LA FOI SEULE PEUT EXPLIQUER LA MARCHE PROVIDENTIELLE
A l'Égard des juifs
Le chapitre que nous ouvrons ici est tiré de la chronique religieuse des Pères de Picpus, qui, dans leurs Annales mensuclles du 5ii£:r£-C<r(//-, ont traité en abrégé la question juive. Le numéro de septembre iSq"^, a pour titre : Plan de Dieu a V égard des Juifs, d'après saint Paul. Les chrétiens et les Juifs sont deux frères qui doivent se réconcilier (comme Esaù et Jacob), Dans l'histoire contemporaine, on voit le Christ chassé, et le Juif introduit parla Révolution.
Pour être libre, dit le rédacteur de cet article, le genre humain ne se meut pas au hazard. Comme à l'Océan, dont les vagues mobiles semblent répugner à toute loi, il lui a été dit par le môme Maître : Tu viendras ici, et comme l'Océan, l'humanité obéissante, brise au grain de sable qui lui a été assigné ses vagues orgueilleuses. Les hommes vont où Dieu les mène.
Mais qui nous apprendra le terme ou doit aboutir l'humanité? Les savants l'ignorent. Plus heureux, les chrétiens connaissent le secret mystérieux qui a été consigné dans leurs saints Livres. — Le Christ, fils bien-aimé de Dieu, a reçu les nations en héritage ; tout se meut autour de lui. A PRO- PORTION QU'ON L'APPROCHE ON ENTRE DAf^S LA GLOIRE ET DANS LA BÉATITUDE; quiconque lui est indifférent, ne compte pas; quiconque le combat et l'outrage est voué au MALHEUR et à L'IGNOMINIE.
Pour amener au Christ, Messie des Juifs, Sauveur des chrétiens, les élus pour qui tout à été fait, omnia propter clectos, Dieu qui gouverne le monde a posé comme un levain dans l'humanité deux peuples, deux frères, le peuple Juif et le peuple chrétien ; l'aîné qui longtemps a été seul, le puîné longtemps combattu par son frère jaloux, lesquels doivent un
^Tfcur après l'embrassement de la réconciliation travailler de concerta établir le règne du Christ dans le monde, prélude de son règne dans l'éternité,
Abraham, le père des cro3'ants, la vraie figure du Père qui règne dans les cieux, eut deux fils, dit saint Paul; l'un de l'esclave Agar, l'autre de la femme libre Sara, ce qui est une allégorie : ce sont les deux Testaments, (Ep. aux Gai.) Le Juif
I qui est l'aîné, est le fils aîné Ismaèl, jaloux de la bénédiction réservée à Isaac, persécutait son jeune frère. Sara, la reine,
' figure de l'Eglise, mère des chrétiens, se plaint que le fils de l'esclave agisse mal avec l'héritier : elle demande que le persécuteur soit mis dehors, et malgré sa tendresse paternelle, Abraham écoute Sara, en qui Dieu parle, et renvoie sans colère Agar et Ismaël. — C'était l'annonce prophétique de ce qui devait s'accomplir après vingt siècles: le peuple juif Ismaël persécuta Jésus le vrai Isaac lequel porta aussi sur le mont Morial le bois de son sacrifice et fut immolé. L'expulsion d'Ismaél fut alors demandée et obtenueet, depuis tantôt vingt siècles, Ismaël devenu Israël, dont la main est contre tous sent la main de tous peser sur lui, — Mais pour avoir été mis de côté, Israël coupable a-t-il été à jamais brisé? Non. C'est à regret seulement que Dieu, comme le vieil Abraham, sévit contre l'enfant rebelle. Le fils préféré ne fait pas oublier le
Ils rejeté. Juifs et chrétiens, écrit saint Paul aux Romains Di se disputent, sont également enfants de Dieu et d'Abraham, paiement coupables, quoique à des heures diverses ils ont Paiement besoin de miséricorde. Tour à tour ils sont pro- Bqués à jalousie et à repentir, par les faveurs prodiguées au val fidèle. Du Juif qui a repoussé le Christ, Dieu transporte ia bénédiction au frère puîné, le chrétien, et semble dire : Reviens à moi, crois, et je te rendrai mes faveurs.
Si, à son tour, le peuple chrétien devenu infidèle repousse le Christ en reniant sa foi, la bénédiction lui «era enlevée et repassée à son frère. Saint Paul établit clairement ce fait dans son épître aux Romains, chapitre onzième, et l'abbé Lemann à la lumière de ce flambeau constate que l'histoire de ces der- Ij^^iiers cent ans semble donner raison au grand Apôtre. ^^■« Jusqu'à la révolution de 93, la société française était chré^
tienne ; l'Evangile avait pénétra- ses lois ; ses institutio talent l'effigie du Christ. La république chrétienne ou la France ftUe, aînée, tenait le premier rang, savait par la foi quel crime avaient commis les Juifs, et elle tenait en servitude les meurtriers de son Dieu. Mais, avec une rage infernale, la philosophie du xviii' siècle s'acharnant à détruire la foi, vint à bout de son entreprise et sur Tautel profané de Notre- Dame, elle dressa l'image impure de la déesse Raison. Une prostituée reçut les hommages réservés jadis à la Vierge Marie.
