TOUS LES JUIFS A LA FOURNAISE
Nous parlions tout a l'heure d'épargner les Juifs et de ne p les exterminer à l'aide de milliers de bouches à feu, et maintenant nous paraissons demander qu'ils soient précipités dans une fournaise.
S'en échapperont-ils comme les trois jeunes gens que Nabuchodonosor y fit précipiter après les accusations portées contre eux?
Ou bien pourront-ils invoquer quelques circonstances atténuantes pour leur épargner le supplice du feu, ou mieux encore ne serait-il pas question d'un feu spirituel plutôt que d'un feu. matériel dans la fournaise dont nous parlons au titre de ca chapitre? C'est ce que nous allons rechercher dans le développement de cette pensée: Tous les Juifs à la fournaise!
Un jour Notre-Seigneur disait d'une pauvre pécheresse i « Beaucoup de péchés lui ont été pardonnes parce qu'elle a. beaucoup aimé. »Eh bien ! en plaidant la cause des Juifs devant Dieu et devant les hommes, il nous semble qu'il en serait ainsi pour eux si nous pouvions les amener à l'amour du pro — chain et ensuite à l'amour du Christ. Nous trouvons dans I^ prophète Isaïe une parole qui peut servir de gage au pardorx divin que nous leur proposons et que nous leur promettons. ,
Le prophète annonce que Dieu est dégoûté de leurs solennités et de leurs sacrifices, qu'ils lui sont à charge et qu'il e^l las de les souffrir, et lorsque vous étendrez vos mains vers moi, je détournerai de vous mes yeux, lorsque vous multiplierez vos prières je ne les exaucerai point, car vos mains sont pleines de sang {le sang du déicide tache toujours les mains juivesj. Le malheur est-il sans remède? Oh 1 non, car il ajoute : Apprenez à faire le bien, venez au secours de l'oppriraé... défendez la veuve et alors venez et accusez-moi. Si vos péchés q."!!! \ étaient comme l'écarlate ne deviennent pas blancs commo
neige ou si, étant comme le vermillon, ils ne deviennent blancs comme la laine la plus blanche.
li est donc avéré qu'aux yeux de Dieu une veuve est digne de respect et en quelque sorte un être sacré, puisqu'il suffit au plus grand des pécheurs de la défendre pour devenir un homme purifié, absous et pardonné. Eh! bien, il est dans le monde une veuve par excellence, objet des complaisances divines, chère au cœur de Dieu, et cette veuve si digne de nos lEspects et de notre dévouement : c'est l'Eglise du Christ. L'Eglise est une veuve désolée depuis que son céleste et divin Époux l'a quittée, triste et solitaire au milieu de ce monde de corruption et de misères. Ah I si quelques âmes juives voulaient mettre fin à leur haine pour l'Eglise du Christ, si au lieu de la haïr ils voulaient la protéger, Defendite vi'duam, après un acte de défense et de protection, ils ne tarderaient pas i passer à l'affection, ce serait leur salut. Après avoir aimé cette noble et divine veuve, ils en viendraient à aimer le céleste époux, et de là au christianisme, il n'y a plus qu'un pas.
Nous commencerons par établir que la meilleure des religions est celle qui nous fait pratiquer l'amour de Dieu.
Dieu créateur est en droit d'attendre de sa créature un culte d'amour, et il se doit a lui-même d'établir un culte public où le cœur occupe la première place.
lla'y a qu'un peuple dans un coin du monde qui adore le Dieu véritable par une loi dont le premier article l'obligea 'aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses 'orces. Si je trouvais sur la terre un autre peuple qui mit l'araourde Dieu dans son culte, j'examinerais les dogmes pour 'Ci comparer avec ceux des Juifs, mais j'ai beau chercher, je De trouve un culte public d'amour que chez le peuple Juif. iJans le paganisme on ne donnait pas son cœur aux dieux. Dans la religion mosaïque, l'amour pour Dieu est plutôt figuré lue pratiqué, il y est plutôt promis pour l'avenir que répandu oans les cœurs. Toutefois on aperçoit dans cette nation un ^^lain nombre de justes qui sont pleins de ce culte d'amour; "*ais le peuple nest occupé que des cérémonies, des sacrifices animaux, et d'un culte extérieur, pour obtenir la paix, la ^^ttté, la liberté, la rosée du ciel et la graine de la terre. Tous
attendent un Messie qui leur est promis et qui est figuré dans tous leurs mystères : mais les uns, en petit nombre, l'attendent comme celui qui doit purifier les mœurs, renouveler le fond de l'homme et la face de la terre, guérir la plaie du péché et répandre la connaissance et l'amour de Dieu, les autres qui composent le peuple n'attendent qu'un Messie grossier, conquérant, heureux et invincible dont le règne s'étendra sur toutes les nations et qui comblera les Juifs de prospérités temporelles. Et maintenant les Juifs qui l'attendent encore sont unanimes à dire qu'il détruira l'idolâtrie et répandra dans tout l'univers le vrai culte d'amour. Nous qui le croyons venu, nous disons que ce culte d'amour est établi et réalisé.
