I. - ROLE DE LA PRESSE EN GÉNÉRAL
Que le journal doive exercer la plus grande influence pour le bien ou pour le mal personne ne saurait en douter. Cette influence il la doit à la facili té de sa diffusion qui le met à la portée de tous, et qui le fait pénétrer partout, dans la rue, dans les chemins de fer,!dans le salon, dans l'atelier, dans les champs, etc. ; à son bon marché qui le fait acheter même par les plus pauvres ; à son genre de rédaction qui le fait lire parles esprits les moins cultivés qu'effraieraient l'enchaînement et la longueur d'un livre ; à la nature des choses qu'il dit et qui sont pour tous les goûts, qui satisfont toutes les curiosités ; aux jugements tout faits qu'il porte des hommes et des choses, et qui semblent dispenser le lecteur déjuger par lui-même.
Aussi la presse est-elle devenue la grande puissance. Cette puissance est supérieure même à celle de l'éloqu3nce, qui pourtant a pour elle l'influence de la vie^et de la force communicative ; mais le journal a l'avantage d'atteindre un plus grand nombre d'esprits , jusqu'à des centaines de mille parfois, d'aller partout jusque dans les moindres hameaux, de renouveler chaque jour, sous des formes variées, l'enseignement déjà donné et de le faire pénétrer ainsi peu à peu dans les esprits, avec la même régularité et un succès plus rapide que l'eau qui, en tombant goutte à goutte, finit bien par creuser la pierre.
C'est la presse qui fait les idées d'un très graid nombre d'hommes, en religion, en politique, en histoire, en philosophie, etc. Combien attendent chaque matin leur journal pour savoir de lui ce qu'ils doivent penser des événements de la veille ! C'est un fait d'expérience que, sauf de rares exceptions, ie lecteur a les idées de son journal.
Par là même, la presse fait les mœurs d'un pays : elle distribue le blâme ou l'éloge que ratifient ensuite les consciences, éclairées de sa seule lumière ; elle modifie, en conséquence, la moralité d'une région suivant le nombre de lecteurs qu'elle y rencontre ; elle influe jusque sur les destinées de la nation, en créant ces courants d'opinions qui émeuvent et dirigent les législateurs.
Si cette influence est au pouvoir d'une presse impie et athée, quel mal elle produira !
Ce sera la ruine de la foi et de la religion, par les attaques continuelles qu'elle livrera aux dogmes catholiques, dans des esprits incapables de se défendre ; ce sera la haine du prêtre, fomentée par des calomnies incessantes et par une hostilité sans raison comme sans mesure ; ce sera la destruction du sens moral par la prédication d'une morale indépendante, par l'exaltation d'une licence sans frein, et par la peinture de tous les vices ; ce sera l'ébranlement de l'ordre godai, par la rivalité des classes luttant les unes contre les autres, et par l'excitation des passions populaires déj-i
aigries par la souffrance et par la jalousie : - ara la désorganisation de la famille, envahie chaque jour par le récit des violations des lois les plus saintes ; ce sera la ruine ou tout au moins la diminution du patriotisme, auquel une certaine presse opposera le mépris du drapeau, et le rêve d'un internationalisme aussi contraire aux lois de la nature qu'aux réalité- , oire.
Non, c :j n'est pas juger trop sévèrement les au de cette mauvaise presse que de les appeler des malrfaiteurs littéraires !
En France, héias ! ils sont légion !
Sans doute, il y a des degrés dans l'esprit pervers des mauvais journaux.
Au-dessous de ceux qui sont ouvertement impies et sectaires et qui n'existent que pour blasphémer Dieu et son Eglise, il en est d'autres qui paraissent plus modérés et que leur perfidie même rend peutêtre plus dangereux. Dans ces journaux, la guerre à l'Église se fait principalement, en travestissant son enseignement ou son histoire et en dénaturant les actes de son autorité ; en excitant la haine et le mépris du peuple contre le prêtre que l'on dépeint connu-' un ennemi, ou comme indigne de la mission qu'il s'attribue : en calomniant les ministres de Dieu par la généralisation des scandales qui peuvent nous affliger, ou même parfois par l'invention de certains faits odieux qu'ils lancent dans le public, toutes les fois qu'ils n'nnt pas à redouter la prison nu l'amende.
