LA PARABOLE
Prenons un peu de repos dans rexameti des miracles tie Jésus, pour nous occuper de ses paraboles. Il y a dans cette étude un sujet fécond et des conclusions nombreuses à tîr^r de sa divinité, à cause du sens profond que contient chacuae des paraboles du saint Evangile.
En méditant le texte évangélique, on sent que Jésus s'occiif>e tout pattituli^reraent du salut du monde. Ceux qu'il vevil sauver stJnî des pécheurs; or il n'est pas étonnant de le voir entouré de pécheurs et de publicains. Mais un tel entourage ne trouve pas d'excuse dans l'esprit perverti des scribes et des Pharisiens, qui poussent ces murmures : Cet homone accueille les pécheurs et mange avec eux. A cette accusation, Jésus oppose cette touchante parabole ; «Qui d'entre vous ayant cent brebis, s'il en perd une, ne laisse les quatre-vingt dix-neuf autres dans le désert et ne s'en aille après celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il la retrouve? une fois retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules et, à son retour, il dit à ses amis : Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé nia brebis qui était perdue. Ainsi je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence que pO^i' quatre-vingt dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pé"'' tence. * Ht maintenant, qui a tort ou raison, de Jésus ou ^^^ Pharisiens? Jésus fait bon accueil aux pécheurs, et les pl»^' risiens voudraient qu'il les rebutât. Ils ignoraient que le C<P^^ de Jésus était un océan de miséricorde. Eut-il parlé de * sorte s'il avait eu le dessein de tromper les hommes? Nï^ celui qui quitte le ciel pour courir après la brebis égarée * la terre, c'est-à-dire après l'humanité déchue, nous ensei^'^.^ de quelle manière il va remplir son râle de Sauveur. 11 pouV rechercher avec le fouet à la main nos âmes égarées et tchâtier sans pitié pour les punir de leur égarement, puis I
mener avec violence à son divin bercail. Mais loin d'agir
linsi, il y met toute la tendresse possible, et c'est sur ses
épaules, comme pour nous épargner les fatigues du retour,
l'H nous porte avec tendresse pour nous réunir au troupeau.
^u jour de son Ascension glorieuse, en arrivant au ciel et
. s'adressant aux anges, il put leur dire : Réjouissez-vous
L^rec moi ; l'œuvre de la sanctification des hommes est
icrcomplie. Et les anges se sont réjouis de la rédemption des
lojnmes; et tous les jours, chaque fois qu'un pécheur se
ïOïivertit, c'est un sujet de joie pour les anges de Dieu et les
Mtas de la cour céleste. De temps en temps, des conversions
riciividuelles de Juifs donnent ce contentement au ciel; mais
luaod la nation entière des Juifs se convertira, quelle ne sera
p^s l'allégresse des chœurs angéliques !
Hotre- Seigneur continue cet enseignement par une comparaison à peu près semblable : celle d'une femme qui perd une drachme sur dix qu'elle possède et qui, pour la retrouver, allume sa lampe et balaye sa maison. Cette femme, c'est l'Eglise qui continue l'œuvre du Christ et qui, à travers les siècles, se donne la mission de ramener à son divin Epoux les âmes faites à l'image de Dieu, comme cette pièce de monnaie qui porte l'effigie royale, L'Eglise tient en ses mains le flambeau de la vérité, toujours allumé, pour trouver, à l'aide de la lumière céleste, les âmes qui sont égarées sur le chemin de l'erreur.
Vous parlerai-je encore de la parabole suivante dite le père de l'enfant prodigue?
Peul-il exister un langage plus pathétique et d'une simplicité plus touchante?
« Un homme avait deux fils; or le plus jeune dit à son père '. Mon père, donnez-moi la portion de la part qui doit me revenir. Et le père partagea ses biens, et puis ce jeune homme partit pour une région étrangère et lointaine, et il dissipa tout son bien dans une vie de débauche. Une fois ruiné, la famine désola toute la contrée; alors il eut faim et se mit au service d'un maître qui lui fit garder les pourceaux. Il désirait se nourrir dessiliques que les porcs mangeaient et on ne lui en donnait même pas.