Laissons de côté toutes les disputes de détail et constatons ce qui est manifeste, c'est qu'il n'y a sur la terre que deux peuples, le Juif et le chrétien, qui professent le culte d'amour envers Dieu.
Seulement le degré d'amour s'est tellement accru envers le christianisme qu'en comparant la loi ancienne et la loi nouvelle, on est en droit d'appeler la première une loi de crainte et la seconde une loi d'amour. Cette réserve étant faite, nous dirons que le culte d'amour est aussi ancien que le monde. II naît dans le paradis terrestre, il n'est point éteint par le péché d'Adam, quoiqu'il soit tempéré par la crainte ; il se renouvelle après le déluge ; Abraham le transporte ; Moyse le rend plus éclatant par ses cérémonies ; les saints de l'ancienne alliance le pratiquent et en prédisent la perfection qui est réservée au Messie. Jésus vient nous familiariser avec Dieu. Voilà le culte que nous cherchons.
Nous en avons trouvé la semence, la figure, l'ombre et le germe chez les Juifs, mais la perfection se rencontre dans ce peuple nouveau qui est uni à l'ancien par un trait d'amour qui s'appelle Jésus. La loi d'amour ne supprime pourtant pas la crainte envers Dieu, mais elle n'est pas une crainte servile, elle n'est qu'une crainte filiale qui s'épanouit surtout en crainte du péché. Une fois ces principes admis, il nous reste à parler de l'épanoaissement du culte d'amour qui se traduit de nos jours par une dévotion particulière que Jésus a enseignée à une de ses plus aimantes servantes. Nous voulons parler de la
dévotion au Sacré-Cœur. Le cœur de Jésus est le symbole de l'amour, et quand Noire-Seigneur est apparu à Marguerite- Marie Alacoque, il s'est montré avec la main appuyée sur ia poitrine en lui disant : Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes! Depuis ce jour il y a eu dans le christianisme un redoublt-ment d'amour, une expansion plus grande du culte de l'amour des 3mes pour Dieu.
Cette dévotion a été réservée pour la fin des temps, pour ces temps malheureux où la charité paraissait se refroidir. Dieu l'a réservée et l'a révélée tard au monde, mais en la révélant à l'approche de la fin des temps, n'a-t-il pas eu en vue les Juifs qu'il garde dans les réservoirs de ses miséricordes éternelles et infinies? N'est-ce pas par la dévotion à son divin Cœur que les Juifs endurcis et rebelles seront réduits, sourais et vaincus.
Heureuse défaite pour les vaincus! Magnifique triomphe pour le vainqueur, qui ne sera autre que le Cœur de Jésus. Notre dévotion pour le divin Cœur a sa source au Calvaire, et quoique les manifestations ne se soient produites qu'au XVI!' siècle, nous n'en devons pas moins reconnaître que cette dévotion n'est ni une invention humaine ni un culte nouveau. Nous adorons le Cœur de Jésus transpercé plus par l'amour que par la lance; mais nous devons reconnaître que l'origine de ce culte doit être imputée aux Juifs, car la main du soldat quia enfoncé sa lance dans le côté du divin Crucifié était juive, ou romaine, peu importe, ce soldat était au moins à la solde Ou au service de ceux qui avaient demandé à cris redoublés crucifigatur, crucifigattir, la mort de l'innocent Jésus. Les bourreaux étaient les exécuteurs delà sentence voulue, exigée, réclaméepar le peuple, soudoyée par les i:hefs de la nation.
Si vous admettez que ce soldat était Juif, le malheureux donnait par sa lance ouverture au plus beau culte de tout le catholicisme, le culte du Sacré-Cœur, foyer d'amour, source intarissable de cet amour qui allait embraser le monde et inonder la terre.
Si vous voulez que ce soldat fût un soldat de Pilate et parconséquent un soldat romain, il venait donc de cette Rome païenne, capitale de l'univers, que le christianisme allait chan-
ger en une autre capitale du monde christianisé, car Rome est devenue ia mère, le centre du monde chrétien, le chef de cette Eglise répandue chez tous les peuples, sous tous les climats et sur toutes les plages du globe.
