CHAPITRE XXIX
ON THMOIGNAGE SURNATUREL
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Les foules en acclamant le Sauveur, et vous, chers lecteurs '^s, en lisant la puissance merveilleuse de Jésus sur la mon pensez que rien ne confirme mieux sa divinité, et nou^s ■*■ nous osons vous dire qu'au dessus du pouvoir de rendre 1. i '" vie aux morts, il y a celui de remettre les péchés, et Jésus i- ^
tenu à démontrer son pouvoir sur les péchés du monde. Noi» ^^^ content du témoignage de Jean-Baptiste qui l'avait design» *^e en disant: «Voici l'Agneau quieffacelepéché du monde, > i i '' exerce ce droit, et le fait remarquer en l'exerçant.
Un paralytique qu'il guérit emporte son lit comme preuv^^^-^^ manifeste de sa guérison. Les Juifs, trop scrupuleux obser-"»: "^r* vateurs du sabbat, font un crime à ce malheureux d'avoit i *'!■ .emporté son lit le jour du repos sabbatique. Et quand Jésus^.tJJS trouve ce miraculé dans le temple, il lui dit : « Vous voîl& -ï 1^ guéri, ne péchez plus à l'avenir, de peur qu'il ne vous arriva ~*^'S quelque chose de pire. » C'était bien lui donner une preuve d^ £de sa divinité, car en disant : Ne péchez plus! il lui prouv^^^i^^^ avec évidence qu'il connaissait toutes les fautes dont il s'étai' m -^'t rendu coupable. Mais, admirez avec quels ménagements 1» J I* ■bon Maître traite le pécheur, La guérison avait été produit» :*"-<*^ iD public, ia rémission des péchés eut lieu en tôte-à-tête e'^* ^^ particulier. Le corps fut d'abord guéri, et l'âme le f u' *^^ »l ensuite. Le Sauveur lui remet en mémoire ses péchés, et lu .k-P'-U" découvre la cause de son infirmité de trente-huit années ; i i" "^ ittcnd qu'il soit sans témoins pour lui parler de son passé, e" ^» ^' eacoCe il le fait sans récrimination blessante, sans désî- * ■^'' pa tioti de tels OU tels péchés. Si le paralytique désirai" « -*'' tenet dâOS Vombre ses fautes personnelles, Jésus le désirai" M 'f «SBVX tila$ que lui; car au lieu de lui dire: Vous'ave=^=^ ~^f^r< v-V.» rt telle faute, il se contente de cette recomman— ; ; picbez plus à l'aveulr. >
^^ Jésus était allé à la rencontre du* paralytique gisant sur le horà de la piscine de Siloë depuis trente-huit ans; mais il laissa venir à Lui, celui qui avait assez d'amis pour le transporter jusqu'en présence du céleste et divin médecin, et cette fois Jésus guérit l'âme avant de guérir le corps.
Ala vue de cette grandefoi.quiavait vaincu tant de difficultés, pourarriver jusqu'à Lui, Jésus dit au paralytique : « Mon fils,
Ios péchés vous sont remis. ,* L ïntendez-vous le Dieu de toute sainteté, donner le doux ftytti de lîls à ce pauvre pécheur, impuissant à semouvoir; et il lui remet ses péchés ; le malade ne répond pas: Mats ce n'est pas la rémission de mes fautes que je viens solliciter, o'est la guérison de mon mal. Au lieu de s'étonner il s'en rapporte à la sagesse du divin médecin et en cela il eut raison. Plus habile que les médecins du corps, qui soignent ou écartent la cause du mal, avant de soigner la partie malade, Notre-Seigneur guérit l'Sme et remet ou pardonne. »*u paralytique les péchés qui sont la source de tous ses lïiaux. A cette parole, les scribes se disent en eux-mêmes, selon saint Mathieu, et pensent dans leurs cœurs, selon saint Marc, que cet homme blasphème. C'est alors que Jésus qui ^"oît dans les cœurs, pour leur montrer que sa double puissance de lire dans les cœurs et de remettre les péchés est une puissance divine, leur dît ; « Pourquoi vos cœurs ont-ils ces Sortes de pensées mauvaises ?qu'y-a-t-il déplus facile de dire: ^Os péchés vous sont remis, ou bien dédire: Levez-vous et ïïiarchez. Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre, de remettre les péchés, je vous le dis : Levez-vous, prenez votre grabat et retournezà votre maison. » C'est comme s'il disait: Quoique remettre les péchés soit un prodige vraiment divin, en votre faveur j'y ajoute cet autre *îui l'est beaucoup moins et qui sera pour vous la garantie de ïïiOQ pouvoir divin de remettre les péchés et la manifestation <Je ma divinité, puisque vous convenez vous-même que Dieu seul peut remettre les péchés.
