QVE FAIRE COSTBE LES JUIFS
Tout nous est il permis contre ceux qui croient que tout leur est permis t-ontre nous? Il y a un parti parmi nous qui croit que jamais nous ne serions trop faire contre eux, A ceux qui sont de cette opinion, nous donnerons ce petit avis. Prenez garde à leur armée de réser\e qui les défend et qui leur sert d'arrière-garde pour leur donner la victoire après leur défaîte-
Remarquez que nous ne disons pas que les Juifs aient droit à une sorte d'immunité, comme nos parlementaires, mais nous ferons remarquer à ceux qui embouchent la trompette de la répression, des représailles et des vengeances contre la race d'Israël, qu'ils doivent avant de crier : Sus aux Juifs ! ou guerre aux Juifs! ou aoéântissoDS les Juifs! considérer que ces remuants individus, avec leur intempestive audace, leur ruses et leurs assauts au capital, sont, malgré leurs défauts et mênie leurs vices, les enfants du Père qui estaux cieux : Or, quoique les Juifs soient en révolte contre Dieu et son Christ, quoiqu'ils soient l'objet des colères et de la malédiction divines, il se passe entre eux et le ciel courroucé ce qui se passe entre un père justement irrité et un fils que son père châtie. Allez vous interposer entre ces deux personnages, essayez de vous mêler au châtiment que le père exerce contre son fils ; tout aussitôt vous verrez le père désarmé contre le coupable, se tourner contre vous et vous demander raison de votre ingérence dans ses châtiments envers son fils, et si vous lui répondez que la conduite indigne de ce fils soulève votre indignation et que ce fils dénaturé ne saurait être trop puni, le père vous répliquera : Ce fils est à moi et je vous défends d'y toucher.
Ce que nous disons est si vrai, que quand un tribunal 1 duit à sa barre un fils vagabond ou prodigue, vous vi
même temps le père venir avec larmes, non seulement implorer l'indulgence, mais même réclamer le coupable pour le soustraire à toute espèce de châtiment, de la part de la justice humaine.
Ceci posé, nous dirons que la vengeance est à Dieu et non pas à nous. Dieu veut bien chStier les Juifs; mais il n'a pas remis entre nos mains la verge de sa justice. Loin même de nous autoriser à les punir, selon nos vues courtes et humaines, il les prend sous sa protection et leur promet d'être l'ennemi de leurs ennemis et d'affliger ceux qui les affligeront. (Exod., xxill). Nous reconnaissons pourtant que les Juifs font du mal au christianisme et à ceux qui en font profession. En cela ils sont souvent entre les mains de Dieu les instruments du cbâtiment que nous méritons. Les Juifs ne sont aussi puissants contre nous que depuis que nous cessons de le servir avec cette ancienne fidélité qui nous avait mérité ce titre dont la France était fière, celui de fille aînée de l'Eglise. HélasI depuis un siècle, que d'apostasies parmi nous! Nous ïvions une épée pour défendre les droits de Dieu partout où ils étaient attaqués. Maintenant nous nous unissons aux pires ennemis de Dieu et de l'Eglise. Nous n'en sommes plus il compter nos défaillances, nous rougissons de Dieu, nous n'osons plus prononcer son nom dans nos tribunes et dans nos Parlements, Nous avons fait à Dieu un nouveau genre «l'existence, le genre neutre, et la neutralité entrée dans nos lois est obligatoire pour les catholiques, mais elle est facultative pour nos adversaires qui ont le droit de faire des Mcursions sur notre terrain pour faucher ce qui leur déptait et blasphémer ce nous adorons.
Est-il étonnant que Dieu se serve des Juifs pour nous châtier, comme jadis il se servait des Philistins et des nations étrangères pour punir les Juifs quand ils tombaient dans l'idolâtrie?