Ces journaux offensent la morale par la peinture qu'ils font complaisamment du crime, au risque d'en rendre l'exemple contagieux ; par la célébrité qu'ils donnent aux criminels dans les comptes rendus malsains des tribunaux ; par les plaisanteries et les railleries qu'ils lancent contre la vertu et contre la fidélité conjugale ; par l'éloge indulgent du libertinage et de toutes les passions. Le feuilleton s'y joint à l'illustration, le conte y voisine avec la réclame pour provoquer les âmes à tous les vices.
Quand on songe que près de quatre millions de ces journaux sortent chaque jour de Paris seulement, sans compter les autres millions que fournissent toutes nos villes de province, peut-on calculer le mal qui doit se faire et qui se fait en France, par l'influence de la mauvaise presse? Faut-il s'étonner de l'état dans lequel nous sommes au point de vue religieux, moral et social ?
Peut-on rester indifférent en face de ce mal? Non évidemment.
Mais que faire ?
Il n'y a qu'un remède : opposer la bonne presse à la mauvaise.
La bonne presse est celle qui s'inspire des enseignements de l'Église et qui ne les sacrifie jamais à des théories contraires ; c'est celle qui, dans toutes ses appréciations et jugements sur les actes publics ou privés, s'éclaire à la lumière de ces enseignements, et
qui les proclame toujours sans les altérer ni les diminuer.
La bonne presse combat l'erreur, et prend la défense de la religion et de la liberté. La bonne presse fait profession de la plus absolue soumission à l'autorité de l'Église dans les questions religieuses. Il ne lui est pas besoin, pour se soumettre, que l'infaillibilité pontificale soit mise en cause, il lui suffit de savoir quelles sont les directions du Saint-Siège et des Evêques, pour qu'elle estime présomptueux et téméraire de penser autrement.
La bonne presse combat le mal sous toutes ses formes ; elle flétrit le vice sans en faire une peinture qui exciterait les curiosités malsaines : elle vise à inspirer à ses lecteurs le dégoût du mal, et surtout à leur donner le culte de ce qui est honnête et pur.
Cette bonne presse existe chez nous ; mais, hélas ! ses productions sont en nombre bien inférieur à celles de la mauvaise presse !
La presse ne se partage pas toujours, aune manière facile à établir, en bonne ou mauvaise , il n'est ni aisé ni sage de classer certains journaux. Il en existe beaucoup qui, sans se dire catholiques avant tout, tiennent à être respectueux des choses religieuses, de la doctrine ou des directions de l'Église ; ils se font même nos défenseurs dévoués, et ils ne pactisent jamais avec nos ennemis. Ce sont d'utiles auxiliaires dont nous devons savoir apprécier les services.
Ii ne faut pas les confondre avec ceux qui se vantent d'être neutres. Ceux-ci prétendent n'attaquer jamais la religion, mais ils ne la soutiennent guère. Ils se taisent le plus souvent sur les événements qui concernent l'Église ; ils n'en parlent que lorsqu'ils y sont poussés par le souci de paraître renseignés.
