PETITE CONTROVERSE
Nous avons donné à nos pages toute l'autorité que nous J avons pu rassembler par des citations puisées dans les livres | sacrés, respectés par les Juifs eux-mêmes, et pourtant nous-l nous attendons bien à ce que tous nos arguments ne soient! pas du goût de nos lecteurs. Plusieurs d'entre eux cherche-^ ront probablement à infirmer les premiers que nous avons! présentés. Nous ne parviendrons pas non plus à dissiper tous les malentendus et tous les préjugés enracinés dans les esprits par une éducation première et par des écrits en honneur parmi la secte Juive. Nous n'ignorons pas que la vie de Jésus a été écrite par des plumes Juives de façon à- inspirer le mépris et le dégoût du Christ des catholiques à ceux qui professent le judaïsme. Quand on a été élevé dans une religion, on ne se persuade pas facilement que notre enfance a pu être trompée, par les êtres chers qui ont soutenu et dirigé nos premiers pas dans le chemin de la vie. On garde un certain respect pour ces livres qui ont été mis dans nos mains et que nous avons lus sans discussion et sans aucun doute sur leur véracité. Ces livres, qui datent de loin, qui ont une origine ancienne, nous ont paru dignes de notre confiance, et il faut un certain courage à un catholique pour oser dire à ses adversaires que l'histoire de leur religion a été faussée depuis la venue du Messie; et pourtant, comment h^ésiter à dire aux Juifs qu'ils ont entre les mains une histoire de Jésus toutà fait fantaisiste?
La plus ancienne qu'ils possèdent a été tenue secrète pendant plusieurs siècles avant d'être exhibée et montrée au public. Cette précaution mystérieuse nous inspire déjà i une certaine défiance ; nous aurions voulu la voir paraître en I même temps que les saints Evangiles.
Et d'abord, pourquoi attendre des siècles pour proclamerj
contraircraent à l'Evangile, que Jésus est né d'une femme
de mauvaise vie? Oh ! ce blasphème, il nous est pénible
de le reproduire ici, et nous en demandons pardon à la
SaiDle et Immaculée Mère de Jésus en osant transcrire cet
horrible et monstrueux blasphème. Quoi, Marie, la vierge
de Nazareth, enfermée depuis l'âge de trois ans dans le
temple de Jérusalem et saluée à quinze ans par un messager
du ciel dans un moment où son Suie s'exhalait dans la
prière, serait devenue tout à coup une femme de mauvaise
vie? Mais pourquoi l'univers catholique serait-il à genoux
devant cette fille d'Israël, si le Ci'uitde ses entrailles, qu'Eliza-
beth appelait un fruit béni, n'était que le fruit du crime
et du deshonneur? Le ciel, qui se plaît à multiplier les
niirades en l'honneur de la Mère de Jésus, serait-il interressé
â tromper si étrangement l'humanité? El puis le Christ
3 préconisé la pureté, Beali mnndo corde. II a préféré
saint Jean entre tous ses disciples parce qu'il était vierge.
Saint Paul a établi l'excellence de la virginité si redoutée
. S^x les filles d'Israël qui espéraient en devenant mère être la
jcréature priviligiée de qui naîtrait le Messie. Depuis l'éta-
pblissement de la religion chrétienne, la virginité est devenue
■ tine des forces vives du christianisme; comptez si vous le
Efouvez les myriades de cœurs vierges qui ont voulu
■Knbrasser cette angélique vertu. Ne sont-ils pas vierges,
^fes milliers d'apôtres qui composent le sacerdoce du Nouveau
H^estamënt ? ne sont-elles pas vierges, ces milliers de jeunes
Billes qui pratiquent le dévouement chrétien jusqu'à l'héroïsme,
Bloit sur les champs de bataille, soit au milieu de nos hôpi-
Baux. soit dans les crèches, les salles d'asile, les écoles
Bbres, etc.? A qui persuaderez-vous que toutes ces âmes
Bpiasent voulu devenir les épouses du Christ qUi aurait tiré
Bon origine d'une mère impure et souillée? La virginité de la
B^re de Jésus a été victorieusement vengée des outrages de
■fes histoires apocryphes : ouvrez pour vous en convaincre
■As éloquents écrivains d'apologétique sacrée des premiers
^Bèclesde l'Eglise. Nous ne reproduirons pas leurs pages, mais
HfDus n'avez qu'à les lire pour y trouver la réponse à des
Kbjections mille fois rebattues et mille fois victorieusement
