fondée, à la suite de sa coaveision. L'article nécrologi'iue rappelle que ce fils du président du consistoire israélite de Strasbourg était allé à Rome en curieux et en lettré, et qu'il avait été terras&é par UpSce dans une église où la Sainte Vierge lui étant apparue. lui avait oiontri- le chemin de \:\ vérité.

Dans cette voie nou^eHi* où il avait été précédé par son frère Théodore de RatisVonne qui se convertit en 1836 â Strasbourg et mourut le 10 janvier 1884, dans sa quatre-vingtfleaxième année, supérieur de Notre-Damp de Sion. directeur i'' l'Archiconfrérie Hos Mères chréticriiipa et protonotaire TOStolique, le P. Alphonse dr Ratisbonae entra résolument îvec l'ardeur d'un néophyte et le zèle d'un apôtre. Tous Jeux, dés lors, dans un esprit de foi qui ne se démentit pas "H jour, entreprirent CCS œuvres auxquelles leurs noms furent S' bien mêlts. que l'on pourrait malaisément faire la pari *UP. Marie-Théodore ou d'Alplionse-Marie. dans les heureux fruits qui en soitirent, pour rèdilît^ition du peuple chrétien.

Les édifiants détails de cette action double et une Referont "'en connus t-l ntcontés que plus tard. Aujourd'hui nous ^svoDs nous borner, quelques mois après la mort du P. Marie- Théodore, à enregistrer douloureusement la mort du P. Al- Phonse-Marie qui n'a pu longtemps survivre à son frère, mais

qui, pour louer leur action commune, laisse en France et en

Orient des œuvres qui ne périront pas.

En attendant que Dieu glorifie ces deux Israélites fondateurs de deux congrégations florissantes, l'Eglise se tient dans une silencieuse admiration sur leurs œuvres fécondes, et recueille les bénéfices de leurs travaux, de leurs luttes et de leurs prières pour la conversion des Juifs. Non's ne connaîtrons qu"au jugement dernier le bien produit et réalisé par ces deux religieux fondateurs.

Maintenant que dirons-nous de cet autre Juif converti, le P. Libermann, qui devint plus tard le fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit? Sa piété a été si grande, son zèle si fécond, ses travaux si merveilleux et sa sainteté si lumineuse, que déjà sa cause a été présentée à Rome, et que l'examen de cette vie si extraordinaire se poursuit devant la congrégation romaine pour savoir si l'Eglise peut le déclarer Bienheureux. Les disciples de ce pieus fondateur sont déjà répandus aux quatre coins de la France où ils rendent des services exceptionnels, et dans les missions africaines où ils se dévouent au milieu des peuplades anthropophages; ruais nous reviendrons sur ce Juif converti, à propos de quelques lignes écrites sur le Vénérable dans une chronique religieuse paraissant tous les mois: Annales du Sacré-Cœur; nous y lirons encore mieux qu'ici le profond respect de l'Eglise pour le saint fondateur. Elle agira de même envers tout Israélite qui pratiquera après son abjuration les vertus héroïques. Quand la voix des miracles, qui est la voix de Dieu, s'unira à la voix du peuple tombant à genoux pour honorer le tombeau d'un Israélite, Rome prêtera l'oreille, et après une enquête minutieuse, déclarera si le serviteur de Dieu est digne des honneurs des autels.

En attendant le jour et l'heure de la glorification du P. Libermann. constatons la différence du zèle catholique et du zèle israélite et ne craignons pas de nous répéter en proclamant cette éclatante vérité.

Les catholiques ont le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Les Juifs n'ont pas ce zèle pour amener à la connaissance du vrai Dieu des âmes plongées dans l'hérésie ou l'infidélité païenne, mais ces mêmes Juifs, aussitôt entrés dans

' te giron de l'Eglise ne sont que feu et flamme, ardeur et activité pour la gloire divine et la sanctification des âmes ; ils cherchent à imiter saint Paul, et la plupart des Juifs convertis se font convertisseurs d'âmes.