C'est toujours au détriment de l'Église et de son inlluence que la presse neutre se tait. Comme le fait observer un de nos meilleurs journalistes catholiques : « Dès qu'une belle action, ou qu'un trait de dévouement, dès qu'une belle mort porte l'empreinte d'une inspiration surnaturelle, presque toujours la grande presse qui veut paraître impartiale, garde le silence. »
Elle tait les actes journaliers, innombrables et admirables, de la vie et de l'activité chrétienne dans tous les domaines du bien, et souvent elle crie à tue-tête les défaillances inévitables en toute société humaine si divine soit-elle, les fautes accidentelles, les tares exceptionnelles. Et l'on ose dire que ce sont des journaux inoffensifs ! des journaux bien renseignés î Duperie des mots ! Voilà comment il se fait que le gros public ne sait plus rien de la doctrine catholique, plus rien dfl notre histoire, plus rien du rôle de l'Église <>t d« sa bienfaisante influence. Jusqu'à quand les Catholiques seront-il- dupes do cette situation?
À cette catégorie je rattacherais d'autres jour-
nauxqui, tout .m prenant l'épithètede catholiques, au moins en se la laissant attribuer volontiers), réduisent au minimum leur rui e de défenseurs de l'Eglise, choisissant entre les questions et les événements ceux qui paraissent ne pas devoir trop effaroucher certains lecteurs à ménager, racontant, des faits religieux, juste ce qu'il en fau pour n'être pas accusés de les passer sous silen* . au îs ne leur accordant pas plus d'importance qu' bal fait divers, ne donnant jamais à leurs bo jugement qui indique une direction catholique, cherchant à ne pas éveiller les susceptibilités de nos adversaires par des opinions très nettes, jugea. . choses d'après les doctrines d'un prétendu libéralisme plutôt que d'après les enseignei m de l'Église, oi
De t lux unt une influence néfaste chez nous
au poi -atholique. Les rédacteurs de
journaux 4 ssout, < urne dit Pie X, «de pauvres
illusionnés qui croient empêcher la lecture des journaux mau rais, à les remplaçant par des journaux soidisant tolérante, de mi-teinte et incolores ; pendant qu'ils n-' convertissent personne de nos adversaires (qui les ont ^n aversion par le seul fait qu'ils sont catholiq i journaux-là, apportent i»1 plus grand
des do - aux bon-. Ceux— ci y cherchent la lu-
mière ef ils rouveut les ténèbres; ils ont besoin d'aliment i ..- sucent du poison ; et. au lieu d'y trouver la vérité et La force pour se maintenir fermement dans i y trouvent de- arguments pour devenir
insouciants, apathiques et indifférents dans une chose si importante.
« Oh ! quels dommages pour l'Église et pour les âmes par le fait de ces journaux (1) ! »
Cette situation de la presse suffit à dire aux Catholiques quels sont leurs devoirs :
1° Bien choisir les journaux qu'ils lisent ;
2* Soutenir la bonne presse ;
3° La propager.
1* Les Catholiques doivent bien choisir les journaux qu'ils lisent.
A l'exception de ceux qui y sont obligés par état, comme certains écrivains et orateurs, quelques directeurs de conscience, qui ont besoin de connaître les mauvais journaux pour les réfuter, et qui, à cause de cela, peuvent compter sur la grâce de Dieu, les Catholiques ne peuvent pas lire sans danger, et par là même sans faute, un mauvais journal d'une manière habituelle.
En vain se flatterait-on de résister au danger. C'est une illusion dont l'expérience montre toute l'inanité. Il n'est pas possible que de telles lectures ne suscitent pas, à un moment quelconque, des tentations de doute, des passions troublantes qui mettent en péril la foi ou la
(1 Lettre de Pie X à l'abbé Cicéri.
vertu. Si le naufrage n'a pas lieu immédiatement, on y perd presque nécessairement la vigueur des convictions ; on y fausse sa conscience, et on se rend capable de bien des faiblesses et de bien des compromissions. Quels dangereux souvenirs, quelles images laisseront dans l'esprit certaines lectures, certaines gravures ! Il y a des poisons qui tuent goutte à goutte, ce n'est pas une raison de dire qu'ils sont inoffensifs.
Jamais un Catholique ne fera cette lecture sans provoquer le scandale autour de lui. Combien s'autoriseront de son exemple, dans le cercle de ses amis? Combien, à la maison, liront, fût-ce en secret, le journal qu'il ne pourra pas toujours cacher aux yeux de tous ?
