‹ Pour et contre les JuifsChapitre 26 sur 55 · PARLER, IL FACT AGIR · texte numérisé non relu

PARLER, IL FACT AGIR

: la doctrine du Christ nous voulons des actes. Jésus a parlé en Dieu il doit encore agir en Dieu. Toutes ses actions ne seront pas surhumaines, car il est homme : mais puisqu'il s'est dit Dieu, il faut aussi qu'il agisse en Dieu et montre sa divinité par des actions d'éclat qui surpassent les forces humaines. Voilà pourquoi il a fait des miracles. Nous ne les examinerons pas tous, mais nous en chercherons quelques-uns, sinon des plus notables du moins des plus apparents, c'est-àdire ceux qui ont eu !e plus de témoins, qui se sont produits devant les foules et qui ont été proclamés par ceux qui en ont bénéficié. Voulez-vous pénétrer dans la salle du banquet lUptial des noces de Cana où Jésus fit son premier miracle ?

Le vin vient à manquer ; la mère de Jésus, au cœur tendre il compatissant, s'en aperçoit et le fait remarquer à son dont elle connaît le cœur vraiment débonnaire. Elle ne dit tu'unmot : « Ils n'ont plus de vin. » Que fait ce fils jusqu'alors respectueux et si soumis? Il répond par une parole hien âure : « Femme 1 qu'est-ce que cela peut vous faire à vous, et à moi, mon heure n'est pas encore venue. » Ce détail était-il nécessaire à transnjettre à la postérité? Si TEvangéliste avait été un historien flatteur, il se serait dispensé d'écrire cette interpellation injurieuse ; mais saint Jean ne cherche pas à donner une pose devant l'histoire à son divin Maître, et il ■Jécrii la scène telle qu'elle s'est passée. Et quand l'eau eut 6té changée en vin, ce vin fut jugé des meilleurs, car le chef ne put s'empêcher de faire cette réflexion : « Tout le monde sert le bon vin d'abord et quand les convives sont ivres, c'est 'c vin inférieur qui est servi; mais vous, vous avez gardé jusqu'ici le bon vin. »

Il en résulta pour Jésus une grande manifestation de sa gloire, manifestavit gîoriam suatn, et tous ses disciples

crurent en Lui. Et pourtant ce changement nitracuieux de l'eau en vin n'était que le prélude d'un autre bien plus grand. Je veux dire celui par lequel il devait, au soir de sa vie, changer le vin en son sang; mais n'anticipons pas, et faisons seulement cette remarque : Si ce miracle n'a pas été fait, comment l'Evangéliste ose-t-il l'attribuer à Jésus? Les époux et les convives de Cana ont sans doute survécu au Christ qui mourut trois ans après ce prodige, et tous étaient assez jeunes pour lire plus tard et entendre proclamer ce miracle ; or, en leur qualité d'assistants à ce repas nuptial. Us nVusseut pas manqué de s'inscrire en faux contre ce prétendu miracle et de dire à saint Jean : « Vous en avez menti, nous protestons contre cette histoire imaginaire et si vous voulez vous en servir pour faire adorer ce Jésus comme un Dieu, nous sommes là pour vous dire que vous êtes un imposteur et que votre Evangile n'est pas celui d'un Dieu, mais d'un jongleur et d'un séducteur. »

Mais ce premier miracle a été accompli dans l'intérieur d'une maison; nous vous en montrerons un autre qui s'est produit en plein air, devant un public nombreux.

Jésus venait de parler sur la montagne et d'y prûcher une doctrine sans doute admirable, mais qu'il voulait confirmer par des miracles ; alors il descendit de la montagne, et des foules nombreuses le suivirent. Le moment était donc bien choisi pour montrer son empire tout divin sur les maladies du corps. Quelle maladie va-t-il choisir?' La plus hideuse et la plus infecte. C'est alors qu'un lépreux venant à Jésus dans l'attitude de l'adoration, adoviibat cum, lui dit {avec un esprit de soumission) : « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me guérir. »

Quelle simplicité dans ce récit! Cherchez les phrases à effet, les coups de théâtre. Tout ce fatras ne se rencontre jamais dans le saint Evangile. Le lépreux ne croit pas. s'adresser à un médecin ordinaire ou à un empirique, car iL l'adore comme un Dieu. Si, dans la pensée du malade, Jésu»n'était qu'un médecin extraordinaire, il ne lui dirait pas — Wjt Si vous voulez », car on sait bien que tous les médecins ont:^ ■ta volonté de guérir leurs malades; mais comme le lépreu^=^

adore Jésus, il confesse par là que sa guérison n'est possible que si elle est conforme à la volonté divine. Parce que la volonté (le l'hominu n'est p;is toujours en conformitii à la volonté de Dieu.