Depuis que le flot d'irréligion pusse sur notre patrie, depuis que le flot montant de l'impiété a fait reculer l'Eglise dans ses temples où il la tient confinée, depuis ce temps, le flot de la race Israélite se répand et occupe la place de Dieu à qui nous ^^onnons congé. Car maintenant on ne craint pas de dire que
Dieu est le mal et, pour mieux détruire ce mal, ÎI est recotn- ' mandé de s'attaquer au iiatholicisme qui est le principal défenseur de Tidée de Dieu, et nous avons entendu ce cri : Il faut étoufTer le catholicisme dans la boue! Et nous laissons faire, nous assistons les bras croisés à ce duel entre le christianisme et l'athéisme. ,
Dieu se retire de nous et nous laisse à nos propres forces. De là le mal dont nous souffrons et dont nous sommes les auteurs par noire indifférence religieuse. Ne nous en prenons donc plus aux Juifs. Si nous combattions contre eux, Dieu combattrait contre nous. Ils sont assez châtiés depuis leur ruine et leur dispersion ; et inaintenant Dieu les garde, par sa Providence, comme il les a toujours gardés. Le souvenir de leur passé nous est un gage de leur avenir. Quand Dieu les châtiait dans le désert par un séjour de quarante années dans la solitude et par une vie errante, avant leur entrée dans la terre promise, il multipliait les miracles pour leur conser\'ation. Toutes les créatures ont été mises à leur service. Leur genre de vie présentait des phénomènes étranges, inouïs. C^ peuple n'avait ni marchés publics, ni transactions commet — ciales. ni monnaie à donner pour échange, nul besoin d.^ tracer des sillons, de manier la charrue, d'ensemencer; I^ s changement des saisons, les rayons du soleil, les vents et Tl^a pluie étaient pour lui sans importance; le bois et le feu ir-»e lui étaient d'aucune utilité, il n'avait besoin ni d'étoffes, -ni de maisons, ni de chaussures. La table toujours prépar -^e d'avance n'exigeait ni sueurs ni travaux. La manne, sa-xis cesse renouvelée, n'imposait aucun effort, aucune sollicitucie. Les habits résistaient à l'action du temps et les pieds a-tix fatigues d'un si long voyage.
Quant aux médecins, aux remèdes, il n'en était nullement question; dans leurs tribus, dit David, il n'y avait pas d'îo- , firmes. {Ps. 104, 37.) La nuée protégeait«leur marche, i« colonne de feu les éclairait et les dirigeait. La mer s'ouvrit devant eux pour les faire échapper a leurs persécuteurs et devint le bourreau de ceux qui voulaient les exterminer. Pour ce motif et à ce souvenir, nous ne conseillerons jamais à personne de poursuivre les Juifs.
rlërons-nous de leurs batailles qui ne leur coûtèrent pas une goutte de sang? Ils semblaient mener des chœurs joyeux plutôt que faire la guerre tant leurs triomphes étaient aisés; le son des trompettes et le ehant des hymnes leur suffisaient pour mettre en déroute leurs ennemis.
Et cependant, après avoir été Tobjet d'attentions généreuses
et providentielles, après tant d'ineffables bienfaits et de
miracles, après une éducation aussi constante, après tant
«i'enseignements par la parole et par les faits, tant de victoires
éclatantes, tant de trophées inouïs, après avoir été nourris et
abreuvés avec une telle munillcence, après avoir obtenu une
telle gloire aux yeux de tout le genre humain, voilà que par
, une affreuse ingratitude ils demandent qu'on leur fasse des
ipux. Etrange et abominable conduite, capable de dégoûter
un père moins miséricordieux. Mais le Seigneur qui les
{«ombles de ses bienfaits va bientôt les en accabler. Il leur
Wne un temple, un autel, l'arche, les chérubins, le propi-
loire, le voile, un sacerdoce, des cérémonies, des sacrifices
latin et soir, des oracles, des morts qui parlent comme des
hrants, une loi sainte dans leurs mains, écrite sur le frontis-
pces de leurs demeures : Eh bien, malgré tant de faveur, ils
' placent des idoles dans leur temple, une des sept merveilles
(fu monde; ils sacrifient leurs fils et leurs filles, et ces exé-
i^rables sacrifices et une foule d'actes insensés se commettaient
^ peu près partout dans la Palestine. O vous qui nourrisez le
^Tï épris, la haine et la vengeance contre les Juifs, avouez que
l^os Juifs modernes se sont singulièrement adoucis (toujours
* VI contact du christianisme), et que maintenant ils ne sont
t*lus capables de tant de férocité et de cruauté.
Malgré leurs anciens forfaits, voyez si Dieu les abandonne.
*— aloi de Moyse n'en a fait rien de bon; Dieu va-t-il se tourner
"^«rs une autre nation pour en faire son peuple? Oh! non,
*^'esl encore la Judée qu'il contemple du haut des cieux pour
y envoyer son Fils qui sera le Messie et le Sauveur du
monde.
Et quand ce Messie est immolé, par leurs mains, crucifié ?ar leurs cris de mort. Dieu, lassé, les livrera à la honte, à la Infusion, à l'opprobre; ils les dispersera aux quatre coins du
monde, mais i! veillera sur eux avec sa Providenc^rocg™" ancienne et toujours nouvelle. L'épreuve de la confusion durera pendant des siècles; mais après cette épreuve, le Dieu d'Israël se souviendra de ses anciennes miséricordes et, en attendant le jour de réternelle réconciliation, il les protège comme Caîn, qu'il laisse trembler toute sa vie, mais qui échappe à toute vengeance humaine, à toute condamnation età la peine de mort.
