‹ Pour et contre les JuifsChapitre 22 sur 55 · LES COMPLICES D UN FAUX DIEU · texte numérisé non relu

LES COMPLICES D UN FAUX DIEU

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homme qui a ce criminel désir, il lui faut d'habiles et dé' complices. Si Jésus n'est qu'un homme, il ne manquera pas.sa de se chercher des complices pour appuyer sa candidature= divine. Où ira-t-il les prendre ? Sans doute dans les rangs de^ la sacrificature où il compte des parents et des amis, Donc^^ que le père de Jean-Baptiste, Zacharie, se présente ou du^M

moins que le jeune précurseur s'adjoigne des aides pourattes ■

ter avec lui que Jésus mérite les hommages et les honneurss= rendus à la Divinité. Mais Jean est retiré dans le fond d'un désert où il fait une rude pénitence et ne songe guère à remplir la mission de propager une erreur sur Jésus. II se contente de prêcher le baptême de la Pénitence et d'annoncer que celui qui viendra après lui baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu.

II est vrai qu'un jour, voyant venir à lui Jésus, il s'écrie ; «Voici l'agneau de Dieu! Voici Celui qui efface les péchés du monde 1 » Par ces paroles, il n'indique qu'un Agneau, celui qui remplacera l'agneau des Juifs et se fera lui-même victime pour le salut du monde. Mais la voix de Jean n'est pas asseï éloquente pour annoncer la divinité de Jésus, ce n'est pas a la terre à parler, c'est au ciel à le faire. Aussi, tout à coup, une colombe s'arrête sur la tête de Jésus ; les cieux s'entr'ouvrent et une voix retentit en disant : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. » Après ce témoignage céleste, Jean va devenir le plus ardent propagateur de la divinité de Jésus : c'est ce que vous et moi, avec nos vues courtes et humaines, sommes en droit d'attendre ; mais les voies de Dieu ne sont pas les voies humaines. Jean devient un auxiliaire inutile que le Christ refuse d'employer pour affirmer sa divinité. Il laisse tomber Jean dans les mains d'Hérode, qui voit en ce prédicateur l'ad-

Tsaire de ses libertés princières au crime et Jl le jette en . Prêche maintenant la divinité de Jésus aux murs de

Détroit cachot! Ta voix se brisera sur ses épaisses murailles jusqu'au jour où la fille d'Hérodiade demandera la tête dans un plal, Jdan, décapité, voilà le précurseur disparu et Jésus abandonné à ses seules forces pour livrer la guerre aux puissances de ce monde et détruire l'ancien sacerdoce. Les princes des prêtres sont riches et puissants, les membres du Sanhédrin sont influents. Seul contre tous, que va-t-il faire? A-t-il au moins entre les mains ce que de nos jours on appelle le nerf de la guerre, c'est-à-dire l'argent? Oh ! non, car il déclare que les oiseaux du ciel ont leur nid et les renards leurs tanières, mais que le (ils de l'homme n'a pas où reposer sa tête.

Quelle détresse pour un homme qui rêve l'empire du monde et surtout l'empire des âmes ! Mais rassurez-vous sur son compte ; s'il est véritablement Dieu, il n'a besoin ni iîor, ni d'argent, et dans le cours de sa vie publique nous l'entendrons proclamer cet oracle : « Si vous voulez être mon disciple, donnez tout aux pauvres et suivez-moi. » Ahl je ne m'étonne plus que dans notre siècle les amateurs d'argent n'aiment pas à suivre un Dieu dépouillé et qui prêche le dénuement et la pauvreté ! A défaut de Jean, décapité, que va l'aire Jésus, s'il est homme? 11 doit être découragé. Mais s'il est Dieu, il va se créer une petite armée ; en d'autres termes, se choisir douze apôtres et se les attacher, sans argent, sans solde, sans espérance, et, quand il les aura réunis, croyezvous qu'il s'en fera une escorte ou une sorte de garde de corps? Pas du tout. Vite il s'en sépare et les envoie après certaines recommandations :« N'allez pas vers les nations; n'entrez pas chez les Samaritains: allez vers les brebis perdues de la maison d'Israél. » Quelle préférence pour vous, pauvres Juifs! Comme il vous aime et vous distingue! Et pourtant de son regard divin il a vu ce que vous lui prépariez : des fouets, des épines, des clous et une croix. « Qu'importe, allez prêcher et dites que le royaume des cieux est proche, je n'ai rien à vous donner pour solde de vos travaux, mais je vous donne

^Ique chose qui l'emporte sur les richesses du monde.

^eiiez des hommes de miracle, c'est-à-dire guérissez les

malades désespérés, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons, je vous donne tout cela gratuitement et donnez-le aussi gratuitement; ne possédez ni or, ni argent, ni besace, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton. »

Quel singulier bagage pour entrer en campagne, et commencer un apostolat qui ne finira qu'avec leur vie.

Et voilà pourtant que ces hommes sont armés de pied en cape pour les plus saintes batailles et qu'ils parlent avec cette assurance qui leur est donnée : « Que pas un cheveu de leur tôte ne tombera sans la permission de leur Père qui est dans les cieux. »Or si Jésus n'est pas Dieu, comment peut-il donner, à ces hommes la puissance merveilleuse de faire des miracles? C'est peu de se l'entendre donner; il faut voir l'ouvrier à l'œuvre; il faut essayer des guérisons, des résurrections. Tout cela réussira-t-il? Oui, tout cela va réussir, même loin du Maître, et quand ils reviendront près de lui, ils pourront lui narrer les merveilles qu'ils auront opérées et les prodiges qu'ils auront accomplis.

C'est si beau de faire des miracles, que plus tard Simon le Magicien voudra posséder ce merveilleux pouvoir, et, comme il est riche, il offrira de l'argent pour être nanti de cette puissance magique; mais comme ce n'est point un don que les hommes puissent se communiquer, il entendra le chef des apôtres lui répondre : Pereat tecum pecuma tua : Que ton argent périsse avec toi. Décidément le christianisme, je le répète, n'est pas une religion d'argent, et je souris de pitié au langage de cette feuille juive qui crie : Si vous voulez détruire l'Eglise et'la frapper au cœur, visez la poche. Attention, chers lecteurs, voici nos poches, visez, mais prenez garde, ne tirez pas, car vos balles rebondiront contre vous et vous tueront sans tuer l'Eglise, lien a toujours été ainsi depuis que le divin Fondateur a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » C'est singulier, mais c'est comme ça.

Après avoir accompli des prodiges, extraordinaires, les disciples de Jésus revinrent tout joyeux lui dire :« Maître, nous avons chassé le démon en votre nom. » « Réjouissez-vous, leur répliqua-t-il, non de ce que vous avez chassé les démons,

mais réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans le ciel. » Vous connaissez maintenant les complices de celui que vous ne voulez pas reconnaître pour un Dieu, vous niez ses miracles, et voilà qu'il transforme en thaumaturge les douze hommes qu'il s'adjoint pour jouer le rôle d'un faux dieu. Comment a-t-il pu faire des miracles, non seulement par lui-même, mais encore parles mains de ses complices? Est-ce que le démon se serait laissé chasser par les complices de cet imposteur, si vraiment leur puissance n'avait pas été supérieure à la puissance diabolique?

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