‹ Pour et contre les JuifsChapitre 4 sur 55 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

JÉRUSALEM A "ÉTÉ LE BERCEAU DE L'EGLISE ET LES FONDATEURS DU CHRISTIANISME SONT AVANT TOUT DES JUIFS

Si le catholicisme est une grande imposture, les Juifs en sont les auteurs. Jérusalem, la cité sainte, a été le berceau de la religion que les chrétiens professent. L'Evangile fut prêché aux Juifs avant de l'être aux Gentils. Saint Paul reconnaît avoir converti des milliers de ses anciens coreligionnaires.

Les douze colonnes de cet édifice colossal, qui s'appelle l'Eglise, sont douze pauvres pêcheurs galiléens. Le culte nouveau, qu'ils proposent au monde, est celui qu'il faut rendre à ce Juif qui se dit le descendant de David et le Fils du Roi dn \ Ciel.

Eh bien ! chers lecteurs, quelle grâce avez-vous de vous acharner contre nos saintes pratiques religieuses. Si elles ne sont qu'une erreur grossière, ce sont vos pères qui nous l'ont enseignée. Vous devriez prendre en pitié ceux qui ont été séduits et trompés par vos propres ancêtres.

Dites-nous alors vos sentiments envers les premiers sectateurs de cette religion nouvelle : Saint Pierre en convertit huit mille dans ses deux premiers discours, et le nombre des nouveaux convertis croissait de jour en jour jusqu'à l'époque des châtiments annoncés à Jérusalem. Quand les Romains, exécuteurs des vengeancesdivines, vinrent assiéger Jérusalem, les premiers chrétiens, les Juifs convertis, profitèrent des signes certains énoncés par Jésus-Christ et se souvinrent des avertissements qui leur avaient appris le moment où ils devaient quitter la Judée pour se retirer dans les montagnes ; et, au dire de l'historien Josèphe, nous savons qu'il ne restait aucun Juif converti dans la ville quand elle fut prise.

Ils étaient déjà nombreux les Juifs convertis au christianisme, moins d'un demi-siècle après son apparition dans le monde; or, si cette religion nouvelle était une grossière erreur.

comment les Juifs, gens intelligents et bien Instruits dans la religion de Moyse, ont-ils embrassé une doctrine, prêchée par douze pauvres pécheurs qui étaient réputés fous et insensés, et qui s'adressaient à des sages et à des savants ? Les princes des prêtres, les docteurs de la loi, n'étaient-ils pas plus forts d'esprit que cette poignée de Galiléens de basse extraction qui se laissait battre de verges?

Si les premiers prédicateurs s'étaient adressés à des princes puissants pour leur réclamer main-forte et planter, à main armée, la Croix et l'Evangile, nos adversaires pourraient attribuer leurs succès à l'effet de la terreur et à la puissance des armes: mais rien de tout cela n'a été employé, et néan-

Éoîns les orateurs, les philosophes, les têtes couronnées se ut inclinés devant ces pauvres bateliers.

IDu reste, il ne faut pas que la bassesse des instruments employés à la prédication de Jésus soit un motif de mépris pour les Juifs modernes. Avant les Apôtres sortis du peuple, il y en eut de plus nobles: les docteurs et les prêtres, interprètes des Saintes Ecritures, firent connaître au monde le lieu delà naissance de cet enfant merveilleux qui porta, parl'ordre d'un messager céleste, le nom de Jésus ; car, quand les Mages venus de l'Orient, pour adorer le nouveau Roi, voulurent le trouver, ils s'adressèrent à Hérode qui régnait alors sur la Judée. Le roi, à son tour, rassemble les interprètes et les savants qui répondent que Bethléem est le lieu où doit naître le Messie. Un pareil hommage rendu à la vérité ne devait pas rester sans récompense.

Dès l'âge de douze ans, l'enfant de Marie reste perdu pour Elle et pour son chaste époux pendant trois jours.

