II. — Les Œuvres pour le Clergé
La défense du clergé catholique, en dehors de l'action personnelle de chaque fidèle, se pratique dans
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deux œuvres de première importance : l'œuvre du Denier du Culte, et l'œuvre des Vocations ecclésiastiques.
1. L'Œuvre du Denier du Cuite a pour but de rendre au clergé les ressources temporelles dont l'a dépouillé la Séparation : les traitements dont l'Etat se déclarait redevable envers lui d'après le Concordat, les secours que l'Etat accordait autrefois aux Séminaires, aux prêtres infirmes, aux églises, etc., les reveni ss \ l'assuraient aux paroisses les fondations pieuses que la Séparation leur a enlevées.
Nous kvoas dit pourquoi l'Eglise a mieux aimé accepter-ces ...orifices que de laisser toucher à sa constitution. Mais ce qu'il ne faut pas se lasser de redire pour confondre davantage nos ennemis, c'est que la plupart dte nos ressources nous auraient été enlevées, même dans l'hypothèse des Associations cultuelles : la même 1 u qui prévoyait ces associations décrétait la suppression des traitements, la perte pour nous des presbytères, des évèchés, des séminaires, etc., la spoliation d'un grand nombre de biens et de fondations. Il n'est donc pas vrai qu'il dépendait des Catholiques de cons rver leurs biens; il n'est pas vrai par conséquent que le Denier du Culte eût pu être évité.
D'ailleurs les Catholiques ont toujours été dans l'obligation de soutenir le clergé et de
subvenir aux besoins de leurs églises. Le Catéchisme que vient de faire publier le Souverain l'ontife pour
les diocèses d'Italie, donne comme 4e commandde l'Eglise, celui qui c ordonne de subvenir aux nécessités de l'Église, en y contribuant selon la loi et l'usage, i II ajoute qu'il * est ordonné de faire les offrandes établies par l'autorité ou par l'usage, pour l'exercice convenable du culte et l'honnête subsistance des ministres de .Dieu. »
En beaucoup de pays catholiques, cette obligation est formellement exprimée aussi dans la liste des commandements de l'Église. Elle l'était dans nos anciens Catéchismes. Les secours que l'Etat, en France, accordait b. l'Église avaient permis de moins insister sur ce devoir, mais l'obligation restait toujours pour les fidèles de contribuer à l'exercice du culte et à la subsistance du clergé, là où cela était nécessaire.
Depuis la Séparation, l'obligation n'a fait que s'étendre, en raison des nouveaux besoins de l'Eglisi . Quand les évoques de France, dans leur Assemblée générale, au lendemain de la Séparation, ont rappelé aux fidèles qu'ils avaient tous le devoir de contribuer au Denier du Culte, ils ont formulé le précepte d'une manière appropriée aux nécessités présent
Il n'est aucun Catholique qui ne doive comprendre et admettre les raisons de cette obligation.
Pie X la rappelait aux Catholiques, au lendemain de la Séparation : « Si vous voulez, disait-il. dans la limite de vos forces et comme c'est votre devoir impérieux, sauver la religion de vos ancêtres des dangers qu'elle eeort, il est de toute nécessité que vous dé-
ployiez, dans une large mesure, vaillance et générosité. Cette générosité, vous l'aurez, Nous en sommes sûr ; et en vous montrant ainsi charitables vis-à-vis de vos ministres, vous inclinerez Dieu à se montrer de plus en plus charitable vis-à-vis de vous ».
Depuis que cette parole nous a été dite, la générosité catholique s'est affirmée magnifiquement en beaucoup de diocèses. Mais, hélas ! le devoir n'a pas été compris ainsi partout. L'avenir reste plein d'inquiétudes, à ce sujet, pour beaucoup de chefs de diocèses.
Ici encore, comme nous l'avons souvent constaté, c'«st la mentalité des Catholiques qui est à faire, et c'est à cette œuvre que doivent s'appliquer de plus en plus tous ceux qui ont la noble ambition de servir l'Eglise, dans les temps malheureux que nous traversons.
2. Le service de l'Eglise oblige aussi les Catholiques à s'intéresser de plus en plus à l'Œuvre des vocations ecclésiastiques.
Nos ennemis avaient bien espéré que la Séparation, venant après la loi militaire, gênerait le recrutement sacerdotal. Leurs prévisions se sont réalisées en partie.
L'une des grandes douleurs de l'Eglise a été de voir s'affaiblir, jusque dans les milieux les plus chrétiens, la tradition qui attachait les familles au service d»s autels. Je ne veux pas dire que ce soit la condition plus précaire du Clergé qui a motivé cette diminution des vocations ecclésiastiques presque partout. Bile ;i
bien d'autres causes, au premier rang desquelles il faut placer la diminution du sens chrétien.
Mais, dans beaucoup de familles, on a pu être effrayé de la situation pénible faite au prêtre, et bien des cœurs maternels ont tremblé pour leurs enfants.
C'est une consolation pour tous de constater que, ce moment de panique passé, le service des autels re~ commence à attirer les âmes. Il n'a pas cessé d'être glorieux, il est peut-être plus pénible et plus dangereux que par le passé, mais il n'en est que plus désirable.
C'est au moment des grandes épreuves de la Patrie que celle-ci trouve le plus de défenseurs volontaires. Il en devait être ainsi pour l'Église.
« C'est le bon moment pour être prêtre », se disent les cœurs généreux. C'est le bon moment pour donner l'exemple du dévouement désintéressé ; c'est le bon moment pour expier et réparer les fautes de la patrie ; c'est le bon moment pour travailler au salut des âmes, puisqu'elles se perdent en si grand nombre.
Ici le devoir consiste dans une double imposition : l'impôt du sang, et l'impôt de l'aumône.
L'Impôt du sang ! L'Église le demande à tous. Pourquoi les familles riches des dons de la fortune ne comprennent-elles pas mieux qu'elles ont à le payer comme les autres ? De ce côté, il y a progrès cependant. Beaucoup d'entre elles font mieux leur devoir que par le passé : de même que leurs fils étaient au côté du Pape lorsque celui-ci était atta-
que, ia place de leurs descendants est à l'avant-garde de l'armée sacerdotale, pour lui apporter le précieux concours de leur influence, de leur éducatioc et de leurs ressources.
Il sera toujours vrai, comme le remarque îe Concile de Trente, que Dieu choisira ses prêtres de préférence parmi les pauvres. Mais cela même donnera aux riches l'occasion d'intervenir efficacement dans cette œuvre capitale, par l'impôt de l'aumône. Qu'ils adoptent les enfants des pauvres, pour les vouer au sacerdoce î
Bien des Catholiques ne se rendent pas compte de ce qu'ils ont à faire. Ils doivent le savoir : il arrive souvent à l'Eglise de ne pas pouvoir, faute de ressources, accorder l'entrée de ses séminaires à tous les enfants qu'on lui présente. Elle doit en refuser parfois, la désolation dans le cœur.
C'est le rêve caressé de tous les prêtres de se susciter des successeurs : l'impossibilité de faire face à un entretien coûteux empêche ce rêve de se réaliser. Que les âmes chrétiennes aient pitié d'eux ï C'est la plus belle œuvre de charité qu'elles puissent accomplir. Il est de généreuses familles qui se font un honneur et un devoir de se charger, sans interruption, de l'entretien d'un élève du sanctuaire. Elles estiment comme une bénédiction d'avoir toujours près de Dieu un enfant qu'elles lui offrent et qui plus tard priera pour elles.