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« C'est alors que, rentrant en lui-même, il se dit : Comfe' de mercenaires dans la maison de mon père regorgentdepa et ici je meurs de faim. Je me lèverai, j'irai trouver mon p et lui dirai : Mon père! j'ai péché contre le ciel et cor vous, je ne suis plus digne d'(ître appelé votre enfant. Trai' moi comme l'un de vos mercenaires. Et se levant, il an près de son père. D'aussi loin qu'il l'aperçut, le père fut tou de miséricorde : il se jette à son cou et l'embrasse, et le lui dit : Mon père 1 j'ai péché contre le ciel et contre vous ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Maïs le père di ses serviteurs : Apportez vite sa robe première et l'en revêti mettez-lui un anneau au doigt et une chaussure aux pie Tuez le veau gras et mangeons-le en nous réjouissant. ( mon fils était mort et il revit; il était perdu et il est retij Et ils commencèrent le festin. »
La main sur la conscience, oserez-vous, chers lecteuf! dire que cette histoire est le fruit d'un historien quelconqi Un Dieu seul a pu imaginer une pareille parabole. Elle r ferme un sens fécond, inépuisable. Tous les siècles y > trouvé des enseignements salutaires, et si vous voule; réfléchir, vous y trouverez pour vous-mêmes des mo d'espérance et de consolation.
Vous avez abandonné votre Père, le Dieu d'Abrahi d'Isaac et de Jacob. Depuis le jour de votre disper.'iîon milieu des nations, vous êtes partis, comme l'enfant prodig vers une région étrangère et lointaine. Tant que le proi eut en sa possession de quoi manger et de quoi vivn pensa ni à son père, ni à la demeure où il reçut le jouf^ aussi vous oubliez votre Père et le Messie qu'il envoya monde pour te sauver, et vous continuerez à l'oublier t que vous serez en possession des richesses et des biens de monde. Vous accumulez l'or et l'argent dans l'espj reconquérir avec eux le royaume d'Israël. Mais voua trompez étrangement; plus vous entassez, plus vous* enfoncez dans un désert incommensurable : Il a fallu qu< famine vint plonger le prodigue dans une détresse épouv table avant de lui faire regretter ses anciens jours et lesJ où il vivait si heureux sous l'œil paternel. Il 1
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tombât dans une dégradation profonde et jusqu'à la garde des pourceaux, avant de songer aux mercenaires de son père qui vivaient dans l'abondance, pendant que lui manquait de pain. Semblables, au prodigue, tant que vous vivrez dans le luxe des richesses et que vous emploierez vos biens dans la jouissance et les plaisirs d'une vie luxueuse, tant que vous monterez à l'assaut des premières places et que vous jouirez des honneurs du premier rang, vous resterez dans vos contrées étrangères et lointaines: mais attendez le jour des grands malheurs, quand vous serez rcduits à la pire des conditions, à des emplois dégradants et serviles, quand, en un mot, vous envierez la nourriture des pourceaux et que vous mourrez de faîrn, alors vous lèverez les yeux au ciel, vous vous souviendrez du Dieu de vos pères et du divin Messie que vous avez crucifié, et vous vous écrirez : Nous avons péché contre le ciel et contre le Christ, levons-nous donc et retournons à lotrePère; nous ne sommes plus dignes d'être appelés ses enfants, qu'il nous traite si bon lui semble comme des mer- '^enaires. C'est alors que vous levant des quatre coins du 'ïïOnde où vous êtes dispersés, vous vous réunirez pour former *> nouveau le peuple de Dieu; pour revenir sous le toit pater- 'ïel. à l'ombre de Jérusalem et dans l'ancienne terre promise qui fut le berceau de votre nation, et ce Jésus qui vous a prédit votre dispersion, ce Jésus le véritable Messie, vous "Verra lorsque vous serez encore loin ; il accourra à votre rencontre, il se jettera à votre cou et vous embrassera; car ses entrailles sont pleines de miséricorde pour vous et il attend Votre retour depuis de longs siècles. Vos sentiments d'humilité, vos paroles de repentir toucheront son cœur et il dira à Ses serviteurs, c'est-à-dire aux ministres de l'Eglise : Baptisez Ce peuple, donnez-lui l'habit d'innocence, mettez à sa main l'anneau de la nouvelle alliance que je vais contracter avec lui, Mettez à ses pieds une chaussure pour marcher dans les voies de la loi évangélique. Immolez l'Agneau divin sur vos autels pour commencer sur terre le festin qui se perpétuera dans le royaume des cieux. Et les anges applaudiront.
