‹ Pour et contre les JuifsChapitre 21 sur 55 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

^^^MMEN'T UN OUVRIER CHASPtNTIER A-T-IL PU ESPÉRER DETRUIRE ^B lÀ Lot MOSAIQI'E POUR ï SUBSTITUER LE CHRISTIANISME?

^ N'est-il pas le plus insensé des hommes, ce Jésus, simple ouvrier charpentier, en s'imaginant qu'il va réussira détruire une religion divinement inspirée, pratiquée depuis deux mille ans, donnée aux Hébreux par le plus sage des lei^islatcurs,

i et la remplacer par une religion personnelle en promettant qu'il serait adoré jusqu'à la fin des siècles! C'est stupide ou c'est vraiment divin.

II faut avoir certes un grain de folie dans l'esprit pour y laisser germer la pensé©, de se déifier soi-même, si on n'est qu'an homme. Eh bien, Jésus a eu cette pensée; non seulemeatilTa eue, mais il a réalisé sa déification, et sa divinité se maintient dans l'esprit et le cœur de deux cents millions de catholiques lui rendant le culte et les honneurs de la Divinité en plein xix' siècle, qui se targue d'être le siècle des lumières tout autant que le siècle du progrès. "LDans le choix des moyens pour s'imposer comme Dieu pvant son siècle et les siècles futurs, il a dû prendre les jfcyensd'un homme plus qu'ordinaire et tout à fait intelligent; c'est à l'examen des moyens employés que nous allons livrer autant que possible sans suivre l'Evangile qui ESlpasadnfis par les Juifs. Or il me semble que les moyens pployés par ce Jésus ne dénotent pas un homme très intelliînt, car il s'y prend très mal pour réussir dans son projet. Vous et moi nous nousy serions mieux pris que Lui, et en quittant notre atelier de charpentier nous ne serions pas allés nous enfoncer dans un désert. Qu'allait-il faire dans cette solitude profonde pendant ces quarante jours et ces quarante

'l'i'ts passés sans prendre aucune nourriture?

!Ûne si prolongé devait prendre sur le cerveau d'un iûmme qui n'eût point été Dieu, ou du moins le débiliter de

telle sorte que ses forces physiques et corporelles devaient ■ l'avoir abandonné pour le plonger dans une prostration profonde? Oui, si Jésus n'avait point été conduit dans le désert par l'Esprit-Saint lui-même. Toutefois il sentit les pointes de In faim d'une façon si étrange et si apparente que le démon s'en aperçut et en profita pour le tenter bien adroitement et le prendre par le côté faible. Aussi il s'approche et l'engage, s'il est Dieu, à changer ces pierresen pain. Ecoutez la réponse : *; Il est écrit que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. > A cette réponse le diable le saisit, et le plaçant sur le pinacle du temple, illui dit : «Si tu es le fils de Dieu, jettes-toi en bas, car il est écrit que Dieu t'a confié à ses anges pour te porter dans leurs mains et empêcher que ton pied ne heurte la pierre. > < Oui, lui dit Jésus, mais il ne faut jamais tenter Dieu. > Ah ! ce n'est pas un Dieu, se dit Satan, il me l'aurait dit ; je puis aller plus loin et en exiger davantage. Alors, après Tavoir enlevé sur une haute montagne et lui avoir montré tous les royaumes du monde avec leur gloire : « Je te donnerai tout cela, lui dit-il, si tu veux te prosterner et m'adorer. » « Ah! lui répondit Jésus, va-t-en, Satan, car il est écrit : «Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul. » Le diable fat bien obligé de s'enfuir et de laisser la place aux anges de Dieu, qui s'approchèrent pour le servir. Eh bien, chers lecteurs, comment trouvez-vous ce dialogue ? Vous ave^ remarqué que le démon veut savoir si ce Jésus est Dieu, et vous avez peut-être fait cette réflexion : Si Jésus avait été Dieu il n'aurait pas manqué de le dire, et moi, j'en fais une autre : c'est que Jésus voulait se manifester aux hommes et non pas aux démons. Si sa divinité eût été connue de Satan, ce perfide ennemi de Dieu et des hommes n'eût jamais osé pousser les Juifs au déicide, car il aurait de suite compris qu'après la mort du Christ le règne de l'enfer serait fini et que le sang d'un Dieu répandu pour le salut du monde lui arracherait des milliers et des milliers d'âmes. Une autre réflexion s'impose encore: c'est que le démon ne se serait Jamais attaqué à un pur homme qui aurait eu la pensée de se faire passer pour un Dieu, et de se faire adorer

*=Otnme tel. car le rôle de Satan est de détourner les hommes ^^ l'adoration du vrai Dieu, et au lieu d'attaquer Jtisus il l'audit favorisé dans le succès de ses projets en lui facilitant la llus complète réussite, les réponses aux différentes parualesde Satan à Jésus ne sont pascelles d'un homme ordinaire, mais d'un Dieu qui sait non seulement commander aux pierres, mais encore triompher des sensations les plus naturelles et les plus légitimes.

Avec sa puissance divine, Jésus pouvait changer les pierres en pain, mais avec sa sagesse infinie il était plus digne d'un Dieu lie lui répondre : L'homme ne vit pas seulement de pain. La première proposition était diabolique, la réponse était divine puisi^u'elle était tirée des Livres sacrés que Dieu avait inspirés. La seconde, non moins diabolique, était appuyée d'un texte sacit ; le démon comptait sur un meilleur succès en se servant lui aussi de la parole sainte ; mais Jésus lui ferma la bouche pat Une autre citation des plus péremptoires. Le tentateur se voyant battu, mais n'obtenant pas satisfaction sur la question delà Divinité, se pose à son tour en Dieu et cherche à se faire adorer : c'était le comble de l'audace et de la ruse. C'est alors qu'il entendit ce formidable Vade Sataiia : Va-t-en Satan! qui l'oblige a prendre une fuite honteuse en lui montrant qu'il est démasqué et découvert. Si cette scène était pure- [lîent imaginaire et simplement l'œuvre du narrateur évangéliste, est-il possible d'admettre qu'elle eût été si divinement combinée ? Non, la plume d'un écrivain ordinaire ne peut inventer un récit aussi sublime et vraiment marqué d'un sceau divin. L'Esprit- Saint ne peut induire les hommes en erreur par iiae inspiration aussi divine. Ce combat spirituel, cet assaut de l'intelligence infernale repoussé par une intelligence divine, liutnaine, nous apparaissent non plus comme fantaisistes, mais comme un fait historique et digne de notre foi la plus vive, Le vainqueur sort de la lutte non seulement en homme, "lais en Dieu, ej je m'unis aux anges qui viennent pour le servir; et à leurs services je joins mes adorations les plus sin- (^eresel les plus profondes. Faites comme moi, chers lecteurs, sJorez-le, et vos adorations feront rugir Satan au fond de ses

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