L-a douleur d'un père, sur le cadavre de sa fille, est un
spectacle bien navrant; mais la douleur d'une mère sur le
*^^<±avre de son fils, est plus déchirante; et c'est cette seconde
*^u.Ieur que veut consoler Jésus, lui qui est le consolateur
P^r- excellence de toutes nos douleurs. Aussi, regardez-le
■^"V-ancer vers la ville de Naim, Ses disciples, avec une
^■*~^. nde foule de peuple, l'accompagnaient, et comme il
-F* i!»rochait de la porte de la ville, il se trouva qu'on portait
^'^ terre un mort, fils unique de sa mère, et cette femme
*'^*- it veuve. La foule de la cité qui marchait avec elle, était
*-* "KTibreuse. Le Seigneur l'ayant vue, fut touché de compas-
• n pour elle et lui dit : « Ne pleurez points». Alors, il s'appro-
^Ix
^ et toucha le cercueil (ceux qui le portaient s'arrêtèrent)
*■ il dit : «■ Jeune homme, je le commande, lève-toi. » Aussi-
"•^ le mort se leva sur son séant et commença à parler, et
■* ^ ^i-us le rendit à sa mère. Et tous furent saisis de crainte et ils
^*- ^^rifiaient Dieu, en disant : Un grand prophète a paru parmi
^'^^ "US, et Dieu a visité son peuple. Et le bruit de ce prodige se
^^^ pandit dans toute la Judée et dans tout le pays d'alentoun
Jésus rencontre un cortège funèbre, et celle qui conduisait
— igo —
le deuil était la mère du jeune défunt, et celle-ci était veo^^H^ Peut-on. en moins de mots, exprimer une scène plus déchi- ^B rante?La mère désolée d'avoir perdu son fils unique, ne 1 pouvait plus espérer d'autres enfants, puisqu'elle était veuv^ 1 et n'en avait plus d'autres sur lequel elle put reporter le^J regards de sa tendresse. Lui seul était la joie de sa maison»^ la douceur de son cœur et tout son trésor. Une si légitime-'^ douleur était bien capable d'attrister et de faire couler des larmes. Ce spectacle émeut Jésus de compassion pour la mère affligée et il lui dit ; « Ne pleurez plus.» Conseil banal i devant un si lamentable spectacle. Oui, banal dans la | bouche de tout autre ; mais bientôt efficace dans la bouche de } Jésus. 11 est facile aux témoins d'une grande douleur de dire : Ne pleurez plus! Mais il n'est pas aussi facile de tarir la source des larmes, quand on est impuissant devant la cause qui les fait couler. Or, comment voulez-vous que cette mère cesse de pleurer, puisque ses larmes tombent sur le cercueil de son enfant? Connaissez-vous un remède à une semblable douleur? La mort est implacable et ne rend jamais ses victimes. Jamais, excepté quand le maître de la vie et de la mort parle en souverain et commande à la cruelle mort de restituer sa proie. Jésus s'avance, comme la vie allant à la rencontre de la mort, il s'approche et touche le cercueil, car il faut bien qu'il montre toute l'efficacité de son corps sacré, et il s'approche du bois de ce cercueil, comme plus tard î! s'approchera du bois de la croix. Son attouchement divin rend aujourd'hui la vie h un cadavre. Son crucifiement rendra la vie aux îlmes et donnera le salut à toutes celles qui n voudront se laisser conduire au ciel par les divins enseignements du saint Evangile. Puis Jésus commande au mort de se lever et il se leva et commença à parler. La parole est une preuve éclatante de sa résurrection. Et Jésus le rendit à sa mère. Alors sa grande douleur se change en joie inexpri- 1 mable. O femme incomparable! dont les larmes ont eu le J mérite de toucher le cœur de Jésus et d'en obtenir un tcL^ miracle ! Je connais une autre veuve qui pleure tous les jour^sJ et dont les larmes ont l'efficacité d'obtenir des résurrection^ i plus difficiles .y : :. !' ' n'u; homme. Cette veuv^