Après des recherches remplies d'angoisses, Jésus se retrouve au milieu des docteurs qu'il écoutait et qu'il encourageait. Sa présence, au milieu d'eux, est un acte de respect et de déférence pour la loi de Moyse dont ils étaient les interprètes, et un acte de reconnaissance envers ceux qui l'avaient confessé devant la cour d'Hérode et devant les mages venus de l'Orient, conduits par une étoile miraculeuse. L'enfant merveilleux plonge dans l'étonnement et l'admiration ces sages blanchis dans l'étude de la loi et des Ecritures, tant ses

questions et ses réponses dépassent celles, que peut faire un enfant de douze ans. A cet instant mille fois heureux pour eux, les docteurs de Jérusalem ne se doutaient guère de l'honneur qui leur était accordé, de posséder «R Dieu au milieu d'eux. L'Adolescent divin venait récompenser le témoignage qu'ils avaient rendu de lui, en proclamant que Bethléem devait le voir naître : Et tiiBethli^em non es minima. Il me reste à justifier le titre de ce chapitre. Quand je dis que les Juifs sont les premiers fondateurs du christianisme, je n'en reconnais pas moins que Dieu seul peut fonder une religion. Tout en reconnaissant Moyse comme fondateur du judaïsme, nous savons très bien que Jéhovah seul a pu se servir de ce grand conducteur du peuple de Dieu, pour transmettre aux Hébreux des commandements divins, des préceptes et un culte. Si les Juifs sont si admirateurs de Moyse, s'ils ont pour lui un respect profond, nous nous rangeons de leur côté pour saluer en cet homme extraordinaire et en ce grand thaumaturge, l'interprète et le dépositaire des révélations divines, aux hommes qui avaient soif de la vérité et de la connaissance de la vraie divinité; mais, pourquoi ces mêmes Juifs refusent-ils leur foi et leur respect aux disciples de Jésus?Moyse a prouvé sa mission par la foudre, le tonnerre etles éclairs qui ont fait trembler le Sinaï, mais il était témoin unique de la divinité parlant à l'humanité. Les Apôtres étaient douze pour affirmer leur communication avec Celui qui se disait le fits de Dieu. Moyse était seul sur le Sinaï, mais Jésus sur le Thabor était accompagné de trois de ses disciples, et les trois heureux témoins de la transfiguration en aperçurent deux autres (messagers célestes), qui venaient rendre hommage à l'Homme-Dieu: c'était Moyse et Elie, c'est-à-dire l'Ancien Testament dans les deux personnages les plus respectables, qui escortaient leur Seigneur et leur Maître, Celui qu'ils avaient annoncé. Celui dont ils avaient été les précurseurs; et pendant leur colloque, voilà qu'une voix du ciel se fait entendre au milieu de la nue. Le Père s'écrie: « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai mis mes complaisances, écoutezle. » Et dites-moi maintenant si le Thabor le cède en quelque chose au Sinaï. Moyse en descend avec des rayons lumineux

qui montrent aux hommes ses entretiens ineffables avec la Divinité. Mais la transfiguration du Sauveur et le témoignage de Pierre, Jacques et Jean, ne valent-ils pas le témoignage de Woyse, et puisque le ciel veut qu'on écoute le divin transfiguré, pourquoi depuis dix-huit siècles, ô Juifs, persistez-vous à ne point l'entendre, et pourquoi refusez-vous de prêter l'oreille, à son ineffable doctrine.