Vous admirez, à Juifs, la puissance de Moyse et sa bienveillance dans ses lois sur la lèpre, et vous vous insurgez 'Contre Jésus qui vient guérir une lèpre plus affreuse, la lèpre ^U péché dans les âmes.
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Les Juifs pourtant, dans un sentiment pervers, veuîecxV savoir s'il pardonnera aux pécheurs que la loi de Moyse cor»- damne à mort. Une occasion favorable se présente à eux, iMviennentde surprendre une femme en adultère, ils prenner:r^ cette femme et la conduisent devant Jésus au milieu delà foul^^ «Moyse, disent-ils, nous ordonne de la lapider. Quelle sets — tence allez-vous porter contre elle?* Notre-Seigneur. en maîti habile, leur retorque simplement: « Soit! que celui qui e^^ sans péché, lui jette la première pierre.» Ils oubliaient, ce — " '~=^^ Juifs, que le roi David avait prédit de Jésus qu'il établirais -^"^
son règne par la vérité, "par la douceur et par la justice, S-^ -^*'
douceur était assez connue, il s'agissait de tendre un piège
sa justice. Mais sa réponse disperse ses adversaires, il ne dS^ ^KW pas : Ne la lapidez point ; il se mettrait en opposition avec \~ -t ' loi, il ne dit pas davantage: Lapidez-la; car il est venu chei :^ — '' cher ceux qui avaient péri. La voix de sa justice porte cett» ^^•^ — * sentence: « Que celui qui est sans péché lui jette la première"*" "^ pierre, s-
En peu de temps tous s'éloignèrent, il ne resta plus qu^ -^^-^ Jésus et la coupable, c'est-à-dire le Dieu de sainteté, la pureté '^ — infinie en face de l'impureté, de la souillure et du déshonneur- "■:^ -* Jésus va-t-il la foudroyer, l'écraser sous le poids de sa justice^ ^^ " ou l'envelopper de sa miséricorde et la purifier sous le soufflet X^ de sa divine grâce.
Alors, Jésus lui dit: « Où sont vos accusateurs? Personne*^ .cr~i ne vousa lapidé? — Non, Seigneur, personne. — Eh bien, lui dit*" « *^ Jésus, je ne vous condamne pas. allez, ne péchez plus. »
Et ne dites pas qu'en graciant cette femme coupable, l&^s> X^ Christ se montre favorable au péché, oh '.non, car il ajoute :x ^^ < Ne péchez plus »; et il joint à ce mot un regard de tendresse^^ ^^ et de douceur qui confirme la parole du psalmiste. Dulci's f^^'^^'^ reclus Dominus. (Ps. xxiv.)
Après la femme adultère, Jésus exerce son divin pouvoir des^^ ' miséricordieux pardon sur une femme connue dans la ville ^^=*" ""' comme pécheresse. Cette femme sachant que le Dieu des-^^^^ pécheurs était à table dans la maison d'un Pharisien, apporte -"^^^^ un vase d'albâtre plein de parfums, et se tenant derrière Lui, à ses pieds, elle commença à les arroser de ses larmes, et les
^^fessnyânt avec ses cheveux, elle les baisait et les oignait de ses ^H parfums.
^^ La perfection pharisaïque de Simon s'alarme et se scandalise de voir le crime approcher si près de Celui qui était réputé ' un saint prophète. Cette fois encore. Jésus pressent la pensée de son hôte, et par une parabole, obtient sa justification devant Simon. Sur sa réponse, Jésus lui dit : «Vous avez bien J"g«t c'est pourquoi je vous déclare que beaucoup de péchés sont remisa cette femme parce qu'elle a beaucoup aimé. »
jMors, il dit h la pécheresse:* Vos péchés vous sont remis. * Or. les convives se demandèrent: Qui est celui-ci qui remet rrifBme les péchés. Mais Jésus dit à cette femme: «Votre foi ^■"o us a sauvée, allez en paix I *
ie Christ qui lisait dans les cœurs avait lu tout le repentir e^cpiatoire de cette pécheresse. Elle bravait toute espèce de respect humain, en traversant la salle du festin, elle ne rougi ssait pas de sa douleur qui lui faisait verser tant de larmes, a.ia milieu de ce repas joyeux- Profondément convaincue de son indignité, elle se tenait derrière Jésus, avec toutes les "manifestations de la tristesse de son âme qui implorait le F»ardon les cheveux épars et les yeux baissés et inondés de pleurs.