N'est-ce'pas déjà un scandale que des Catholiques, par l'argent qu'ils donnent à ces journaux, contribuent à les soutenir et à les propager ? Est-il téméraire de dire que si tous ceux qui se vantent d'être catholiques s'abstenaient de les lire, est-il téméraire de dire que quelques-uns de ces journaux ne vivraient pas ? Beaucoup de bons esprits le pensent. Quelle responsabilité !
Quelle contradiction de voir des Catholiques donner ainsi des armes à leurs ennemis pour les battre et coopérer à l'œuvre de destruction entreprise contre l'Eglise !
Quelle absurdité de lire avec plaisir des feuilles où l'on sait que tout ce qui concerne l'Église est inspiré par l'ignorance ou la mauvaise foi, des journaux dont tout le succès est fait de réticences voulues, de men-
songes et de calomnies contre tout ce qui nous est le plus cher !
Quant aux journaux neutres, tels que nous les avons définis, les Catholiques n'ont rien à gagner à leur lecture, et ils peuvent y perdre beaucoup pour la fermeté de leurs convictions et pour leur attachement aux choses religieuses ; ces journaux engendrent presque fatalement l'indifférence, et ils habituent l'esprit à faire la part très petite à l'influence chrétienne dans les jugements qu'on fait des hommes et des choses.
Les Catholiques sont appelés à subir fatalement comme la plupart des lecteurs assidus l'influence de leurjournal ; ils doivent donc se défier d'une neutralité qui déformera nécessairement leur esprit chrétien.
Un Catholique ne doit lire que de bons journaux.
Mais un Catholique doit-il en lire ? Nous ne sommes plus au temps où l'abonné à un journal était une exception ; nous ne sommes plus au temps où la plupart des hommes vivaient étrangers à l'histoire quotidienne du pays ou de l'Église. De tout côté on lit ; les Catholiques se mettraient donc dans un état d'infériorité, s'ils ne lisaient pas de bons journaux. Il serait plus que dangereux même d'essayer de les dissuader d'une manière générale de cette lecture ; le mauvais journal s'introduirait vite à la place du bon qu'on aurait voulu empêcher de lire. L'expérience en
est faite toii.s Les jours, jusque dans les moindres hameaux où pénètre le journal, acheté à la ville voisin . ou apporté par toutes sortes de colporteurs.
Il serait préjudiciable de dissuader les Catholiqu de cette lecture, parce que aujourd'hui tous doivent se tenir au courant au moins des événements religieux qui constituent la vie de l'Église. Nous n'arriverons jamais à donner aux Catholiques la mentalité que nous souhaitons pour eux, s'ils ne lisent pas un journal catholique. Même, pour ceux qui aspirent à être des hommes d'action, à constituer l'élite de nos Comités, nous ne craignons pas de recommander la lecture d'un bon journal quotidien.
2° Il faut soutenir le bon journal. — Lire le
bon journal, c'est déjà le soutenir. Mais cela est insuffisant,
Dans la situation qui nous est faite, le bon journal ne remplira son rôle que si on l'aide à lutter contre la concurrence de la mauvaise presse. Celle-ci a pour elle les faveurs de la multitude et les subventionofficielles, ce qui manque à l'autre.
Les Catholiques doivent aider la bonne presse à lutter contre ces désavantages, d'abord en estimant et en louant leurs journaux.
C'est une faute assez commune dans nos rangs de ne pas apprécier comme ils le méritent les services et les talents de nos journalistes.
L'œuvre de la bonne presse, en province surtout,
est une œuvre qui demande beaucoup de travail et un très grand dévouement ; les hommes de bien qui s'y consacrent devraient trouver dans l'estime de leurs lecteurs catholiques un dédommagement aux sacrifices qu'ils font ; ils ne devraient jamais avoir à souffrir des exigences déraisonnables de leurs amis.