I Et Jésus, étendant Iji main, touche le malade, ■k Ah! Seigniîur, que faites-vous là? Si vous n'êtes qu'un ^Eommc et si réellement vousn'étes pas Dieu, vous êtes joli- ^Kent léméraire, vous allez yagner cet alTreu.x mal. Si vous ^Bètes qu'un homme, vous teniez Dieu en vous exposant au ^Banger de gagner vous-même ta lèpre. Rappelez-vous qu'Elisée ^Be sortit pas de sa demeure pour guérir Naaman. il se contenta ^Bë l'envoyer se laver dans le Jourdain. Mais Elisée n'était ^Htie le serviteur de Dieu, tandis que Jésus est le maître sou- ^Berain; tout h l'heure il parlait en Dieu, maintenant il agit ^wi Dieu, car non seulement sa main ne fut point souillée par ^Vdlloucbemeat de l'aiïreuse lèpre, mais sa main pure et divine, ^BUTSOD contact, va purifier le corps du malheureux tépreu.x. Bf^sus touche le lépreux pour manifester son humanité; puis ■ilparlepour manifester sa divinité:*; Oui, je le vcux,sois guéri». H£l, tout aussitôt, celte affreuse l^pre fut guérie. Après cette KRoèrison, un homme ordinaire n'aurait pu contenir sa joie, HlBius cet homme est Dieu, et il n'a que faire du bruit de la ^uflUûmmée ; aussi sa première parole est celle-ci ; « Garde-toi ^PîKn de parler de cela à personne. » Les foules ont pourtaiitvu V90inineiit la nature avait obéi avec une respectueuse promp- Bwudc à ce commandement: * Je le veux! i/ Mais ce qui le pré- Hoccupe c'est de montrer à cette foule ce qu'il dira plus loin : ^C'ii'il n'est pasvenu pour détruire la loi de Moyse, mais pour ^Kaccomplir.» Voilà pourquoi ils'empresse de dire à ce lépreux : ■ * Vate montrer au prêtre, et offre le don-prescrit par Moïse, ^ïfln que cela leur serve de témoignage, »

Après cet acte de déférence pour le sacerdoce judaïque, exphquez-moi pourquoi les princes des prêtres ont-ils été ^l'emplis de haine, de rage et de fureur aveugle, contre ce prêtre ■P laloi nouvelle, prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech? ^po! elle est vraiment inexplicable cette haine implacable ^B**© la mort même n'a pu assouvir, puisque de nos jours encore H|B Sacerdoce catholique est injustement détesté par les docteurs

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du culte judaïque, qui est pourtant fini, épuisé et sa depuis dis-huit siècles.

Jésus ne se contenta pas d'honorer cette fois le s judaïque, il envoya encore une seconde fois aux prêtres les dix lépreux qui vivaient éloignés et fiéparés du reste des hommes, au milieu de la Samarie ; mais, en cette rencontre, le Sauveur du monde ne prend même pas la peine de les toucher, il se contente de les guérir pendant qu'ils se rendaient auprès des prêtres. Un des dix, mû par un sentiment de reconnaissance, revient en glorifiant Dieu à haute voix : Magna voce magnificain Djui/i, et il se prosterne la face contre terre, aux pieds de Jésus, et c'était un samaritain ; les autres, qui étaient des Israélites, ne revinrent pas. Le Christ en parut étonné, car il dit : « Est-ce que lesneuf autres n'ont pas été guéris? Pourquoi n'y a t'il que cet étranger qui soit venu rendre grâces à Dieu? > Or. Jésus lui dit: « Lève-toi et va, car ta foi t'aprocuré le salut. » Cet étranger qui adore, qui se prosterne, qui montre sa foi, est sauvé, conformément à cette parole du bon maître ; «Je vous déclare que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident et auront place dans le royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob, et que les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. »

Jésus appelle les Juifs enfants du royaume, parce que Dieu avait autrefois régïié sur eux, et maintenant ils s'éloignent eux-mêmes de ce Dieu, dans le royaume duquel toutes les nations sont appelées à prendre place avec Abraham. Isaac et Jacob. La conclusion de ce chapitre est celle-cî : Jésus à guéri une première fois un seul lépreux, et une seconde fois dix lépreux ensemble. Ces guérisons sont incontestables, d'où je conclus qu'en les opérant Jésus montrait bien qu'il était Dieu, et, qu'en se laissant adorer, il n'usurpait pas injustement divinité.

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