Voulez-vous encore une autre parabole non moins touchante, celle du Bon Pasteur? Et ce qu'il y a d'admirable dans
cette parabole, c'est que le Christ nous propose un idéal qui n'a jamais existé et que la pensée humaine n'aurait pas créé. Ah 1 c'est que Jésus se proposait comme le modèle des Pasteurs ; Je suis le bon Pasteur, Ego siim Pastor bonus. Et lai seul pouvait savoir que dans sa bonté pastorale pour ses brebis, 11 irait jusqu'au sacrifice de sa vie. puisqu'il dit ; te bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais non, Seigneur, tel n'est pas le type du bon pasteur qui jusqu'ici s'est toujours borné, dans la garde d'un troupeau, à le conduire dans de gras pâturages et à le préserver des agressions des loups dévorants, et encore à condition d'y trouver certains dédommagements et de fructueuses compensations; car les brebis nourrissent de leur lait le pasteur qui les soigne, et leur laine sert à donner des vêtements à celui qui les préserve de la dent meurtrière des loups. Mais le Pasteur de cette parabole ira, Lui, jusqu'à se laisser dépouiller de ses vêtements et à donner jusqu'à la dernière goutte de son sang pour le salut de ses bien-aimées brebis.
Jésus termine cette pariibole, sublime de mansuétude et de douceur, par ces paroles si pleines d'espérance pour les Juifs de ta fin des temps : "J'ai des brebis qui ne sont pas de ma bergerie, il faut aussi que je les amène à entendre ma voix, et il n'y-aura plus qu'un seul troupeau et qu'un seul Pasteur. » Vous n'êtes pas de la bergerie de Jésus, vous qui le prenez toujours pour un séducteur; mais il veut faire entendre sa voix bénie et divine à vous qu'il désire tant introduire danslft bergerie qui est l'Eglise catholique, où vous ne ferez plus qu'un seul troupeau, sous la houlette de ce divin berger qui s'appelle Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie. Après s'être présenté sous la figure d'un bon pasteur, est-il étonnant que les premières brebis appelées dans sa divine bergerie soient les petits agneaux que les apôtres écartaient de lui lorsqu'il leur dit : « Laissez, laissez venir à moi les petits enfants. »
Ah 1 quel singulier fondateur de royaume! Voilà le royaume transformé en bergerie, et au-dessus des brebis les plus chères à son cœur de Pasteur, il y a les petits agneaux, c'està-dire les âmes des petits enfants. Chassez donc de votre esprit un royaume composé de l'élite des grands hommes du
monde, dotés de tous les talents et de toutes les dignités. Ne
croyez plus que, pour être digne d'entrer dans le royaume de
ce divin Messie, il faille tître marqué au front du sceau de
l'iatelligence et du génie. Apprenez de sa bouche divine les
marques de distinction nécessaires pour être admis à régner
avec ce Roi céleste. Il prend un petit enfant, le place au milieu
de ses disciples et leurdit : « Si vous ne devenez semblables à
Ces petits, vous n'entrerez jamais dans le royaume des cîeux. »
N'est-ce pas ravissant de simplicité? Quel encouragement!
Les deshérités de ce monde ne le sont pas du royaume
céleste ; ils ont tous droit à l'onction royale, et voilà pourquoi,
sur leur lit de mort, en faisant sur eux les dernières onctions
«lu chrétien, l'Eglise les sacre rois pour l'éternité.
Dans son ineffable miséricorde, le Christ n'oublie pas les droits de sa rigoureuse justice. Voilà pourquoi, avec les paraboles de paternelle bonté, sa bouche divine laisse tomber de Ses lèvres la parabole de Lazare et du mauvais riche. En la disant, interrogez votre conscience et demandez-lui bien si ^ est là le langage d'un imposteur, cherchant à tromper la pauvre humanité. II y avait un homme riche qui était vêtu •^e pourpre et de fin lin, et qui chaque jour faisait bonne t^hère, Il y avait aussi un mendiant, nommé Lazare, qui était couché à sa porte, couvert d'ulcères, désirant se rassasier des niiettes qui tombaient de la table du riche, et personne ne lui SB donnait; mais les chiens venaient lécher ses ulcères et il irriva que le mendiant mourut et il fut porté par les anges ^ans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi et il fut enseveli dans l'enfer.