En face de cet état de choses, quoi de plus naturel que de désirer voir les Juifs revenir au Christ que leurs pères ont rejeté ■■ Et quand ces infortunés ont compris la nécessité pour eux d'accourir à ta grâce, l'Eglise leur accorde tous les témoignages de distinction dont ils se sont rendus dignes, et en «la elle suit le conseil du grand Apôtre qui écrivait : Gloire, bonneur et paix à quiconque fait le bien, au Juif d'abord au Gentil ensuite. Pour tout Juif qui embrasse le christianisme, la prière du Psalmiste est exaucée, aiifcr a me opprobrunm tlctmtemptum, éloignez de nous l'opprobre et le mépris. On Mitqucles juifs n'ont jamais pu se résignera se voir déchus, depuis le Christ, du trône qui auparavant les élevait au-dessus du monde entier. Après leur déchéance, ils n'ont plus qu'une ressource pour reconquérir leur royauté perdue, c'est de jervirle Christ, eut sennrc, regnare est. Qui donc vous avait constitué si grands au milieu des nations? — N'est-ce pas parce lîue Dieu vous avait parlé par Moyse! Sa voix ne s'était pourtant fait entendre qu'au milieu du feu, mais maintenant il vous parle par son Verbe. Le fils de Dieu a parlé aux liOmmes en prenant leur humanité: or pourquoi ne seriez- "ouspas encore plus grands en prêtant l'oreille aux paroles du Christ qui veut vous rendre ses bonnes grâces, oublier le crime du déïcide de vos pères et cesser de faire retomber sur "ïas le sang divin qu'ils ont répandu. Les honneurs dont "ous jouissons dans le christianisme ont pour but, dans ''«pntde Dieu, de piquer au vif les Juifs et d'exciter leur jalousie; et maintenant, pour imprimer une sorte d'émulation wx chrétiens, plusieurs Juifs se convertiront. Votre réprolîation est devenue la réconciliation du monde, mais votre tetour, ne craignons pas de le répéter, votre retour sera une 'Orte de résurrection généraleà la vie.

U Christ est merveilleusement bon pour nous pendant toute la durée de la réprobation des Juifs, mais que ne fera-t-il p!s encore de plus lorsqu'il sera réconcilié avec son peuple.

COMMENT LK PLUS fETlT DKS ENFANTS DES JLIIFS A-T-IL PU SE FAIRE PROCLAMER ROI A SA NAISSANCE

J'ai connu l'histoire de beaucoup d'usurpateurs qui ont pu renverser de leurs trônes ceux qui jouissaient d'une royauté, ou légitime ou héréditaire ; j'en ai connu qui. d'une naissance obscure, se sont élevés à l'empire du monde : maispour arriver à ce degré de gloire et d'é-lévation, il leur a fallu les années d'une vie laborieuse, la force de l'âge, le concours heureux d'événements favorables et unefoule de circonstances favorisant soit leur ambition, soit leur bonne fortune et leur brillante destinée.

Mais l'enfant qui naquit à Bethléem et qu'on appela le nouveau Roi, dès les premiers jours de sa naissance, ne pouvait être l'usurpateur de la royauté qu'on lui décernait. Les parents, nouveaux venus, étaient trop modestes pour avoir imaginé ou ressenti de telles aspirations à un trône, pour leurenfant. D'ailleurs, s'ils avaient ourdi de pareilles intrigues, ils ne trouvèrent guère de complices dans la petite ville de Juda, car si les habitants ne les passèrent point à la porte de leurs demeures, aucune ne s'ouvrit pour les recevoir; les hôtelleries furent même impitoyables, envers ces pauvres voyageurs, et parce qu'ils étaient pauvres il n'y avait point de place pour eux. Mais qui pouvait penser que les habitants de Bethléem refusaient un logis à celle qui venait mettre au monde un Dieu, dans les murs de l'humble cité ? Est-ce que sur son visage on pouvait distinguer les traces lumineuses de l'apparition angélique, qui neuf mois auparavant lui avait assuré que l'Esprit Saint la couvrirait de son ombre ? Aussi l'humble descendante des Rois fut-elle obligée d'aller chercher un abri, au fond d'une caverne, servant d'asile aux animaux qui venaient s'y réfugier dans les intempéries des saisons; ils ne trouvèrent donc là aucune compagai

à figure humaine, mais la seule compagnie d'un bœuf et d'un h âne qui, providentiellement, se rencontrèrent là, pour réchauffer le nouveau Roi, de leur souffle et de leur haleine.