Une assemblée, imbue de philosophie, consacra ce triomphe par la fameuse déclaration des Droits de l'Homme qui était la négation des droits de Dieu et l'expulsion du Christ Jésus.
Avec une logique peut-être inconsciente, elle ouvrit à la race juive, jusque là maudite, les portes de la société nouvelle, non PAR UNE COMPASSION LOUABLE, mais par un RAFFINEMENT D'IMPIÉTÉ; puisqu'on chassait le Christ, il était naturel qu'on admit Barabbas. Et Barabbas le voleur, de nouveau substitué au Christ à la place du sceptre royal, fit régner les fausses clefs.
C'était le commencement, et depuis un siècle la France ne cesse de dire au Christ : Allez-vous-en ! Ce cri s'est fait plus véhément dans ces dernières années : Sortez, lui dit-on, sortez de nos lois et de nos institutions, sortez de nos écoles, de nos hospices, de nos tribunaux et de nos armées, sortez de partout. Emportez vos bienfaits qui nous importunent ! Sortez, nous ne voulons plus de vous! Nolumus hune regnare super nos, et vous Barabbas, venez. Et le Juif invité s'est installé partout et partout il est maître.
(Si du moins il savait se faire accepter et se faire pardonner son omnipotence, au lieu de provoquer le mécontentement universel!!!) L'abbé Lemannn décrit sous une forme saisissante l'infiltration progressive des Juifs.
La révolution fera le tour du monde, avait dit Mirabeau. Au début de cette gigantesque tournée, un étrange compagnon s'offre à elle. Le Juif, jusque-là errant, lui dit : Je te guiderai, car depuis dix-huit siècles je parcours le monde. Et depuis, le Juif, n'a plus à discuter pour son existence, auprès des gou-
. vernements et des peuples ; la révolution prend sa défense et l'introduit partout.
L'Assemblée Constituante leur avait donné droit de cité en • France, on leur ouvrira les autres pays. Dans la séance du ■ 28 mai 184 1. M. Guizot, protestant, étant ministre des affaires étrangères, le député Carnot. père du futur président de la République, en fit la motion à la Chambre des députés. L'HMAN- CIPATION des Juifs, disait-il, est UNE QUESTION TOUTE FRANÇAISE; c'est un prêtre catholique français, le pieux et vénérable abbé Grégoire (devant cet éloge hypocrite qu'on se rappelle le proverbe du pavé de l'ours) dont le nom sera éternellement en honneur auprès des amis de la liberté, qui l'a fait agréer à l'Assemblée Constituante, Nous devons accepter cet héritage et rappeler à l'Allemagne qu'elle est au premier rang des peuples qui doivent réparation au peuple de Moyse pour tant d'humiliation et de barbarie.
Deux grands noms de France, deux membres de la Chambre des députés, MM. de Beaumont et de La Rochefoucauld, de Liancourt, s'associèrent à la proposition de M. Carnot. Ainsi la révolution qui avait fermé la France au Christ, l'ouvrit en Taéme temps aux Juifs par l'entremise d'un mauvais prêtre, le triste abbé Grégoire ; d'un Carnot, fils d'un régicide et père du président digne de nos sympathiques doléances, quoique malheureusement franc-maçon : et maintenant les Juifs ont beau jeu.
Trente ans se passent, et derrière les Allemands vainqueurs Qui piétinent la France, une nuée de Juifs, ilpres à la curée, sont venus sucer ce qui restait de sang à la malheureuse mu- '''ée et il s'est trouvé des Français pour s'associer à l'œuvre ^nti-française des Juifs envahisseurs allemands. — Décidé- "'^nt, le frère puîné, le chrétien coupable, à son tour, d'avoir ■■^jeté le Christ, perd le sceptre qui repasse aux mains de son 'rère aîné. Le Juif déjA maître remporte chaque jour une nouvelle victoire. Les chrétiens remettront-ils jamais les Juifs à '^^r place? Ils n'y parviendront pas. à moins de revenir à la foi.