Or, levant les yeux du milieu des tourments, il vît de loin Abraham et Lazare dans son sein ; etil lui cria : « Père Abraham, ayez pitié de moi et envoyez Lazare, afin qu'il trempe le bout de son doigt dansl'eau, pour me rafraîchir la langue ; Car je souffre cruellement dans ces flammes. i> Et Abraham lui dit : « Mon fils I souvenez-vous que pendant votre vie, vous avez reçu les biens et Lazare tous les maux : or, maintenant, t' fst consolé, et vous, vous souffrez. De plus, entre nous et 'Ois est creusé pour toujours un grand abîme, 'de sorte que "Wqui voudraient passer d'ici à vous, ou de là venir ici, ne
le peuvent plus.> Et le riche dit: «Je vous prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père, où j'ai cinq frères, afin qu'il leur atteste ces choses et qu'ils ne viennent pas. eux aussi, dans ce lieu de tourments» ; et Abraham lui dit : « Ils ont Moyse et les prophètes, qu'ils les écoutent. — Non. dit-il. père Abraham, mais si quelqu'un dts morts va vers eux, ils feront pénitence. » Abraham lui répondit : « S'ils n'écoutent pas Moyse et les prophètes, quand même quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne croiraient paî.i Voilà un terrible exemple d'abord des peines de l'enfer ; puis du résultat des richesses abondantes mal employées. Le riche est condamné, parce qu'il n'a pas secouru le pauvre. Le nom de Lazare est cité, celui du mauvais riche est passé sous silence. Jésus n'a pas voulu livrer son nom à la malédiction des hommes ; c'est assez pour lui que la réprobation étemelle et l'éternelle séparation de Dieu.
L'âme du pauvre est portée par les anges dans l'étei félicité et celle du riche est ensevelie dans les enfers.
A quoi ont pu lui servir les pompeuses funérailles, honneurs funèbres rendus à son corps ? tout cela ne peuli cher son âme à l'abîme éternel.
Celui qui refusait les miettes de sa table aux pauvR peut obtenir pour lui une goutte d'eau. De riche qu'il le voilà devenu mendiant.
Depuis dix-huit siècles, bien des Juifs, riches des bii ce monde, ont laissé Jésus, comme un autre Lazare, se sous la forme d'un mendiant, à la porte de leur cœur, vouloir lui donner une entrée pour se nourrir chez eux, à-dire qu'ils n'ont pas voulu reconnaître un Christ pst un Messie humilié. Quelle déception pour ces Juifs qi travers les siècles n'ont point profité des enseignements i'^ Moyse et des claires visions des prophètes, pour voir e" Jésus, celui qu'ils leur désignaient et dans leurs paroles si dans leurs écrits ! Combien de Juifs du fond des abîmes crieflt vers Abraham d'envoyer à leurs frères ce pauvre Lazare qu'il* ont méconnu et qu'ils ont rejeté ; mais Abraham leur répond- « Votre race Israélite a Moyse et les prophètes ; en plus ellea \"Eglise et le saint Evangile, qui lui prêchent le Christ
' 'appani, !e Christ immolé et le Christ ressuscité.» Qu'attendezvous donc, vous qui me lisez ? Qu'attendez-vous pour prêter l'oreille à ces cris de détresse, partant d'outre-tombe et conjurant Abraham de ne pas vous laisser tomber dans ce lieu de tûnébres où vous recevriez le châtiment de votre trop long et coupable aveuglement? Puis, ces autres paroles de votre p6re Abraham a votre race malheureuse : Ma Glle. vous avez reçu pendant votre vie tous les biens, souvenez-vous en, et maintenant ceux de vos frères qui ont suivi Lazare, c'est-àdire le Christ pauvre et couvert des cicatrices de sa douloureuse passion, jouissent de tous les biens d'une heureuse éternité. >
Les chiens léchaient les ulcères de Lazare, à vos yeux nous f sommes des chiens de chrétiens. Eh ! bien soit :Oui, nous ^*^rnmes st vous le voulez des chiens compatissants et âdèles, *-3r nous aimons à baiser les plaies de Celui que vous avez *-''Uci(ié. Nous lui baisons les plaies saignantes de son corps, ^'"sque dans les élans de notre amour nous mangeons sa '^onjr adorable et nous buvons son sang.