c'est l'Eglise qui est privée de son céleste Epoux qui l'a quillèe depuis le jour de son ascension glorieuse. Elle pleure et ses larmes obtiennent de temps en temps des conversions juives extraordinaires. Les Juifs qui ressuscitent à la vie de la grâce et de la loi nouvelle, imitent le fils de la veuve de Naïm ; ils commencent à parler un langage nouveau, ils parient la langue du christianisme, ils chantent les louanges du Christ, ils prêchent la religion, ils écrivent des livres admirables, pour éclairer leurs anciens correligionnaircs. Allez à Lyon écouter dans leurs chaires les deux célèbres professeurs, frères par la naissance, devenus frères dans le sacerdoce catholique, depuis leur conversion. Ce qu'il font aujourd'hui a été fait par ceux qui ont été l'objet des miséricorJieuses tendresses du cœur de Jésus, soit par une guérison, soit par une résurrection. La veuve de Naïm et son fils le se sont-ils pas unis à ceux qui avaient été les heureux témoins de ce miracle? Ils glorifiaient Dieu dit le texte sacré ^1 proclamant qu'un grand prophète avait paru parmi eux et ^ie Dieu avait visité son peuple. On s'étonne des prodigieux ^t rapides progrès de la prédication des apôtres après la ; 'descente du Saint-Esprit sur eux; mais ne doit-on pas tenir ■^Omple du concours qu'ils ont reçu de la part de tous ces "'iraculés, qui ne manquèrent pas de leur servir d'auxiliaires? ^ï d'ailleurs, tous les témoins des prodiges de la vie du Sauveur ne furent pas difficiles à persuader et à convertir, ils ^ eurent qu'à se rappeler ce qu'ils avaient vu et entendu. Et ^*»'y avait-il de si difficile pour eux à croire et à embrasser le '-«ristianisme? Les miracles de résurrection que nous exposons pour établir la divinité de Jésus, sont-ils plus inacceptables Pour les Juifs modernes que pour les Juifs contemporains de h^otre-Seigneur?
^^^W.vec un cœur droit et loyal, les )uifs qui me liront ne
^^Hetteroot pas les trois résurrections de Notre-Seigneur, à
^^^5ins de rejeter celle du fils de la veuve de Sarepta, celle du
^Is de la Sunamite et celle opérée par le corps d'Elisée. Or,
; les trois premières de r.-\ncien Testament ne font
doute pour eux qui conservent les saintes Ecritures
n si religieux respect, les trois du saint Evangile
Ont été ni
«o,„i„/"^ "-pauses ..„,,^,^^ ^
^^"■"iu cl,„„, Z 'J/^^'^é so„ pe„p,: ^;^"=ur Dieu d^êl ?"' "-^ ^-«t point, "'^""'^P'-ftre. W^ " ''" P'-PK^l
:"'«'ne3e„Or'°". «™nd de™:^',""- '» joie,', ^.r
""«■ Ses sœurs H„ ' "' Lazare ai„/ '"' «suya le- ^s J"" «' pour ,, g,,^f ^ "'«l^die „•„, ;7; » Ce quen.end^i- don/ f f"^ "'■"«' Marthe e, ' " ™^ d==-^a
«Maitreito . , •'"'^^e. > Ses r ' '^ dit à se<: h-
jotzT, il ne se heurte point parce qu'il voit la lumière de ce^
m onde ; mais s'il marche pendant la nuit, il se heurte parce I
q u ^ la lumière lui manque. « Il leur parla ainsi, et ensuite il I
Z^u j dit : « Notre ami Lazare dort, mais je m'en vais pour le I
tii~^^T de son sommeil.» Les disciples lui dirent : «S'il dort, il sera I
s^ -»x vé. * Mais Jésus parlait de sa mort, eux pensaient qu'il I
psa. :»rlait de l'assoupissement du sommeil. Alors Jésus leur dit M
cl £». irement : < Lazare est mort, et je m'en réjouis à cause de I
ver» ~*jis, de ce que je n'étais pas Is afin que vous croyiez. Mais I
a 1 X «zDns à lui. > Sur quoi Thomas qui est appelé Didyme dit aux I
a. Xi "très disciples : -^r Allons et mourons avec lui. > I
Jésus vint donc et trouva Lazare depuis quatre jours dans I
1^ sépulcre. Or, Béthanie, près de Jérusalem, n'en était 1
c| ■«-»* à quinze stades; alors beaucoup de Juifs étaient venus
E>i~^^s de Marthe et de Marie pour les consoler de la perte
ci ^s leur frère. Aussitôt que Marthe entendit que Jésus était ,
^-'*^ Mr~\\é, elle alla à sa rencontre ; mais Marie, resta assise dans
s^ maison. Marthe dit donc à Jésus: «Seigneur, si vous aviez ■