Ah I c'est que ses yeux avaient eu toutes les concupis- *^ences, mais maintenant ils en éteignent le feu dans un déluge "G larmes. Ses cheveux avaient servi à rehausser la beauté de Son visage, et maintenant ils vont essuyer les pieds du Sauveur. ^3 bouche s'était ouverte à des paroles mal inspirées et ses *^Vres s'étaient prêtées à de honteux baisers, et main- ^^rianl elle baise les pieds du Christ et elle y imprime ses ^"Vres. Elle avait, sur son corps, usé et abusé de parfums avec *^ r» « prodigalité honteuse, et maintenant elle en fait un sacrifice *^ agréable odeur sur le corps du divin Jésus. Autantde jouissances coupables, autant d'holocaustes réparateurs. Ses vertus '^<:iuvelles font contrepoids à ses anciens crimes, et tous les ins- ^i~umentsde ses outrages envers la divinité deviennent des *'^slruments de pénitence pour se rendre agréable à Jésus "^^arit offensé. Dans son grand amour pour son créateur, la *^Tnme coupable va dépasser les vierges les plus vertueuses
et les plus aimantes. Quand le Christ pardonne au vrai repenti*. les Pharisiens n'ont pas lieu de s'étonner et de dire : Si ceV homme était prophète il saurait qui est celle qui le touche et que c'est une pécheresse.
Il est donc bien établi que Jésus s'est cru le droit de paf " donner les péchés, sachant que c'était un privilège qui n'aï>'' partient qu'à Dieu, et pour montrer qu'il n'usurpait pas fauss^^^" ment ce privilt-ge, il a confirmé la rémission du péché par J^— guérison des paralytiques. Or, ce pouvoir, il va l'exerc^^ malgré les clous, malgré les fouets et jusque dans les bras i^^ la croix et lorsque le bon larron manifestera le repentir, sera tout aussitôt absous par cette consolante parole :< Aujou^^ d'hui même vous serez avec moi dans le paradis. >
Et nous, Seigneur! quel espoir de pardon nous reste-t-fe^ pour nos innombrables péchés? Comment serons-nou -^ pardonnes ?
Ah ! c'est ici que les inventions de la miséricorde du Chri: sont vraiment admirables. Le royaume de Jésus serait-ii moins bien constitué que les royaumes terrestres ? Les rois e^ les empereurs, dans tous les endroits de leurs Etats, ont de justiciers, armés du glaive de la loi pour punir les coupables— Comme eux, Jésus qui veut avoir l'empire des âmes, aurse aussi des lieutenjints de ses miséricordieuses ■sentences; i laissera sur la terre avant de remonter au ciel des vicaires er des représentants qui, avec la même autorité, diront ati9< pécheurs repentants : Je vous absous ! Allez en paix et ne£ péchez plus !
Trouvez-moi dans le code judaïque une égale justice, une^ puissance pareille et une miséricorde semblable.
Où est le tribunal dressé par Moyse, sur lequel un pontifes viendra s'asseoir pour lever les mains sur les coupables et lesrenvoyer absous, juslilîés et sanctifiés? Ce que Moyse n'a, ■pas eu la mission d'établir, Jésus Ta établi au nom et par" Vautorité de sa puissance divine. Lisez cette scène incompatible si bien décrite dans le saint Evangile :
Aux environs de Césarée, Jésus interrogeait ses disciples tifmwiT voulant apprendre de leur bouche ce qu'on disait eL~ ,c ^'OB Misait de Lui. Ils lui répondirent: c Les uns disent:
ique vous êtes Jean-Baptiste, d'autres Elie, et d'autres Jérémie |pu quelqu'un des prophètes.