Beaucoup de ceux-ci n'en jugent que par le succès qu'ils obtiennent ; ils oublient que l'opinion publique est souvent injuste et que le journaliste catholique serait obligé de sacrifier trop de choses pour pouvoir se la concilier. Ils ne prennent pas assez garde que les jugements défavorables portés contre nos journaux sont dictés par l'hostilité de ceux qui les écrasent de leur force numérique, et que ce n'est pas à nous à nous faire l'écho de ces jugements pernicieux. Les sacrifices faits par l'écrivain qui ne veut pas déshonorer sa plume devraient lui valoir au moins l'estime des honnêtes lecteurs.
Nos journaux ne vont pas chercher leurs succès aux mêmes sources que les autres, et c'est leur gloire et la nôtre. Sachons-leur gré de leur honnêteté et, à cause de cela, n'allons pas surtout déprécier leurs talents.
Mais il faut aussi soutenir les bons journaux par un concours matériel, là où l'on peut. Dépourvus des subventions officielles, nos journaux ont peine à vivre. C'est une œuvre chnritable et sociale au premier chef que de les aider à subsister et même à se développer. Dans la hiérarchie des Œuvres, celle-là
tient une des premières places : Pie X, patriarche de Venise, disait qu'il aurait donné jusqu'à sa croix pour soutenir soajournal catholique. Quand donc les Catholiques sauront-ils ainsi comprendre leur devoir ! Il y a bien des manières de venir en aide à un journal. On peut lui procurer des abonnements, on peut le subventionner, on peut lui assurer des annonces, etc. On peut s'en faire le correspondant gratuit, et lui épargner ainsi des frais onéreux, en même temps qu'on lui fournit des renseignements à utiliser. Ceux qui ont du talent et des loisirs lui donneront un concours très important en collaborant à sa rédaction. C'est au zèle de chacun à utiliser les manières de participer à cette œuvre de la bonne pressa .
3° Après avoir lu le bon journal, après l'avoir soutenu, il reste au Catholique d'Action à le propager.
La propagande du bon journal est la chose prin cipale : il faut le faire lire.
Cette propagande doit être organisée et éclairée .
Sans organisation, en cela comme dans le reste, les résultats so: éphémères. Le succès qu'a pu obtenir le zèle individuel ne dure pas au-delà de la bonne volonté d'une personne. Survienne un accident, une morl. un empêchement quelconque, l'œuvre périclite et meurt peut-être. L'œuvre faite par plusieurs a pour ^lle, d'ailleurs, la force de l'union et du nombre.
Aussi toute propagande de presse, pour être vraiment efficace, doit reposer sur un Comité de
presse, qui en surveille et en active les différents rouages. Car il importe de ne pas confondre une œuvre de presse bien organisée avec un simple dépôt de journaux. Le dépôt sera un des éléments de l'organisation, il ne sera pas toute l'œuvre ; il sera une entreprise commerciale, mais il ne sera pas l'exercice d'un apostolat ; le dépôt sert le lecteur, mais il ne va pas le chercherai n'entretient pas sa fidélité, il ne. tient pas compte de ses observations pour les transmettre à qui de droit, toutes choses nécessaires au bon fonctionnement de l'œuvre. Le dépositaire lui-même, comme le porteur, a besoin d'être surveillé, activé. Tout cela suppose une véritable organisation de Comité.
Les Ligues féminines sont tout naturellement indiquées pour cet apostolat, qu'elles font d'ailleurs avec succès.
Mais, pour réussir, il faut une propagande éc lai fée et intelligente : éclairée sur les besoins et les goûts des iecteurs, sur la nature des journaux à répandre ; et c'est peut-être cela qui requiert le plus la présence d'un Go mité Directeur.
Les principes qui règlent le choix du journal à lire inspireront aussi le choix des journaux à répandre.