^*^ï ici, mon frère ne serait pas mort. Cependant, maintenant j
^ i^>. ^:ore je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu ,
^^t^ xis le donnera. » Jésus lui répondit: « Votre frère ressusci-
*-^ »ra. * Marthe lui dit : «Je sais qu'il ressuscitera à la résurrec-
**<::> Q, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection j
*^t Javie.celui qui croit en moi, fut-il mort, vivra, et quiconque |
"v- i t et croit en moi ne mourra pas pour toujours. Croyez-vous I
^= ^ la? — Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le fils J
^i'ï-X Dieu vivant, qui êtes venu en ce monde. » I
Xoraqu'elle eut parlé ainsi, elle s'en alla et appela en secret I
-^^ £irie sa sceur, en lui disant : Le Maître est là et il t'appelle. I
^-•^ que celle-ci ayant entendu, elle se leva aussitôt et vint à I
^*-*-i , car Jésus n'était pas encore entré dans le bourg, il n'avait I
P^s quitté le lieu où Marthe l'avait rencontré. Cependant, les ■
■'^ifs qui étaient dans la maison avec Marie et la consolaient, 1
^>'^nt vu se lever si promptement et sortir, la suivirent en 1
's^. Ht : Elle va au sépulcre pour y pleurer. Lorsque Marie fut
^^^ i ~vé au lieu oi!i était Jésus, le voyant, elle se jeta à ses pieds ,
1 Vji dit ; « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait J
P^^ mort. * Jésus la voyant pleurer et les Juifs, qui était venugl
de
avec elle, pleurer aussi, futémuen lui-même et se troubla, lui dit :«Où ravez-vousmis?> Ils lui répondirent : «Venez voyez. » Et Jésus pleura; et les Juifs dirent: Voyez comme l'aimait !
Mais quelques-uns d'entre eux dirent: Ne pouvait-il p= lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire que cet homa ne mourût point f Jésus donc, frémissant de nouveau en I même, vînt au sépulcre ; c'était une grotte, et une pierre éfl posée dessus. « Otez la pierre*, dit Jésus, Marthe, la sœur celui qui était mort lui dit : « Seigneur, il sent déjà mauv^^K, is, car il y a quatre jours qu'il est là. » Jésus lui* répondit : « T3*fe vous ai-je pas dit que si vous croyiez, vous verriez la glc^ ire de Dieu ?» Ils ôtèrent donc la pierre.
Jésus, levant les yeux en haut, dit: « Mon Père, je v^zi^'as rends grâce de ce que vous m'avez exaucé. Pour moi, je sa^^^ -Sis que vous m'exauciez toujours ; mais je dis ceci à cause d^ ce peuple qui m'entoure, afin qu'ils croient que vous m'a. ^^^ez envoyé. » Ayant parlé ainsi, il cria d'une voix forte : c L:iz£«^ Te, viens de\iors,j> veni foras. Et, aussitôt celui qui avait été in ■«nrf sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et le vis-^ge enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : «Déliez-le, et laissez— ie aller. »
Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient venus près <'e Marie et de Marthe et qui avaient vu ce que fit Jésus crureTit en lui. Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver T es Pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait. ApC** ce récit si simple, mais touchant, oserez-vous me dire q"»-^^ Jésus n'est pas Dieu? Arrêtons-nous sur quelques expressio.*^' du texte sacré. Jésus aimait cette famille composée de dei:::^^ sœurs et d'un frère, et c'est au nom de cette amitié que li deux sœurs se croient obligées d'informer Jésus de la mabdde leur frère, et le message qu'elles lui envoient n'est auti que celui-ci : Celui que vous aimez est malade. Le message dit pas : Venez voir, venez guérir ou guérissez sans vc déranger par une seulu parole, un seul acte de votre volont Dans la pensée des deux sœurs il suffit d'informer Jésus de maladie de celui qu'il aime, et de s'en remettre à sa tendi pour la guérison du pauvre malade. A cette nouvelle, il affiri
que^ la maladie n'ira pas à la mort, mais à la gloire du fils de
