CHAPITRE IV L'ACTION DES JEUNES
Il est raconté dans nos Saints Livres que Judas Machabée, voyant sa patrie attaquée par Antiochus, prit avec lui les plus braves jeunes gens de son armée, juvenibus fortissimis electis, et marcha avec eux contre le camp ennemi, en leur donnant ce mot d'ordre : PourlavictoiredeDieu, dato suissigno Dei victoriœ (1).
Dans les luttes quelle soutient, l'Eglise fait aussi appétence moment, aune élite, à une élitejeune etbrave.
Ce sera l'honneur de la jeunesse de ce temps d'avoir entendu cet appel et d'y avoir répondu par des œuvres qui nous remplissent d'espérance et de consolation.
Il ne faut pas s'en étonner.
La jeunesse a toutes les ardeurs et tous les dévouements. S'il lui manque l'expérience qui mûrit et qui empêche les illusions, elle possède l'enthousiasme qui, à certaines époques, vaut mieux que trop de sagesse.
D'ailleurs, la jeunesse de nos jours a compris que, pour exercer une action efficace autour de soi, on doit travailler d'abord à se former par la piété et par l'étude. C'est à cette noble préoccupation que FAssocia-
(1) II Mach. xin, 15.
l'action des jeunes 10
tion Catholique de la Jeunesse Française est redevable de ses succès.
S'il est des œuvres qui semblent dépasser le champ d'action de la jeunesse, parce qu'elles sont faites surtout d'une influence sociale qu'il faut avoir eu le temps de conquérir, il lui reste assez d'autres manières de faire du bien, et de mériter l'influence qu'elle aie droit et le devoir de se donner : apostolat par l'exemple, dans une société ravagée parle respect humain; apostolat par la propagande, et la diffusion des doctrines conformes à l'enseignement de l'Eglise ; apostolat par tous les concours apportés aux œuvres sociales et à la défense des idées chrétiennes, etc.
Que faut-il à cette jeunesse, pour faire dès maintenant tout le bien qu'on peut attendre d'elle, et pour préparer les victoires définitives, pour assurer la victoire de Dieu ? Il lui faut de l'idéal et du courage.