réfutées. Nous ne comprenons pas comment les auteurs de ces pages mensongères de la vie de Jésus ont pu trouver des lecteurs; ils ont supposé en ceux pour qui ils écrivaient une forte dose de naïveté pour lire des contes à dormir tout de bout et moins intéressants que ceux de Barbe-Bleue et du Petit Poucet. Certainement ces écrivains n'étaient pas de bonne foi et ne cherchaient qu'à leurrer leurs contemporains ou la postérité. D'ailleurs des Juifs qui connaissent leurs livres sacrés ne peuvent ignorer la prophétie d'Isaïe (ch. vu, v. 14), qui annonce à Achaz qu'une VIERGE CONCEVRA ET ENFANTERA un (ils qui sera appelé EMMANUEL, c'est-àdire Dieu avec nous. Or, saint Mathieu, dont nous avons parlé en racontant sa conversion et sa vocation, raconte que Marie.épouse de Joseph, conçutdu Saint-Espritetque sonchaste époux ne voulant pas la diffamer eut la pensée de la renvoyer, mais qu'un ange pendant son sommeil lui apparut pour le rassurer et lui dit : Joseph fils de David, ne craignez pas de retenir Marie votre épouse, car ce qui est formé en elle vient du Saint-Esprit et elle mettra au monde un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus; et le saint Evangéliste cite ensuite la prophétie d'Isaïe. Rapprochez ce récit si simple et comparez-le avec les élucubrations de cette vie de Jeschu qui fait son apparition plusieurs siècles après le récit de saint Mathieu. L'inviolable pureté de Marie n'est pas difficile à établir aux yeux des Juifs sincères et loyaux, car l'opprobre de la naissance de Jésus n'eut pas manqué d'être allégué par ses parents, par les Docteurs de la loi, si acharnés contre Liûfl par les prêtres et les Pharisiens. ^M
Mais c'est le contraire qui se trouve dans le récit des Evangiles, car on y voit les Nazaréens, concitoyens de Jésus, au au lieu d'attaquer l'illégitimité de sa naissance, prendre sa défense en déclarant qu'ils le connaissaient lui et sa famille et qu'il était le fils d'un charpentier. Philippe ne lui rendit-il pas témoignage devant Nathanaël en lui apprenant qu'il était^ de Nazareth? Quelques instants après Nathanaél, émerveill s'exclame en disant : O Maître, vous êtes le fils de Dieu et I roi d'Israël. Les deux aveugles, la Chananéenne et toute ] Judée le proclament fils de David*
Combien d'autres depuis cette époque! Simon le Magicien et Domitien ont voulu se vanter d'avoir eu une vierge pour mère; ont-ils réussi h accréditer cette sottise mensongère? tandis que le Credo catholique est récité dans toutes les langues et aux quatre coins du monde et chaque jour la maternité virginale de Marie est répétée et reconnue dans ces mots : natiis ex Maria virgine, je crois à Jésus né de la vierge Marie. L'Eglise s'étonne dans son joyeux Te Deum qu'elle récite tous les jours, elle s'étonne de la condescendance du Verbe de Dieu tombée dans le sein d'une vierge, non horruisti virginus utentm, vous n'avez pas eu horreur, lui dit-elle, du sein de la Vierge. Eh bien, n'est-ce pas assez de cette humiliation profonde sans y ajouter la sacrilège suppression osée par un Juif, qui trouva plus simple pour défendre sa cause de supprimer le chapitre de saint Luc qui raconte le colloque ineffable entre l'ange du ciel et la Vierge du temple. Marie dit à l'ange : « Comment cela se fera-t-il?» Et l'ange lui répondit : « Le Saint-Esprit descendra en vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le fils de Dieu. » C'en est fait, le ciel s'incline et le Verbe éternel, sans cesser d'être Dieu, s'incarne dans le sein de Marie, et le Messie, Dieu et homme, venant au monde pour réconcilier l'humanité avec le ciel irrité, est formé du plus pur sang d'une fille d'Israël et désormais, éternellement, la nation juive peut chanter avec plus de vérité ce cantique que Béthulie faisait retentir en l'honneur de Judith :Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous r^tes la joie d'IsraCH, vous êtes l'honneur de notre peuple, I A Marie, vierge et mère !
Et maintenant, ô Juifs, réveillez-vous, levez-vous, armez- ^Vous contre ces chiens de chrétiens qui ont pris la liberté ■de recueillir cette mystérieuse merveille parmi les splendeurs 14*1 judaïsme pour l'enchâsser dans le pieux écrin de leurs Iriogmes comme une des plus magnifiques splendeurs du Rchristianisme. Si vous prenez cela pour un crime, ce crime Itious l'avons commis et nous nous applaudissons de notrefoi, mpt nous nous faisons gloire de croire en Jésus qui a été rconçu du Saint-Esprit et qui est né de la Vierge Marie.