1 1 n'y a qu'un Dieu pour prévoir ainsi l'avenir et la conséq u ^nce des événements. De prime-abord, les prévisions de Jé-sxis ne sont pas réalisées et sa réputation de grand propti^te dut être compromise, car Lazare mourut, et s'il n'avait p ^^^ eu en main la puissance divine pour ressusciter les morts, s<z> r-» rôle de prophète eut été fini. Un peu plus loin, Jésusdit : « I^ otre ami Lazare dort, oui il dort, mais de son dernier s<:>ianmeil. » A cette parole, la confiance des apôtres semble re; n aître, car ils affirment que s'il dormait c'était de bonne a'*-i,^ïure, pour sa guérison. C'est alors que Notre-Seigneur est t> "fc> I igé de leur dire bien clairement : « Mais Lazare est mort, ^ t je m'en réjouis à cause de vous et dans vos intérêts. »
<tDr, si Jésus n'était pas Dieu, qui aurait pu lui révéler cette
ï'^d>Tt, issue fatale de la maladie? Aucun messager n'était venu
*'*^i apporter des nouvelles de Lazare et de son trépas. Jésus
'^'«s 11 continue pas moins sa route et il arrive quatre jours après
^^ mise au tombeau. En apparence, il était trop tard, la visite
*^^ ce céleste médecin devenait inutile, car il aurait pu le
S*-* ^rir s'il était arrivé à temps, c'était la conviction des sœurs
■^^** rtheet Marie qui, tour àtour dirent à Jésus : «Seigneur! si
''*^ Xjseussiezétéîci, monfrère ne serait pas mort»; mais main-
; ^>- ant tout est fini et il n'y a plus rien à faire. Avec tout
*-* ^re que Jésus il n'y a plus de remède à cette immense dou-
^^"'-ir de Marthe et de Marie, mais de Jésus on peut tout
, '*^«ndre; avec Jésus on peut tout espérer et telle semble être
^ espérance de Marthe, carelle dit à Jésus : «Je sais que tout ce
" *-* « vous demanderez à Dieu, Dieu vous le donnera. » Cette
*^^*- xole est une prière qui demande une grâce extraordinaire
*- Notre-Seigneurlui dit : « Votrefrère ressuscitera. » Oui, sans '
^-^^ ute comme tous les hommes, à la fin des temps, mais ce '
^sre bien-aimé n'en est pas moins perdu pour ses deux sœurs
''^ consolables.Et de là, Notre-Seigneur prend occasion d'affir-
^^ er sa toute-puissance et de proclamer qu'il est la résurrection
^^ la vie en promettant de donner la vie à ceux qui sont 1
**iorts à la seule condition de croire en Lui : gui crédit in me 1
^ tvet, etiam si mortuus fuarit, et c'est alors que Marthe
te.
— iqrt
exhale ce cri de foi sublime : « Je crois, Seïgnëïïr7qûc~vôïïÏ8tt«^ le CHRIST, LE FILS DU DIEU VIVANT, QUI ÊTES VENU EN CE MONDE. > Ah! noble femme et chère croyante, vous n'avez pas à faire à un ingrat, et le Christ ne se laissera pas vaincre en générosité. Votre foi naissante n'attendra pasaprès la réalisation de cette affirmation : Je suis la résur — '" rection.
Néanmoins elle part pour dire à sa sœur que Jésus appro- - — ' che et qu'IU'attend, adcst et vocale.
Marie vole à son tour à sa rencontre, mais elle n'y va pas ^ *^ seule, car sa maison était pleine de juifs qui étaient venus .^-«s pour la consoler et qui la suivirent pour aller pleurer avec elle ^ MS& sur le tombeau de Lazare. Concoursprovidentiel qui va rendre -!>"»( plus nombreux les heureux témoins de cette étonnante et J"^el admirable résurrection. Marie n'a pas d'autres expressions en xrsl tombant aux pieds du Sauveurque celles de sa sœur: < Si vous ^tjul aviez été là, mon frère ne serait pas mort >; et elle pleurait et J^ & les Juifs aussi pleuraient avec elle.
Au spectacle de ces larmes attendrissantes, Jésus lui-même^» <-mi< ne put contenir un frémissement, infremuit spiritti, çX 3\ciïs^~Mi*n ii demande à voir le sépulcre et en y arrivant il pleura aussi, « i.^i lacrymatus est Jésus. O larmes compatissantes! vous excitez^^=« les nôtres, car comment rester insensible quand Jésus estJ"-^"* ému jusqu'aux larmes !