ï-es etïorts des antisémites non chrétiens ne rendront pas * ï'rance aux Français. Alors la perte de la France, la perte
de la chrétienté est-elle irrévocable ? Oh ! non, les conversions ^ juives de notre époque raniment nos espérances, parce que le génie des Juifs convertis, leurs anciennes traditions, leur or, leur puissance mise au service du Christ, contribueront au salut de leur patrie adoptive, La preuve en est péremptoire dans le chapitre xi de l'épître aux Romains depuis le verset la* jusqu'à la fin.
Le raisonnement de l'Apôtre est digne de notre attention, il a SUFFI D'UNF. POIGNÉE DE JUIFS POUR TRANS- FORMER l.E MONDE. Les douze apôtres sont les colonnes de l'Eglise catholique, et le Christ JUIF et ROI DES JUIFS en est la pierre angulaire. Mais quand les Juifs se convertiront en masse, ils seront les apôtres de la véritable foi au Christ et ils contribueront à une diffusion générale de l'Esprit de Dieu dans tout l'univers.
Quelle joie pour le monde et pour l'Eglise si, sur le cœur du Christ, les deux frères ennemis se donnent enfin le baiser de la paix et de la réconciliation !
Un nouveau branle sera donné aux peuples lorsque le reste de la sève divine du peuple catholique sera centuplé par la vigueur juive. L'Eglise catholique et le judaïsme converti travailleront de concert à l'établissement du règne du Christ dans lésâmes. Et ce n'est point une chimère, car nous avons certains présages de cet heureux événement.
Au commencement du siècle, il y avait en Alsace un rabbin nommé Lazare Libermanu, qui fut père d'une nombreuse famille. Le cinquième de ses fils, appelé Jacob, après une jeunesse consacrée à l'étude de la Bible et du Talmud et traversée par des épreuves douloureuses, connut enfin la vraie foi et reçut le baptême.
Autour du rabbin, un grand mouvement s'était produit. Quelques Juifs plus sincères eurent le courage d'adresser au respectable clergé de France leurs idées sur les conversions juives.
Entre beaucoup d'excellentes choses, ils disaient ; « Au sortir de la Synagogue, au lieu de ce contentement intérieur que (■■nous éprouvons tous les jours après quelques moments c ^recueillement religieux, nos cœurs sont remplis de tristl
et d'dmertumé, suite de l'affreux désordre dont nos yeux ont été attristés : ce n'est pas l'image du temple de la Divviîté, mais la copie infidèle d'une mosquée turque.
« Pourquoi ces pieux et courageux ecclésiastiques qui sacrilient leur fortune et leur santé à la conversion des peuplades sauvages ne s'occuperaient-ils pas de cette classe INTÉRES- SANTE D'ISRAÉLITES qui, depuis longtemps, luttent contre l'esprit de ténèbres?
t On aurait peu de difficulté à gagner à la religion du Christ ceux dont l'âme n'est plus captive des opinions judaïques, il ne faudrait que fortifier la foi des uns, écarter les obstacles qui retiennent les autres et aplanir à tous le chemin qui mène au vrai sanctuaire. »
Pour répondre à ce loyal appel, l'évêque de Strasbourg chargea son grand vicaire, l'abbé Libermann, de s'aboucher avec ces Juifs de bonne volonté. Le is mars 1824, le frère aîné de celui qui devait être le père Libermann, entrait dans le giron de l'Eglise avec sa digne compagne. Bientôt le suivaient Jeux membres du comité israélite : MM. Mayer et Dreyfus. D'autres vinrent dont les noms sont connus : MM. Goschler, Théodore Ratisbonne, Jules Lewel, puis d'autres encore parmi lesquels le second Ratisbonne dont nous avons narré la conversion dans une apparition miraculeuse de Marie à Saint- AndrÉ dellc fratre. L'Alsace juive, dit le cardinal Pitra, était profondément remuée : rien de semblable n'est raconté dans les annales de l'Eglise, et peut-être faudra-t-il descendre jusqu'à la fin des temps pour rencontrer pareil ébranlement. Ce fut enfin le tour de Jacob.
Elevé dans le plus pur judaïsme par un père rabbin, farouche sectateur de la loi de Moyse, le jeune Jacob, après des hésitations douloureuses, se fait chrétien et devient prêtre, après la B^érison d'une maladie qui faillit lui fermer les portes du sanctuaire, puis fondateur et restaurateur d'une famille religieuse vouée à la conversion des noirs, tristes descendants de Cham . "On seulement il est le père d'une nombreuse famille reli- S'euse, mais il infuse à une autre famille religieuse un sang "ouveau, et comme s'il avait pour mission de vivifier et de 'Ortifier ce qu'il touche sans l'absorber au même degré, il pé-
été baptisé dans la commune même où il est né, il s'est fait présenter à révéque de Zips, qui lui a fourni les moyens d'aller à Rome, où Tancien rabbin désire étudier la théologie. Il connaît fort bien les langues orientales et a Tintention de se faire missionnaire.