t~Ieureux aussi, disait saint Ambroise, heureux ces chiensqui
'-^'^t léché les gouttes de sang qui découlait des plaies de cet
"^Omme apostolique qui cinq fois reçut quarante coups de
*^Uet de la main des Juifs (ou qui ont pansé les blessures des
**^artyrs au fond de leurs cachots), sang précieux qui a rempli
^^ bouche et le cœur de ceux qui doivent garder la maison,
^J^eiller sur le troupeau et le défendre contre les loups. Ces
^^^Gnsées sont dignes de vos réflexions, une seule chose peut
HÇ*ire échec à leurs salutaires effets. Les paroles du Christ
*Oinbent dans vos cœurs, où croissent les ronces et les épines
^ui étoulTent le bon grain. Les richesses accumulées chez vous
Sont un obstacle terrible et puissant à votre conversion. Vous
ressemblez à ce jeune homme qui interrogeait le divin Maître
pour apprendre de lui le moyen de posséder la vie éternelle.
Après la réponse du divin Sauveur il répliqua : « Depuis ma
jeunesse j'ai observé tous ces commandements.» Ce qu'enten-
i dant, Jésus lui dit:-!' Vendez tout ce que vous avez, et le
ft donnez aux pauvres vous aurez un trésor au ciel, puis venez
H et suivez-moi »; mais il en devint tout triste, parce qu'il était
fort riche. Plus heureux que ce jeune homme, à vous le Chïis^ ne vous demande pas le détachement de vos richesses, ni une complète séparation entre elles et vous ; Restez riches si vous le voulez, mais soumettez-vous au joug de ce Jésus q»ai adit : «Monjougestdouxet mon fardeau léger. > Embrassez— le et vous y trouverez le repos de vos âmes. Mais Jésus voya-«rL\ la tristesse de ce jeune homme en profita pour dire que cet qui ont des richesses entreront difficilement dans le royaur des cieux ! « Il est plus facile à un chameau (sorte de gr «^"«s câble) de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d'ei^K^*' trerdans le royaume de Dieu.» Par cesparoles Jésus rie dêi&c^~^^-^ pas d'amasser des richesses, mais de s'en rendre esclaves ; *■
montre qu'elles peuvent devenir un obstacle au salut et ^^
rendre non pas impossible, mais plus difficile. Toutefc^^" ^ Abraham posséda de nombreuses richesses, ce qui ne l'emi^ ■* cha pas d'être agréable à Dieu, et Zachée était un homme fc riche ce qui n'empêcha pas Notre-Seigneur de lui apporter salut. Son histoire est touchante.
Jésus traversait la ville de Jéricho ; or il y avait un hom i appelé Zachée, chef des publicains et fort riche lui-mêro- ^^' Il cherchait à voir Jésus pour le connaître, et il ne le po "«-Jvait à cause de la foule, parce qu'il était fort petit. 11 cour""-** donc en avant, et monta sur un sycomore pour le vo»^*"'' parce qu'il devait passer par là ; lorsqu'il arriva à cet endro* *t Jésus leva les yeux, l'aperçut et lui dit : < Zachée descend ^^ , vite, car il faut aujourd'hui que je loge dans votre maisori - ■* Zachée se hâta de descendre et le reçut avec joie. Voyant ce '-■^ tous murmuraient en disant: -r II est descenduchez un pécheur- *■ Mais Zachée, se tenant devant Jésus lui dit : t Voici Seigne'<-**~ que je donne aux pauvres la moitié de mes biens; et si j'^' fait tort à quelqu'un je lui en rendrai quatre fois autant. » Jés»-ï^ lui dit : « Le salut est entré aujourd'hui dans cette maisor* parce que celui-ci est aussi enfant d'Abraham. Carie Fils ti^ l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.» Jésus n'a rien demandé pour lui à Zachée, si ce n'est une coiafte hospitalité. De toutes les immenses richesses juives il ne réclame encore rien. Les Juifs pourraient donc le recevoii". c'est-à-dire reconnaître sa royauté et sa divinité sans être
r oMîgés de lui offrir la dîme de leurs biens ; il leur suffirait de voir Jésus et, pour le voir, quitter un peu la terre, c'est-à-dire le souci effréné de leurs occupations terrestres et surtout les soucis de l'acquisition des richesses.