Pour cette foi et pour ce culte, serons-nous stigmatisés et flétris par l'épithète d'idolâtres? Et pourtant il en serait ainsi, si comme nous le disait une noble et respectable Juive, nous adorions la Vierge Marie. Ce reproche bien immérité est une des accusations du judaïsme contre le christianisme. Erreur profonde! nous honorons Marie, nous ne l'adorons pas. Aucun culte de Latrie n'est rendu par les chrétiens à la Vierge d'Israël, nous proclamons son excellence; mais nous ne professons pas sa divinité. Voilà une idée fausse du judaïsme qui établit l'opportunité de cette controverse. Il faut bien nous entendre, il faut s'expliquer, et à l'aide d'une explication toute simple nous n'aurons plus à essuyer un reproche comme celui qui nous a été adressé dans une entrevue et une audience d'une réelle intimité.
L'humanité est à genoux devant Marie pour la prier, pour l'honorer, chanter ses gloires et ses grandeurs, mais jamais pour l'adorer. Dieu seul est adorable. Sa divine mère est digne de nos respects et de nos hommages, qui ne vont jamais jusqu'à l'adoration, nous la reconnaissons pour la reine du ciel et de la terre, la reine des anges et des hommes. Nous lui décernons les titres les plus glorieux sans jamai rélever à la hauteur d'une déesse.
Mais assez sur ce sujet et passons à un autre, contenu dans cette vie enjolivée de Jeschu, écrite par un seul historien Juif, tandis que les Evangiles sont composés par quatre écrivains qui ont eu l'Esprit-Saint pour inspirateur. Jéschu, nous dit l'histoire juive, n'a accompli tant de miracles que par Fart de la magie dont il avait rapporté une grande connaissance de chez les Egyptiens. O la belle découverte pour détruire d'un seul coupla vertu des miracles de Jésus! Les Juifs n'attendirent pas la composition de cette histoire fantaisiste, puisqu'en présence même du divin Thaumaturge, ils s'écrièrent : C'est par Belzébuth qu'il chasse les démons. On connaît la réponse de Jésus à cette belle invention. Si la magie entre pour quelque chose dans l'accomplissement des miracles de Jésus, pourquoi les Juifs ne rejettent-ils pas aussi les miracles de MoysePLes sages de Pharaon n'ont-ils pas
essayi d'imiter les miracles de Moyse? Ont-ils réussi h infirmer les miracles du grand libérateur du peuple de Dieu qui gémissait dans l'esclavage et sous le joug des Egyptiens? Ces pauvres magiciens d'Egypte ont-ils pu produire des prodiges du même éclat que ceux de Moyse? Assurément non. et les efTorts de ces savants dans l'art de la magie n'ont pas ébranlé la foi des Hébreux à leur libérateur.
De même les allégations contre les miracles de Jésus
n'enlèveront du cœur des chrétiens leur foi aux miracles
du divin Thaumaturge. Pour nous le Christ n'est point un
magicien. Est-ce au nom et par le pouvoir de la magie que
cet enfant, à son entrée dans la vie, fut acclamé par les
Anges, dans la nuit de Noél et qu'il reçut les bergers à son
berceau, dans l'attitude de l'adoration, malgré tous les
dehors de la bassesse, de la pauvreté et du délabrement,
de retable de Bethléem? Hst-ce à l'aide de la magie que les
mages vinrent l'adorer du fond de l'Orient et que leur refus
de retourner à Jérusalem fut la cause du massacre de tant
d'innocents? Est-ce dans la connaissance des secrets de la
magie qu'il puisa la pensée de donner au monde une religion
si sainte, si sublime, si admirable et de lui livrer des
enseignements vraiment célestes pour lui apprendre à prati-
riquer la charité, le dévouement, l'abnégation, la piété, les
bonnes œuvres et ta sainteté, le tout poussé jusqu'à la pra-
liqne des plus héroïques vertus? Les magiciens! ils travaillent
pour leur compte, pour leur gloire, pour leur profit, mais
songent-ils à la gloire de Dieu, à la conversion des âmes qui,
plongées dans le vice, se hâtent d'en sortir au plutôt pour
embrasser une vie de sacrifice, de pénitence et d'abnégation?
Comment le Christ avec les secrets de sa magie a-t-iJ pu
changer douze bateliers en douze thaumaturges faisant des
miracles plus grands que les siens, et par eux transformer le
monde païen, en adorateur du vrai Dieu, et trouvant parmi
ces anciens adorateurs d'idoles, dix-huit millions de héros
qui donnèrent leur sang et leur vie au cri de : Nous sommes
chrétiens et Jésus-Christ est Dieu!