C'est là, qu'au milieu de la nuit, dans le ravissement et ' l'extase, la vierge d'IsraiSl vit naître Celui devant lequel elle se prosterna pour l'adorer.

Mais en admettant que sous les apparences de cette jeune

I mère. Vierge et pure, il se fut caché l'hypocrisie et les machi-

t nations capables de lui faire chercher des complices sur la

L terre pour ses projets ambitieux, elle fut déçue de ses espé-

f Tances du côté des hommes. Toutefois, comme elle est

f encore plus sainte qu'elle ne le paraît et qu'elle ne songe pas

I à publier au monde ce qu'elle avait même caché à son chaste

I époux, c'est le ciel qui va se charger d'annoncer à la terre la

■^merveilleuse naissance de l'enfant de cette fille des rois. Au

milieu de la nuit la plus profonde, un ange du ciel se présente

, à des bergers qui gardaient leurs troupeaux, et la gloire du

Seigneur, claritas Dci, les environne, et cetange leur dit : Je

viens vous apprendre une nouvelle qui doit remplir de joie

• tout le peuple d'Israël : il vous est né un Sauveur qui est

Christel Seigneur, dans la cité de David.

Allons, chers lecteurs, direz-vous que le ciel fait un complot pour vous tromper, et qu'il choisit ses complices parmi de pauvres bergers? Si vous étiez tentés de le penser, écoutez ce I qui suit: ce n'est pas la voix du tonnerre que vous allez* ^.entendre, c'est une grande'multitude de la milice céleste qui kéclate en transports et en cantiques de louanges au Seigneu'r, [■en disant: GLOIRE ADIEU AU PLUS HAUT DES GlEUX rET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES DE BONNE l-VOLONTÉ. Si c'est là un complot, il est joliment pacifique, l «t le ciel ne vient point déclarer la guerre à la terre.

Direz-vous encore que ces bergers ne sont que des vision- "naires, croyant voir ce qu'ils ne voyaient pas et entendre ce ^ qu'ils n'entendaient pas. Si vous le disiez, la suite vous donnerait un fameux démenti ; car ils voulurent s'assurer par euxmêmes s'ils avaient été les victimes d'une hallucination. Allons, se dirent-ils, et passons jusqu'à Bethléem I

Là, ils virent et constatèrent l'exacte vérité de la parole

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angélique sur l'enfant; et ils s'en retournèrent en glorifia en louant Dieu. Le ciel avait trouvé un écho sur la terre. Mais ces bergers si simples n'ont-ils pas été faciles à tromper? Oui, peut-être, à moins que d'autres témoins plus instruits et de plus haute origine ne viennent mêler leurs voix à celles des bergers. Or voici que Jérusalem voit arriver des mages de l'extrême Orient qui demandent: Où est né le roi des Juifs ? A cette question, Hérode est tout troublé et la ville aussi. Le roi ne savait pas qu'il pouvait exister un usurpateur de son trône, et il est curieux d'apprendre une pareille nouvelle. Alors il rassemble les princes des prêtres et les scribes pour connaître par leur bouche où pouvait être né le CHRIST, et tous de lui répondre par la parole du prophète Michée: Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la plus petite entre les principales villes de Juda, car c'est de toi que sortira Celui qui doit conduire mon peuple d'Israël.

Alors le roi qucstionneles mages, et, sachant qu'ils avaient été conduits à Jérusalem par une étoile, il les envoie à Bethléem, avec la reconnmandation de bien trouver cet homme et de revenir, pour qu'à son tour il puisse l'adorer comme eux. O le perfide ! ô le cruel ! 11 ne craint que pour son trône et cette crainte est si forte qu'il reste insensible et n'est pas touché par le prodige d'une étoile miraculeuse,

A leur tour les mages trouvent bien l'enfant avec sa mère, et malgré le triste apanage qui entoure ce merveilleux berceau, ils tombent à genoux et adorent, et pourtant rien de ce qui frappe leurs yeux ne leur découvre une naissance royale.