El nous, par respect pour la sentence de Dieu sur les Juifs, oserons-nous porter une autre sentence contre eux que celle de Dieu. Puisque Dieu ne veut pas la mort du peuple déicide, mais qu'il se repente et qu'il vive, qu'avons-nous à faire? Serait-ce une croisade d'extermination et de mort? Oh! non, une seule nous est permise, c'est la croisade des vœux les plus ardents et les plus sincères pour leur conversion. Il y a toujours parmi eux des restes précieux que Dieu veut ramènera son Christ. Ne dites pas qu'ils sont avares, cupides, égoïstes et entachés de tous les vices; ceux que le Christ convertissait pendant sa vie mortelle ne valaient pas mieux, ils étaient peut-être pires que ceux qui se convertissent à travers les siècles.
Nous avons parlé souvent et longuement de Paul le persécuteur et le blasphémateur : pourquoi ne parlerions-nous pas de Mathieu, l'homme cupide et plein de rapines. Le blasphémateur ne demeura pas blasphémateur, il devint apôtre; le voleur ne demeura pas non plus voleur, il devint évangéliste. Rapprochez leur iniquité passée de leur vertu présente, et vous ne désespérerez plus du salut des Juifs. Qu'est-ce donc que la charge de publicain? Une rapine légale, la violence sous la protection du pouvoir, l'injustice se couvrant de la majesté des lois ; le plus terrible des voleurs c'est le publicain. Cette charge est un bourreau prenant la place d'un médecin. Les lois sont faites pour guérir, ici elles tuent; su lieu de cicatriser la plaie, elles l'aigrissent. Le voleur rougit quand il vole ; le publicain vole en toute sécurité et confiance. Et pourtant, voici le publicain qui devient tout à coup up évangéliste.
En passant, Jésus vit Mathieu assis à son bureau et lui;
< Viens à ma suite. » {Math., ix, v. 9). O puissance de la parole du Christ! Il était dans les profondeurs de l'iniquité et il vint aax sommets de la vertu. Après cet exemple, est-il permis de désespérer du salut d'un Juif, fut-il avare et cupide? Mathieu se levant, le publicain suivit le Christ. La boue fut aussitôt changée en or.
Dieu peut encore tirer de la race maudite des évangélistes, des apôtres, des ravisseurs du Paradis et des adorateurs comme il le fit de Paul, du larron et des mages.
£t maintenant, révangéliste va nous raconter un autre prodige de conversion qui s'impose à l'examen et aux léllexions des dames juives, t Jésus venant dans le pays de Tyr et de Sidon. et voilà qu'une femme, c'est-à-dire l'arme antique du diable, celle qui chassa l'homme du paradis, cette femme s'approche et les Juifs s'éloignent, cette femme venant de ces contrées l'implore et lui dit : Seigneur, fils de David, ayez pitié de moi ! Est-ce un évangéliste que cette femme qui confesse la Divinité et l'Incarnation : Seigneur! c'est donc un Dieu. Fils de David ! un Dieu incarné. Ayez pitié de moi. — Quelles sont vos bonnes œuvres? — Oh ! je n'en ai pas, j'ai recours à la miséricorde, je viens au port ouvert aux pécheurs, j'implore la pitié divine qui oublie les rigueurs de la justice. — Ayez pitié de mol ! parole bien simple, mais qui trouve l'immense océan du salut. — Que te faut-il? — La misérif. corde. — Que souffres-tu? — Ma fille est extrêmement tourmentée par le démon. — Elle n'amène pas la malade au médecin; elle n'apporte que sa foi. Ses plaintes sont amères, son cœur maternel est déchiré, ses entrailles sont bouleversées. — Que faire? Je suis perdue. — Pourquoi ne dis-tu pas : syez pitié de ma fille? — Ma fille n'a pas le sentiment de soq mal, elle ne sait pas ce qu'elle souffre, elle ignore sa propre douleur. Ayez pitié de moi, qui vois chaque jour ce douloureux spectacle; ma maison est le théâtre d'une bien cruelle calamité. Mais où fuir? Au désert. Comment la laisser seule? Rester avec elle la scène est désolante. Que vous dire ^emon enfant : Qu'elle est morte? Non! car elle se meut; qu'elle est vivante? Ah! elle ne sait ce qu'elle fait. Si elle était morte, je serais moins malheureuse, le temps eut calmé
ma douleur et cicatrisé ma blessure ; j'ai perpétuellement sous les yeux un cadavre qui ne cesse d'augmenter ma souffrance. Comment voir une fille chérie tourner les yeux, se tordre les mains, les cheveux épars, l'écume à la bouche, en butte aux coups d'un invisible bourreau, qui ne se manifeste que par les coups qu'il frappe; quelle affreuse tempête! La souffrance et la terreur. Je n'ai pas le courage de m'approcher ni de la toucher. La souffrance m'attire, la douleur me retient. Ah! ayez pitié de moi ! »
Vous comprenez sa douleur, ô vous qui êtes mères.