Nous avons, au cours de ces pages, admiré la sagesse du
Christ; ses œuvres laissaient transpirer sa divinité ; il étonnait ses auditeurs par ses réponses, pleines d'à-propos ; il agissait en plein 'jour devant les foules. Les savants, les Docteurs lui tendaient des pièges dans des questions captieuses. Jamais ils ne l'ont embarrassé. Quand il se cachait, c'était pour se soustraire aux foules qui voulaient l'enlever et le faire Roi. Après ses miracles de bienfaisance, pendant le jour, il passait la nuit en prière.
Où trouver des traces de magie dans une conduite aussi admirable? Il faut avoir un jugement préconçu pour découvrir un magicien dans un pareil Messie. Les ficelles de la magie tôt ou tard sont découvertes. Jamais les plus grands chercheurs guidés par la bonne foi, n'ont découvert dans le Christ une ombre de supercherie.
Qu'est-ll besoin de combattre plus longtemps cette accation ridicule. S'il en existe d'autres plus sérieuses, qu'ils se lèvent les doctes en Israël 1 Qu'ils prennent la plume soîl pour se défendre, soit pour nous répondre. Nous ne demandons pas mieux que de connaître les barrières qui se di*essent entre le judaïsme et le catholicisme. Avec des gens d'esprit on peut parler, s'expliquer et se comprendre, mais qu'on ne nous oppose pas des banalités. N'attaquez pas le christianisme dans les torts ou les travers des individus. L'homme est homme partout et dans n'importe quelle religion. Nous, nous nous sommes bien gardés d'attaquer le judaïsme dans les fautes individuelles. Nous ne rendons pas la nation entière responsable des crimes de quelques coupables. Que la justice humaine parle et punisse les crimes partout où elle les rencontre, soit! Mais n'allons pas anatbématiser tout un peapte pour la faute d'un particulier. Nous n'avons pas rendu l'Italie responsable du crime de Caserio. Les choses politiques doivent être distinguées et ne pas être mêlées aux causes religieuses.
Nous nous sommes placés sur le terrain religieux; nous laissons à des plumes plus habiles le soin de défendre nos finances, notre patiie, nos droits civils. A chacun son rôle.
Nous n'avons qu'un désir, c'est d'être compris par les esprits intelligents, de l'intelligente race juive, qui n'inter-
pléteront pas en mal ce que nous avons écrit avec un cœur droit et loyal. Il faut lire d'abord avec une intention pure et prendre la peine de réfléchir. Les Juifs, pour refuser de nous entendre, n'ont pas aujourd'hui le prétexte que leurs pères avaient pour s'excuser d'écouter Moyse, la première fois qu'il s'adressa à eux.
Moyse rapporta à ses frères toutes les paroles divines, toutes les promesses, toutes les assurances que Dieu lui avait données pour délivrer son peuple, mais les enfants d'Israël ne l'écoutèrent point à cause de leur extrême affliction ou Jes angoisses de leur esprit, et surtout à cause des travaux qui les accablaient.
Il n'en est point ainsi des Juifs modernes : au lieu d'être affligés, ils ont toutes les jouissances, toutes les richesses, ' tous les honneurs; ils ne font que ce qu'ils veulent et ils ne choisissent que les travaux les plus faciles. les négoces les plus lucratifs, les opérations financières les plus remplies de sécurité. Leurs exploitations se font comme en se jouant, ils s'amusent de la bonhomie des Français et surtout des catholiques. Rien ne les empêche donc de nous accorder quelques heures de réflexion dans la lecture de ces lignes, qui ne sont pas écrites pour les débouter de leurs postes, de leurs places, de leur haute situation, mais pour leur répéter les paroles du vieillard Siméon dans le temple de Jérusalem au moment où l'aperçut le Christ porté dans les bras de la plus pure et de '3 plus excellente fille d'Israël : Je puis mourir en paix, disait- ''- en prenant l'Enfant divin dans ses bras, car mes yeux ont ^u le salut qui a été préparé à la face de tous les peuples et '^ ÏUmière révélée aux nations et la GLOIRE DU PEUPLE Israël, Vous avez eu, ô Juifs! toutes les gloires possibles, le manque plus à votre couronne que la gloire qui vient ^ ciel par le Messie. Ajoutez donc à toutes vos gloires ^''ï^estres ce magnifique fleuron que le christianisme possède * «ju'il désire partager avec vous.
^uand vous le porterez sur vos têtes, vous ne verrez pas *^*~*Xir cela tomber la couronne qui orne vos fronts.
^vlais pour qu'il en soit ainsi, il faut que la lumière de la lité éternelle brille à vos yeux. Nous aurions beau écrire
et entasser volumes sur volumes, rien ne changera vos ce avant le travail intérieur de la grâce. Taisons-nous, prioi attendons : l'heure est à Dieu.