Quoi ! l'enfant d'un roi, ce nouveau-né qui n'a pas d'escorte ! Quoi ! un enfant royal couché dans une crèche au milieu de vils animaux ! Nous nous sommes trompés I Mais non, le ciel aparlé, l'étoile a marché, elle s'estarrêtée sur ce repaire d'animaux qui renferme non seulement un enfant royal, mais encore un enfant divin. Oh! c'est bien là que la grande voix du prophète nous a envoyé : Or le ciel ne peut pas tromper les hommes, et, sans hésitation, ils offrent à ce petit enfant de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Chers lecteurs! si nous avions été là ensemble devant ce berceau de chétivc apparence, aurions-nous voulu reconnaître le futur dominateur du

-monde? Certes, en tombant à genoux à ses pieds, nous lui aurions souhaité des destinées plus glorieuses que celles de sa naissance. Notre esprit se serait représenté un trône brillant, un palais splendide pour les années futures de son règne et nous n'aurions jamais pensé que pour finir ses hautes destinées, après avoir eu une crèche pour berceau, il n'aurait point d'autre trône qu'une croix.

Et puis, chose étrange, après leurs adorations et malgré les assuraaces données au roi de Jérusalem, voilà que les mages s'en retournent en leur pays par un autre chemin, car ils ont reçu un avertissement du ciel pendant leur sommeil de ne pas aller trouver Hérode. Puis un ange apparut à Joseph pendant qu'il dormait et lui dit : Prends l'enfant et sa mère et fuis en Egypte. Que se passe-t-il donc? Quel danger peut courir un enfant acclamé parles anges, publié par les cieus, adoré par les grands et les petits de cette terre? Qui peut donc se déchaîner contre lui? Quel danger fait-il courir aux grands de ce monde, quelles menaces peut-il adresser quand 'a paix vient d'être offerte par les cieux aux hommes de bonne volonté?

Ce qui se passe, c'est qu'Hérode est furieux d'avoir été joué PT les mages : il pensait, par eux, découvrir ce roi redoutable lui attirait à son berceau des hommes sages et puissants et 9ui plus tard ne manquerait pas de lui arracher sa coutOQne, Alors il conçoit un projet qui va déjouer tous les plans d'avenir des parents du nouveau Roi, il va le faire tiassacrer dans un massacre général qui fera périr tous les SDfantsde deux ans et au-dessous. Le plan était habile et il devait réussir (si les rois de la terre pouvaient détrôner le Roi du ciel). Et puis ce roi céleste voulait ajouter aux témoi- ^ages des anges, des astres et des hommes, petits et grands, Is témoignage de l'histoire. Dans les siècles futurs on pouvait contester la voix des anges, l'apparition de l'étoile 6l l'arrivée des mages de l'Orient à Jérusalem, mais qui osera contester ce fait historique mentionné par les historiens les plus Contraires à l'enseignement de l'Evangile? Des innocents Ont été massacrés en masse, on a entendu dans Rama la voix plaintive de Rachel qui ne veut plus être consolée parce

que ses enfants ne sont plus. Personne n'aura l'audace de nier que des soldats se sont répandus dans Bethléem et ses environs, arrachant les enfants à leurs mères et massacrant ces pauvres petits agneaux sous les yeux de leurs mères qui poussaient des cris déchirants (i).

Eh bien, cheis lecteurs, si ce petit Juif qui vient de naître et qui s'appelle Jésus n'est pas le Sauveur que vous attendez et qui vous a été promis, dites-moi pourquoi la terre entière adore sa crèche, pourquoi tous ces massacres d'enfants dans le but de l'atteindre et de le détruire, Expliquez-moi pourquoi tous ces enfants de deux anset au-dessous ontpéri sans aucune exception, excepté celui qu'on cherchait et qui devait périr le premier. Est-ce que Joseph avait des intelligences dans le Conseil d'Hérode? Pouvait-il deviner, sans un messager céleste, le complot terrible, si habilement ourdi, contre la vie de l'enfant divin dont il était le gardien ? 11 est ridicule, ce roi qui tremble devant un si faible enfant; il a bien tort de craindre pour son trône terrestre devant Celui qui nous prépare des trônes célestes. Ce roi nouveau-né vient non pour vaincre les rois en les combattant, mais pour les subjuguer merveilleusement en mourant. Que faisait donc Hérode à l'aide de ses cruelles décrets, si ce n'est préparer l'accomplissement de cette prophétie :J'ai rappelé mon fils de l'Egypte.