Montez sur le sycomore, ou en d'autres termes: Sursum corda, élevez vos cœurs, et Jésus dans la personne de son Eglise vous dira: « Descendez, nation que j'ai tant aimée, descendez des hauteurs du Sinaï où furent écrits les commandements de la loi mosaïque; descendez dans les bas-fonds de l'humble Evangile dont la première page annonce la crèche, la paille, l'étable de Bethléem, et dont la dernière indique le tombeau où vous avez déposé son corps en le descendant de la croix. »
Et comme Zachée se hâta de descendre et de recevoir Jésus, ne craignez pas de lire mes pages qui vous montrent les harmonies du judaïsme et du christianisme.
Les spectateurs murmuraient en voyant Jésus dans la Maison de Zachée et ils disaient: «Il est descendu chez un pécheur. » En apercevant mon livre entre vos mains, de nom- "•"eux murmures s'élèveront de toutes parts. Je suis placé ^ntre deux feux et grandement exposé à ne pas échapper aux ^oups qui vont pleuvoir sur moi. Sept cent raille Juifs vont ^e faire un crime non pas de mon courage, mais de mon audace.
Quoi ! diront-ils, il ose nous parler du Christ ! Et d'un autre
*^ôié 200 millions de catholiques vont s'écrier : Quoi ! il
s Occupe de Juifs! qu'il prêche les catholiques et laisse les
Juifs dans leurs synagogues. Et moi de répondre: J'ai
^ exemple de mon divin Maître, Il a bien voulu être reçu chez
^^chiie. à qui 11 a dit : «11 faut qu'aujourd'hui je loge dans
*^tTe maison. » Je ne suis que l'humble disciple du divin
ï-i^^ître pourquoi ne me serait-il pas permis de dire aux Juifs:
^^nez mon livre et lisez, et si quelque Juif rougit de donner
'hospitalité de sa maison à mes pages, qu'il me permette de
i»ai
dire qu'il y a une chose plus honteuse pour un Juif, c'est
■^n alliance avec la franc-maçonnerie, surtout quand personn ignore la guerre des francs-maçons au cléricalisme. ïn poursuivant le Dieu des chrétiens, le franc-maçon
attaque du même coup et persécute le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob; et le judaïsme essaie de fraterniser avec héisme. C'est une aberration que je ne dois ni qualifier, wxcuser. On ne fait pas d'alliance avec les purs ennerr"»-v*i Sa divinité pour anéantir la divinité de Jésus. Quel-Ve stratégie que de s'allier à un ennemi commun pour coc *^" battre un ennemi particulier!
Eh bien, c'est votre fait, ô judaïsme aveugle à qui la hai "^^ double l'aveuglement. Après la victoire supposée du judaîsrrrz:^" et de l'athéisme contre le christianisme, on verra l'athéisi — — ■ se tourner contre le judaïsme et lui porter les mêmes cou IT" redoutables qu'il portait au christianisme; mais après la v^^^S toire du christianisme sur ses deux ennemis les plus acharm^^^^ on verra les catholiques tendre !a main aux vaincus, et pans — — ' leurs blessures. Avant la visite de Jésus à Zachée, les richessde ce publicain étaient une cause de perdition pour lui, m^^^^ elles deviennent dans ses mains purifiées un puissant au5^^^* liaire de vertu. Je vous ai dit que toutes vos richesses ne vo^^^" feraient jamais rétablir le royaume d'Israël, mais je ne crai^^^ pas de vous dire qu'avec elles et avec Jésus soulagé dans personne des pauvres qui sont ses frères, vouspourrez achet ^ le ciel et conquérir un royaume éternel. Cette courte t^fiii — sur les paraboles suffit à un cœur droit pour voir briller ta — -^ elles les splendeurs de la divinité.