CRUCIFIEMENT ET MORT DE JESUS
Nous sommes circonscrits dans un cadre trop étroit poiz nous étendre davantage sur mille détails du prétoir^^
de la prison et de la colonne de flagellation, où noiz
aurions contemplé la sainte et divine victime gisante »baignée dans son sang. Pilate la trouvait si attendrissant- ^ qu'il la montra au peuple en lui disant : Ecce Homoîpt ^ suadé que le spectacle de l'iiomme de douleur, que les ang»- : contemplaient en pleurant, attendrirait cette vile popula»> ivre de sang. Mais rien n'y tit. Les cris redoublés du crucij,^^
gaturlui arrachèrent la sentence de mort contre Jésus. No-^ — i serions longtemps à parcourir le chemin qui conduit ^^^ a Calvaire si nous méditions ensemble sur la rencontre ^— d, Jésus et de sa très sainte Mère, sur les filles de Jérusalem q__^Bu,
le suivaient en pleurant à chaudes larmes et la femme pieu ;se
qui, avec un linge à la main, traversa la foule pour arriv-- er jusqu'à Jésus afin de lui essuyer son visage ensanglanté, cc^ uvert de sueur, de sang et de crachats. Nous voudrions vc^- us montrer Simon le Cyrénéen, aidant Jésus à porter sa crcu^^i.'c sous le poids de laquelle il était tombé trois fois, et nc^ "us agenouiller en esprit au milieu de la boue à laquelle le sa:, "^^g divin était mêlé, afin d'adorer ce sang qui, en vertu de TunL ^E=in hypostatique, restait toujours le sang d'un Dieu sur les pa'w^^ és de Jérusalem, parce que la divinité n'en était pas séparée,
Hfitons nous d'arriver au sommet du Golgotha, le specta * n'est pas moins triste et douloureux. Sa robe, sans coûta. 3 lui avait été rendue pour couvrir ses épaules déchirées, tn ^ la pression de la croix l'avait pour ainsi dire collée suir chair sacrée et quand ses boureaux voulurent le remettre à ' pour le clouer sur la croix, il fallut à nouveau déchirer chair adorable pour détacher de son corps cette robe qixi était collée. Toutes ses plaies se rouvrirent et le sang en s<
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f tit avec une nouvelle abondance. Mais ce n'était que le prélude \ des déchirements du crucifiement, car les compagnons de Jésus, t qui avaient mérité la mort pour leurs crimes, furent suspendus là leurs croix avec des cordages. Les bourreaux jugèrent le 1 Christ indigne d'un semblable ménagement, ils prirent des I clous qui assouvissaient mieux leur rage et leur fureur. 1 Détournons nos regards des cruelles inventions de la cruauté I de ces bourreaux inspirés par l'enfer, mais prêtons l'oreille r quand la divine victime est élevée entre le ciel et la terre; sur cette nouvelle chaire elle fait entendre des enseignements tels l'que le monde n'en a jamais entendu de pareils. Jésus profère I sept paroles qui rempliraient des volumes si on les méditait à l'aide des commentaires qui en sortent tout naturellement.
Elles sont comme les cordes d'une lyre plaintive, harmonieuse, qui résonne sous les mains défaillantes du divin moribond. Ah! chers lecteurs, si vous les méditiez sans partipris, vous ne résisteriez certainement pas à leurs sublimes leçons, vous tomberiez dans l'extase et l'adoration devant la victime de vos pères. Allez les relire dans les saints Evangiles, car je ne vous citerai que la parole de Jésus relative â ses bourreaux : Mon père, s'écrie le divin mourant, pardonnezleur car ils ne savent ce qu'ils font. — O prière sublimel Clîerchez la pareille sur les lèvres des victimes innocentes ou coupables de la justice humaine et vous ne la trouverez pas, j'en excepte celle de saint Etienne lapidé pour le Christ.
Quand la mort plane sur la tête des suppliciés, quand ces infortunés se tordent dans les spasmes des tortures et de la mort, peuvent-ils exhaler une prière aussi touchante que celle du pardon pour leurs bourreaux?