Hélas ! ce roi de Jérusalem eut changé de sentiment s'il lui avait été donné de suivre de ses regards les pauvres fugitifs.

Leur exil eut lieu pendant la nuit, et leur fuite s'accomplissait nuitamment par prudence jusqu'aux frontières de la Palestine. Puis les voilà dans un désert d'une cinquantaine de lieues. Le sable rend leur marche pénible, leurs pieds s'y enfoncent et le vent les aveugle. Où trouvaient-ils à manger? s'écrie saint Bonaventure. Où logeaient-ils? Où se reposaient-ils de leurs fatigues? Comment dormaient-ils avec la voûte des cieux pour seul abri ? N"ont-ils pas souffert du froid, puisque c'était l'hiver? Ne craignaient-ils pas de tomber entre les mains des voleurs ou sous la dent des bêtes féroces?

Songez donc, ô Juifs qui me lisez, que ce sont vos compa-

triotes qui souffrent d'un si cruel exil. Ne les plaindrez-vous pas un peu : ils sont dignes de votre compassion et de votre commisération, car ils n'ont rien fait pour s'attirer tant de maux à la fois. Ils remplissent une mission que le ciel leur a confiée, ils n'ont pas essayé à franchir les marches du trône pour être ainsi traités par Hérode qui les redoute, sans les connaître, et leur cause, sans le savoir, toutes les souffrances réservées à des coupables.

Dans une halte que firent les trois fuyards, une tradition antique rapporte le trait édifiant que nous allons citer ;

Nos trois augustes fugitifs s'arrêtèrent un soir dans une caverne de voleurs; ils y furent reçus avec une hospitalité rude, mais bienveillante, par la femme du chef de la troupe. Peut-être était-ce l'affliction qui la rendait bonne, car elle avait un bel enfant, la vie de son âme, le seul être doux et innocent au milieu de la vie coupable et sauvage qui l'entourait, et cet enfant était blanc comme la neige. Hélas! il ne l'était que trop, car cette blancheur était celle de la lèpre. Mais elle ne l'en aimait que davantage et elle le pressait plus tendrement sur son sein comme le font les mères A cause de son infortune, cet enfant était plus que jamais pour elle la vie et la lumière. Marie et Jésus, la femme du voleur et l'enfant lépreux, ensemble dans la caverne, a la tombée de la nuit! Quel lieu convenable pour le Rédempteur! Quel gracieux symbole de l'Eglise dont il sera un jour le fondateur ! Marie demanda de l'eau pour laver notre Sauveur ; la femme du voleur lui en apporta, et Jésus y fut lavé. La bonté, en ouvrant le cœur, ouvre aussi les yeux de l'esprit. La femme du voleur aperçut quelque chose de remarquable dans ses hôtes. Qu'il y eut une lumière autour de la tête de Jésus, jue le Saint-Esprit parlât par la voix de Marie, ou que la présence seule de tant de sainteté l'affectât étrangement, c'est ce que nous ne saurions dire; mais, rempli d'amour et d'une sorte de foi, le cœur de la mère devina quelque chose. Mes lecteurs connaissent bien cette faculté de deviner que possède le cœur maternel. Elle prit l'eau dont Marie s'était lervie pour laver Jésus, y lava son petit lépreux, Dismas, dont la chair devint tout à coup aussi rose et aussi belle que

Tûeil d'une mère pouvait le désirer. De longues années s'écoulèrent, l'enfant dut quitter les bras de sa mère; il I accomplit des actions d'audace enfantine sur les sables du I désert, et quand il fut assez âgé pour se joindre à la troupe, I il mena une vie de violence et de crime; et un jour Jésus le I rencontra amené prisonnier dans l'enceinte des murailles de [Jérusalem; et quand Jésus fut crucifié entre deux voleurs, celui de droite ■n'était autre que Dismas, qui, attaché à une I croix, consumé par la fièvre au milieu d'une brûlante agonie, fut assez pervers pour injurier l'innocent Jésus, mourant à côté de lui. Mais en le voyant silencieux, Dismas le regarda et aperçut en lui quelque chose de céleste, bien étranger à un criminel, et de semblable peut-être à ce que sa mère avait vu dans la caverne, trente-trois ans auparavant.

