GUERISON D UN SOURD-MUET
Nous allons citer les diverses guérisons de sourds-muets, d'aveugles-muets, de possédés-muets, parce que nous rencontrons dans ces guérisons miraculeuses, non seulement le grand nombre des témoins, mais encore la présence des Pharisiens dont le contrôle doit nous servir pour augmenter notre foi en la divinité de Jésus. Si ce Thaumaturge n'était environné que d'admirateurs ou de flatteurs, nous pourrions admettre une certaine connivence entre Lui et ses apôtres ou ses évangélistes ; mais les narrateurs de tous ces divins prodiges ne font aucune difficulté de placer Jésus aux prises avec ses adversaires, qui se font un devoir et un plaisir d'interpréter en mal ou d'amoindrir les actes miraculeux. Alors le divin Jésus est obligé de discuter avec ses ennemis, de réfuter leurs allégations mensongères, et de Justifier ses prodiges, en allant au devant des sentiments pervers que ses ennemis tiennent cachés sans oser les manifester au grand jour. Voilà pourquoi les évangélistes ne manquent pas de dire que- Jésus, connaissant leurs pensées les plus secrètes, s'empresse de les produire en public et d'y répondre victorieusement ; mats commençons par exposer les faits, avant d'entendre Notre-Seigneur apaiser les tempêtes que les flots de la colère pharisaïque soulèvent contre lui. «Pendant que les aveugles guéris répandaient sa réputation dans tout le pays (Saint Math. ch. IX, v. 31), on lui offrit un homme muet possédé du démon. Le démon ayant été chassé, le muet parla et le peuple en fut dans l'admiration et ils disaient : On n'a jamais rien vu de semblable en Israël! Mais les pharisiens disaient au contraire : « C'est par le prince des démons, qu'il chasse les démons. » Quoi de plus insensé que cette explication. Peut-on imaginer qu'un démon chasse un autre démon?
Notre-Seigneur reçoit cette injure sans y répondre, probablement parce qu'il la trouve ridicule et que c'est la premiéir fois que les Pharisiens la fonl entendre devant un peuple enthousiasmé.
Mais lorsque enhardis par ce silence les Pharisiens larép^ teront pour la seconde fois, alors Jésus n'hésitera pas à leur répondre d'une façon victorieuse. Aussi au chapitre xri. v.i 3. saint Mathieu raconte qu'on présenta à Jésus un possétié aveugle et muet, et il le guérit ; en sorte qu'il oommcnt;a ^ parler et à voir. Tout le peuple en fut rempli d'admiration *3t il disait : N'est-ce point là le fils de David ? Mais les Phai~Jsiens, entendant cela, disaient : Cet homme ne chasse, l^ss démons que par lielzé'buth , prince des démons. I.e pauv^ce miraculé était tout à l'heure : i" possédé, 2° aveugle, 3''niû^^^ti et maintenant en un clin d'œil il est guéri.
La guérison est non seulement merveilleuse, mais enco'^^re elle est instantanée; c'est ce qui explique l'élonnement -^et l'admiration des foules, devant cette promptitude à opér^^r des guérisons difficiles; mais les Pharisiens s'émeuvent d*ss éloges décernés au Christ, et pour les atténuer ils songe^m^t par un nouveau blasphème à imputer ce miracle au démo«n. Cependant cette fois ils se contentent de le penser tout b.^s sans oser le dire tout haut : ce qui permet à Jésus de montrer ^^ divinité, en dévoilant des sentiments renfermés dans le secret ductt'ur; car saint Mathieu affirme que Jésus, connaissant lears pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre luî-mêrïi® sera ruiné, et toute ville ou maison qui est divisée contre ell^" nn^'me ne pourra subsister. Que si Satan chasse Satan il ^\*is« lui-mOme, comment donc son royaume subsistera-t et si c'est par Bolzébuth que je chasse les démons, par qui vos ïttîjnis les chassent-ils? C'est pourquoi ils seront eux-mét*'-^ *.:^ 'u^cs. Que si c'est par l'Iisprit de Dieu que Je chasse *■ i. — .">s le rovaume de Dieu est donc parvenu jusqu'à vo*^"
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sezde lui et contre lui et qui vous Texpose non avec aigreur, mais avec bonté et mansuétude. Ses reproches sont sévères, mais sans aucune amertume, et ils ont pour but de vous être utiles plutôt que de dévoiler votre crime. Nous qui lisons la réfutation de Jésus à ses contradicteurs, avons-nous songé à la force et à la logique de ce dilemme ? Je chasse le démon par la puissance de Dieu ou par la vertu du prince des démons. Si c'est par la puissance de Dieu, vous êtes des calomniateurs ; si c'est par le démon son royaume est divisé et son règne va bientôt finir. Mais vos enfants chassent les démons et leur pouvoir est Tœuvre de Dieu: pourquoi cette puissance aurait-elle en moi un autre principe? Les enfants des Juifs qui chassaient le démon n'étaient autres que les apôtres qui agissaient en vertu du pouvoir que le Christ leur avait donné, et les Pharisieos ne leur en faisaient pas un crime, ils ne s'en prenaient qu*à Jésus, parce que sa puissance leur portait ombrage.
Son empire sur le démon aurait dû leur faire admettre cette conséquence : Je chasse les démons, donc le royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. Saint Jean-Baptiste l'avait déjà proclamé en disant : Faites pénitence, car le royaume des cieux est proche. Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. Celui dont parle saint Jean, comme inconnu aux Juifs de son temps, c'est Jésus, et celui qu'ils ne connaissent pas encore, c'est ce mém)3 Jésus que nous prôchonrs depuis dix-huit siècles aux Juifs qui ne veulent pas le reconnaître, parce qu'ils attendent un Messie non pour détruire le royaume <le Satan mais pour rétablir le royaume d'Israël. Or le vrai Messie ne songe qu'à établir son règne dans les âmes, et Tâme ^'un Juif peut se prêter à cette combinaison divine tout aussitôt qu'elle se soumettra à Tempire du Christ en mettant son espérance en lui.
Or le royaume des Juifs ne peut pas être celui de Jésus tant que le peuple de la loi ne voudra pas reconnaître CELUI ^ontlaloi annonce la venue.