NOTRE-SEIGNEUR
Les paraboles de Notre-Seigneur et son discours sur la
montagne, déclinant au monde étonné les huit béatitudes,
nous ont arraché à juste titre cette exclamation : Jamais
homme n'a parlé comme cet homme ! Les miracles avec leur
cachet de commisération pour toutes les infortunes de l'huma-
n\té souffrante, nous ont permis de nous écrier ; II a bien fait
toutes choses, il a fait entendre les sourds et parler les muets.
11 nous reste à examiner maintenant son empire souverain
sur la mort, s" exerçant pour ainsi dire crescendo, car d'abord,
il ressuscite une jeune îille qui venait de mourir; mais parce
que les incrédules pourraient soutenir qu'il n'y avait pas un
Cas réel de mort, mais simplement un cas de léthargie, il
'Bnouvelle ce miracle sur le- fils unique de la veuve de Naïm
*tt moment où un cortège funèbre et nombreux le conduisait
Sa dernière demeure, et, pour rendre impossible toute
objection delà part de l'incrédulité, il renouvelle une troi-
s'èrrie fois le même miracle en choisissant Lazare qui était
"ïort depuis quatre jours et qui répandait déjà l'infection et
®t la puanteur :/fl>K Fœtet. Reprenons l'examen de chacun
''^ ces miracles. Pendant que Jésus parlait, un prince de la
Synagogue s'approcha de lui et l'adora en lui disant : Seigneur,
■^a lillc est morte tout à l'heure; mais venez, imposez-lui les
^'^aioset elle vivra ! Alors, Jésus se levant, le suivit avec ses
disciples... Lorsque Jésus fut arrivé en la maison de ce prince
^^ qu'il y eut vu les joueurs de flûte et une foule tumultueuse ;
*^ leurdit:^ Retirez-vous, car cette IiUe n'est pas morte, mais
®lle n'est qu'endormie. » Et ils se moquaient de Lui. Après le
l'envoi de cette foule, Jésus entra, prit la main delà défunteen
'^î disant:* Jeune fillelevez-vous!»et la jeune filleseleva,etle
l'en répandit dans tout lepays. Jaïre, c'était le nom de
s, affligé de la mort de sa fille unique, encore à la fleur
de l'âge, puisqu'elle n'avait que douze ans, s'approche et adore Jésus. Cet acte d'adoration lui a-t-il été inspiré pal d'autres qui avant lui avaient aussi adoré et en avaient été récompensés par une guérison miraculeuse, ou bien avait-i^ entendu ces consolantes paroles adressées à des malade^ guéris : « Allez, votre foi vous a sauvé. > Dans son excessiv^^ douleur, il n'hésite pas à adorer, dans l'espoir et le désir d^^ voir sa fille rendue à sa teodresse et à son amour.
Toutefois, il n'a encore au cœur qu'une foi imparfaite, car^ il s'imagine qu'il faut la présence de Jésus et l'imposition de^ ses mains divines pour la résurrection de sa fille.
Notre-Seigneur ne lui fait pas un crime de ces idées gros- sières et injurieuses à sa toute-puissance divine et le suit avec une condescendance admirable. Déjà la mort de la jeune fille avait été parfaitement constatée, car les joueurs de flûtes requis pour faire entendre leurs symphonies funèbres, et la foule des participants à la cérémonie des funérailles, étaient déjà convoqués et réunis; et tous étaient convaincus que la mort avait fait son œuvre. Aussi, en entendant Jésus annoncer que la pauvre enfant n'était pas morte, mais seulement endormie, il ne prirent pas au sérieux ni cette opinion, ni le commandement qu'ils reçurent de s'écarter de la jeune défunte, et ils firent une réponse qui dénotait que leur conviction était bien arrêtée sur ce point, car ils se moquèrent de Jésus, deridehant eum. Si ce n'était qu'un sourire de pitié, il était équivalent à une injure et à une moquerie. Toutefois, ils furent obligés de s'exécuter, car on les fit sortir pour se conformer à l'ordre de Jésus, recedi'te, qui ne voulut entrer que quand la chambre mortuaire fut vide, Cum éjecta csset turba, intravit.
Et maintenant, pourquoi Notre-Seigneur a t-il congédié tous ces musiciens qui eussent servi de témoins pour confirmer le miracle? Leur présence n'eut rien ajouté à l'éclat de ce miracle, ils avaient vu la jeune fille sur son lit funèbre et bientôt ils purent la voir pleine de vie. D'ailleurs, étaient-ils bien dignes d'assister au fait mystérieux de cette résurrection, ceux qui se moquaient du Sauveur, au moment où il se Scsfosaix à ressusciter cette jeune enfant? J'ai appelé cette
résurrection un fait mystérieux, et c'est avec raison, caria fille de cette Synagogue est l'image de la nation juive. Tant queles-cantiques de l'ancienne loi, véritables chants funèbres, retentiront dans les synagogues, Jésus ne fera rien en faveur de cette pauvre morte. La nation des Juifs, semblable à cette foule tumultueuse, n'a pas encore la foi nécessaire à son salut et à sa résurrection ; elle n'a, au contraire, que des paroles moqueuses et des actes hostiles au christianisme. Pour vous prendre la main et vous ressusciter comme nation, Jésus attend que les princes de votre peuple fassent un acte d'adoration, semblable à celui de Jaïre. voulant à tout prix lue la vie soit rendue à sa fille. Si vos princes de la fortune, SI les chefs de vos synagogues, si vos docteurs dans la Science religieuse fléchissaient le genou pour adorer Jésus, son cœur si bon en serait vivement touché et il vous dirait : ' CI> mon peuple! lève-toî et reviens à la vie, donne-moi ton '^*^^u.r, car je suis la vie éternelle; pour la posséder, il suffit ^^ me connaître et de m'adorcr. *