CHAPITRE II LA PRESSE
L'histoire de l'Eglise nous apprend que la lutte contre sa doctrine a toujours été l'une des formes do la persécution religieuse. La série des hérésies inventées successivement au cours des siècles en est la preuve. L'Eglise est forta. influente, bienfaisante, par sa doctrine surtout ; en ébranlant cette doctrine on ruinerait l'édifice tout entier : c'est pour cela que nos ennemis s'y sont toujours essayés, mais toujours en vain. Le passé nous rassure pour l'avenir : mais il ne doit pas nous empêcher de lutter, pour empêcher le naufrage de la foi au cœur d'un :rrand nombre.
De nos jours, le rationalisme et le modernisme livrent assaut à nos croyances. C'est le doubla ennemi contre lequel il faut nous défendre.
Mais ici nous devons préciser le terrain de combat, et attirer l'attention de l'homme de l'Action Catholique sur les moyens de propagande qu'emploie Terreur.
Ces moyens sont ce qu'on appelle, d'un terme général, la Propagande anticatholique.
Cette propagande a pour but de faire pénétrer l'erreur partout, dans tous les milieux, pour amener suc-
cessivement toutes les générations au doute, à l'indifférence et à l'hostilité envers l'Eglise.
Les armes dont se sert cette propagande sont surtout celles que désigne ce mot pris dans son sens le plus large : La Mauvaise Presse.
La mauvaise presse, entendue ainsi, n'est pas seulement le mauvais journal, c'est aussi le mauvais livre répandu partout à profusion, sous prétexte d'instruire ou de distraire, sous la forme du roman corrupteur^ du livre d'histoire, de littérature, de vulgarisation scientifique, de voyage, etc. Le poison revêt le charme de l'attrait ou de l'utilité, et il n'en pénètre que mieux dans tous les esprits.
Mais la Mauvaise presse, à proprement parler, c'est cet ensemble de publications périodiques, destinées à à répandre le mal à jets continus, en en renouvelant régulièrement la source.
C'est contre ce dernier ennemi que les Catholiques ont le plus besoin de se défendre aujourd'hui.
Il semble bien que personne ne puisse douter de l'importance de la question. Mais il est nécessaire que tout Catholique d'action en ait une intelligence très éclairée et très nette. Il lui suffira de se rendre compte du rôle de la presse en général et du rôle néfaste de la mauvaise presse, pour en conclure à la nécessité de donner toute son influence à une presse catholique bien organisée.