C'était l'enfant dans le bain duquel sa lèpre avait é *^ guérie. Pauvre Dismas ! La lèpre que tu as maintenant s^ ^ bien plus dangereuse ; elle aura besoin de sang au lieu d'ea '^^-*' * Heureusement pour lui, il comprit la scène du crucifiemei^ les railleries, les outrages. les blasphèmes, la prière du Chri ^^^ pour ceux qui le mettaient à mort. C'en est assez. D'ailleu^^ ^^^, les prières de la Mère du Christ s'élèvent du pied de la ctoi^mf^^^^ et le pauvre larron est enveloppé dans un véritable nuage d ^^^i miséricorde. Seigneur, s'écrie-t-il, souvenez-vous de mct^^-^^^^è lorsque vous entrerez dans votre royaume ! Il était crucifia lui-même pour mourir, et il venait d'apprendre, par une inspiration subite, que ce n'était pas dans un royaume terrestr^^ ^ que le divin mourant se souviendrait de lui. Tu seras aujour-" ^ d'hui avec moi dans le paradis. Le paradis pour l'hospitalité^^ j de sa caverne : quelle récompense ! El Jésus mourut, et la^^^ lance ouvrit son cœur, et le sang qui s'en échappa tomba.* comme une douce ondée sur le corps du larron mourant. Sa. mère de la caverne n'était plus là. mais une nouvelle Mère* était au pied de la croix, et elle l'envoya après son premier-— né dans le paradis pour être le premier de cette familles innombrable de fils qui devaient entrer dans la gloire célestes par ce sang précieux et divin,

O Juifs qui, comme moi, traversez le désert de cette vie^ jo vous souhaite de recevoir, non pas dans vos caveroç*

!re^**=^

^^^r tflàjs dans vos somptueuses demeures, Marie avec son Jésus.

^H perscoDÏfiée dans l'Eglise catholique. Si vous laissiez pénétrer

^^M Mar.e chez vous, elle vous paierait largement votre bonne

^^M tiofpitalité en arrachant de vos yeux le bandeau qui les

^H co'.vre. Répandez, non pas de l'eau, mais un peu de votre

^H c pour soulager les misères des pauvres qui sont ses fils

^H B *optifs, et Elle vous rendra au centuple ce que vous aurez

^H^'Onaé à ceux qui sont aujourd'hui vos adversaires, et qui

^HroemaiD seront vos frères en Jésus-Christ.

Hy Plusieurs siècles auparavant, le peuple juif, après sa déli-

p' vrance de la servitude d'Egypte, avait erré dans ce désert par-

■ couru par les trois augustes fugitifs. Alors le Créateur lui-

I fïïême, dans la réalité de l'enfance humaine, traversait ce

F désert historique, et, renversant l'Exode, allait faire de

' ' Eg-ypte sa demeure, chassé de la terre délectable des anciens

^Qananéens, par le même peuple qu'il y avait conduit, par

'^^ peuple dont il avait livré les batailles, dont il avait gagné

'^s victoires et dont il avait établi chacune des tribus dans le

'^rritoire le plus conforme à son caractère.

CZ> ingratitude des peuples envers leur divin Bienfaiteur! ^^s siècles ont passé, le nom des peuples est changé et i ^gratitude persévère encore de nos jours. Comme autrefois '-'ieu est chassé de sa création par son ingrate créature. Le ^ — -lirisl n'a plus le droit de parcourir les rues de nos cités, il ^st relégué dans ses temples. Marie était donc dans le désert ^"Vïic son sublime Magnificat^ au lieu de Miriam et de son i^^yeux cantique sur le bord de la mer. Et puiSj il y avait ^Vissi un autre Joseph plus grand et plus auguste que le saint ï*at.riarche d'autrefois, car celui-ci avait sauvé la vie des "otnmes en ménageant le pain d'Egypte, tandis que le nouveau Joseph devait garder dans la même Egypte le pain vivant et eucharistique. Et les deux Joseph avaient traversé ^— ^e même désert.