Ceux du Christ étaient des monstres à figure humaine, des tigres féroces qui avaient joué avec leur victime en se moquant d'elle, avant, pendant et après les déchirements de la flagellation. Et pourtant il prie pour eux et pour la nation malheureuse qui l'avait livré à des mains aussi cruelles, et il ajoute le motif de sa prière : car ils ne savent ce qu'ils font. Ah I s'ils l'avaient su, ils eussent épargné leur Dieu et Satan lui-même .ne le savait pas. Car le sachant il ne se serait pas attaqué à celui dont la mort allait détruire son empire. Les Juifs ne
savaient pas davantage qu'ils crucifiaient leur Dieu, leur Créateur, leur Sauveur, car au lieu de le crucifier ils l'auraient adoré.
Mais après une expérience de i8 siècles, les preuves de la divinité sont faites, il n'est plus possible de la contester.
Je défie les Juifs qui feraient des recherches et des études consciencieuses de rester avec le plus léger doute à cet égard, je défie les Juifs qui sont de bonne foi et qui ont un cœur sincère et loyal, de lire les homélies sur saint Mathieu par saint Jean Chrysostome sans se sentir émus et bientôt gagnés au christianisme ; mais il faut aller aux sources véritables, interroger les livres inspirés. les évangélistes, les épîtres de saiat Paul. Car que diriez-vous d'un libre-penseur quivoudrait étudier l'histoire du peuple de Dieu ailleurs que dans Moyse et les prophètes r" Ce n'est ni Demosthène, ni Cicéron, ni Confucius, ni Mahometqui parleront dignement des tables du Sinaî ou du passage de la mer Rouge; et maintenant regardez un autre spectacle : Marie-Madeleine est agenouillée au pieds de la croix qu'elle étreint de ses bras purifiés; sa tête reçoit les gouttes du sang de celui sur les pieds duquel elle a versé ses parfums ; et Marie l'auguste et douloureuse mère du crucifié se tient debout, sous les bras de la croix ; Jean, le disciple bien-aimé, le seul qui ait accompagne le divin Maître, se trouve près de celle qui va devenir sa mère adoptive, et qui en l'adoptant devient la mère de l'humanité coupable et surtout de cette portion infidèle du peuple Juifs.
Aussi, pour aller à Jésus, commencez, ô Juifs, par va adresser à sa mère, elle vous prendra comme par la main etv remettra dans les bras de son fils. Vous êtes les enfants de î douleur, elle vous aime tendrement et voilà ce qui explique les étonnantes et merveilleuses conversions juives qui se produisent dans tous les siècles de l'Eglise et sur toutes les plages de l'univers. La céleste bergère ramène tant qu'elle peut des brebis au bercail du divin pasteur. Vous n'êtes pas plus scélérats, ni plus criminels que le bon larron. Marie a obtenu sa grâce ; après avoir été un homicide et surtout le blasphémateur du Dieu crucifié, il a demandé un souvenir du roi, lorsqu'il serait dans son royaume, et il a obtenu l'entré»
et la prise de possessioD de ce paradis dont ses crimes l'avaient excl u .