Eh bien, eu égard à cette origine judaïco-romaine ou romano-judaïque, il nous est doux de penser que Jésus a voulu avoir son Cœur percé après sa mort, c'est-à-dire après le fait accompli du genre humain racheté, comme pour nous dire que quand toutes les nations auraient embrassé le christianisme par la vertu de son sacrifice sanglant et de sa mort sur la croix, il voulait ramener et convertir les Juifs par les mérites de son Cœur percé, parce qu'il était juste que ce peuple prévaricateur qu'il avait taot aimé revint à son Cœur, selon la parole de la sainte Ecriture, par l'ouverture faite à l'aide d'une lance juive.
Tout son sang avait été répandu pour le salut du monde, il en restait encore une goutte au cœur, et cette goutte était suffisante pour obtenir la réconciliation du peuple juif avec son Dieu, et le salut éternel de ce peuple qui l'avait pour ainsi dire porté dans ses flancs avant son apparition dans le monde.
O vous, qui aimez le cœur de Jésus! si vous l'aimez ardemment, prenez dans vos mains levées vers le ciel et tendues vers le Cœur de Jésus, prenez tous les Juifs et jetez-les comme un seul homme dans la fournaise, c'est-à-dire dans ie-Cœur de Jésus tout embrasé d'amour pour le salut du monde et en particulier pour le salut de cette nation qui lui a été si chère.
Dans ce foyer tout embrasé d'amour, vous y verrez le voile et le bandeau qui couvrent les yeux des Juifs se consumer comme par enchantement, etalors leurs yeux découvriroutles tendresses, l'amour et la miséricorde de ce divin Cœur à leur égard. Saint François de Sales voulait loger toutes les filles de sainte Chantai d.'vns le Cœur de Jésus. II y a place pour d'autres. Ce Cœur est susceptible d'une dilatation infinie. Faisons au Cœur de Jésus une amende honorable pour Iqj outrages qu'il reçoit delà part desjuifs, et comme f acte de charité nous obtiendrons des grâces pour e ■ Ah ! si les Juifs eux-mêmes voulaient essayer de ( n'ils demandaient avec toute la sincérité de leur â
naître d'abord ce Cœur qu'ils ont percé, s'ils le regardaient quelques instants, ils ne tarderaient pas à l'aimer.
Or ce regard des Juifs sur le Cœur du Sauveur a été prévu par le prophète Zacharie quand il s'écrie: Aspicient ad me quem ionfixerunt l Ils jetteront les yeux sur moi qu'ils ont transpercé! Mais pour que les regards des Juifs se tournent vers le Christ et surtout vers le Cœur de Jésus, il faut auparavant qu'il jaillisse en fleuve de grâces efficaces qui sont encore annoncées par le même prophète, lorsqu'il dit de la part de Dieu : Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grftce et de prière. Voilà pourquoi nous conjurons les âmes qui prient de s'unir à la ligue de prières déjà commencées pour la conversion des Juifs et d'en- Ireprendre une sainte croisade vers le Cœur de Jésus pour obtenir cette grâce par excellence qui avancera l'heure du retour des Juifs au christianisme, heure bénie où nous pourrons tous ensemble chanter ces belles paroles du prophète : Quittez, ô Jérusalem, les vêtements de votre deuil et de votre affliction, et parez-vous de l'éclat et de la majesté qui vient de Dieu, sorte de gloire éternelle, car Dieu vous environnera du vêtement de la justice et il vous mettra sur la tète un diadème d'éternel honneur. et Dieu montrera à tout cequi vit sous les cieux, l'éclat de la splendeur qu'il déposera en vous. Ah! TOevez-vous, £'x.îHr^c/i'/-H5t7/<';n.' Tenez-vous bien haut. Regarvers l'Orient et voyez vos enfants rassemblés depuis Orient jusqu'à l'Occident revenant pleins de joie, avec le sou-
înir des bienfaits de Dieu.
