CHAPITRE XX
l'NE PRIÈRE VRAIMENT DIVINE
Après les paroles d'uoe doctrine divine viennent tes parole* d'une prière vraiment divine.
Jésus non seulement a donné au monde des enseigii ^"" ments qu'un Dieu seul peut donner, mais encore il a compo^^ une prière dont les termes et les expressions ne peuvent ét*^'^* composés par un homme. Jamais homme n'eut osé parler ^ Dieu comme Jésus fait parler rhumanité dans les sept d^^'' mandes du Pater noster, et surtout aucun génie humai "*^ n'aurait pu condenser dans une formule aussi courte tous le^^-^* " besoins de l'humanité, puisqu'ils sont renfermés dans quatrdemandes, car si le Pater compte sept demandes.
^jjp t
il faut er^f*^ ' défalquer les trois premières qui s'adressent plutôt à la gloires** de la Divinité qu'aux besoins et aux infirmités de la pauvre ^W misérable espèce humaine. Jugez-en par vous-mêmes et répé — tez de votre propre bouche cette formule divine que Jésus a i voulu faire tomber de nos lèvres : *; Notre père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel; donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonneznous nos offenses comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensé, ne nous laissez pas succomber à la tentation mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. * Que le monde (Oinbo à genoux pour réciter cette prière, et le monde sera ïauvé; que le genre humain implore le secours divin par les ^ttittn dernières demandes, et nous verrons tous les fléaux qui tMtixrvnt U surface du globe disparaître comme par enchan- , tvuwttt, c*t le même Jésus a promis que tout ce que nous» .tviujnJv-nons h son père en son nom nous serait accordé, et sil ; .'le quelques maux affliger la pauvre humai'.sserail subsister que ce qui serait néces-' 40s âmes ou faire expier à nos corps les"
iui *
jnelques dettes contractés envers la justice divine par les fautes inhérentes à la faiblesse humaine.
Quoi qu'il en soit, cherchez tant que vous voudrez, parmi les besoins de nos âmes ou de nos corps, parmi les souffrances du corps social ou de l'individu, un bienfait ou un remède qui ne soit pas contenu dans la formule de la prière dominicale, je vous déûe d'en imaginer un seul qui n'y soit compris. Dans la demande du pain quotidien se trouve renfermé tous les secours de la nourriture du corps et de rame, du vêtement, de l'abri dans nos demeures, la préservation contre tous ces' éléments de destruction qui peuvent fondre sur nos maisons, telles que la foudre, l'incendie, l'inondation, la dévastation dans la guerre et ces mille et mille malheurs ou désastres qui nous font perdre la possession de nos immeubles avec la douleur de les voir passer en des mains étrangères après avoir été notre propriété comme fruit de nos économies et de nos acquisitions personnelles, ou comme un domaine provenant de nos ancêtres et passé en nos mains par un juste et légitime béritage bien cher à no5 cœurs, si nous y avons reçu le jour OU si nous avons grandi sous ce toit paternel et maternel. Dans la demande du pardon de nos offenses obtenu après avoir, nous aussi, pardonné à ceux qui nous ont offensé, nous trouvons là un gage de paix, d'harmonie et de sécurité sociales, wrle pardon mutuel des injures donne la paix aux hommes et les préserve de ces guerres civiles ou étrangères qui brisent l'cquilibre de l'existence et de la liberté des peuples et des nations du monde, et le pardon divio accordé à nos propres offenses nous est un gage de notre bonheur temporel et de notre félicité éternelle. Enfin la victoire dans nos tentations et la délivrance de tout mal ne sont elles pas tout ce qu'il y a (Ifi plus souhaitable et de plus désirable pour le peu de temps que nous avons à passer sur la terre.
Le Christ devant ses apôtres réunis et suspendus à ses Wres, devant les foules qui l'écoutaient, avait décliné les «ait béatitudes qui devaient apporter le salut et le bonheur au monde, mais c'était peu pour l'humanité déchue que de connaître les moyens d'être heureuse sur la terre; il fallait, dans Sfldéchéance et dans les défaillances de sa nature, lui indiquer
isS ■
le moyen de pratiquer ce qui devait la réhabiliter et la répla cer dans les voies de la justice et de la véritable félicité. Or, i n'y avait rien de meilleur que la prière pour lui obtenir L grâce divine et les forces nécessaires pour reconquérir le para dis perdu. Voilà pourquoi Jésus enseigne à ses apôtres, etc leur personne au monde entier, cette belle prière dominical qui est au-dessus de toute conception humaine, et qui nou apprend à oser parler à Dieu le langage sublime de ces élc quentes et divines supplications, ainsi que le chante l'Eglise Instruits par ces salutaires préceptes et formés par une inst tution divine, nous oserons redire : Pater noster, ô Père, notre Père qui êtes dans les cieux. En récitant ces parolt l'âme s'écrie : O mon Père, vous êtes au ciel et moi je su sur la terre. Notre-Seigneur continua en disant : Que vot: nom soit sanctifié, que votre règne arrive. O Juifs qui ir lisez, comment ne comprenez-vous pas que ces paroles soi tombées des lèvres divines principalement pour vous qi deviez vous écrier devant Pilate : Nolumus hune regnarv supi nos : Nous n'en voulons pas pour notre Roi. O vous qi rêvez toujours un royaume prospère et florissant, l'avènemei d'un Christ vainqueur et d'un Messie triomphant, vous soi haitez, vous attendez le rétablissement et le règne d'Israë écriez-vous donc avec ce Juif qui s'appelle Jésus : « O Diei que votre règne arrive dans nos âmes. » Depuis assez lonj temps il est arrivé ce règne que nous attendons et noi l'avons rejeté.