Le Dieu qui parla sur le Sinaifest le même qui se fit entendre sur le Thabor, non plus cette fois devant un seul témoin: tesiis unus, testis nitlliis, mais devant trois témoins qui plus lard rendirent témoignage par l'effusion de leur sang, et leur témoignage est digne de foi, car il faut croire à des témoins qui se laissent égorger. Us ne descendent pas du Thabor avec de nouvelles tables de la loi, ils ne brisent pas celles de Moyse, mais dans leur prédication ils perfectionnent les tables adorables et divines, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint qui leur enseigne une doctrine plus pure, plus sainte, plus élevée et pïus parfaite que celle de l'Ancien Testament. Car le divin fondateur du christianisme avait promis d'envoyer l'Esprit de » érité pour enseigner le monde, et il tint parole dès le dixième jour qui suivit son ascension glorieuse. Ah 1 quelle fut solenaelle cette heure bénie, où il fut donné aux Apôtres réunis ^"r la montagne, de contempler leur divin Maître franchissant les espaces et s'élevant, au milieu des nuées, pour aller s'asseoir ^ la droite de Celui qui l'avait proclamé son fils bien-aimé, et placer en son royaume, dans sa personne divino-humaine, l'humanité rachetée et réconciliée avec le ciel.

O vous qui me lisez, vous vénérez et nous vénérons avec vous le prophète Elle s'élevant dans les cieux, emporté sur un '^har de feu pendant qu'Elisée, son disciple, inconsolable de cette séparation, recevant le manteau de son maître, précieuse flèpouiUe qui en tombant sur lui, devenait le gage de cet esprit prophétique, qui lui était accordé. Les douze Apôtres plus heureux, en voyant disparaître leur divin Maître, virent deuxanges venant les consoler de cette cruelle séparation, en leur assurant qu'ainsi ils l'avaient vu monter, ainsi il revienitpour juger l'univers. Plus généreux qu'EUe qui ne donna t^s son manteau, Jésus laisse à ses Apôtres des grâces qui

créent non seulement un prophète, maïs des milliers d'Elisées et do prédicateurs qui vont se répandre à travers le monde et l'illuminer de sa divine et céleste doctrine. El ces grâces ne se font pus longtemps attendre.

Arrive le jour de la Pentecôte. En ce jour éternellement inémornblc parce qu'il donne naissance à an coite nouveau, h une roliKion nouvelle, des langues semblables à du feu Idinlipiit fturlut) Apôtres, et tout à coup ces hommes timides dvvlonnoiit Intrépides comme des lions. Ils sont remplis du Niiliil Itnprlt, qui les plonge comme dans une sorte d'ivresse opll Iturllo, v\ lus pn-micrs témoins de ce spectacle inaccoutumé •'<^*'lliinl on lo voyant : Ces hommes-là sont gorgés de moût.l IUritiit(<i tiilomiite, car ceux qui la profèrent ne s'aperçoivent! l'il* qn'uM phl un printemps, et qu'à celte saison on ne ren-i ii"lilrn iiullo piiil lp plus légère trace de moût. '

li'iiulrmijiiirit, mieux avisés, ne peuvent résistera l'évidence ilw» hilU l'I h l'éclnt piilpitant des miracles, se convertissent "Il Mi'iiid iinnilM'o; ciir il en fiiilut des miracles pour convertir IMin puillii Ui) In Judée et une partie du monde entier, puisque lu < niivomliiii do tiint do peuples divers, si elle eut été opérée iitim inlriuli»», «ulété le plu» grand des miracles, et la converliiiil Hu Cliiiiit lut h1 réelle, si profonde, que des siècles de (muAiulldii, d'Iiérénio et d'iittnques infernales de tout genre ii'mit pu luiéiinlir ce cliristinnisme, qui est plus florissant que llllilttlti ol qui lo dovlcndrii encore plus, au jour mille fois ttAllI iid lit multitude des Juifs, répandue sur toutes les plages (lit iiiMmli'i iir t'finvei'thrt et embrassera la religion chrétienne, tItiViMMIIil t\ miii tour plu» cnlholique que les catholiques rtvUtt'It, Itnil HOU éliin et «on ardeur seront grands, tant ses VIIUVIvUmiiié Honml «huére» après que Dieu leur aura arraché W tiiUuliMMi qui u)uvrc leurs yeux.

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