^h VJne fois arrivés en Egypte, les trois proscrits se fixent à ^^1 Héliopolis, et durant leur séjour, cette ville fut véritable- ^^B ment la cité du soleil, car le vrai Soleil de justice, tombé w des cieux sous la forme d'un enfant, y resta environ sept ans ; --■ et pendant que les anges adoraient, invisibles, le Créateur de

l'onivers qat vivait caché dans cette ville, ses malheurcsi ^

habitants, aveuglés par des ténèbres plus épaisses que celle qui furent une des dix plaies d'Egypte, ne s'apercevaient i>ai de la présence de ce soleil qui ne brillait pas pour eux. I%.mea n'est changé, et les Juifs pas plus que les Egyptiens ne veulent connaître ce Dieu qui a versé son sang sur ce monde sans en pouvoir fondre ta glace. Le monde est ingouvernable, innavigable, inhabitable pour son Créateur. Dieu ne peut en rien faire, car combien d'hommes en ce monde qui sont séparés de Dieu, au point de rendre presque nécessaire un miracle pour que la grâce et la lumière de la vérité divi ne s'insinuent dans leurs âmes. N'y a-t-il pas un sujet d'inexprimable tristesse dans la manière dont cet enfant de Marie est chassé de sa propre patrie. Mais le mystère de la fuite dec-^^ enfant divin, loin de ses compatriotes, est surpassé par 1* fuite des créatures, loin du Dieu créateur. Dieu poursuit &^^ créatures non pour les punir, mais pour les sauver et l^" contraindre à recevoir ses dons et ses immenses bienfaits i ^ les créatures s'enfuient pour échapper à cette généreuse, cette miséricordieuse et tendre poursuite. Dieu parle, il cri "^ il supplie, mais ils courent toujours; il veut les avoir et 1^^ arrêter par des excès d'indulgence paternelle, ils coure^^ toujours ; il les fait tomber pour les atteindre, mais ils ^^ relèvent et recommencent à fuir, il les blesse dans leur chut^* pour laver le sang de leurs blessures, pour les embrass^^ tendrement, ils se laissent faire, mais une fois guéris, ils coc^ tinuent leur fuite. Combien d'âmes sont retenues, loin de Diec:^ par des arrangements de famille ou par de mauvais exemples — Combien d'autres sont séparées de Dieu, par les affair^^ d'argent! La religion des orphelins est mise en péril par d^^ exécuteurs testamentaires. Combien de personnes enfin sotC^ séparées de Dieu par les conséquences de quelque malheuff=^ ou qui sont emprisonnées, dans des emplois défavorables o—* des occupations incompatibles avec le service de Dieu, tell^ que postes et télégraphes, chemins de fer, etc., etc. !

Nous ne nous étendrons pas sur le séjour de Jésus, Mar i I et Joseph, en Egypte, ni sur les détails de leur retour: no»J ■ ferons seulement cette remarque, c'est que les moyeara

îs par le ciel pour nous apporter la lumière et la levienneht, par la perversité humaine, la source du ipable endurcissement. Voyez le rôle de l'étoile sur ts et les cœurs des mages. Elle les conduit au berceau mt divin. Hérode en fut-il touché? Loin de là, après ations de ces princes ou de ces sages d'Orient, comla persécution la plus cruelle du roi Hérode ; des d'innocents sont sacrifiés et immolés pour la satisde son ambition. Depuis lors, l'étoile ne brille plus )nduire des adorateurs aux pieds de Jésus, mais les erveilleux de cette étoile n'ont point cessé d'illuminer de. Jésus, plus brillant que l'étoile, plus éclatant que [, attire à lui des adorateurs en esprit et en vérité; Le larnel de la loi judaïque est passé, les Juifs devenus is lui ont rendu un culte spirituel qui plaît bien mieux inité que le sang des boucs et des taureaux. C'est à spirituel que sont conviés les Juifs qui se converdans le courant des siècles.

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