Un Comité catholique de presse propage les journaux catholiques. En principe, il, n'a pas à propager ies journaux politiques proprement dit*. Ge n'est pas à dire que ces journaux doivent être condamnés : ils ont leurs raisons d'être et leur nécessité.
parce qu'ils représentent et défendent des intérêts légitimes. Mais il semble qu'il y aura avantage d'une manière générale à ce que la propagande de ces journaux ne soit pas confiée aux mêmes Comités que les journaux simplement catholiques; de manière à ce que les membres des Comités ne puissent pas être accusés de faire leur propagande religieuse au profit d'un parti politique. Mais nous ne verrions pas inconvénient à ce que, sans les propager, un Comité catholique de presse voulut bien, pour certaines catégories de lecteurs qui les demandent, procurer les journaux politiques qui mettent leur influence au service de la cause catholique. Faire autrement serait priver celleci d'un concours très précieux.
Dans le choix des journaux à propager, il est juste de ne pas oublier la presse locale. Celle-ci mérite d'être soutenue et encouragée, à cause des sacrifices plus grands qu'elle doit supporter; elle intéresse souvent davantage le lecteur par les renseignements qu'elle procure. Mais la presse parisienne et la presse réprionale, par leur documentation plus complète, plus étendue et plus rapide, s'imposeront à la propagande du Comité catholique. Ici, ce seront les besoins des lecteurs qui fixeront les choix et les préférences (i .
(i) Sans rien .vouloir enlever aux mérites des ràfttes journaux et publications catholiques, nous devons indiquer au choix des Comités les nombreuses publications que 1* maison de la Bonne Presse a su grouper dans la Croix et dans ses annexes. Cette œuvre de presse est le plus hrf
Ces mêmes besoins dicteront aussi la forme. et le genre des publications qu'il faut répandre. Car la presse n'est pas toute constituée par le journal quotidien : elle admet bien des variétés, telles que le Journal hebdomadaire , plus adapté au milieu des campagnes et à certaines classes d'ouvriers; la Revue, mensuelle ou hebdomadaire, qui s'adresse à des catégories spéciales de lecteurs ; le Tract qui, par son format et sa rédaction, frappe davantage les esprits en les concentrant sur quelques idées à faire prévaloir ; l' Affiche qui par les yeux fait pénétrer dans l'intelligence des vérités de circonstance, etc.
Un Comité catholique de presse devra trouver le moyen d'utiliser ces diverses formes d'information et d'instruction. Aujourd'hui toutes ont leur raison d'être.
Mais il est deux sortes de publications auxquelles il faudrait donner plus de vogue dans le public catholique. C'est la Semaine religieuse et le Bulletin paroissial. Tous les deux sont des journaux exclusivement religieux, donnant, l'un, pour le diocèse, et sous la direction de l'Evêque, l'autre pour la paroisse, et sous la direction du Curé, le tableau de la vie de l'Eglise, par semaine ou par mois.' Tous les deux ont pour but d'intéresser les fidèles aux directions de l'Evêque ou à celles du Curé ; ils sont le moyen de faire pénétrer
effort qu'aient fait les Catholiques de France, et le succès qu'elle obtient est la visible récompense des talents et du dévouement qui y ont collaboré.
leurs enseignements partout. S'ils étaient plus répandus, ils atteindraient les Catholiques qui ne peuvent pas recevoir autrement ces enseignements. La Semaine Religieuse y ajoute le récit des principaux événements de l'Eglise, le Bulletin y joint des leçons plus appropriées aux paroissiens.
Ce sont deux instruments de formation chrétienne dont l'importance n'est pput-étr^ pas assez comprise.
Ce que nous venons de dire de la Presse n'épuise pas la question, mais suffit à en montrer l'importance, et à indiquer en même temps aux Catholiques quelle action ils ont à exercer sur ce terrain. Puissent les apôtres se mettre à l'œuvre de plus en plus !