Et Jésus, toujours si débonnaire, ne lui répond pas un mol. lui si prompt à soulager les malheureux. Cette femme vient lui raconter ses malheurs avec de profonds gémissements, elle les retrace avec larmes, et Jésus garde le silence. Les disciples sont obligés de lui dire : Voyez-la, car elle ne cesse de crier après nous. Sans doute, qu'elle suivait d'abord le Sauveur, et puis voyant qu'il ne répondait pas, elle passe devant lui et se prosterne à ses pieds, comme un chien lèche ceux de son maître, Renvoyez-la, disent les apôtres, elle se donne en spectacle, elle attire les regards. Eux ne voyaient que le tableau d'une douleur humaine, mais le Sauveur découvrait son amour maternel et voulait en plus la sauver. Alors, il répond : « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. » Quoi, Seigneur ! vous ne vous êtes fait homme et n'avez accompli des œuvres si merveilleuses que pour sauver un petit coin du monde, nous pensions que les nations vous avaient été données en héritage, car Isaïe a dii: « Les nations espéreront en Lui ; » et Jacob s'est écrié : « 11 sera l'attente des nations » ; et quand cette femme si digne de pitié vous prie pour sa fille, vous répondez: Je ne suis venu que pour les tribus d'Israël. Mais il fallait qu'avant d'agir en Dieu, le Sauveur se montrât le strict observateur de la loi mosaïque, qu'il avait donnée aux Hébreux et qui ne leur permettait aucun commerce avec les Chaoanéens, tant ils étaient abominables, impies, impurs, immondes et criminels. Aussi. Nottc- Seigneur commence par refuser d'entendre la ChananéeDO^
qui sor
tait d'un pays c
lient les fréi
ieset les imm
1 regnaie où l'humanité était rabaissée au niveau desbèles,40us'''
empire des esprits de l'abîme. Or, avant de détruire la loi, il doit l'accomplir et se mettre à l'abri des accusations des Juifs. Son respect pour la loi lui fait retarder le salut de la pécheresse ; il ferme la bouche à ses accusateurs en augmentant le mérite de la suppliante.
En entendant la réponse du Sauveur à ses disciples, cette femme se jette à ses pieds et l'adore, et pour toute récompense il dit : t II n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. »
Ecoutez la réponse de la Chananéenne, c'est une lutte magnanime entre la force et la faiblesse. « Oui, Seigneur, vous m'appelez chienne, pendant que je vous appelle Seigneur, vous me couvrez de honte pendant que je vous glorifie, j'accepte ce nom, pourvu que j'obtienne la nourriture des chiens. Or, vous savez que les petits chiens se nourrissent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Et puisque vous m'appelez chienne, donnez-moi des miettes et devenez à votre tour l'avocat de ma demande. j<
Et le bon Sauveur change tout à coup de conduite, il devient le panégyriste de cette femme, car il s'écrie: « O femme ! que ta foi est grande I » Au lieu de la mépriser et de la repousser, il exalte son mérite. Tu n'as pas vu les morts ressusciter, les IiSpreux guéris ; tu n'as pas connu la grande voix des prophètes, ni vu la mer divisée, nj aucun de mes miracles. Bien plus, j'ai fait semblant de te mépriser et de te repousser, je suis resté sourd à ta voix suppliante et aux cris de ta souffrance, et tu ne t'es pas éloignée, tu as persévéré dans ta prière. Reçois doQc tous mes éloges, tu les a bien mérités. O femme! que la foi est grande, qu'il te soit fait comme tu le désires, c'està-dire guéris ta fille, soid son médecin, que sa guérison soit l'œuvre de ta volonté. Et sa fille fut guérie. Quand? à la fuîme heure, et quand elle rentra dans sa maison elle ne Irouva plus une démoniaque, mais une fille bien-aimée guérie, et guérie par sa volonté,
Juives, ô mères plus heureuses que la Chananéenne, "ûus n'êtes pas dans un pays aussi perverti que le sien. Vous n'avez pas de filles démoniaques. Votre nation n'est pas aussi accablée de vices que celle des Chananéens, et pour tous ces