En effet, le Christ est venu prêcher le règne de Dieu annoncer son royaume à la terre. Il ne tient qu'à vous de fai partie de cette royauté divine en entrant dans le giron * l'Eglise. Malheureusement, son règne qui dure depuis di huit siècles ne satisfait pas vos ambitions et ne répond p à vos espérances des destinées glorieuses que vous avî rêvées par je ne sais quelle aberration. Le royaume de Messie qui est le nôtre n'est pas de ce monde, et c'est sur monde que vous voulez le voir établi, et c'est sur la terre q' vous voulez en jouir.
Quel malheur que votre aveuglement vous empêche i vous enrôler dans la sainte milice du Christ, où vous serî
— iy> —
nonseulement des rois, mais encore des dieux! Car selon la parole de saint Thomas d'Aquin, v Le fils de Dieu a pris notre nature pour nous rendre participants de sa divinité, et il s'est (ail homme pour faire de nous des dieux, » L'entendez-vous, vous qui parfois, avec un certain dédain, décorez un catholique du Titre de t chien de chrétien. * Ah I s'il est vrai que parmi vous il enestquinous adressentcctteinjure, laissez-moi vous répondre avec le sentiment de ma noblesse et de ma dignité : Non ! je ne suis pas un chien, je suis un Dieu : votre Jésus de Nazareth m'a divinisé, et il ne tient qu'à vous d'ajouter à votre titre originaire de Juif, d'ajouter celui de Dieu, car le baptême vous rendra les fils du Très-Haut, les onctions baptismales vous sacreront rois, et le pain de l'Eucharistie vous fera des dieux.
A quel honneur plus grand voulez-vous prétendre ? Vous attendiez un royaume prospère, florissant, universel, perpétuel. Mais au milieu de ce royaume terrestre vous ne seriez que des sujets; dans le royaume du Christ nous sommes tous iesrois. et en attendant la royauté céleste nous vivons déjà lUns des corps divinisés, et après la résurrection nos corps glorifiés seront assis sur le même trône que celui de Jésus, «t les anges se tiendront dans une attitude respectueuse autour de ce trône divin. (Ap. de saint Jean). Nous n'avons donc rien à perdre de ce royaume espéré par les interprélalioQs judaïques et non réalisé ici-bas. Le Messie que les ]uifs attendent ne saurait nous donner quelque chose de mieux que ce que le Messie déjà venu, nous a donné. Pour lia part je me tiens satisfait, il ne manque à ma satisfaction, pour qu'elle soit complète, que de voir le règne de Dieu établi parmi les Juifs et son nom béni et sanctifié par ceux qui, jusqu'à présent, le maudisent et le blasphèment.
Tout à l'heure je vous disais: Détruisez l'Evangile, brûlez-le tout entier, mais épargnez la page des béatitudes; je vous dirai wcore : Faites grâce à cette page de la prière dominicale qui, sveela précédente, forme un deuxième argument en faveur de 1* divinité de Jésus : oui Jésus-Christ est Dieu, car il m'a ïppris une prière sublime et vraiment divine. Aucun homme "^pourrait en composer une semblable, et si pendant sa vie
mortelle on a pu dire que jamais homme n'avait parlé comme cet homme, nous pouvons ajouter : jamais homme n'a prié comme cet homme, car cette prière est véritablement la prière d'un Dieu à un Dieu et, spectacle admirable, deuxcentsmillions de catholiques tombent à gendux pour envoyer chaque jour cette prière au ciel et empêcher que le bras de la colère divine ne s'appesantisse sur le monde coupable. -^
Honneur donc, amour et adoration à T Auteur de cette divine ] prière, qui est d'origine juive, et quoique les Juifs ne la récitent pas, elle fait honneur à cette race dont elle émane, et ' si nous nous glorifions de la faire glisser sur nos lèvres chrétiennes, nous ne saurions maudire le peuple à qui nous la devons, en ce sens que c'est une bouche juive qui nous a appris cette belle et ineffable prière. ^