<Maisvous, leur répliqua Jésus, que dites-vous?» Alors Simon- Pierre prenant la parole lui dit: « Vous êtes leChrist, Fils du •ieu vivant. > Jésus lui répondit: « VOUS ÊTES BIEN HEU- "REUX, SIMON, FILS DE JEAN, parce que ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé ceci. MAIS MON PÈRE Q.ILJ1 EST DANS LES CIEUX; et moi, à mon tour, je vous dis que VOUS ÊTES PIERRE et que sur cette pierre je bâtirai
mou Eglise Je vous donnerai les clefs du royaume des
cic^ux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dai-ïs les cîeux et tout ce que vous délierez le sera aussi de "ti^ me. >
ï^ierre confesse la divinité du Christ et, en retour. Jésus
-■ '-•^ i donne la primauté sur les autres apôtres, l'établit chef de
*■ I^ glise qui bientôt sortira de son côté ouvert, comme la mère
*^*-^>. genre humain sortit du côté d'Adam, A saint Jean, Jésus
^-"^^ "nfia sa Mère, mais il confie son Epouse à saint Pierre, et
^*^^ mme l'amour de l'époux pour l'épouse l'emporte sur l'amour
*-* ^*^>. fils pour la mère, il donne à saint Pierre ce qu'il a de plus
*^ *^er au monde en lui donnant son Eglise. Puis il y ajoute
^■■- "«rie autre prérogative en lui confiant les clefs du royaume
*^ ^s cieux ; ces clefs sont la puissance et le droit de juger : la
*^Xiissance pour lier et délier avec le pouvoir de juger et de
*^~*- Sscerner, c'est-à-dire que ceux qui sont jugés dignes d'être
^^"Ijsous reçoivent de Dieu la rémission de leurs péchés. Et les
-S Xigements de Pierre sont irrévocables comme si Dieu les avait
ï^rononcés et le ciel les ratifie.
^ Comprenez la grandeur de ce pouvoir confié à saint Pierre
^■'^ar une comparaison : Saul a désobéi, il a épargné le roi Agaz
^H ^t quelques troupeaux (et encore c'était pour les offrir à Dieu
^P ^D sacrifice}. Le prophète Samuel s'afflige de cette faute, il
^M ■prÏG et crie toute une nuit pour obtenir le pardon du roi
^^L coupable et il n'obtient de Dieu que ces mots : Usqucquo tu
^^B luges Saûl cum projecerim eum. Pourquoi tant pleurer ce roi?
^^K Je l'ai rejeté. Et pourtant ce roi coupable avait confessé sa
^^K faute : Peccavil oui , j'ai péché I
^^ft Mais à la place de Samuel et de Saul, mettez devant Pierre
et ses successeurs uo CAIN, un JUDAS, ou même TAnlechrist, qu'ils avouent leur faute à saint Pierre et qu'ils s'en repentent. Pierre n'a pas besoin de gémir ou de pleurer; il c qu'à s'asseoir sur son tribunal et à dire : Ego te absoho, et les plus grands péchés de ce pénitent sont efîacés et remis.
Mais Pierre ne jouirfi pas seul de la puissance raiséricot' dieuse de pardonner les péchés. Jésus est trop débonnaire po"**"* ne pas multiplier les moyens et la facilité du pardon.
Entendez-le, après sa résurrection, s'adresser à tous s^^ * apôtres réunis : « La paix soit avec vousl Comme mon Pè:^^^ m'a envoyé, moi, aussi je vous envoie.» Ayant dit ces parole -^^' ii souffla sur eux et leur dit ; « Recevez le Saint-Esprit, ceux *
qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceu^^"—^ à qui vous les retiendrez, ils seront retenus.»
Sa mission toute entière a été une mission de miséricord^^^^^ il a prouvé qu'il était Dieu en pardonnant aux coupables "î ^ avant de quitter la terre, il veut prouver encore sa divinit z^t^ en créant des dépositaires de sa puissance. Us continueront L -^^C série de ses pardons envers les pécheurs, leurs occupations n» ^ms consistera que dans l'instruction : Allez, enseignez les nation .^ 1
et dans la réconciliation de l'humanité avec la Divinité : le' -^ ri
péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. Arrièr- ~ - ■ ) donc l'immolation des boucs, des taureaux et des génisse^^ -^^ Assez d'agneaux et de brebis ont été immolés. Les purifici Fsa--p -, tions légales vont cesser. Il ne s'agit plus dans le christifc ^, nisme de toutes les ablutions judaïques qui purifiaient i^^, corps et les empêchaient d'être impurs. La beauté des âmes ^^ la pureté des cœurs, voilà ce qui brille dans ce christianisn^rr^e loi d'amour et de pardon.