Vous avez peut-être trempé vos mains dans des tripotages financiers, mais jamais dans le sang humain ; vous n'êtes que des aveugles ou des entêtés endurcis (entêtement n'est pas science). Puisque la science vous manque, vous êtes enveloppés dans la prière du Christ ; pardonnez, car ils ne savent ce qu'ils font. N'est-il pas vrai que si le savoir vous était donné vous vous convertiriez, vous ne voudriez pas savoir de science certaine que le Christ est le Messie, et continuer à le méconnaître, le renier comme Pierre, le persécuter comme Saul. Nous avons vu Zachée monter dans un arbre pour Cûcinaître Jésus : à vous je conseille de vous mettre à genoux et de faire cette prière : O Jésus mort en croix! si vous êtes le Messie promis et si cette croix est capable de m'ouvrir le ciel, faites que nous vous adorions et que nous vous bénissions, puisque c'est par votre croix que vous avez racheté le monde. Recueillons-nous et prêtons l'oreille aux dernières paroles qui vont tomber des lèvres mourantes du Christ : Cotisummatum est ! dit-il, tout est consommé, c'est-à-dire le rachat est accompli, les prophéties sont réalisées, la colère du ciel est apaisée, la divinité est réconciliée avec l'humanité, Satan est refoulé au fond des abîmes, le ciel est ouvert sur nos têtes, les feux de l'enfer ne peuvent plus nous atteindre. Le Père céleste est désarmé, son courroux est apaisé, les iniquités de la terre sont eifacées, le monde est sauvé. Alors Jésus pousse un grand cri, il incline la tète et il expire. Quand la mort nous frappe, notre dernier souffle s'exhale dans le *lence, mais Jésus, le maître de la vie, pousse un grand cri, incline la tête, car sans cela la mort n'oserait le frapper : tout aussitôt la terre tremble, le soleil s'obscurcit, les ;s ressuscitent et se montrent dans Jérusalem. Si ce crucifié-là est une victime ordinaire et humaine. Dieu 'evaii-il se faire le complice de l'erreur et tromper ainsi Humanité? Mais puisqu'il est Dieu, quoi d'étonnant que le soleil se cache et refuse sa lumière, devant le crime du Vieille, que les rochers se fendent et montrent ainsi que l'insensibilité des Juifs est plus grande que celle de la pierre I
Mais un plus grand tressaillement s'accomplit dans li entrailles de la terre où les âmes des justes attendent le jour! de leur délivrance; l'âme de Jésus descend dans les limbes et va' consoler tous les justes de l'Ancien Testament.
Cependant un dernier outrage restait à accomplir envers la sainte et divine Victime. En approchant des trois crucifiés, la mission des bourreaux était de les achever s'ils respiraient encore : leur sinistre besogne dut s'exercer sur les deux larrons ; mais Jésus ayant rendu le dernier soupir, un soldat se contenta de le frapper au cœur d'un coup delance, coup insensible pour le divin crucifié qui était mort; mais coup terrible pour son auguste Mère, qui en ressentit le contre-coup dans ses entrailles maternelles. O mères! vous qui rendez les derniers devoirs avec tant de sollicitude à vos enfants que la mort a touchés, vous comprenez ce qu'eut de terrible pour le cœar de Marie ce coup de lance dirigé sur la divine poitrine de son Jésus. Et maintenant, approchez, Nicodème et Joseph d'Arimathie, avec la permission de Pilate, pour rendre les honneurs de la sépulture au divin corps. Détachez-le de sa croix avec toute la délicatesse de la plus respectueuse tendresse et remettez-le à son auguste Mère. 11 te revient ce fils, ô Mère infortunée, comme revint un jour à son père le pauvre enfant prodigue; et ton fils unique, ton Dieu bien-aîmé te revient après avoir été prodigue de sa vie et de son sang. Ses prodigalités envers des ingrats, des frères dénaturés, ont produit la mort, et c'est dans ce pitoyable état que Nicodème et Joseph le déposent sur tes genoux maternels. Quelle différence entre les soins que tu lui prodiguais aux jours de son enfance et ceux d'aujourd'hui, où il te faut laver ses plaies, fermer ses blessures, et au lieu de langes l'envelopper dans un linceul !
Quand ce divin corps défiguré par les coups de la flagellation et par le coup de la mort eut reçu les derniers honneurs funèbres, un cortège se forma pour conduire dans un sépulcre neuf le fils de Marie, et le soir approchant, la pauvre mère affligée laissa son trésor dans le rocher où il avait été déposé, et pour s'en retourner chez elle elle dut repasser par le Calvaire où s'était accompli ce drame si lugubre et si douloureux
de la sainte passion de Jésus : elle y aperçut la croix renversée, gisante à terre et encore mouillée du sang <Je son Fils et de son Dieu. Alors elle s'agenouille la première devant l'instrument honteux du supplice que Jésus allait rendre glorieux, puis elle déposa un baiser sur cette croix empourprée du sang divin, et quand elle en détacha ses lèvres elles étaient rougies du sang de son bien-aimé.