I Lorsque vos pères sont sortis de Jérusalem, ruinée, renverk, ils ont été emmenés à pied, par leurs ennemis ; mais
"is, lorsque le Seigneur vous ramènera à la ville sainte, vous l'Serez portés avec honneur comme des enfants destinés à un
>yaume. Il n'est pas question dans cette prophétie que ce
iônt vos richesses qui vous feront retrouver le chemin de
^salem. C'est le Seigneur lui-même qui sera votre conduc- ; mais pour qu'il vous ramène en triomphe, il faut que [pus cherchiez votre divin conducteur, qui n'est autre que le prist, et quand vous l'aurez cherché, certainement vous le
Baverez, et tout heureux de votreretourà son cœur, il vous
portera sur ses épaules, comme la brebis égarée, pour vons épargner les fatigues du chemin, suivant encore la prophétie du prophète : Dieu fera revenir Israël avec joie au flambeau lumineux de sa majesté avec les rayons de sa miséricorde et de sa justice. Eh bien! la main sur la conscience, auriez-vous pu imaginer un si beau retour triomphant, si l'esprit saint ne l'avait révélé à son prophète? Et voilà pourquoi nous crions à tous vos adversaires de vous épargner, parce que dans la pensée de Dieu vous êtes les objets de ses plus ineffables tendresses; il vous attend avec une patience vraiment divine. Dans l'intérêt même de ceux qui n"ont que haine et mépris pouf vous, nous les conjurons de ne pas toucher aux futurs élus du divin Cœur, car elles sont foudroyantes, les menaces du prophète envers ceux qui s'en prennent aux Juifs. Ceux qui cherchent à leur nuire et qui les vexent périront, nocentes peribunt qui te vexaverunt ; ceux qui se félicitent de sa ruine, seront punis.
N'avons-nous pas raison de donner le conseil de ne pas toucher à ceux que Dieu a pris sous sa protection? N'est-il pas évi" dent que nous serions victimes de nos actes de répression envers cette nation, ce qui ne veut pas dire que nous les plaçons au-dessus des lois lorsque l'un d'entre eux se rend coupable d'une faute qui tombe sous les coups d'un article de notre code pénal.
Cette réserve étant faite, notre rôle est de laisser le châtiment aux mains de la Providence, qui veut les châtier par une dispersion humiliante, mais qui les garde avec une attention paternelle, jusqu'au jour de la réconciliation.
En attendant, les Juifs peuvent répéter les paroles prophétiques de Baruch : « Vous avez agi avec nous, 6 Seigneur «: notre Dieu, selon toute votre bonté et selon votre grande c miséricorde, comme vous l'aviez déclaré par la main de
< Moyse votre serviteur, au jour où Vous lui avez ordonné
< d'écrire votre loi devant les enfants d'Israël en lui disant :
< Si vous n'écoutez pas ma voix, toute cette grande multitude « sera réduite à un très petit nombre au milieu des nations, « parmi lesquelles je les disperserai, car je sais que ce peuple
< ne m'écoutera point, populus est eni'm dura cervtce, mais il
< rentrera en lui-même dans la terre de sa captivité. » Pour tout lecteur qui comprend, n'est-il pas vrai que ce passage prouve clairement que c'est dans l'état de dispersion que les Juifs se convertiront et qu'avant de songer à retourner à Jéru- [ salem il faut qu'ils commencent par reconnaître le Christ?
La suite de la prophétie le déclare d'une façon encore plus Beacpresse : « Je leur donnerai un cœur et ils comprendront; des oreilles et ils entendront ; ils me loueront dans la terre de leur captivité et ils se souviendront de mon nom, ils quitteront cette dureté qui les rend comme inflexibles et leur malignité parce qu'ils se ressouviendront de la voie de c leurs pères qui ont péché contre moi et je les rappellerai «c dans la terre que j'ai promise avec serment à Abraham, à «1 Isaac et à Jacob, ils en seront les maîtres, je les multiplierai «. et ils ne seront plus amoindris, je ferai avec eux une autre «; alliance qui sera éternelle, afîn que je sois leur Dieu et qu'ils ^ soient mon peuple, et je n'ébranlerai plus les enfants «; d'israél en les arrachant à la terre que je leur ai donnée. » Eli hienl est-ce clair? Sont-ils en droit d'espérer revoir Jérusalem et à quelle condition : il faut qne d'abord ils reçoivent u.ti cœur nouveau avec lequel ils aiment et adorent le Christ au milieu de leur exil. Le Cœur de Jésus invoqué, conjuré par Ses plus dévots serviteurs, opérera la donation aux Juifs d'un I ccEur nouveau {fi Dabo cis Cor et intelligt'tU), et alors comimencera ce merveilleux changement si longtemps attendu et I cette miraculeuse résurrection du peuple d'Israël plus éton- I Hante et plus admirable que la résurrection des corps, car la Iresurrection générale se fera par la seule toute-puissance de ■•'leii^ mais celle des Juifs s'opérera parle concours mutuel de Srâce divine et de la coopération des âmes qui répondront avances miséricordieuses du Cœur de Jésus, tes catho- P'I'ties y contribueront pour leur quote-part en prenant cette ^tion dans leurs mains suppliantes pour la jeter dans le Cœur ^lébonnaire du bon maître, imitant en cela les amis com- *^isants de l'infortuné paralytique qui le passèrent par le toit l^^ir descendre aux pieds de Jésus.