Les Juifs en furent attendris, car ils s'écrièrent ; Ah! commet xMH il l'aimait! O Juifs qui lisez ces lignes, est-ce que vous n'au — «-r jU riez pas pleuré, si vous aviez été les heureux témoins de cette^ * Jt*" scène incomparable? Si en la lisant vous ne pleurez pas c'est»" .^ ^s que peut-être vous avez le cœur aigri contre ce Jésus qui x-» J"' vous a trompé dans vos espérances, car vous attendiez de Lui *-r-UJ Je royaume d'Israël et vous n'en avez reçu que la dispersioura ^^^ de votre peuple aux quatre coins du monde. Mais parmi ses^^:^ *" apôtres, il y en avait qui avaient les mêmes espérances que^ *-*p les vôtres; ce qui ne les a pas empêchés de changer de seo — ^^i^''timent et de devenir les prédicateurs dévoués de son royaumes -*^^ Aternel et de confesser sa divinité jusqu'à l'effusion de leucBc *-"" I
Parmi les témoins qui allaient assister à la résurrection*^^» ° . lazare il Y en avait qui connaissaient d'autres merveille^s- s |
de Notré-Seigneur, puisque quelques-uns d'entre eux firent cette réflexion : Ne pouvait-il pas, Lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire que cet homme ne mourût point? Us avaient raison en face d'un prophète ordinaire, mais en face d'un Dieu tout puissant !
Jésus en présence du tombeau frémit à nouveau; mais ce frémissement, qu'il faut remarquer parce qu'il est d'une importante signification, n'empêche pas Notre-Seigneur de commander d'ôter la pierre, pierre sous laquelle se trouvait le cadavre de Lazare, figure du peuple juif gisant sous la loi de pierre, puisque les dix commandements avaient été gravés sur deux pierres. L'enlèvement de cette pierre allait donner une nouvelle preuve de la mort réelle de Laiare, car sa sœur s'écrie : Jam fœti't : il sent déjà mauvais; et Fodorat des témoins, touché par l'odeur qu'exhale le cadavre, va concourir à la confirmation du miracle, avec les oreilles qui ont entendu le commandement de sortir du tombeau, et avec les yeux qui ont vu le cadavre encore lié de bandelettes et enveloppé dans un suaire. Sommes-nous bien inspirés après tant de preuves démonstratives de nier cette résurrection et de refuser au Christ la divinité dont il nous a donné tant de preuves? Alors Jésus rappelle à Marthe ce qu'il lui a déjà affirmé: «Ne vous ai-je pas déjà dit que si vous croyiez, vous verriez la gloire de Dieu? * Or cette gloire ne se manifeste qu'aux cœurs remplis de foi. Ah ! si cette foi tombait dans le cœur des Juifs, tout aussitôtleur intelligence serait illuminée par les célestes clartés des vérités divines. De suite elle verrait les beautés du Christ, les manifestations éclatantes de sa bonté, les splendeurs de sa face adorable, et au lieu d'imiter CCS malheureux bourreaux qui couvrirent son auguste visage de leurs ignobles crachats, les Juifs, mieux inspirés, lui rendraient leurs sincères adorations et le Christ leur apparaîtrait aussi beau, aussi brillant, aussi transfiguré qu'au jour où il se montra sur le Thabor à ses trois disciples au milieu de Moyse et d'Elie, avec des vêtements blancs comme la neige et un visage brillant comme le soleil.
Jésus, pour mieux se manifester à cettefoule qui l'entourait pfin de leur permettre de croire que c'était bien son Père du
ciel qui l'avait envoyé parla en souverain à la mort et d'une voix forte 11 cria : « Lazare, sors dehors, ir
La voix forte, qui ressuscite Lazare est la même que celle qui retentira dans la trompette éclatante du dernier des jours et qui fera sortir tous les hommes de leurs tombeaux comme Lawre sortit de son sépulcre. Et Jésus dit aux témoins : « Déliez-le et le laissez aller. » Vous pouviez, Seigneur, le garder avec vous, mais vous le laissez aller pour répandre dans le monde la foi à la résurrection. Ainsi furent séchées les larmes de Marthe et de Marie.
Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient venus près de Marie et de Marthe crurent en Jésus, après lui avoir vu faire ce miracle. Plusieurs, dit le texte sacré, plusieurs crurent en Lui; mais pourquoi ne pas nous dire que la Judée entiéie tomba à genoux devant le Christ et l'adora. Ah ! c'est que le langage du saint Evangile n'est jamais emphatique, il y avait bien de quoi faire acclamer Jésus par toute la Judée ; mai^h^las! il n'en fut pas ainsi et la preuve en est dans les autres | pturoles qui suivent : mais quelques-uns d'entre-eux allèref*- I trouver les Pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus av^ii* ' fait. Nous ignorons dans quel esprit ce récit fut transmis; ma** ' vv que nous savons, c'est que les Pontifes et les Pharisief * UoceHt conseil en disant : -r Qu'avons-nous à faire? car c^^ howuu'Op^re beaucoup de miracles, et si nous le laissons agi *"• tou* oioiront en Lui et les Romains viendront et détruiro*^*' fr*>U'e piU-s et notre nation. » Or, l'un d'eux, Caiphe, qui éla ^* 0-*»vt-ï'*^*t* '■"*t^'^ année-là leur dit : «Vous n'y entendez ri^ ^ ,z vcttS> ne pensez pas qu'il nous est avantageux qu'un seu^ Vj*a«i« mcuif pour le peuple plutôt que toute la nation n * ; if./^v>*,--. » Or. il ne dit pas cette parole de lui-même, mais en s ^ j.vti's* J4çran*i-pritre; il prophétisa que Jésus devait mouri --^: -' et dopuis ce jour-là, ils ne pensèrent plus qu's»- !.> l'infernale conclusion ! Pour avoir accompl ^ - mi-rvL'illeuse tendresse et le miracle inspîr^^" '-'.;ié envers une famille éplorée. la morl^ -- 1 cela pour empêcher les Romains de^^
; nation, et précisément
pou
; fait l
^««MâfVtla nation toute entière aété dispersé*
Hncore une réflexion! Avez-vous remarqué ces expressions réitérées du saint évangéliste : Jésus fut ému, infrcnuit spir-/f'i, et Jésus se troubla, ft turbaiiis est, et encore Jésus frérnissant à nouveau en lui-même, sursum fremens in scmet ij7So, Le sens naturel de ces expressions est que Jésus ne resta pas insensible au spectacle d'une si grande douleur et de tant de larmes, qu'il voyait couler des yeux de tous. Mais ne nous est-ii pas permis d'exprimer ce sentiment, c'est que Jésus qui voyait et connaissait l'avenir ne pouvait ignorer que cette résurrection allait mettre le comble à la fureur des Pontifes et des Pharisiens et que sa mort serait la récompense de l'acte miséricordieux de sa souveraine puissance ; devant cette connaissance des fjiits, la partie inférieure de la nature humaine de Jésus ne put s'empêcher de frémir, mais au Heu de se contenir comme il s'agissait de la gloire de Dieu et de la manifestation de sa divinité, il donna libre cours à l'exercice de sa puissance, exemple admirable qui nous montre que quand le devoir commande nous ne devons pas reculer devant la mort ®i'e-même. II ressuscita donc Lazare et rendit, pour ainsi dire P3r le même coup et la gloire à Dieu et son arrêt et sa propre '-ondamnation à mort. O miséricorde de Jésus ! je vous ^'iniireet Je vous adore, et pendant que vous frémissez à la Pensée de ce qui va suivre, je frémis de douleur à la vue de ingratitude humaine, et je déplore l'aveuglement de ceux qui 'Tont ce miracle, sans tomber à vos pieds en criant : Vous *^*es notre Dieu et notre Sauveur !
Nous pourrions vous adjurer de croire au Christ, après ce ''^ïTacle, mais s'il ne suffit pas pour subjuguer votre foi, nous "^cnis laisserons vous enfermer dans vos derniers retranche- 'ïients ; car nous n'avons fait que préluder au récit du plus ^tonnant des miracles, et pourquoi, parce que nous vous ^■v- outrons que s'il est difficile de ressusciter les autres, il est ^lïcore plus difficile de se ressusciter soi-même; or, c'est ce *îue nous n'avons pas encore établi, et ce que nous cherche- *"oiis à établir d'une façon victorieuse. Mais n'anticipons pas ^^ Scrutons encore quelques témoignages sur la divinité du ~R*Iessîe déjà venu.